2.18 CAN
courjìer, un canon de 35 à 34 livres de balle, quiest logé fur l’avant de la galère, pour tirer par-dessus l’cperon. La charge de poudre d’un canon ,est environ la moitié du poids de son boulet. IIfaut rafraîchir le canon après une trentaine de dé-charges , avec deux pintes de vinaigre qu’on mêleavec quatre pintes d’eau, & qu’on met dans l’amedu canon , après avoir bien bouché la lumière.Sans cette précaution, le canon l'eroit en dangerde se crever, ou de s’éventer. Les pièces qu’onappelle de la nouvelle invention , ou à i’Elpagnole,ont une concavité, ou chambre au fond de l’ame,qui fait qu’elles poussent plus loin le boulet, 8cavec moins de poudre que les autres ; elles sontaussi plus courtes. II y a des pièces de canons qu’onappelle folles, parce quelles n’ont pas l’ame biendroite , ce qui est cause que le boulet ne va jamaisdroit où l’on vise. C’est la faute du Fondeur, II ya des pièces absolument tortues. Tous les Politi-ques de l’une 8c del’autre Religion , conseilloientà Henri le Grand de ne plus différer à se faireCatholique. Ils lui disoient que de tous les canons ,le canon de la Messe étoit le meilleur pour réduireles villes de son Royaume : ils- le supplioient des’en vouloir servir ; 8c â leurs prières ils ajoutoientdes menaces de l’abandonner , Sc de se retirer chezeux, parce qu’ils croient ennuyés de se consumerà son service. Péréfix. Un brave homme qui a.del’expérience , dit que le canon est la plus épou-vantable machine que la rage des hommes ait puinventer pour s’entre-détruire, & n’en va pas moinsdroit où il doit aller. Bussy.
Les canons des vaisseaux sont montés fur desaffûts semblables aux affûts des mortiers ; ils sontaussi plus pefans de métal que les canons dont onfe sert sur terre parce qu’on les charge quelquefoisde boulets à deifx têtes. II y a sept differens cali-bres pour les canons des vaisseaux de France, savoir,
3 6 livres de balle , ou 24, ou 18 , ou 12 , ou 8,ou 6 , ou 4, quand les canons sont de fonte ; maisquand ils sont de fer, le calibre n’est que depuisi8 livres de boulet jusqu’à quatre. Suivant l’Ordon-nance de 1683, , il 11’y a que le vaisseau Amiral, &le Vice-Amiral, ceux du premier rang, Le ceux dusecond 8c du troisième , quand ils sont commandéspar l’Amiral, & le Vice-Amiral, ou un Lieute-nant Général, qui aient tous les canons de fontefans aucun mélange de canons de fer. Toutes lespièces de canons dont on se sert en France surmer , lont ou renforcées, ou légitimes, ou#moin-dres : les renforcées sont celles qui ont à la culasseplus d’un calibre d’cpaisseur ; les légitimes sontcelles qui ont trois parties égales de diamètre; lesmoindres sont celles qui n’ont pas le diamètre del’ame, ou bien le calibre proportionné à l’épaislèurdu métal.
II y a dans l’Artillerie trois genres de canons ,savoir, le canon entier , que l’on nomme canonroyal 8c canon de batterie. II est sort bon de 1000à 1200 pieds de distance. Les canons du secondgenre se peuvent mêler avec les batteries 3 maisleur vraie fin est pour ruiner de loin les défenses,battant de n à 1300 pieds les Cavaliers & para-pets ; &_avec le 1 & l e 2 de canon, on défend lafortification, battant de loin les approches , lésbatteries, plates-formes 8c redoutes de l’ennemi.Le troisième genre est le plus propre pour les ba-tailles rangées, c’est pourquoi on les appelle piècesde campagne. Elles sont très-propres pour défendrela fortification, 8c particulièrement contre les ap-proches des ennemis. A ce troisième genre l’onpeut aussi rapporter les pieces de Cavalot. Voye £Cavalot.
Le premier genre de canon tiré de 800 à 1200pieds , perce en terre nouvellement remuée ou fa-ble reposé, entre 18 & 22 pieds 3 en terre ferme ,grasse 8c rassise, de T o à 14 pieds 3 en argile battue &serrée, entre 9 & x 2 pieds 3 en terre à potier ou cou-roy affermie Lc sèche, entre 7 5c 10 pieds 3 dans les
CAN
'murailles créteuses ou de brique nouvellement ciust’murailles de tusse , de tirasse de plâtre , de pierre deponce, la balle y entre de 4 à d pieds, 8c le plus se u 'vent elle ressort toute entière 80 ou 100 pieds euarrière. Dans les murailles de pierre de marbre N'tard ou de chaux, comme pierres de Namur N aU 'tres plus dures, comme carreaux de grais ou pst rreSfermes tenant du caillou, ou bien jaspe, la balle p eI ^entre 3 à 4 pieds seulement, mais elle, poudroie f
concasse la muraille environ la longueur de trois
de
le
ses diamètres tout à l’entour du coup 3 8 c en telst spierres dures la balle s’éclate , si ce n’est que le f 1fut extrêmement bon , alors la balle s’aplatit d’ uncôté comme un pain. De la Fontaine.
De toutes les différentes espèces de canons ,canon rofal est celui qui rient le premier lieu- 1porte un boulet de 48 livres pesant, avec 24 h vtede poudre commune. Le canon de batterie porte 55livres de balle, au plus. Le demi -canon ou cour'vrine porte 24 livres de balle ; la bâtarde porte flivres, la moyenne 24 3 le faucon 10 livres ; l £ ,conneau 5 liv. II y a encore d’autres pièces qui ’Jsont pas en usage, comme le dragon, le basilic ’sirène, &c. Idem. Le même Auteur varie ensuitestces noms, dédit: le gros canon entier , 48 livres &balle 3 le canon de batterie, dit canon royal , 3 3 hvt^de balle 3 le demi -canon 24 liv. de balle, la coulev^ 5de France 18 à 20 livres de balle 3 un quart d ecan°*de 12 liv. de balle 3 -t de canon 6 livres de balst > $de canon ou fouconneau de France 3 liv. ,-f de c 0 °ou robin de France 1 livres. Un canon ordinasrevient à deux mille écus , fans affût,& à 6600 st’avec l’affùt. M. Pellisson , Le u. Hijlor.
L’Abbé de Choisy dit avoir vu à Siam un cltrl0 ,,long de 52 pieds & de 180 de baie, qui porte “but en blanc jusqu’à sept lieues.
Les premiers canons étoient une tôle de set, piq/cerclée & reliée de fer,dont la forme coniquevasoit depuis la culasse jusqu’à la bouche. A lales canons étoient autrefois de bois , 8 c même ddeux pièces , qu’on uniísoit avec des liens de j
Ce mot vient de Canone , Italien, augmen 1,1de canna , à cause que le canon est long, droit >creux comme une canne. Ménage, " ^
Canon , se dit aussi de l’artillerie en général. Oupris le canon & le bagage des ennemis.On dit qu’ ll j!place ne s’est rendue qu’à la vue du canon , q«’ e Ja attendu le canon , qu’elle a souffert le canon ,Ion laréfistance qu’elle a faite 8c on dit sigurém eîl ’quand une chose est difficile à obtenir , qu'ou ^í’aura qu’avec le canon. On dit une lumière estnon. L or amen per quoi ignis à tergo immittitis •■senon. L’ame du canon. Tormenti cavum , canali s ' ^ ,canon renforcé sur la culasse. Pofiica & eXtC 0tormenti pars. L’embrasure du canon. Aperta 10mentis displodendis fenefirce. Un affût de cCL7l °Lignea compages tormentum suflinens. Pointer st cnon. Tormentum aliquo dirigere. Plonger le c0 o .[le tirer en bas. Tormentum 'e superiori parte m ^feriorem displodere. Enclouer, démonter le cf° n ’Tormentum ccneum clavo obstruere. Une vost e ■»canon. Tormenti emissio. Le canon de cette b^tt^éròit bien servi. " t
Isaac Yossius dit que la longueur d’un canonsdoit pas être de plus de 13 pieds , & qu’uneP,,
de
if
grande longueur empêche l’effêt du canon ,pas a cause que le ' boulet est poussé hors estnon , avant que toute la poudre soit enstam 11 ^ ^comme quelques-uns croient, mais parce que st ylet est repoussé en dedans du canon par l’air f”rentre avec impétuosité,lorsque la staminé est ^ ,Pendant les sièges de Rose & de Gironne enon entendoit très-distinctement de Rieux st cíí . ^qui fe tiroir contre ces places 3 en sorte que st 18c l’heure qu’on cessa de l’entendre, fut, comm e ^l’apprit 'ensuite, celui qu’elsos se tendirent $Fautre. D’où il s’ensuit qti’o'n entend le canon _ cì tlieues loin , au travers même des montagnesil y a 40 lieues de Rieux à Gironne, 8c st* 1 -
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