Band 
Tome second. [BOU - CRA.]
Seite
980
JPEG-Download
 

9 8o COIT

Courçon est aussi le nom qu’on donne à une sortede fer. Le fer de courçon est par gros morceaux dedeux, trois 8c quatre piés de long, & de deuxpouces 8c demi en quarté.

On appelle encore courçon . le bois qui n*a pasla longueur marquée pat l’Ordonnance.

On donne encore le’même nom à des pièces qui• restent dans les 'rivières de quelques batardeauxqu’on y a faits , 8c qui bleflent quelquefois les ba-teaux.

.COUREAU, f. m. Vieux mot françois, qui signifíoitbarres , coulis es 8c verroux. Vectis , pessulus. On letrouve en pluíîeurs Coutumes, Le il le dit encoredans les Provinces, aussi bien que cour ou. Ce motvie n de courir.

On appelle aussi coureau un petit bateau de laGaronne qui sert à charger les grandsCOURÉE, COUROT f & COUROI, termes deMarine. Composition de suif, de soufre, de résine& de verre pilé, dont on frotte les vaisseaux pourles mettre en mer, ou pour faire un voyage de longcours , pour conserver le bordage. Pice , jebo, Jul-, phure, rejinâ, navem linire. Quand on dit, suiverun bâtiment, c’est lui donner la courée. Picare.Courée se dit en quelques endroits pour une fressurede mouton. Viscera , intestina. Cest la même choieque corée.

fCF Ces mots courée 8c corée ne sont d’usage quedans quelques Provinces parmi le peuple , pourdésigner une fressure.

COURÈSE. Curretia. Rivière de France dans le Li-mosin, qui a fa source près de Tulle, passe à Brive,8c se jette dans la Vésète.

COURET. Voye { Courée.

COUREUR, f. m. Léger à la course , qui se piquede bien courir. Cursor , jladiodromus, Aux JeuxOlympiques il y avoir des Lutteurs - des Coureurs8c autres gens excellens en toutes sortes d’exercices.Coureurs , en termes de Guerre , sont des Cavaliersdétachés pour battre l’estrade , pour aller aux nou-velles & à la découverte des ennemis. Speculatores,exploratores , antecursores. On le dit aussi de ceuxqui font la petite guerre.

Coureur , en termes de Manège, est un cheval deselle propre pour la course , 8c particulièrementpour la chasse. Equus cursor. Ce Seigneur a unevingtaine de coureurs dans son équipage de chasse.

On appelle coureur de bague, coureur de têtes,celui qui court la bague , les têtes, qui est proprepour cela. Voye[ ces mots,

AI" On appelle aussi coureur , un homme qusontrouve rarement chez lui, qui va, qui vient, quiest souvent en ville ou en voyage. Vagus , erro ,errabundus. C’est un coureur perpétuel qu’on netrouve jamais à la maison.

Coureur signifie aussi un inconstant en amour , quien va conter à toutes les femmes . Levis , inconstans ,varius Une Dame démérité veut de rattachement,8c ne sauroit aimer un coureur.

AV On appelle coureurs d’inventaire, ceux qui sontdans l’habitude d’aller aux inventaires. On dit fami-lièrement dans le même sens, coureur de sermons ,d’indulgences, de concerts, 8íc. Asstduus in men-sarum assecla , qui court les bonnes tables. Cou-reur de Bénéfices, celui qui est âpre à chercher desBénéfices , qui envoie en Cour de Rome pour ob-tenir des provisions ou par mort, ou par dévolut.DomDiego Lucifugue de Quevedo étoit un coureurd’aventures nocturnes , 8c on l’appeloit le coureurde nuit. Nocturnus , noclàrnbulus, noctivagus, noctua-bundus.

Coureur íe dit aussi d’un jeune homme qui est auxgages d’une personne de qualité , pour aller à piédans tous les lieux de la ville où on l’envoie, 8cpour en rapporter promptement des nouvelles.Cursor. Ce n’est que depuis peu qu’il y a des cou-reurs en France, 8c c’est une mode venue d’Italie.

On appelle chez le Roi, coureur de vin , certainOfficier qui porte à la fuite du Roi, à la chasse 8í

C O IT

ailleurs, du vin, de l’eau& de quoi faire collation.COUREUR de bois du Canada. Ce sont les habitansde ce pays, François de nation ou d’origine, quivont trafiquer de pelleteries avec les Sauvages, amisde la nation Françoise.

$3* COUREUSE , s. f. Ce mot ne s’emploie plusdans la lignification de coureur. L’idce accessoireque nous y avons attachée , fait qù’il est toujourspris en mauvaise part, pour signifier une lemmeou une fille prostituée. C’est une coureuse, une in-fâme. Vénus n’est plus la mere des tendres amours,c’est aujourd’hui une coureuje 8c une effrontée, quise prostitue à tout le monde. G. G. On dit dans lemême sens, une coureuje de pont-muf, de rem-parts. Les latins les appcloicnt, P'aga semina , va-gabunda , prostibulum.

CÔURGE, f, t. Cucurbita longa solio molli, storealbo. Plante qui est du même genre que la calebasse;elle n’en diffère que par la figure de Ion fruit qui estalongée. Voyei Calebasse. II y en a de cultivées& de sauvages. Les courges de jardin qu’on mangefont de trois sortes, longues, rondes 8c plates,mais ne diffèrent que par la figure. Matthiole ditqu’on en peut changer la forme par art, en choilis-lànt les graines : 8c que celles qui sont le plus prèsdu cou sont venir les longues , celles du milieu lesrondes, 8c celles des côtés les courtes 8c les plates.Que iì on veut avoir de grosses courges , il cn fautplanter la graine sens dessus dessous. Si Mat-thiole dit cela , l’expérience prouve le contraire.La semence de courge est une des quatre grandessemenc.-S froides.

II y en a qu’on nomme courges dinde , parcequ’elles lbnt venues des Indes occidentales, qui seconservent toute l’anné., qui sont de différentegrandeur, forme 8c couleur, mais de même tem-pérature que les nôtres. Leur feuille c semblableà celle de la vigne , leur queue & leurs iarmensgros, âpres 8c velus, leur fleur semblable à celledu lis , 8c leur graine a une amande plate. La co-loquinte est une espèce de courge sauvage. Colo-cynthis.

Courge se prend le plus souvent pour le fruit. Onmange la courge apprêtée comme le concombre.

Courge lignifie aussi un bâton qu’on met sur l’épaule,aux deux bouts duquel on attache des seaux pourporter de l’eau dans les ateliers. Baculus sujtinendisutrinque fitulis.

Nicod croit que ce mot est corrompu de courbe ,

8c est ainsi appelé à curvitate.

Courge , en Architecture, est une espèce de corbeaude pierre ou de fer , qui porte le faux manteaud’une ancienne cheminée, Mutulus.

COURGIE, f. £ Vieux mot qui veut dire fouet, 8 Cqui est la même chose que Corgie.

COURIER , s. m. ( l’Acad. écrit courrier ) Postillonqui fait métier de courir la poste, de porter desdépêches. Cursor, veredarius. II a été dépêché unCourier extraordinaire pour cette a flaire, parce quel’ordinaire ctoit parti. II y a des offices de Couriersdu Cabinet, le Maître des Couriers.

$CF On appelle Courier du Cabinet ceux qui portentles dépêches du Roi ou de son Conseil.

0CT On appelle aussi courier totlt homme qui courtla poste , quoiqu’il ne porte aucunes dépêches.

Voye £ Poste.

L’antiquité a eu aussi ses couriers ; elle en a eude trois sortes : des couriers à pié, que les Grecsappeloient hemerodromi , c’est-à-dire couriers d’unjour. Diarii cursores. Pline, L. II, c.-ji, VII, c. z o.Cornelius Nepos , L. I, c. 4 . César , Comment*

L. VII , c. 3 , parlent de certains de ces couriersqui avoient fait zo , 30 Se 36 lieues en un jour,jusqu’à 40 dans le Cirque pour remporter le prix;des couriers à cheval qui changeoicnt de chevauxcomme on fait aujourd’hui. L’ufage des couriers estmême beaucoup plus ancien. Xenophon l’attribueà Cyrus , L. VIII de la Cyropédie. Hérodote ,

L. VIII) c, 97 6 > 98 , dit qu’il étoit ordinaire ches