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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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FLÂTRER. ,v. a. Vieux mot, qui signifie, matquetd’un fer chaud. Ferro adurere , calidum ferrum ap-plicare , imprimere Jligmata , notare. Autrefois onmarquoit les criminels d’une lettre au front avecun fer chaud ; cë qu’on appfcloit flâtrer; & rríaintë-nant on dit qu’un criminel est condamné à être flétrid'une fleur-dè-lys fur le dos.

Ce mot vient 'de flasira, qui, ën langage Celti-que ou Bas-Breton, signifie écraser.

C£?FlÀtrer ne se dit plus aujourd’hui que des chiensqui ont été mordus d’un chien enrage. C est leur ap-pliquer fur le front un fer chaud en forme dc clef,pour les garantir, dir-on, dc la ragé.ísF FLÂTRÉ, ÉE; part.

On trouve auiïï flâtrir dans le même sens. Flétrirun chien. Un chien flâtri. La flâtrijsure est l’imprel-íìon que le chien porté. Ce mot est pluá connu dansles Ardennes, en Champagne, en Flandre, dans leLuxembourg & en Lorraine, qu’ici. Il y a beaucoupd’apparcnce que ce mot est le même qúe flétrir ,qui nous est resté, & dans le propre, Sc dans le figuré.Nicot nous apprend que de son temps, flatrcr> flâ-trir Sc fleutrir étoient la même choie. On lit dansdes Cositumes, mesures dc vin s flétries, pour dire,marquées. On trouve auflì flatir Scfleutrier, dans lemême sens que flétrir a ájourd’hui.

ÍLATRUNEou FLATURE, FLATRISSURE. f. f; Ter-me de Chasse, lieu où le gibier pourtuivi par deschiens couráns, s’arrête, Sc se met sur le ventre.Sal. Salnove di tflajluie, Sc il ne le dit que du lic-' vre & du loup;

FLATTER, v. a. C’est, par des louangès fausses ouexagérées, toujours dictées par l’intérêt personnel,chercher à plaire à quelqu’uh j pallier ses fautes Scses vices, & souvent lui íupposer de bonnes qualitésqu’iln’a pas. Adulari, blandir'n Nous sommes d ispoíésà flatter céux dont nous attendons quelque bienfait.

1 Vendre ainsi ses louanges, c’cst le métier d’un hommevil & méprisable. La société n’est proprement ,qu’uncommerce de mensonges officieux & de fausses louan' ges, où les hommes flattent pour être flattés. Fl. LeMaréchal d’Ancre disoit à un flatteur : Tu me flattes ,mais tu me plais. M. Esp. Flatter le vice, flatter lesdéfauts de les amis * lès excuser par une mauváiíecomplaisance.

On dit qu’un miroir flatte , lorsqu’il ne fait pas voirles défauts qui sont dans í’objet , loriqu’on s’y voitplus beau qu’on est en effet,fjCT Flaìter , terme de Peinture, se dit d’un portraitque le Peintre a rendu plus beau que la personne d’a-près lequel il est fait. On dit qu’un Peintre flatte, sesportraits. Portrait flatté. Les Peintres flattent presquetoujours.

Flatter, signifie presque en ce sens, traiter avec tropdc douceur bide ménagement ceux qu’on devroit châ-tier. Le Confesseur qui flatte son pénitent, est causede sa damnation. Uli Chirurgien qu \ flatte une plaie ,qui ne coupe pas ce qui esta couper, tue son malade.II ne faut point flatter un peuple séditieux, il fautso punir sévèrement.

Flatter , signifie encore, déguiser une vérité qui se-roit désagréable à celui qùi est intéressé; lui donnermeilleure opinion d’une chose qu’il n’en doit avoir.V ?1 C’est proprement tromper quelqu’un en lui dé-guisant la vente, par foibleílc ou par crainte de luidéplaire. Un Médecin flatte son malade, en lui ca-chant l’état de son mal. Un Procureur/Zarte son client,cn lui cachant 1e foible de sa caule; Les Plaideurs nesont que trop disposés à se flatter dix-mêmes. Dites-moi, fans me flatter , ce que vous en pensez.

$sT Flatter quelqu’un de quelque choie, l’amufer del’espérance de quelque chose. Se flatter, s’amuser del’espérancc de quelque chose. On so flâne de celaon \e flatte qu’iî aura bientôt cette place: c’est de quoiil s’est toujoUr s flatté.

Se flatter, en termes de civilité,, sé persuader.Je me flatte que vous approuverez ma conduite.l átter , so dit auflì pour caresser ; ce qui so dit tantde l’homme que de la bête. Cette mere flatte ses

Tome IV.

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enfans jour Sc nuit. Le chien de Tobie venoit/sor-ter son maître. Flatter un cheval.

Flatter , so dit aulîì de ce qui touche agréablementles sons. La musique, les parfums flattent agréable-ment l’oreillë, 1 odorat. Tú mes flatté d un doux son.Abl.

Flatter, en termes de Musique, a encore une signifi-cation toute différente de celle qui vient d este ex-pliquée : il so dit de la voix Sc des inst'rumcns, Stlignifie la maniéré douce & agréable de fléchir, demanier la voix, de toucher un instrument, d’où ré-sulte l’agrémCnt qui flatte i’oreille. Dans les airs gais,il faut animer la cadence : dans les airs tendres Sclanguissons , il faut k flattes. .

Flatter , so dit figuréíhcnt en choses spirituelles.Flatterie, douleur, c’est-à-dire, l’adoucír par quelqueslvflexions agréables. Flatter son amour, c’est-à-dire,le repaître d'espérance. Flatter son imagination, c’est1a remplir de chimères agréables. J’ái eu tort de croirequ’il y eût un homme capable de Cacher cë. qm flattefa gloire. P. de Cl. L’esprit une fois élevé, ne veutrien perdre d’une impression qui flatte son amour-propre. De La Motte. C’est-à-dirè, qui fait plaisir,qui est agréable à son amour-proprë; ce qíti est con-forme , favorable aúx inclinations Sc aux lcnùmens,de son amour-propre.

Ce trifle objet vous fuit jusques dans vos plaisirs,A u milieu des festins , au milieu des délices ;

Et lorsque tout conspire à flatter vos defirs 3IIfait vous préparer les plus affreux supplices.

Flatter. Ën termes dé spiritualité, flatter sa chair ,flatter ion corps, c’est accorder aux sens & au corpsce qu’ils souhaitent. índulgere. Vous n’ignorez pas àquoi nous porte l’esprit du mondé,: à flatter noscorps, à leur donner tout ce qu’ils demandent, à leurprocurer toutes les commodités, à ne lcS, gêner Sc neles mortifier en rien, à les entretenir dans un em-bonpoint qui dégénère fen sensualité, & communé-ment en impureté. Bourd. Exh. 1 3 p. ij.

On dit proverbialement, flatter le de, pour dire,le jettér doucement, Sc figurément, qu’il ne fautpoint flatter le dé, pour dire, qu’il faut parler fran-chement , sans chercher à déguiser pat des termes am-bigus cc qu’on a dé fâcheux à annoncer. On dit , flat-tes un chien, il vous fera caresse, pour dire, qu’ilfaìit cn user avec politesse avec tout !e monde, si l’onveut en obtenir quelque chose, où qu’on amène lesplus revêches à son but, lorsqu’ofi s’y prend avec po-litesse.

FLATTÉ, ÉE. part. Il a les sons de son verbe. On ditun portrait flatté. Un \iiege flatté, peint en beau. Cequi sc dit aussi au figuré. Le portrait qu’il a fait de sonami est un peu flatté.

Touspréterldoient fe voir dani im tableau flatté;té t tous fe trouvaient peints selon la vérité.

Pouvoit-il espérer de plaire ? ,

Noúv. chòix de Ver*.

FLATTERIE, f. s. Louange fausse ott exagérée, dic-tée par l’intérêt personnel, pòiir íc rendre agréablèÙ quelqu’un, èn palliant les vices, ou ën lui attri-buant des vertus qu’il n’a pas. Adulatio , assentatio.La flatterie lâche, basse, intéressée, fuit toujours lafaveur. C’est un piège que fout le monde apperçoit,Sc dans lequel pourtant les plus délié;, ne laissentpas de donner. M. Est. La flatterie xieguiso tout ,ensortc que le monde n’est pfesque plus qû’un com-merce de faussés complaisances, ou lès hommes s’en-têtent des louanges qii’iís so donnent les uns aux au-tres. Fl, Comme ií y a u né flatterie de parole, quiporte à louer ceux.qui gouvernent, du bien mêmequ’ils ne sont pas, il y a Une flatterie d’action, par la-quelle on. prétend so faite un metite d’approuver Scd’imitcr le mal qu’ils font. La complaisance sans bor-nes , dc céux qui veulent tout CC que veulent fini

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