FOI
La foi habituelle est une habitude surnaturelle &infuse que Dieu met dans l’ame, & qui nous dil-çose à croire ce cpie Dieu a révélé, par la raisoníeule qu’il l’a révélé. Cett c foi habituelle se donnepar le baptême ; c’est un des esters de ce Sacre-ment. La joi actuelle est l’exercìce de la foi, c’est l’ac-quielcement actuel de l’esprit à ce que Dieu a ré-vélé. C’est l’acte de h foi, & avoir la foi actuelle,c’est produire un acte de foi j faire un acte de foi.La foi explicite est la/oide ceux qui croient formel-lement & distinctement une chose révélée, dont ilsont une connoissance. La foi implicite est la foi deceux qui croient tout ce qui a été révélé, sans avoirune connoissance distincte & formelle de chaque ar-ticle. Les Infidèles qui se convertilsoient à la vue desmiracles que Dieu cpéroit par les Martyrs, ou quandles premiers Chrétiens foudroient le martyre, 8c quidiloient : Nous sommes Chrétiens, nous croyons ceque les Chrétiens croient, & qui quelquefois étoientmartyrisés fur le champ, avoient une foi implicitede tout ce que les Chrétiens croient. Un Payíán quicroit fermement tout ce que l’Eglise croir, sans la-voir en détail chaque article de la croyance de l’E-glise , n'a qu’une foi implicite sur plusieurs de ces
. articles. La foi vive est la foi animée par la charité.La joi morte est celle qui íublìste fans la charité :telle est la foi d’un pécheur coupable de tout autrecrime que celui de 1 infidélité; j’cntends tout crimequi exclut la grâce , tout péché mortel, hormis l’in-fidélité. On appelle la foi d’un tel homme, u ne foimorte, non qu’elle soit éteinte en lui, 8c qu’il nefaste encore de vrais actes de foi , mais parcequc lesactes qu’elle produit font morts, c’est à-dire, ne fontpoint méritoires de la vie éternelle, ni d’un mériteproprement dit.
$3” Foi, se prend aussi pour l’objet même de la foi , pourles dogmes que la Religion Chrétienne propose à croi-re , comme révélés de Dieu, & pour la Religion même.C’est ainíi qu’on dir, article de foi , question d c foi,mourir pour la foi, renier la foi, profession de foi.
On appelle profession de Foi , une formule quicontient tous les articles de la croyance de l’Eglise,qu’on fait lire & jurer à ceux qui abjurent l’héréfie,ou à ceux qui entrent dans les dignités Ecclésiasti-ques. Le Symbole de la joi , c’est le Credo , ou leSymbole des Apôtres* On dit aussi le Symbole defoi, ou simplement la foi de Nicée, de Constantino-ple, dc Trente; pour dire , les articles de foi pro-polés , éclaircis, soutenus , enseignés par les Peresde ces Conciles.
La foi de l’Eglise est toujours la mctne* Quandl’Eglilc décide quelque vérité contestée, elle ne faitque déclarer qu’elle est révélée : ce n’eft point unenouvelle révélation. La foi , dit le Concile de Tren-te , est une disposition à la justification* Les bien-heureux n’ont plus la fo'n
Si S. Paul, qui a pris foin de marquer les caractè-res de notre foi , en avoir parlé comme d une foisubtile , d’une foi cut icule, d une foi savante, d’uncfoi de dispute & de contention, alors nous aurionsde quoi bénir Dieu, & de quoi nous féliciter, puií-que jamais la foi des Chrétiens n’eut toutes ccsqua-avantageusement qu’elle les a dans notreficelé. Mais quand je viens a conltdérer que ce grandApôtre ne fait mention que d’un efoi humble, d unejoi simple, d’une foi C .ans artifice, d’un efoi qui n’ade raisonnement que pour apprendre à obéir jetremble pour ìa foi d’une multitude infinie de per-sonnes ,_ qui portent néanmoins le nom de fidèles,&qui te diíent enfans de l’Eglise. Jamais peut-êtren’y eut-il plus de rafinemens, ni plus de contesta-tions fur h foi, & jamais aussi n’y eut-il moins d’hu-milité dans h foi. Bourdal. Exh. II , p a g, 3 g 7 .
On appelle Foi divine , la croyance qui est fondéefur l’autorité de Dieu.
Loi humaine , est la croyance qu’on donne aii rapportdes hommes. Il faut ajouter/oi à ce qu’un honnêtehomme affirme. Il y a une foi humaine, que l’on aNommée Ecclésiastique : c’est la croyance que les Fidc-
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les donnent à certains faits que l’Eglise a décidés, &qu’elle propose à croire , comme loríqu'elle obligeà reconnoître qué des livrés contiennent une doc-trine hérétique , qué des personnes jouissent de lagloire du Ciell On croit ces faits fur l’autorité del’Eglise : celui qui nè l’écoute pas, doit être tenu ,lelon la parole de J. C. comme un Païen & unPublicain, & l’Eglile est, selon S. Paul, la colonne& l’appui de la vérité. Cette expression de foi Ec-clésiastique est nouvelle. M. de Péréfixe Fa introduitepour distinglier la joi par laquelle on croit les faitsrévélés, qu’on appellendi divine, Sc la. foi par la-quelle on croit les faits íur leíquels l’Eglise prononce,assistée du S. Esprit, en vertu des promesses dèJ esus-Ciíri st.
03° Foi, signifie quelquefois confiance. Fiducia. Ondit en ce sens , dans l’usage ordinaire , qu’on n’a pasgrand efoi en quelqu’un, qu’on n’a pas grand efoi enses promestes.
03” Foi , se prend aussi pour conscience. Conscientia lTout ce qdi n’est pas lelon la foi est péché, c’est-à-dire , selon la connoissance que l’on a, la croyanceoù l’on est, comme l’a traduit le P. Bouhours.
03” Foi , le dit encorepour l’assurance que l’on donnede garder fa parole , pour l’exactitude à observer ceque l’on a promis. Engager fa joi, donner (a foi, gar-der , violer fa foi. Nulles personnes n’engagent leurfoi avec plus d’ostentation , que celles qui la violentdavantage. Bouh. Quand la foi Sc l’assurance des pro-messes íeroient bannies du monde , diíoit le RoiJean, elles devroient toujours demeurer dans labouche des Rois.
Id foi, ce nœud sacré , ce lien précieux ,
Es est plus qu un beau fantôme , & qu’un norrispécieux.
Bonne toi. Sentiment 8c disposition d’un homme quícroit bien faire, quoiqu’il fasse mal ; qui n’a, ni doute,ni scrupule íur sa conduite. Bona fides , conscientiarecla.
03” On dit qu’un homme est dans la bonne foi , qu’il afait une chose dans la bonne foi, pour dire, qu’ilagit ou qu’il a agi selon sa conscience.
03” Bonne foi , en matière de prescription, n’est autrechose que l’opinion ou la créance d’une possessionlégitime : comme quand on a acquis de celui qu’oncroyoit le propriétaire de la chose vendue , ou aumoins qu’il avoit le pouvoir de l’aliéner , quoiqu’eneffet elle ne fût pas à lui , 8c qu’il n’eut pas le droitde la vendre. Un políesseur de bonne foi, est celuiqui possède quelque chose qui n’est pas à lui, maisqui le croit, & qui n’a point de raison d’en douter.Le possesseur de bonne foi n’est tenu à la restitutionde ce qu’il a consumé , ou appliqué à ses usages,qu’autant qu’il en est devenu plus riche ; mais il doitrendre ce qui lui reste entre les mains. Le possesseurde bonne foi, tant que la bonne foi dure , ne diffèrepoint du véritable maître. Voye\ la Loi Quificit. fsde Usuris ; 8c la j e Règle du droit in~6°. Pour ce quiest du políesseur de bonne foi , on n’a jamais doutaqu’il ne gagne les fruits qui proviennent par fa cul-ture 8c l'on industrie , luivant la Loi Fruclus jf. deUsuris , 8c la Loi Bons. fidei , De acquirendo rerum,dominio : mais on va'plus avant, & c’est une choser«eue dans le Royaume , par une coutume générale,qu’il gagne encore les fruits qui croissent plutôt deleur propre nature , que par le travail & l’industrie.Bornier. Il l’a fait dans la bonne foi. Jetois dans labonne foi. On est dans la bonne foi , quand on croitprudemment être maître de ce qu’on poilède , ouqu’on ignore qu’il est à un autre , à moins que l'igno-rait ce ne fût crasse ou aftectee. Bonne joi se dit aussien d’autres matières ; par exemple, en matière d’opi-nions & de religion. La bonne joi n excuse pas, ou,pour mieux parler, n est pas bonne foi quand on n’apas fait ce qu’on devoir pour etre éclairci, sur-toutaprès qu’on a été souvent averti. PÉlisson.
En termes de Juriíprudence, on dit aussi qu’il y *