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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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res irrégulières, qui ne sauroient trouver place dansun bâtiment, ni se joindre avec les autres : on lesrebute. Entre fêtât du plus sage homme du monde,Sc celui d’un fou achevé , il n’y a de différence quede quelque degré de chaleur & d’agitation d’esprits.Nie.

Quelques grands hommes ont contrefait les souspour sauver leur vie. Tels ont été David chez lesHébreux, Solon chez les Grecs, & Brutus chez lesRomains. Mr. de Br. de R.

Si David contrefit 1 efou, on pourroit dire queSalomon, son fils, le fut véritablement, étant tombédans les derniers excès, après avoir perdu le don dela sagesse. Mais c’est une extravagance au P. Menot«Lavoir osé avancer dans ses Sermons du Carême ,que fil se faisoit une danse de tous 1 es fous qui ontété depuis le commencement du monde, Salomon,comme le principal, porteroit la marotte. Il a pris àla lettre ce que Salomon a dit de lui-même, qu ilétoit le plus fou de tous les hommes. Stultissimussum virorum. Prov. XXX, 2. Si le P. Menot avoitconsulté les Interprètes , il auroit vu que c’étoit lamodestie qui faisoit ainsi parler Salomon.

$Gr Fou, se dit généralement de tout homme emporté,soit dans la conduite , soit dans les moeurs, entraînépar ses passions, excessif, même dans les choseslouables, à moins que cet excès ne tienne à un mo-tif louable. Tous les hommes font fous par quel-qu’endroit, & malgré tous leurs loins, ne diffèrententr’eux que du plus ou du moins. On est fou detableaux, de livres, de curiosités. On est fou de farhaîtresse, de fa femme, deses enfans. Rarement onest/ba de la vertu. Le dissipateur est un fou qui donnetout à ses fantaisies ; savate est un autre fou qui re-fuse tout à ses besoins. L’homme qui sacrifie tout àla fortune, est un fou; celui qui ne fait rieir pourelle, ne l’est pas moins. Un vrai fou est celui quifuit aveuglément ses passions, Sc qui ne connoît,ni bornes , ni mesures. Dac. Nous sommes fous tou-tes les fois que nous nous mettons en colère. M. Es p.Les fous les plus dangereux font ceux dont la folieest cachée fous les apparences de la raison Sc du bonsens. Dac. Il vaut mieux êtr efou avec tout le monde,que d’être sage Sc de se trouver seul. Moi.

^ 3 “ On dit en proverbe que les fous font les fêtes, Scque les sages en ont le plaisir. Charles V disoit queles Françoisparoissoient fous, Sc étoient sages.

§ 3 “ Fou , signifie quelquefois simplement enjoué, quidit des plaisanteries. C'est un fou qui a de l’esprit. Ilest/ott comme un jeune chien. Plus on est de fous,plus on rit. Quelquefois il est synonyme de crédule ,imprudent, mal-avisé. Fou qui s’y fie. Vous êtes bienfou de croire cela.

Ma foi, fur V avenir bien fou qui s’y fiera. Rac.

IJCF Fou se dit aussi de tout ce qui n'est pas sait avecrailon.Une folle entreprise. Fol appel, folle enchère.Voye\ plus bas.

ÇêT On appelle tète folle, un étourdi, qui fait les cho-ses fans les bien examiner, ou qui a des plaisanteries

inconsiderees.

Les sages de ce monde font appelés dessous dansl'Evangile. L es mondains & les libertins font les plusfous de tous les hommes. L’Evangile fait mention decinq Vierges prudentes & de cinq folles.

On appelle aussi un chien fou, un chien en-ragé ; Sc on dit en ce sens, il écume , il mord com-me un chien fou.

On appelle folle farine, celle qui est si subtile,qu’elle s’élève en 1 air, ou. s attache aux murs dumoulin. ‘ ,, ,

Folle enchère, c'est une enchère qu on fait furune chose au-delà de fou prix raisonnable, enchèrefaite follement, témérairement. On dit, crier unechose à la folle enchère de quelqu’un, loríqu'il n’apas eu le moyen de la payer, Sc qu’on la vend aurabais fur lui ; on dit aussi folle-mise.

On du dans le sens propre & naturel, payer la

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folle enchère , lors, par exemple, que dans l’adjudi-cation des bois du Roi, quelqu’un, après avoir eU^adjudication fur l’enchère qu’il avoit faite, se ré-pent de savoir faire, Sc retire sa parole dans uncertain temps, en punition de quoi il paie une cer-taine somme pour senchère qu'il avoit faite mal-à-propos Sc follement. Et dans îe sens figuré , on ditqu’un homme a porté la jolie enchère de quelquechose, quand , à son occasion, il lui en est arrivé quel-que mal. Il a voulu séparer des gens qui íe bat-toient ; il a été blessé ; il a porté la folle enchère deleur querelle.

Foi appei , est un appel mal fondé. Quand la sentenceest confirmée, on paie l’amende du fol appel, quiest de 12 livres.

flCPFoiiE intimation, est celle qui n’estpasfondéesurune cause juste, & qui par coníéquent est évidem-ment insoutenable. Quand on prend, par exemple,un Juge à partie, Sc qu’il n’y a pas lieu de l’intimer ;ou quand on donne assignation à celui qui ne doit pasêtre partie dans une astaire, on condamne toujoursaux dépens d’une folle intimation.

ífT A la guerre, on appelle garde folle, la garde avan-cée. Folle avoine. Voycq Avoine.

En termes de jeux de cartes, on appelle à la bêtedame folle , une dame de triomphe accompagnéede deux autres basses triomphes.

Fou , substantif, signifie quelquefois bouffon. Sannio ,morio. Les Princes ont des fous auprès d’eux pour lesdivertir, des gens qui font íemblant d’êtr ejous , pourdire toutes fortes de plaisanteries en liberté.

Fou, au jeu des échecs, est une pièce dont le mou-vement est toujours de côté & en coupant sangle descarrés. On appelle le fou noir , celui qui marchetoujours furies carreaux noirs du tablier ;\e fou blanc,celui qui marche fur les blancs ; le fou duRoi , celuiqui est du côté du Roi ; 1 efou de la Reine , celui quiest du côté de la Reine : de-là vient qu’on dit

Les fous font aux échecs les plus proches des Roisl

On appelle Gard efou, les barrières, ou parapetsqui empêchent de tomber , qu’on met aux lieux éle-vés ou dangereux.

Fou , se dit proverbialement en ces phrases. A chaquefou fa marotte. Tous les fous ne portent pas des ma-rottes, ou bien tous les fous ne lont pas aux PetitesMaisons. Bien fou qui s’oublie, pour dire, qu’il y ade la folie à ne pas songer à les intérêts. U m’a penséfaire devenir fou, fou à courir les rues ; pour dire,il m’a fait mille traverses, mille méchancetés capa-bles de me faire perdre l’esprir. J’y meurois ma tête,qui est la gageure d’un fou. Cet homme eíifou, oule Roi n’est pas noble. Il est fou comme un jeunechien. Il est fou à lier. Tel se croit sage , qui est j ou.Dieu aide â trois fortes de personnes , aux fous, auxenfans & aux ivrognes. Il y a plus de jous vendeurs,que de fous acheteurs. On dit aussi, à la presse vontles fous; pour dire, qu’il ne faut pas s’emprelìerd’acheter les marchandises, tandis Hue tout le mondeveut en avoir. On dit aussi, tête de j ou ne blanchitjamais. A folle demande il ne faut point de réponse.Les fous inventent les modes, Sc les sages les sui-vent. Ne savez-vous pas bien le dire d’Arillote, Quiadvertit pauca , facile judicat ? Cela veut dire enFrançois, de fou Juge briève Sentence. MAsc.y?. j fOutre les fous à porter marotte, il y en a une infi-nité d’autres. Intu.p.^jf.

On appelle Fou de haute game , un fou acheve.On dit que les fous Sc les enfans prophétisent ; pt> lirdire qu’ils disent quelquefois la vérité : qu’un fo^avise bien un sage. On dit aussi, plus on est de jous ,, &plus on rit ; pour dire que le nombre des gens ssità s’exciter l’un l’autre à la joie. On dit aussi q lIClles fous font plus utiles aux sages, que les lages auxfous ; c’est un dire de Caton l’Ancien ; parceqi’ e * cSsages profitent des folies des autres 5 ce quiri’airi' epas aux fous à l’égard deS sages.

On dit aussi en général, que les Poètes font fous-

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