FOR
o'rt à grand regret de n’être pas le maître. C’est déter-miner la volonté, la faire agir par des motifs quilui donnent du chagrin, & lans lesquels elle fe fe-roit autrement déterminée. Il y a des occasions où 1 onn'est pas fâché d avoir été force a faire ce qu’on ne .vouloir pas. Il me force à faite des choses que je neferois pas fans lui. 11 faut forcer notre esprit, & leporter malgré lui à envisager la vérité; Nie. Dieu aenseigné les hommes à le connoître ; mais il ne lesy a point forcés. Le P. Thom;
Pourquoi me forcez- vousvous-même à vous trahir?
Rac.
fjÇF Le P. Bouhours remarque qu’on dit également bienforcer k & forcer de faire quelque choie; mais quedans le paiíìf on dit ordinairement forcé de, commeobligé de, contraint de faire quelque chose, 8 c nonpas jorcé à.
fjCT On dit dans ce sens , forcer une fille, une femme,la prendre par force, la violer. Stuprare , vim inferre.
Forcer se dit auíti en choses spirituelles & morales.Forcer son esprit, c’est lui faire faire un trop grandeffort pour lui faire trouver des pensées qui ne fontpas naturelles. Forcer son style, c’est y donner unair , un tour gêné 8 c contraint. Forcer son génie, sontalent, c’est Rappliquer à des choses pour lesquelleson n’étoit pas né. Il a prodigué des trésors pour era-
' bellir ses maisons, & forcé la nature 8 c les élémenspour orner ía solitude. Fl. Forcer un passage. Tor-quere. C’est lui donner un autre sens que celui del’Auteur.
fKF Forcer nature, c’est vouloir faire plus qu’on nepeut. S c forcer, c’est faire quelque choie avec tropde force & de véhémence.
Forcer , en termes de Finance, on appelle forcer larecette, lorsqu’un Receveur porte en recette plusquil ne doit, dc qu il n’a reçu. Lorsqu’on appréhendeun décri íur les espèces, ou qu’il y en a même decertains & d indiqués, les Receveurs, pour ne pasperdre cette diminution fur l’argent qu’ils ont enpropre , le font passer dans leur recette , puis le re-prennent fur les premiers deniers qu’ils reçoivent;c’est ce qu’on appelle forcer la recetta U est défenduauxCommis-Receveurs Ai forcer la recette fous peinede révocation.
FORCÉ, ÉE. part. Il a les significations de son verbeau propre comme au figuré. On appelle un génieforce , un génie qui n est pas naturel, mais guindé,affecté ou contraint; unraitonnement/orcre, une com
Ï iaraison/brcee, loríqu’on les fait venir dc loin, qu’ones rire par les cheveux. fjd? Un style forcé, qui n’arien de naturel, quia donné de la peine à l’Auteur,& n’en donne pas moins au Lecteur par la singula-rité des constructions ou des expressions. C’est pourcela que S. Evrémont dit que le style forcé de Sé-nèquelui communique une espèce de contrainte. Onest revenu du galimatias & du style forcé qui a étési long-temps à la mode. Vers forcés , Poésie forcée.
Je hais ces vains Auteurs dont la Muse forcéeM. entretient de ses feux , toujours froide £’ glacée.
Boil.
On dit qu un homme est forcé dans toutes ses ac-tions , pour dire qu’il n’a rien de naturel, qu’il estaffecté dans tout ce qu’il fait. Ce Courtisan n’a qu’unris forcé 8c des caresses contrefaites. La Bruy. Com-bien faut-il essuyer de rebuts à la Cour J & combienfaut-il rendre de respects forcés ?tfT Un sens forcé est celui qui est détourné du sens na-turel 8 c véritable.
îéL Une voix forcée est une voix poussée avec excès,avec un trop grand effort.
Forcé fe dit en Peinture d’une figure dont l’atti-tude est gênée, contrainte tans nécessité; du coloris,SUand il est outré, 8 c de l’estet, quand l’art dont le Pein-te peut fe servir pour augmenter l’effet, est trop gros-"«ement employé. Voy. Force, terme de Peinture.Ponte IF.
FÒR
L41
Ën termes de Marine -, on dit temps forcé, un ventforcé, pour dire , un mauvais temps , lorsque la merest grosse &c agitée , le vent violent 8c contraire. Nouáfumes fort heureux de ne pas trouver les terres em-brumées, & un vent d’ouest forcé-. Frézier:orcé te dit dans les jeux. Au jeu d’hombre, jouerípadille forcé, fe dit lorsque l’on est obligé de fairejouer toutes les fois qu’on a ípadille. Codille forcé ,fe dit lorsqu’on est obligé de gagner codille ; sansquoi l’hombre gagneroit.
FORCERET. f. m. Ancien nonl, diminutif de foteier.Petit coffre. Capsula. Dans l’inventaire des biens duDuc de Bretagne, Jean II, il y a un forceret couvertde foie , où menues pièces de reliques. Hijl. de Bret.
T. II,p. 4SJ.
FORCETTES. f. f. pi. ForsicuU. Petits ciseaux, pe-tites forces. Foyet' Forces.
FORCHEIM. Ville du Cercle de Franconie en Aile- »magne. Forch&mum, Forchena. Elle est dans l’angleque forment les rivières de Réduits dc de Wesent,quand elles le joignent, environ à six lieues au-des-sus de Bamberg. Forcheim étoit autrefois ville Im-périale & libre; elle dépend maintenant de l’Evêquede Bamberg. Mat y. Il y a des Géographes qui laprennent pour l’ancienne Trutavia, qu’on nommoitaussi Lucoritum. Cluvier n’est pas de ce sentiment.Selon lui, Lohr, bourg du Comté de Reineck enFranconie, est l’ancien Lucoritum ou Trutavia. Jetrouve ce nom différemment écrit, Forchaim dansMaty, Forcheim fur des Cartes, 8c Forchen dansOrtélius. Long. 28 d. 40 m. lat. 49 d. 44 m.FORCHETTE. f. f. Terme de Marine. Fourche à deuxfourchons , qui sert à désarborer. Furca. On .doit at-tribuer à l’usage seul des gens de mer qu’on dise& qu’on écri forchette aú lieu de fourchette. Laforchette est de fer. Il y a atìffi des forchettes de pier-ríer, qui font de petits instr umens à trois branches ,dont il y en a une pointue 8c les deux autres plat-tès, arrondies & percées d’un trou.
FORCIER. f. m. Coffre , cassette. Capsa. Dans í’inven-taire des biens de Jean II, Duc de Bretagne. Itemu njorcier, où onze bourses de foie. H'/Jf. de BretcT. II, p. 4jj. Item, ouquint/orever lurent trouvés.
Ib. p. 4_í4.
FORCIFÈRE ou PORTE-CISEAU. Nom de Religieuxd un Ordre suppose, dont Schoonebeck a parlé dansla seconde édition, âpres Abraham Bruin, MichelColin, Josse Ammanus; mais cet Ordre n’a jamaisexisté, dit le P. Hélyot dans la Préface de son pre-mier Tome de l’Hist. des Ordres Religieux. Du reste,il faudroit dir 0 forfici fère, 8c non pas forcis ère , enLatin forficis er. Mais on dit forcis ère pour forficifère,comme on dit forces de forfices. *
fCT FORCINE. Terme de forêts, qui signifie un ren-flement qu on apperçoit a l’angle qui est formé parla réunion d’une grosse branche avec le tronc d’unarbre. Duh.
FORCLORRE. v. a .Excludere 3 prohibere. Empêcherl’entrée, fermer l’entrée, exclure. Ce mot n’est plusd’usage dans ce sens propre & général ; c’est unique-ment un terme de Palais, qui ne fe dit plus qu’àl’infinitif forclorre 8c au participe forclos. Sommerune partie d’écrire, de produire ou de contrediredans un certain temps, à faute de quoi on lui dé-claré qu’elle n’y fera plus reçue, qu’on jugera le pro-cès. On dit aussi, forclorre de faire enquêtes, 8c au-tres procédures ordonnées par le Juge- ,FORCLOS, OSE. part. & adj. Il ne se dit guere qu'aumasculin. § 3 “ Exclus fe dit en Jurilpruderìce de ce-lui qui, après contestation en caule , n a pas produitOu fourni de griefs , contredits ou autres écrituresdans le temps prescrit, 8c qui a cause de cela enest exclus. Exclusus. L’Ordonnance veut qu’on pro-duise dans la huitaine, autrement forclos. Il a étéforclos de faire l’enquete qui lui avoir été permise.
Ce mot de forclos vient dú Latin exclusus à foropforo exclusus.
FORCLUS, USE. part. Ôc adj. Exclus, chassé, vient dc
FE