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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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Agathe Sc Lésina. Maty. Quelques cartes le nom-ment Tripole.

FORTRAIRE le bien d’autrui. Rem alienam avertere ,subducere , suffurari. C’est le prendre , s’cn emparer,le détourner. Pomey. Il n’est plus d’usage.

Un cheval forerait, c’est , íelon le même Auteur,un cheval qui est devenu étroit de boyaux pour avoirété surmené. Noyé | Forteret. M. Liger & autresécrivent aullì forerait. Vous trouverez auísi dans M.Liger, Tome I, page 18p, des remèdes pour guérirun cheval forerait.

Fortraire a auísi été pris quelquefois pour attirer,suborner. Aucuns fortraient les femmes d’aurrui. DeBbaum. Femme foreraite, tirée de la maiíon dcson mari. Id. Comme traître, il avoir sa femme for-traite. Id. Li faisant si grant honte que de femmefortraire. íd.

FORTUIT, TUITE, adj. Qui arrive par hasard, f^cupour ne pas prononcer un mot vide de sens, nous de-vons dire qu’un évènement fortuit est celui dont lacause nous est inconnue , dont nous ne voyons pas laliaison avec ceux qui le précèdent, Raccompagnent oule suivent. Evènement qu’on ne peut, ni éviter, niprévoir. Fortuitus. Un Fermier n’est pas tenu des casfortuits, s’ilne s’y est obligé. Les combats qui le fontdans une rencontre fortuite, ne peuvent palier pourduels.

FORTUITEMENT, adv. Par cas fortuit, par hasard.Forte, fortuito. On n’est point responsable de cequi arrive fortuitement.

FORTUITES, s. f. pi- On appelle ainsi les Loix furlesquelles les Juges interrogent les récipiendaires,fans les avoir indiquées, comme au haíard Sc for-tuitement. Il fera député deux Conseillers au moinsde chaque Chambre, pour disputer contre l’Gísicicr,tant sur la Loi que sur les Fortuites.

FORTUNATITE. f. m. & f. Nom de secte parmi lesJuifs. Celui qui adore la Fortune. Fortuna Cultor. Onnous a envoyé ce mot pour Rajouter à ce Diction-naire ; mais je ne connois point les Auteurs qui s’enfont servi. Il est certain que les Syriens honorèrentla Fortune fous le nom de Gad, qui veut dire, //-licite, bonne fortune. Voyez ce mot. Quelques Juifsdonnèrent dans la même impiété, Sc c’est à eux qu’I-fai'e adrelfe la parole, C. LXV, v. 10. Pour vousqui avez abandonne le Seigneur, qui avez oubliema montagne sainte, qui dressez a la Fortune un au-tel , 8c qui y offrez des liqueurs en sacrifice , je vousferai palier l’un après l’autre par le fil de l’épée. Il ya dans RHébreupV» Legad,a Gad. Munster traduità Jupiter -, mais S. Jérôme a mis beaucoup mieux àla Fortune : car Gad en Hébreu signifie félicité,bonne fortune 3 comme il paraît par Ia Gen. XXX 311. Voyez Selden, De Diis Syris, Synt. 1 3 C. 1 3P • 68 3 6p , 80.

On pourrait dire auísi fortunathyte , en compo-sant ce mot du Latin Fortuna , &c du Grec 61a , j ho-nore.

FORTUNE, f. f. Divinité aveugle , bizarre & capri-cieuse , qui, selon les Païens, présidoit à tous lesévénemens , & distribuoit les biens & les maux , se-lon sonkcaprice. Fortuna 3 Fors. La Déesse Fortuneest une chimère ; les Chrétiens ne comioillent pointd’autre Fortune que la Providence. Bouh. Un Prédi-cateur ne doit jamais attribuer au personnage de laFortune, ce qui ne convient qu’à Dieu; Id.

Quelques-uns croient que ce mot s’est dit pourFortuna. Rien n est plus ordinaire que de changerY F consonne en F. Fortuna viendra de Farto, verto.Je tourne , je change , Sc fera un nom très convena-ble à une Divinité changeante & legere.

Le nom de la Fortune, tìx» , croît inconnu dansl’antiquité la plus éloignée , Sc on ne le trouve, nidans Homère, ni dans Heliode, pareequ il netoit pasencore inventé. Plutarque , pour expliquer les Poetesqui semblent faire Jupiter fauteur dc tous les maux,au-lieude les rapportera la Fortune, observe qu’avantque le nom d e Fortune fùt en usage, les hommeséprouvant qu’il leur étoit impotîìble d’échapper à

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Rextrême puissance d’une cause qui agit sans ordreSc lans règle, donnoient à cette cause le nom de Dieu.U n’est pas ailé de débrouiller ce que l’Antiquitévouloir dire par le nom de Fortune. Les Latins cn-tendoient par-là, je ne lais quel principe par lequelles choies arrivent, lans qu’il loir nécessaire quellesarrivent. Mais on ignore quel étoit positivement ceprincipe ; c’est pourquoi quelques Philosophes ontdit que les hommes ont fabriqué le fantôme de laFortune, pour couvrir leur ignorance , Sc qu’on ap-pelle Fortune ce qui arrive à chacun lans lavoirpourquoi. Juvénal avoue que ce Ion t les hommesqui ont Fait de la Fortune une Divinité.

Nullum numen habes , Ji st prudentia : nos te ,Nos facimus 3 Fortuna, Deam 3 cceloque locamus.

Ainsi , selon les Païens , la Fortune netoit que l’é-venement des choies qui arrivent d’une manière lu-bite Sc inopinée, lans qu’on en lâche la cause nila raison : or ce qui agit lans règle Sc lans intelli-gence n’est rien. Cependant il est certain qu’en di-vers endroits on voyoit des Temples coníacrés à laFortune comme aime Dédié. Cela suppose que lesPaïens la regardoient comme une Divinité, qui dif-posoit à son gré du sort des hommes. I 'oye% f Oded’IIorace, O Diva gratum qua regis Antium, qui estla 3y c du I L. Sc qu’il fit pour lui recommanderAuguste, qui partoit pour viliter 1 ’de de la Grande-Brctagne.

On peut conclure dc ces divers fentimens, que lesAnciens fuioient de la Fortune, tantôt une causeobstinée à faire du bien aux uns, &■ àpcrlécurer lesautres, Sc tantôt une cause aveugle, inconstante,qui n’a rien de fixe ni d’arrêté. Si donc ce mot deFortune ne signifioit rien de certain dans la bouchede ceux qui lui drciloient des autels, l’on peut en-core moins définir ce qu’il signifie dans 1 esprit de ceuXqui Remploient dans leurs écrits. Car ceux qui veu-lent mettre le nom de la Providence, au-lieu de ce-lui de la Fortune, ne pourraient pas donner un sensraisonnable à toutes ces phrases où le mot de Fortuneest employé. Par exemple, il faut se défier de la For-tune , íur-tout lorfqu’elle nous flatte le plus. S. EvR-La Fortune ne paraît jamais si aveugle qu’a ceux àqui elle ne fait pas de bien. La Roch. Le mépris desrichesses étoit dans les Philosophes un désir caché devenger leur mérite de l’injustice de la Fortune, pa cle mépris des mêmes biens dont elle les privoit. se-La Fortune est une folle, qui quelquefois récom-pense un honnête homme, mais qui le plus souvciRélève un lot. B. Rab. Elle est si aveugle , cette For-tune, que parmi la foule où il n’y a qu’un lage, "ne faut pas s’imnginer qu’clle aille le démêler p° úile combler de les faveurs.

Dans ces endroits, l’on ne peut point substituasla Providence en la place de la Fortune. L’idéc q uírépond à l’exprelsion est païenne, aussi bien que I e *'pression. Par conléquent il semble que dans l’cxact 1 'tilde du dilcours, l’on ne doit point se servir dui 1terme qui ne signifie rien , ou qui associe la Fortutfavec la Providence dans la conduite de l’univers. ,

Horace dépeint cette Déesse, précédée de lacelllté, tenant de grands clous Sc des coins eu cmains, avec un crampon de fer & du plomb se 1 . 1 ,pour Rattacher, rarement accompagnée de la fid ^ 1 *lì ce n’est lorsqu’elle abandonne quelque mailou , ^alors la fidélité ne manque jamais de la suivre, au ^bien que les femmes dc plaisir Sc les amis. On P clh Fortune le pied pose fur une roue, pour matqu^son instabilité ; c’est pour cela que l’on dit, " s °de la Fortune. Il est lur la roue, le dit d’un ‘ l 0 ll j u jque la Fortune favorise; Sc au contraire c se C (' ol isqu’elle abandonne ou qu’elle maltraite , il cl ula roue de la Fortune ; Sc au même sens, la loU u „la roue dc la Fortune a tourné. Mettre , atn | lC jj xC r-clou à la roue de Fortune 3 trouver moyen deLes Romains représentoienr la Fortune, d‘ r ‘ce, Z. III 3 C. 22, avec une corne d’abonda»