FOR
îe timon d’un navire, pour marquer qu’elle donneitles richesses, 8c qu’elle gouverne les affaires de ceinonde. C’est en effet avec ces caractères qu on lavoit fur tant de médailles, qui ont pour inscription :Fortuna Aug. Fortuna redux, Fortunée Aug.ou reducis , &c. 8c fur lesquelles elle paroît deboutcn habit de femme, portant í ur le bras gauche la corned'abondance, & tenant de la droite le manche d’untimon qui porte à terre.
Pausanias, dans fes Meffeniaca , dit que c’est Ho-mère qui a le premier parlé de la Déesse Fortune, 8cqu’elle est fille de l’Océan. Onlafaisoit Déesse desrichesses, & c’est pour cela qu on lui donnoit un ti-mon de navire 8c une corne d’abondance. Les Lacc-démonicns l’invoquoicnt cn approchant la main defa statue, pour marquer quai faut tellement attendredu secours des Dieux, que nous coopérions aussi denotre côté. Vaillant dans ses Colonies , T. II ,p. ISO •
La Fortune a différentes épithètes fur les médailles,Fortune de retour ou revenue, ou, comme dit Tris-tan , Fortune Reduce , Fortuna. Redux ; Fortune fé-minine , Fortuna muliebris > dans Faustine la jeune;c’est une Déesse assise montrant un globe qui est de-vant fes pieds, avec une verge géométrique ou bienun sceptre, & tenant de l’autre main une corne d’a-bondance. ^qye^DENis d’Halicarnasse, L. VIII ,
8c Tristan, T. I, p. ósj 6' 6s8 , fur cette mé-daille. Fortune virile, Fortuna virilis. Celle-ci étoithonorée par les hommes, comme l’autre l’étoit parles Dames Romaines. Voyey les mêmes Auteurs &Plutarque dans ion Traité de la Fortune des Romains.La Fortune surnommée Manens , permanente, stable,se voit sur un revers de Commode, retenant un che-val par les rennes.
Fortune virile. (Temple de la) Ce Temple, connuaujourd’hui fous le nom d’Eglisc de Sainte-MarieEgyptienne, sc voit à Rome, du côté du Pont Sainte-Marie , anciennement nommé Pons Senatorius. Ils’est conservé presque dans son entier. Voye^-en ladescription dans le Dictionnaire de Peinture 8c d’Ar-chitecture.
La Fortune 8c Ncmésis n’étoient qu’une mêmeDéité, comme Dion le fait voir dans fa 64 e Oraison.ìTristan , T. II y p. j 6 7. Claudien l’appelle Rha-mansie.
On trouve fur des médailles Grecques la bonneFortune , ATA0H ou KAAh TXT». Voye\ Tristan ,T. I, p. 1 , L- T. II, p. 40 2 y 40 3. Constantin |donna le nom êéAnthoufa, c’est-à-dire, floris ante,à la Fortune de fa nouvelle ville de Constantinople,& y fit ériger une statue, portant fur fa main unefigure de cette Fortune , si l’on cn croit la Chroni-que Alexandrine ; mais celan’a point d apparence.
Isis étoit la même que la Fortune clairvoyante, 8cnon pas la Fortune aveugle, comme le dit un Prêtred’isis à Apulée. Voye-3 aussi Beger, Thés. Branieb.T. I,p. 2 ç6.
Fortune. Il se prend auilî pour malheur , péril, dan-ger , risque ; mais il faut qu’il toit déterminé à ce tenspar la fuite du discours. Dieu vous préserve de mal8c de, fortune.
Ce qui a fait introduire le renne de fortune, c’estque les hommes voyant arriver des maux & des dé-sordres , & n osant se plaindre directement de laProvidence, ils s’en prenoient à la Fortune. D’ail-lcurs , ne voulant point s’accuset eux-mêmes d’êtrela cause de leurs propres malheurs , ils déchar-geoient leurs chagrins contre la Fortune , dont ilspouvoient dire impunément tout ce qu’il leurplaisoit. Les Chrétiens ont adopté un langage sicommode 8c si favorable à leurs passions , 8c d’uncôté entêtés d’eux-mêmes , 8c de l’autre faisantscrupule d’accuser Dieu d’injustice, ils chargentla Fortune de tous les maux qui leur arrivent, fansapprofondir quelle est cette cause aveugle sur la-quelle ib déchargent leur chagrin. La Fontaine s’estmoqué de cette ridicule prévention contre la For-
F O R
Il n arrive rien dans le monde,Qu’il ne saille qu elle en réponde.
Elle ejl prise à garant de toutes aventures-.
Efi-onjot, étourdi y prend-on mal ses mesuresï
On pense en être quitte en accusant sor. sort :
Le bien nous le faisons , le mal c’est la Fortune.
On appelle donc maintenant fortune le bonheurou le malheur |L? qui nous arriventpar l’arrangement8 c la combinaison des caules qui nous font incon-nues. La fortune est proprement la destinée, la fa-talité , en tant qu’elle procure les richesses & leshonneurs, ou qu’elle prive de ces biens. Si un hom-me perd la vie par un événement imprévu, on l’at-tribue à la fatalité : s’il perd fes biens, on s’en prendà \a fortune. La fortune est bonne ou máuvaiíe. Ledestin favorable ou contraire. Voye\ encore sort 8chasard, qu’il ne faut pas confondre avec fortune 8cdejlin. Il faut être égal dans la bonne & dans la mau-vaise fortune. Il faut plus de vertu pour íoutenir labonne fortune que la mauvaise. RocH. ,On admiretrop la confiance héroïque , ou plutôt la témérité deCéíar, qui, pour rassurer son Pilote épouvanté parla tempête, lui Cria : Ne crains rien, tu portes César& sa fortune, c’est-à-dire, son bonheur qui l’accom-pagnoit par-tout. M. Scud. On juge d’ordinaire dela conduite par le succès : la mauvaise fortune tientlieu de faute. S. Evr. Quand la fortune se met à per-sécuter les gens, il n’y a point de constance dontelle ne vienne à bout. S. Evr. Cromwel ne laiiìoïtrien à la fortune de ce qu’il pouvoir lui ôter par con-seil 8 c par prévoyance. Fléch. On se méprend dansla mauvaile fortune , si on compte fur de vieilles ha-bitudes , qu’on nomme allez légèrement amitiés. S.Evr. Il faut avoir bien de la force d’espric pour ré-sister à certains revers de fortune. Bell.
Les biens & les préfens de la fortune , ce font lesrichesses : on le dit par extension des honneurs, desdignités & de toutes les prospérités du monde. Il estdifficile d’être modeste dans une haute fortune. Bell.Cet homme est enivré de fa bonne fortune : la tetelui tourne. Dulci fortuna ebrius. S. Evr. Un Stoïqueméprise tous les biens de la fortune. La calamité seplaint toujours, 8 c la bonne fortune est iníolente.Vaùg. Les plus retenus s’oublient dans une grandefortune . S. Eyr.
Va par tes cruautés mériter la fortune. Bòil.
Fortune, se dit dans le même sens de l’état où Tonest, du crédit, des biens qu’on a acquis, ou parIon mérite , ou par haíard. Cet homme fera fortune( rem faciet ) , poussera bien loin la fortune, saurabien ménager sa fortune, n’abusera pas de fa for-tune. Beaucoup de gens font jettés hors de la carrièrede la fortune avant que de la fournir. S. Réal. Unhomme lage le contente d’une fortune médiocre. Unegrande fortune s une grande servitude. Bouh. Con-liderez cette révolution continuelle de conditionsd z fortunes , qui commencent 8 c qui finissent, qui serelèvent & quiretombent. Fl. En vérité, le monde 8 cla fortune , à qui les conpoît bien, ne valent j^s tantd’emprellbment. C», de M. Si les fortunes élevées eni-- vrent la vanité des uns, les fortunes abjectes révoltentla vanité des autres. Dise. d’El. Sa fortune étoit si mé-diocre , qu’il chercha à s’en faire une plu^heureulepar son industrie. Fl. Vous étiez digne d une meil-leure fortune, si les fortunes de la terre croient quel-que chose. Boss.
C’est vouloir,pourparleren langue un peu commune>
Prendre la lune avec les dents,
Que de vouloir en meme-tempsFaire l’amour & fa fortune.
Travailler à faire fa fortune, c’est travailler à acoué.rir des biens , du credit, &c. ra acquêt
Fortune, signifie aulsi les cens -.-r
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