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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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se sacrifier, s’atracher à la fortune, c’est-à-dire, íe-dévouer rout entier à un Ministre, à un Prince, &c.

Je ne vais point au Louvre adorer la fortune.

Loir.

Adorer la fortune , se dit dans un sens figuré pours’attacher à ceux qui peuvent nous faire avoir des ri-chesses , du crédit, & tout ce qu’on appelle les biensde la fortune. C’est adorer la fortune , que de faire a í-sidument fa cour aux Rois, aux Princes, aux Grands,aux Ministres. Poustcr fa fortune , c’est augmenter sesbiens, son crédit.

On appelle un homme áe fortune, celui qui n’ayant,ni naissance, ni bien, parvient à quelque grande chargeou établistement. Homo novus. On a vu des íoldats defortune devenir Maréchaux de France. Dans ce sens,les Anciens appeloient fils de lafortune , ceux dont lanaissance étoit obícure ou incertaine, & que [?. for-tune avoir pris loin d’élever.

Fortune, signifie quelquefois, gain, prosit, lucrum ,lucellum , comme en cette phraíe : U n’y a pas grandefortune à faire à ce marché-là, pour dire, il n y a pasbeaucoup à gagner.

HfiT Bonne Fortune, en style de galanterie, signifie lesbonnes grâces, les faveurs d une femme. C’est dansce sens qu’on dit un homme à bonnes fortunes. Alleren bonne fortune. Je doute de tout ce que diíent cesgens à bonnes fortunes , qui se vantent qu’il n’est pointde conquête difficile pour eux, Sc qui content centaventures qui nc leur font point arrivées.

Le mot de bonne fortune se prend encore dans d’au-rres significations. Une jolie femme disoit d’eile-mê-me, qu’elle étoit une des meilleures fortunes de Fran-ce. Corneille , en parlant d’une chose dont les hom-mes tirent vanité , Sc qui déshonore les femmes, faitdire à une femme :

Et la même action , entre eux 6 nous commune ,

EJlpour nous déshonneur, pour eux bonne fortune.

$3* On arrache encore une autre idée à ce mot, quandon dit vulgairement, une bonne fortune de Capucin.

Fortune, signifie encore toutes sortes de traverses, dedangers, d aventures, de halards. Eventus , discrimen ,periculum. La place couroityûrr^/zed’crrepriíe.D’ABL.Je mets ma lettre entre les mains de la fortune. Voit.Je désiré que toutes mes fortunes soient jointes aqxvôtres. Id. Cet homme a couru fortune de la vie enplusieurs rencontres. Dieu vous garde de mal Sc defortune , c’est-à-dire, de tout danger ou accident.

Un revers da fortune est un accident, un malheur,<^ui lait passer quelqu’un d’un état de prospérité à und adversité. Fortuna, casus , ludibrium.

Dans les horoscopes, il y a une des douze mar-ions ou angles, que l’on nomme maisons d t fortune.Domus fortuna.

Fortune, en termes de Marine , signifie , danger,tempête, le gros temps où le vent est forcé, quicause les naufrages. Ce vaisseau est échoué par' unefortune de mer. On appelle aussi voile de fortune ,une voile carree d une tartane , qu’elle ne porte quependant forage ou le gros temps ; car ses deux voilesordinaires font latines ou à tiers points.

Fortune , le dit proverbialement en ces phrases, con-tre fortune bon cœur, pour dire , que le courage Sc laconstance mettent à couvert de tous les revers defortune. On dit qu’ilne faurpas vendre toutes les bon-nes fortunes , lorsque le hasard fait trouver à quelquebon repas ou à quelqu autre bonne aventure.

On dit proverbialement Sc en termes populaires,bufquer/orr^e, c’est-à-dire , chercher quelque éta-blissement, quelque heureuse aventure ■, bufear, enFspagnol, sig n ifi e chercher. Allons chercher fortune.Fzfortune rit aux sots ; c est une exprelhon figurée ,qui lignifie que les sots, ceux qui n’ont m esprit,m mente, sont fortune, s’avancent dans le monde ,acquièrent des biens , áu crédit, &c. La fortune faitSc défait les Monarques. Le mot de fortune le prend

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en cette phrase pour les événemens de la vie, lesguerres, les léditicns, soit qu’on ait pu les prévoirSc les éviter, loir qu’on ne l'ait pu. L’homme est lejouet de la fortune , veut dire , que l’homme est ex-posé à être, tantôt heureux & tantôt malheureux ,lans qu’il y air en cela du mérite ou de la faute de lapart.

On dit aulîì qu’un homme est artisan de sa fortune,fortuna sua artifex , pour dire qu’il ne doit son avan-cement qu’à son mérite. On appelle aullì communé-ment la Cour, le théâtre de la fortune , pareeque c’estlà où l’on voie les plus grands événemens de la for-tune. On dit aussi par raillerie à un homme qui faitbeaucoup de promesses : Je n’ai que faire d aller enHollande, ma fortune est faite. On dit aulli entre-prendre quelque chose à ses risques ; périls Sc for-tunes, pour dire, à les propres dépens. .

Fortune d’argent , s’est dit autrefois pour de l’argenttrouvé par haíard dans la terre. Argentum inventum,effossum. La fortune d’argent, selon quelques Cou-tumes , appartient au Baron.

Fortune d’or. Or trouvé par hasard dans la terre.Aurum inventum , effossum. La fortune d’or, selonquelques Coutumes, appartient au Roi.

FORTUNÉ, ÉE. adj. Heureux. felix, fortunatus ;Prince fortuné. Amans fortunés. Vous raconterai-jela fuite fortunée d’une entreprise si téméraire ? Flech.On s’en sert rarement eh prose, fs? Bouhours ditaullì dans ses nouvelles remarques, qu’il se dir à peinedans la prose, si ce n’est pour signifier les îles del’Océan Atlantique. Il semble pourtant que ce motfigureroit allez bien en proie dans le style noble SCsoutenu. Un Prince fortuné. Le plus fortuné de tousles Princes est devenu l hommedu monde le plus iu*fortuné.

AO" En vers, il est quelquefois plus noble que le tenued 'heureux , suivant la remarque de Vaugelas. Il ostheureusement employé dans ces vers de Boileau, o»parlant de Titus.

II soupirait le soir, fi fa main fortunéeN'avoit de fies bienf aits signalé la journée.

Les voyages des Princes fortunés : c’est un vieuxRoman. ,

Îles Fortunées. Nom que les Anciens ont donne àdes îles situées au-delà du détroit de Gibraltar, dansl’Océan Atlantique. Le sentiment commun estce íont les Canaries. Il est fondé fur la situation cCfur la chaleur de ces iles, qùi fair qu’on n’y a p a *besoin d’habits, & fur ce qu’il y croît abondamwcudes citrons, des oranges Sc d’autres fruits délicieux,ce qui sc rapporte à ce que les Anciens ont ditpommes d’or qui naissent dans les îles fortunées,

Voye\ r Canaries. i F u-

Rudbeks a pris un sentiment bien oppose. Iltient que les îles fortunées font la Suède ; Sc st cr °que ces fruits délicieux dont parlent les Anciens»signifient rien autre choie que la vertu & les b°nés mœurs qui Horissoient dans la nation HyP eboréenne. . n

FORTUNER, v. a. Vieux mot. Faire prospérer. & Afur Marot. , bìl

F OR VETU. f. m. Homme de neant qui porte unfort au-dessus de son état. La plupart des ca^qu’on présente sont des forvêtus . Les uns cr0ie j eS 3 u-ce mot vient de forain ou étranger, inconnu,tres de fort, qui est une espèce de Crocheteur- ^plus naturel de le faire, venir de l’ancienne Ftion Françoise fors. .. ), cr poUC

On trouve encore dans Nicot forccnj eLlmal conseiller; car for, dit Nicot, en c0 f or) fos'signifie aullì mal. Foyer Nicot furies nl< ^ s /^t ouchasser, forconfeiller , forsuger , sot]urcr, Sec.a composé plusieurs mots, ainsi de meine q ^-làriage est un mariage fors , c’est à dire , , 1 Rot* 1 '

de la condition, de la naissance ; forvêtu cl ^ c0 U >me vêtu fors, c’est-à dire, hors, au-dcla « edit ion..

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