28 o FOU
Les Soudoyers , mon Sire, dont quarante en ia
Se partirent d’ici fitojl qu il ajourna ,
En fourre font alle\ lorsque il éclaira.
Du Gange ,sur FMe-Hard.
Ce mot, comme fourrer & forer, venoit d c fo-drum, qui lignifie le manger des chevaux. Du Cange ,sur Fille-Hard. Voyez les Capitulaires de Charlesle Chauve, Tit. XII , n. 13; le P. Sirmond íur cetendroit, & Cujas, ad L. F, Feud.
Lcfeurre , en Latin foderum ôcfodrum , étoit ori-ginairement aine levée qui se faisoit chez les Fran-çois & les Allemans pour une expédition militaire.De Haureí'erre en parle, De Ducib. & Comit. Prov.L. II, C. 2 , p. 121.
fGT FOURREAU, f. m. Fagina. Ce mot présente l’i-dée d’une enveloppe qui couvre une chose qui estsupposée avoir quelque longueur, pour la conser-ver &la garantir des accidens extérieurs, de la pluie,de l’humidité, de la poussière, de la rouille, &c. Unfourreau d’épée, de fusil, de pistolet. La gaine estplus courte que le fourreau. L’étui s’ouvre ordinai-rement, & se ferme par le moyen de quelque char-nière.
Ce mot se dit de même des couvertures qu’on metdur certains meubles pour les garantir de la pouí-ficre. Un fourreau de chailc. Fourreau dc siège. Onle dit encore en fait d'habits. Y)a fourreaux de man-ches , des fourreaux d’cnfans.
Ce mot vient dû Latin forulus. Icquez le dérived’un mot de l’ancienne langue Gothique , fouar oufuar, d’où les Anglo-Saxons ont fait foddcr; cesmots signifient boîte à fermer quelque chose, theca.Il est bien plus naturel de le dériver de fourrer ,pareeque le fourreau est ce où l’on fourre, où l’onmet une épée.
Fourreau, terme d’Artificier. On appelle ainsi le grandcartouche des trompes qui renferme plusieurs potsà feu, entassés 8c enchâssés les uns fur les autres.Fourreaux , terme de Batteurs d’or. Ils nomment/o«r-reaux deux morceaux de parchemin, où font ren-fermés les moules de vélin ou de boyau dc bœuf,qu’on nomme bautruches, dans lesquels ils battentl’or & l’argent, Sc le réduisent en feuilles. Boizard.Fourreau, en rennes de Manège, est la peau quicouvre le membre d’un cheval. Quand un cheval a1 c fourreau enflé, il faut le mener à seau. Laver lefourreau d’un cheval. Ce cheval a rire du fourreau.Fourreau d’épi, terme d’Agriculture. C’est ce qui en-ferme 8c couvre l’épi qui n’est pas encore bien for-mé. Ainsi on dit que forge est en f ourreau , pour direqu’il n’est pas encore épié.
Fourreau est auísi un terme de Ceinturier, qui signifiedu papier roulé ou autre chose flexible, qu’on metdans les pendans du baudrier, pour leur donner quelque grâce, pour en conserver la forme.
Fourreau, terme de Bourrelier, est auísi un morceaude peau en forme de manchon, destiné à couvrir uneportion qu tiaif du cheval dc charroi, dc peur qucJ e trait venant à frotter le ventre du -cheval, ne luien coupe le poil.
On dit en proverbe, il a couché comme l’épée du, Roi, dans son fourreau , pour dire, dans son habit,il ne s’est point déshabillé.
gCF On dit proverbialement & figurément d’un hom-me qui a l’esprit inquiet ôc plein de feu , que l’épéeuse le fourreau.
Faux-Fourreau. f- M- Eípcce d'enveloppe qui se metfurie fourreau dune epee, pour le garantir de la pluie.BOURRELIER, s. m. Artisan qui fait des fourreaux de■ pistolets & autres. V aginarum artifex , concinnator.Les Maîtres, Gaînicrs , dans leurs Lettres, prennentaussi la qualité de Maîtres Fourreliers .fp 1 FOURRER, v. a. qui dans la plupart de ses accep-tions figurées, n’est admis quc dans le discours fa-milier. Ì 1 signifie quelquefois faire entrer avec effort,avec peine. Inserere. Ce coffre est si plein, qu’on nepeut plus y ûcn fourrer. II lui n fourré ion épéedatis leventre.
FOU
|CF On dit dans ce sens au figuré ,fourrer quelque chosedans l’esprit de quelqu’un, lui faire comprendre avecpeine. Il est si stupide, qu’on ne sauroit lui rienfourrer dans l’esprit. Vous vous fourre^ mille chimè-res dans la tête.
IKF Quelquefois/òwer signifie simplement mettre unechose parmi d’autres. Fourrer ce livre avec les au-tres. Fourrer ses bras dans le lit. On dit d’un hommequi a fait quelque sottise, qu’il est si honteux, qu’ilne sait où (c fourrer.
|JCF Fourrer se dit auísi pour insérer hors de propos.
Fourrer du Grec 6c du Latin dans son discours.
|fT U signifie encore introduire quelqu’un dans unemaison, ou le faire entrer dans une affaire. Alors ilse prend presque toujours en mauvaise part. Fourrerquelqu’un dans la Finance. Je ne fais qui l’a fourrédans cette affaire. Il est toujours fourré dans les bon-nes compagnies. On le dit de même avec le pronompersonnel. Se fourrer à la Cour , dans les affaires,dans la Finance. Il y a des gens qui se fourrent par-tout.
|KF Fourrer signifie quelquefois donner en cachette& souvent, comme fait une mère à quelqu’un de sesenfans qu’elle aime plus que les autres. Cette mèrefourre toujours de l’argent à son fils.
Ménage dérive ce mot de furrare, qui a été faitd efoderare , & qui vient de l’Allemand foeren , signi-fiant la même chose. Ou plutôt il vient de fourra ,qui, en langage Celtique ou Bas-Breton, signifieremplir.
Fourrer signifie auísi garnir de fourrures, ou d’autreschoses qui gardent la chaleur. Inf ruere , affuere ,protegere , pelliculare vefles.Cc vieillard a dan four-rer ion juste-au- corps ; il a son manteau doublé depanne, de ratine ; il se fourre bien dc peur du froid.
En ce sens il vient du Latin foderare.
Fourrer se dit auísi en parlant d’une fraude qu’onpratique dans les monnoies, quand les flans de cuivreou de fer, ou des métaux alliés, sont douverts otibordés de lames d’or ou d’argent, 8c ensuite paflésdans les fers pour les monnoyer. Bracleam inducere.Les Anciens ont fourré quelques monnoies de cettefaçon. Les Médaillistes les appellent médailles four-rées , & en Latin nummi bracteati. Voyez Fourré.Fourrer , terme de Médailliste. Fourrer une médaille »c’est couvrir d’une feuille d’argent très-mince unemédaille de cuivre ou de fer. Cooperire, vefìire ar-genti bracleolâ. Comme le relief 8c l’épaiíleur don-noient occasion aux médailles fourrées, on prit leparti dans le Bas-Empire de faire les médailles siminces , qu’il ne fût pas possible de les fourrer. P*Joubert.
Fourrer une manœuvre , terme de Marine. La garniede toile ou de petites cordes pour la garantir desfrottemens qui pourroient l’endommager. O n fourreavec du bitord, du lusin. ft? On appelle iourrurela vieille toile ou les fils 8c cordons de vieux cablesdont on enveloppe une manœuvre.
Fourrer se dit encore de routes les marchandises oUdenrées qui se mettent en bottes ou en masses, SCqu’on altère ou falsifie, en y fourrant au milieu quel-ques-unes de moindre qualité que celles qui parois'sent à l’extéricur. Fourrer des bottes de foin, four-rer des fagots.
On dit proverbialement qu’un homme fourre soi 1nez par-tout, pour dire qu’il est incommode , qu’jlse mêle des affaires où il n’est point appelé. On dhauísi, il a bien fourré de la paille dans ses soulierGpour dire, il s’est enrichi. On dit encore proverbiale-ment 8c bassement d’un gourmand, qu’il fourre totrtdans son ventre.
Fourrer, v. a. Vieux mot qui s’est dit pour fourrageaipiller. Populari. Monstrelet à l’an 1431 . Ils partirentdeBeauvais pour aller quérir leurs aventures, Sc fou’''rer le pays. Du Cange, fur Fdle-IIard.
FOURRÉ, ÉE. part. Inductus , inf tus , ficlus,latus.
On appelle une paix fourrée, une paix feinte, «3 1 * 1U’çst faite qu’en apparence, Sc qui ne durera pas lonë'
ra npî*
\