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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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FOU

On dit compte de fournissement , pour signifier lecompte de ce que chaque Astocié doit fournir dansune société, une entreprise, une manufacture , unecargaison de navire, &c. Dict. de Comm.

FOURNISSEUR, s. m. Pomey emploie ce mot pour signi-fier celui qui fournit. Pr&bitor, redemptor alicujusrei pr&benda,. |s? Dans ce sens, il n’est en usage quepour signifier celui qui entreprend de faire la four-niture de quelque marchandise. Les Fournijfeurs destroupes. Les Fournijfeurs de la maison du Roi.

FOURNITURE, s. f. Quantité néceííaire d’une choseque l’on a fournie ou que l’on doit fournir. Pr&bi-tio , suppeditatio. Ce Traitant a entrepris la four-niture de l’armée de vivres , de blé, de poudres,

6 ’c. s’est chargé d’en procurer la quantité nécessaire.J’ai ma fourniture d’huile. Faites votre fourniture debeurre , il est à bon marché. Ici il signifie provi-sion.

On dit aussi qu’un Banquier a fait^ une grossefourniture d’argent, íjuand il a fait tenir de l’argent,

Sc lorsqu’il l’a fourni en quelque heu.

Fourniture se dit aussi des menues choses qui ac-compagnent celle qui est principale. Supplementum,appendix , additamentum. Il faut payer tant à mon Tail-leur pour les menues fournitures demon habit, lesboutons, k foie, les poches, & autres choses quele Tailleur a coutume de fournir. Avec cette laladede laitues, il faut de la fourniture ou de menuesherbes, comme estragon, cerfeuil, ciboulette, &c.

Fourniture se dit aussi par les Gantiers, des mor-ceaux de peau pour faire les pouces, les fourchet-tes Sc les coins des gants.

En termes d’Organistes , on appelle fourniture, unjeu composé de plusieurs rangs de tuyaux qui fer-vent à remplir , Sc à faire entendre les orgues jus-qu’au bout des grandes Eglises. Ce jeu a d’ordinairequatre tuyaux fur marche, dont le premier est ou-vert & long d’un pied & demi, le second d’un pied,le troisième de huit pouces Sc demi, le quatrièmede demi-pied. Quelquefois on y met six tuyauxfur marche, qui vont jufqu’à deux pieds ou envi-ron. La fourniture est un des trois jeux composésde l’orgue.

Les Marchands de vin appellent à Paris une four-niture, ri muids de vin, Sc les Marchands de bléen Anjou, appellent fourniture 11 septiers de grain.fOUROU. f. m. On appelle dans quelques ProvincesFouroux ou bien Fourous, les Archers aux Tailles,

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FOURQUE & FOURCAT. Ce dernier est masculin.Terme de Marine. Ce sont des pièces de charpente-rie fourchues qui entrent dans la construction duvaisseau, & qu’on met fur les extrémités de la quille,auprès des varangues où le vaisseau s’étrécit. Furcœ.On les appelle aussi sanglons. Il y a des fourcats àdeux branches, il y en a à trois branches ; ceux-ci fontcomme un bout d’arbre, d’où naissent deux bran-ches. Fourcat de proue. On fait 1 es fourcats de chênepour les galères comme pour les vaisseaux. Il y a desfourcats qu’on appelle sanglons , ils ont les deux bran-ches plus éloignées l une de l’autre, que les autresfourcats. O n dit alonge de fourcats , entendement defourcats.

FOURQUINE. f. f. Petit instrument qui servoit autre-fois à tirer les mousquets. Mousquets à fourquine.FOURRAGE, f. m. Paille ou herbe qui sert à nourrirles bestiaux & les chevaux. Pabulum, farrago , pabu-lum. Il faut obliger les Fermiers à consommer tousleurs fourrages Sc pailles dans les métairies, afinRavoir des engrais. Les fourrages font, pailles deblé, cosses de pois & de vesces , &c les grains qu’ondonne aux chevaux & bestiaux, des faisceaux d’her-bes dont on nourrit les vaches.

Ce mot vient du Latin far, qui signifioit autrefoistoute lotte de blé ou de grain. Ménage dit qu’il vientde foderagium-, qui a été fait de foderum ou fodrum:oar les Latins ont appelé ainsi ce qu’on donnoit auxtoidats, tant pour leur nourriture, que pour celle de

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leurs chevaux, & en général aliment, d’où a étéfàitfoare ou / eure, fourrage & fourrier.

Cujas & du Gange le dérivent de FAllemand/aíer,qui signifie ce que mangent les chevaux, soit grainou fourrage. Voisins de l'Allemand./oc/en ou voeden,qui signifient paître. Nicot le dérive d c farrago , quilignifie la meme choie en Latin, dans le sens pro-pre , & qui a été pris, dans le sens figuré, pour unmélange de toutes sortes de choses. Icquez va cher-cher dans les langues du Nord l’origine du mot four-rage. Foder dans la langue Tudeíque, fodre dans lalangue Saxone , fodder dans la langue Angloise, signi-fient ce qu’on a appelé fodrum dans la basse Lati-nité ; ce mot, qui a la terminaiíon Latine, paroîtévidemment formé des autres mots qui viennent d’ctrerapportés; de ces mots on a formé fodrage , puis fo-rage , fourage & jourrage.

Fourrage, dans fart Militaire , se dit de toutel’herbe que l’on coupe, Sc que l’on amasse pour lanourriture des chevaux à l’armée.

Aller au fourrage, envoyer au fourrage , se dit lorsque les troupes vont chercher dans les granges & dansles champs le grain & les herbes nécesiaires pour lasubsistance des chevaux.

Mettre la Cavalerie cn quartier d t fourrage, c’estla mettre dans un quartier, dans un canton , où lesCavaliers trouvent tout ce qui est nécessaire pourla subsistance de leurs chevaux.

K? Fourrage se dit aussi de Faction de couper le( fourrage. Pabulatio. On dit aller au fourrage. Envoyerau fourrage. Être tué au fourrage. Faire u n fourrageen préíence de l’ennemi.

IF? On le dit enfin de l’escorre commandée pour soute-nir le fourrage. Dans ce sens on dit commander lefourrage , attaquer le fourrage.

On appelle ration do fourrage, la portion de foin ,de paille & d’avoine, qu’on distribue à chaque Ca-valier pour faire subsister son cheval chaque jour.Voye% Ration.

Fourrage , dans l’Artillerie, est le foin ou l’herbe donton fait des rampons que l'on fourre dans le canon ,d’abord fur la poudre & puis furie boulet, pour lespresser & les serrer ensemble. On se servoit autrefoisde bourre.

FOURRAGEMENT. f. m. Pabulatio. Pomey. inusité,ffc? F( URRAGER. v. u. En termes de guerre, couper,amasser du fourrage. Pabulari , comparare pabulum ,conquirere, comportare ad cajlra. On a fourragé au-jourd’hui dans ce canton; demain on fourragera dansun autre. Aller fourrager loin du camp.

Fourrager, v. a. signifie ravager, désoler, piller, rui-ner un pays, y mettre tout en désordre. Depradari,inferre vastitatem. Les Suédois ont plusieurs fois four-ragé toute l’Allemagne. Fourrager\a campagne. Vaug.Fourrager le plat pays. Ael.

Fourrager se dit aussi des bêtes fauves qui viennentgâter les blés, les jardins. Vastare. Ces cerfs, ces san-gliers ont fourragé tous les blés des villages voisinsde la forêt. Les lapins de cette garenne font venusfourrager mon jardin.

Fourrager signifie figurément, brouiller, mettre endésordre une chambre, un cabinet. Cet homme estentré chez moi, il a brouillé , il a tout fourragé mespapiers, mes livres. Ce terme est bas en ce sens, Scmême peu usité.

Skinner conjecture que ce mot de fourrager vientde foras agere, pareequ’on va chercher les fourra-ges à la campagne. Fourrager a la même origine quefourrage.

FOURRAGÉ, ÉE. part.

FOURRAGEUR. f. m. Pabulator. Celui qui va cher-cher du fourrage. On a commande tant de troupespour escorter les fourrageurs* No s jourrageurs ont étcchargés par lcs ennemis. D Ablanc.

FOURRE, f. m. Vieux mot. Fourrage. Pabulum. Allercn fourre , c’étoit aller au fourrage, aller fourrager.Ire populatum , pabulatum.