Band 
Tome quatrieme. [F - JAM.]
Seite
288
JPEG-Download
 

t

»88

F R A

F R A

mune ; mais elles font tendres , molles , vert-obfcurpar-deffus, blanches par-deffbus, & d’un goût aus-tère. Ses Heurs font blanches, à cinq feuilles dispo-sées en rôle, 8c soutenues par un calice découpéà cinq feuilles, au milieu defquelles le trouve unpistil , entouré de plusieurs étamines. Lorsque lafleur est pallée , ce pistil devient un fruit rond ouovale , composé de plusieurs petites baies, pleinesde suc, entassées fur un placenta, 8c qui renfermentchacun une semence qui est ordinairement voûtéed’un côté & applatie de l’autre ; & son fruit, quivient après que les sieurs font pallécs, est rond, 8cil rougit en mûrissant : il est plein d’un suc doux,vineux, de couleur de chair. Onl’appelle framboise.Sa racine est longue 8c s’étend beaucoup lur les cô-tés : elle poulie tous les ans des jets qui portent laseconde année des sieurs & des fruits. Le framboisiervient dans des lieux sombres dc humides. Il y a uneespèce d e framboisier qui porte des framboiíes blan-ches, 8c qui ne distere en aucune autre choie duprécédent. Rubus ïd&us fruclu albo . Voyez Ronce.

FRAMBOURD. f. m. Nom d homme. Frambaldus.Saint Frambourd , appelé autrement Saint Fraim-baud , du Latin Frambaldus , étoit né en Auvergne,fur la fin du V e siècle, de parens riches & qualifiésdans la Province. Baili. au 1 6 e d’Août. Il vécutsolitaire au Maine, & mourut dans un village d upays , où il alloit instruire les peuples, lieu que l’onappelle maintenant Saint Frambourd Jur Pesse , versle milieu du VI e siècle, 8c fut enterré dans l'Ora-toire de fa cellule, où l’on a depuis bâti une Egli-

. se, qui s’appelle encore aujourd’hui Saint Frambaudde prières. Id.

$jsT k RAME. f. f. Terme d’Histoire ancienne. (Test lenom d’une espèce de javelot dont fe fervoient autre-fois les Germains.

FRANC, ANCHE. adj. C’étoir originairement le nomd’un Peuple libre. P'oye% Franc, nom de Peuple.Il a conservé chez nous fa signification primitive,& exprime encore l’idée de liberté. Liber, fui juris.Un esclave , en entrant en France, devient franc 8clibre. Les contrats portent qu’un homme s’obligede son bon gré 8c franche volonté. Franc arbitre. Lesvilles franches d’Allemagne font des villes libres.

Franc signifie aussi celui qui jouit de quelquesfranchises, libertés, privilèges , immunités, ou quiest exempt des charges & impositions générales ouparticulières. Immunis , exemptus. Voyez Franchi-se. Dans cette acception, il est encore analogue àliberté. Un Noble, par fa qualité, dk franc 8c exemptde la taille. Les Foir es franches. Il y a certaines vil-les qui portent le nom de franches , parcequ’en effetelles font exemptes de toutes impositions 8c char-ges , en considération de quelque événement. On ditMontargis le Franc, pareeque cette ville est exempte de tailles, à cause qu’elle tint bon contre les An-glais du temps de la Pucelle.

ffR On dit en Jurisprudence une terre franche 8c quittede toutes dettes, de toutes charges 8c hypothèques.Il est dit dans les Institutes Coutumières , que moultplus est tenu le franc homme à son Seigneur parí’hommage & honneur qu’il lui doit, que n’est levilain pour fes rentes payant. Jouer part francheVoyez; plus bas Part franche.

$CT On dit dans, ce sens au figuré, que le Sage est francd’ambition, d amour, d’envie , de toutes les passionsqui travaillent le commun des hommes.

fìCFEn morale , ce terme exprime une des nuances dela vérité de caractère. Unhomm c franc est celui quiparle comme il pense, qui montre son coeur à dé-couvert, mais fans manquer aux, égards qu’il doitaux autres. S’il franchit cette barrière, il devient in-discret , imprudent, téméraire, &c. selon qu’il s’éloi-gne plus ou moins des justes bornes. Voye^ Fran-chise. L’homme fincère ne veut point tromper , &ne fauroit parler autrement qu’il ne pense. L’hom-me franc pgrle comme il pense, Sc ne fauroit dis-simuler. Sincerus j ingenuus. On dit que les Picardsfont francs.

Franc comme osier, est une manière de parler pro-verbiale 8c familière, pour dire , un homme quiparle & agit ouvertement, à cœur ouvert. Voituresa employée en parlant de M. le Duc de Moutardier.

Le fier & brave Montaufier ,

Dont le cœur efi franc comme ofier,

II trouve votre PoésieTout-à-fait à fa fantaisie ,

Par-tout pleine d’art 6 ’ d’espritEt je crois j selon qu il le dit ,

Qu J i( faut que la pièce soit bonne ,

Car onc il ne flatta personne ,

Et pour le Pape il ne diroit

Une chose qu il ne croiroit. Voit.

U^FFranc, en Peinture, en Sculpture, &c. Un ciseau,un burin , un pinceau franc : peindre franc. Ce ter-me exprime alors la liberté 8c la facilité du pin-ceau , qui va fans tâtonner, & qui se joue des diffi-cultés. Voyey Franchise.

0CF Franc s’emploie souvent dans le discours ordinairecomme synonyme de vrai. Il sert alors à exagérerla vérité de la chose dont on parle, 8c à marquerplus fortement l’aftìrmarion. Ce moineau-la est unfranc mâle. Ce que vous dites là est une franche dé-faite. Ce Provincial parle encore son franc patois.Verus , purus , merus.

§ÇF Dans cette acception il précède ordinairement lesubstantif, 8c fe joint souvent à des termes injurieux,auxquels il donne plus de force 8c d’énergie. Unfranc coquin, une franche coquette. Il a permissiondôrre unfranc scélérat. U n franc Gaulois, un hommesimple, grossier : & en le prenant en bonne part,un homme de bonne foi, qui a la simplicité qu’onsupposoir à nos pères, aux anciens Gaulois. Vir mo-ribus antiquis , prifcdi simplicitatis.

Franc se dit aussi dans la signification d’entier , decomplet. Totus , integer. Il faut huit jours francs,fans compter celui de l’aísignation , ni celui del’échéance. Trois jours francs , triduum universum •AF On dit qu’un cheval est franc du collier , quandil tire bien , fans être sollicité par les châtimens. Ondit proverbialement la même choie d’un hommedans le discours familier, pour faire entendre qu’ilest toujours prêt à obliger fes amis, fans lé faireprier. On dit la même chose d’un homme toujoursprêt à fe battre , quand l’occalion s’en présente. Ondit d’un homme qui veut que tien ne l’incommode,qu’il veut avoir fes coudées franches.

| fT Franc , en termes de Jardinage , fe dit par oppo-sition à sauvageon, des arbres qui portent des fruitsdoux, sans avoir été greffés; au-lieu que les sauva-geons ne portent que des fruits âpres 8c de mau-vais goût, à moins qu’ils n’aient été greffés. C’cuainsi qu’on dit noifettier franc , noisettes franches •Franc pêcher. Arbor ingenua, culta sativa. Entesfranc fur franc , c’est inférer une greffe d’un arbrefranc fur un autre arbre franc ;enter franc fur ífvageon, c’est inférer une greffe d’arbre franc í usun sauvageon. Voye% Sauvageon. La Quintict es’cxprime autrement, franc fur franc , dit-ií, est t» 1arbre greffe fur un sauvageon d c son espèce , ou mé-mo sur un autre arbre qui avoir été greffé d’une autreespèce. On dit aussi dans l’Encyclopédie franc ol jsauvageon ; c’est ainsi qu’on appelle le sujet fur lequ e. on a dessein de greffer quelque bonne espèce de ftct£Nous n’adopterons point une idée qui pai'oît actpeu naturelle , & nous distinguerons avec 1 ’Ac<ct^mie 8c les Jardiniers instruits, l’arbre franc du ct uvageon.

£CF On appelle terres franches , en termes de lab<P lrage & de Jardinage, celles qui font un peu P íl qonctueuses 8c plus adhérentes que celles qu’onme fortes, mais moins que celles qu’on appels agilleufes, qui le font extrêmement. Voyez tl sfìCF Franc, en Jurisprudence, a plusieurs accep tl0différentes. r r

AFOn le dit par opposition à esclave. Toutes P cll ^ fS