Band 
Tome quatrieme. [F - JAM.]
Seite
293
JPEG-Download
 

F R A

t?yJW, angos, signifient des hommes qui portent une jarme appelée angos.

Franc , dans nos Histoires, signifie quelquefois noble,ôc est opposé à roturier, pareeque les Francs étantdevenus les Seigneurs après leurs conquêtes, les au-tres furent censés leurs serfs ou leurs vassaux. No-bilis. Les troupes ou les Milices des Seigneurs étoientcomposées de deux sortes de personnes, de Noblesou Francs, ôc de roturiers. Valbonnet, gag. //.

De Hauteserre, dans son Traité ic Ducib. à Co-mitib. Prov. L. //, C. 3 , prétend que le nom deFranc fut auili donné aux Nobles Gaulois, avec les-quels les François, depuis leur conquête, partagè-rent presque le Gouvernement, comme les Romainsleur avoient conservé de grandes prérogatives avecle titre d’honorés, honorati, ôc la préséance dans l’AÍ-semblée générale qui se tenoit tous les ans à Arles ;mais ce qu’il rapporte pour prouver cette attributiondu nom de Franc n est pas fort évident. 11 paroît bienplutôt que ceux qu’on appelle ainsi font les grandsSeigneurs François, & non les Gaulois.

Francs ou Frankis. Franci. Les Turcs donnent ccnom à tous les Européens occidentaux. On croit qu’ilest né dans l’Aiie , au temps des Croisades 1 , les Fran-çois ayant été les plus considérables des Croisés; ôcdepuis, les Turcs l’ont donné à tous les ChrétiensEuropéens, ôc à l’Europe celui de Frankistan.

Les Arabes & les Mahométans appellent Francs,les François, les Européens ôc les Latins en géné-ral, FarangeÔc Afrange, Franc on Fretik, u n Franc,un François, ôc par extension , un Européen ou plu-tôt un Latin, à cause que la Nation Françoise s’estfait connoître & distinguer entre toutes îes autresqui ont porté les armes dans l’Orient au temps desCroisades. D’Herbelot. D’autres ditent Franqui ,comme le Traducteur de l’Ambailade de Figuéroa ouFrankis.

Le P. Goar, dans ses Notes fur Codin, C. N, n. 43 ,observe que les Grecs n’appeloient d’abord Francsque les François, c esta dire, les Allemands établisen France. Ensuite ils donnèrent le même nom auxApuliens & aux Calabrais, après que les Normandsles curent conquis. Cédrénus appelle aussi les Ger-mains Francs, comme Procope. Dans la fuite ils ont.donné ce nom à tous les Latins, Le c’est ainsi qu’ennient Anne Comnène & Curopalate, qui, pour dis-tinguer les François, les appellent les Francs occi-dentaux.

FRANC. s. m. Francus, signifie une pièce d’argent quivaloit vingt fous autrefois ou le tiers d’un écu. ^0*11y avoir des francs d’argent ôc des francs dor. LeRoi Henri III fit forger les francs d’argent, qui avoientd’un côté la tête du Roi & de l’autre un H couron-né, du poids d’onze deniers deux grains.ff? Le franc d’or étoit aullì une monnoie d’or de lavaleur d’une livre. En l’an 1400 ôc auparavant, unelivre, à cause de la forte monnoie, valoit un francd’or.

II y avoit des francs à pied & à cheval, où il yavoir un François représenté à cheval ou à pied. Le*, - r fi rr '* er double & le second le simple. Borel.

^ ' 1 • US ^oi Jean , il y avoit des francs

ou le Roi etoit armé, ayant l’épée à la main fur uncheval caparaçonne & steurdelisé, & s vu - l e reversune croix steurdehfee, du poids de trois deniers ungrain, ou de 63 au marc , qui valoient 20 f olls .

On fabriquoit dans différons endroits des francsqui valoient vingt fous. Francs Angevins, francsBourdelois, &c.

AO" Aujourd’hui le franc n’est plus qu’une valeur nu-méraire, une monnoie de compte de même valeur.Cent francs sont autant de 20 sous ou de livres , ex-cepté en Lorraine, àNanci, &c. où le franc ne vautque 8 sous 6 deniers. Ainsi 100 livres valent 100 foisà> sous; mais 100 francs ne valent que 100 foisS sous 6 deniers.

Quoique franc ôc livre soient purement synony-, l’on ne les emploie pas indifféremment. On neu point, il a vingt mille francs de rente, mais

FR A 493

vingt mille livres de rente. Francs ne se met pointavec mille ôc rente. On dit au contraire, sa maisonlui a conté vingt mille francs.

On ajoute à cette remarque du P. Bouhours, qu’onne dit pas un franc ni une livre, mais vingt fous.On ne dit pas deu x francs ni deux livres , mais qua-rante fous. On ne dit pas trois francs ou trois livres,mais un écu. On ne dit pas non plus cinq francs oucinq livres , mais cent fous. Hors delà ont dit franc,pourvu que le mot de franc ne soit suivi d’aucunefraction. Ainsi dites, cela me coute quatre francs ,íix francs, sept francs , ôcc. Mais si vous ajoutez quel-que autre nombre , comme cinq ou dix , &c.*lorsvous vous servirez du mot de livre au-lieu de franc ,

Sc vous direz, j’ai acheté cela quatre livres cinq fous,sept livres dix fous , ôc non quatre francs ôc cinqftus, ôcc. §CF En deux mots le mot franc n’a pointd’usage au singulier, ni avec les nombres primitifsun, deux, trois, cinq, ni avec les autres nombresquand il fuit une fraction.

Francs d’Arans se dit à Dole en Franche-Comtépour francs d’Arènes ou des Arènes. Arenarum Im-munitas ou Immunitates , Jus ou Jura. La place desArènes de Dole s’est appelée ainsi, à cause de la pré-rogative qu’y avoit la Noblesse, dont les maisonsbordoient cette place. Gollut. Ann. des Bourg.L. U, c. 49 , p. 20g.

FRANC, le Franc. Nom d’unc Contrée de la FlandreFrançoise. Franconatus, Terra Franco. Le Franc futcédé aux François par la paix des Pyrénées. Il com-prend les Bailliages de Bourbourg, de Bergues, S.Winox ôc de Furnes; & outre les villes capitales deces Bailliages, celles de Dunkerque ôc de Grave-lines. Maty.

Francs de Bruges , que les Flamans appelent hetUrie. I ranconatus Burgcnfis. Contrée du Comte deFlandre. Elle est bornee au coucnant par llperlee,qui la sépare du Bailliage de Fumes. Elle a au midiles Châtellenies d’Ypres ôc de Courtray, au levantle Landgraviat de Gand ôc la Zéélande, ôc au nordla mer d’Allemagne. Ce pays renferme les villes deBruges , d’Ostende, de Nieuport, de Dixmude, de- Damme, avec la Flandre Hollandoise, à la réservedes quatre Offices.

Ce pays ôc le Franc de Bruges portent e nomde Franc , parcequ’autrefois ils secouèrent le jougdes Gantois, auxquels ils etoient soumis.

FRANC. adv. Libéré , ingénue, sinccrè, apertè. D’unemanière franche, noblement ôc ouvertement, fansbiaiser. Il lui a parlé franc, ôc lui a dit nettement sonintention. Il lui a dit tout franc qu il etoit un sot.

Je vous parle un peu franc, mais c efl là mon humeur ,Et je ne mâche point ce que j’ai Jur le cœur. Mol.

£CF II signifie aussi entièrement, sans qu’il y manquerien. Il a fauté le sosie franc, tout franc. 11 faute dixfemelles franc.

FRANCARTE. f. f. Mesure pour les grains dont onse sert à Verdun. La francarte de froment peso 3 8livres, poids de marc ; de méteil 34, de seigle 32 ôcd’avoine 25.

FRANCATU. Nom d’une espèce de pommier & de sonfruit. Les francatu sont rouges d’un côté & jaunâtresde l’autre, se conservent long-temps, & voilà leurprincipal mérite. La Quint. T. I , p. 393 • ^ I aun Auteur qui écrit francatus au pluriel. Quelques-uns nomment cette pomme franquetu.FRANCA-VILLA. Nom d’un bourg du Royaume deNaples. Franca-villa. Il est dans l’Abruzze Citerieure,près du Golfe de Venise, entre Pescara & Ortonne ,à deux lieues de la dernière & un peu moins de lapremière. Quelques Géographes mettent en ce lieul’ancienne ville de Ferentanum ou trentanum ; maisBaudrand juge que la situation de ces deux lieux nes’accorde pas. Maty.

FRANC-BORD. f m. C est letendue de terre fran-che qui est fur le bord aune nviere ou d’un canal.FRANCE. Francia. C’est le pays des Francs , & ce

V