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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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verneur, ou Président Romain, les appela, & iis serendirent maîtres de la ville. En 414, de Trêves iisse répandirent dans la Celtique & dans la Belgique,Sc en 418, ou 419, sous la conduite de Pharamond,qu’ils créèrent leur Roi, ils commencèrent leurs con-quêtes dans les Gaules, & le puissant empire quTlsy ont formé, qui subsiste toujours, Sc qui conserveleur nom en celui de France Sc de François, Ayantleur établissement,Fusage est deles appeler toujoursFrancs, aulîl-bien que ceux qui ne palsèrent point leRhin, mais qui demeurèrent dans la Germanie; maisdepuis Pharamond Sc rétablissement de ces peuplesen deçà du Rhin, il ne faut plus nommer Francs,mais François, ceux qui le firent.

Ce fut vers Fan 495, que toutes les terres con-quises par les Francs au - deçà du Rhin, commen-cèrent à porter le nom de France, Sc les Auteurs quiont écrit en notre langue, ne commencent ordinai-rement à donner au x Francs le nom de François quevers ce même temps. Cordemoy, Cet Auteur a pra-tiqué la règle que nous venons de donner ; M. Bos-suet la suit aussi , comme il paroît par les exemplesque nous avons rapportés ; julques-là ils dilent tou-jours Francs, Sc François ensuite. Godeau les ap-pelle cependant François avant leur pallage, disantque le pays des François étoit celui des Sicambresqui occupoient une bonne partie de la Basse Alle-magne entre le Rhin , l’Elbe Sc le Nècre. Tillemonten uíe de même. Foyeiç en cent endroits de son V eTome de l’Fiistoire des Empereurs. D u temps deVille-Hardouin on disoit encore Franc pour Fran-çois. N. 248. Si furent déconfits li Franc. Procope,De Bello Fandal. L. I, C. 3, dit qu’on appelloit deson temps Francs ou François, ceux qu’on nommoitauparavant Germains; ainsi il semble comprendresous ce nom tous les peuples de la Germanie.

Sidonius Appollinaris fait une description desFrancs dans le Panégyrique de Majorien, Carm. /.Ils ont, dit-il, la taille haute, la peau fort blancheSc les yeux bleus : ils ne laistent qu un peu de bar-be fur la lèvre d’enhaut, ce qui fait deux mousta-ches fort petites, & tout le reste du viíagc est rasé.Leur chevelure est blonde, ils portent les cheveuxfort courts par derrière , Sc fort longs par-tout ail-leurs, les ramenant du haut de la tête vers le frontSc fur les côtés. Ils ont des vestes II serrées, qu’onvoit toute la forme de leur corps; elles font si cour-tes, qu’elles ne leur couvrent pas le genou; Sc ilsportent une large ceinture, qui sert à attacher leurépée, & à leur serrer le ventre. Ils font exercés auxarmes dès la première jeunesse , íî adroits, qu’ils frap-pent toujours où ils visent, Sc si légers, qu’ils arri-vent avant leurs javelots où ils les ont lancés ; aureste , si braves, que jamais, pour grand que soit lenombre de leurs ennemis, & le dcíavantage des lieuxoù ils combattent, on ne les voit point trembler:la mort les abat, non la peur, Sc ils peuvent per-dre la vie, mais jamais ils ne perdent courage. Cor-demoy.

Dans le temps que Gallus & Volusianus furentsupplantés par Emilien , qui le fut lui même par Va-lérien; les Attuariens, les Bructères, les Chamaves,les Saliens, les Cartes, les Amsivariens, les Cauces,les Frisons, Sc d’autres peuples voisins de ceux-là,commencèrent à le rendre redoutables fous le nomde Francs, soit qu ils eussent pris ce nom pour mar-quer leur indépendance, soit que ce fût un nomde ligue entre eux. Le pays que ces peuples habi-' toient, avoit à l’orient 1 Elbe Sc la riviere de Sala;‘au midi la Suève Sc ce qu on appeloir alors l’Alle-magne ; à l’occidcnt le Rhin Sc 1 Océan Germani-que , & au Icptentrion la nieme mer à 1 endroit oùelle prend le nom de Septentrionale. Les Attuariens,les Bructères, les Chamaves Sc les Saliens, croientfur le Rhin vers Fembouchure; les Frisons Sc lesCauces occupoient tous les bords, de 1 Océan; lesCartes, les Amsivariens Sc tous les autres peuplesqui portoient le nom de Francs, occupoient les au-tres terres. On appeloir aussi quelquefois Sicambres

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tous les peuples Francs , parcequ’cn effet ils étoientdelcendus des Sicambres, & qu’ils occupoient en-core un pays qu’on avoit appelé Sicambrie. Corde-moy, Histoire des Francs. Voyez aussi Mézcray aucommencement de son Histoire de France, Sc Paí-quier en íes Recherches, L. I, C. 6. Favyn, His-toire de Navarre, L. I, p. 31. Du Tillet, de 10 -rigine des François dans Ion Recueil, L. I, p. 1 &Juiv.

L’étymologie du nom des Francs n’est pas moinsincertaine que leur origine. Le Sophiste Libanius ditqu’clle vient du mot Grec <t>gajiTcs munitus, à cauledes pays forts où ils demeuroient, qui font les îlesSc les marécages du Rhin. Certains Auteurs ont écritavec plus de hardieíle que de vérité, qu ils s’appe-loient Sicambres, nom qui est la même choie queCimbres ; mais qu’ayant remporté de grandes vic-toires íur les Goths, par la vaillance de leur Géné-ral Francus, ils prirent depuis le nom de Francs,asm d honorer la mémoire de ce Héros. Ceux qui di-sent qu’ils ne íe 1 attribuèrent que du temps de Va-lentinien, íe iont lourdement trompés; car encorequ’il puisse être vrai que cet Empereur se soit servide leurs armes contre les Alains, Sc leur ait accor-dé exemption pour dix ans; néanmoins ce ne peutêtre de-là qu’ils se donnèrent ce glorieux titre deFrancs , puiíqu’ils l’avoient déja plus d’un siècle au-paravant. Quelques-uns plus probablement le rap-portent à des peuples Cimbres nommés Franques,Sc d’autres le trouvent dans la composition de cesdeux mots Germaniques, f r cy en , libre, Sc Henfan,demi Dieu, Héros. (Les Gots appelaient leurs Sei-gneurs Hensen) comme qui diroit libre Seigneur.MÉzeray , T. I, p . 2 & 3. Franc en vieux Alle-mand signifie fier Sc belliqueux. Id. Franc en lan-gage Teutonique, ou Germanique, signifiait Libre,c est là la véritable signification Sc. étymologie de ccnom. Pasquier est de ce sentiment, Recher. L. FIII,C. 2 , & L. I j C. 6. On voit par ce que nous avonsdit, pourquoi le prirent les peuples qui le portèrent.Et aujourd’hui tout le monde est d’accord fur cetteopinion.

Chifflet, dans son GloJJar. Salicum , p. 134, s J J,appuyé du Sophiste Libanius, prétend que Franc vientd’un nom Atuatique vranghe , qui signifie acre, fé-roce, barbare, fier, cruel, acerbus , asper , crux,ferox , & qu’il fut donné aux Francs par leurs voi-sins, pareequ’ils étoient féroces Sc guériers. La lan-gue Atuatique étoit la langue du pays de Liège Sc desenvirons.

Ludolf, dans son Commentaire sur son Histoired Ethiopie, L. I, N. XIX , croit qu’on les appeloiren Germanie Franken , Sc que ce nom est composéde frey ou j ri, qui signifie libre , 8c de l’ancien motanke , qui signifie homme ; que de ces deux mots ,pour éviter lacacophonie, on a fait parsynalcphe/ru/z-ken , homme libre; que anke est encore en usage enSaxe ou dans les Fermes, celui qui est le premieraprès le maître Fermier s’appellc der anke , & de mê-me à Erfort le second d’une braderie ; que son dimi-nutif anklein est encore aujourd’hui d’un usage généraldans toute l’Allemagne pour signifier nepos , commequi diroit virunculus ou petit homme. Althamerusavoit deja donné cette étymologie, parmi celles qu’il amises à la fin de Tacite.

Quelques-uns dérivent ce mot de l’Hébreu farac ,qui lignifie liberavit. Le mot de Franc vt ut àìte ha-bitant de France , laquelle a été ainsi nommée, selonquelques uns, quod fitf erax, à ferendo grano, quafiferacia, comme Varron dérive Ceres, a gerendo SSferendo grano. La France, en ce sens, se dit de l’îl ede France, fort fertile en blés. Gentis Francien n°'

men à frugibus : fie ,enim Ennius & alii istius ttvi l°'quebantur, dit Cluvier dans ses florida, C. 14- Hdonne encore en ce chapitre une autre étymologieFranci, dit-il, s’est dit pour frangi , Sc frangi p 0111frangonis , qui est la même chose que Pherangones •Or angos est dans Suidas Sc dans Eustathe une ^ oïí std’armes des François, ainsi Pherangones de