Band 
Tome quatrieme. [F - JAM.]
Seite
297
JPEG-Download
 

V

F R A

& dettes. Dans cc dernier sens , c’est un terme dePratique.

FRANCH1MONT. Bourg ou petite ville du pays deLiège. Francimontium. Ce lieu , situé íur la petiterivière de.TUen, à deux lieues de la ville de Liège,est; chef du Marquisat de Franchïmont , enclavé en-tre les Duchés de Limbourg Sc de Luxembourg, Scoù l’on trouve le Bourg de Verviers & celui deSpa , célèbre par les eaux minérales, avec ceux deStablo & de Malmedi, célèbres par leurs Abbayes.

FRANCH1PANE. Quelques-uns écrivent ainsi, au-lieude Frangipane. Voye% ce mot.

FRANCHIR, v. a. Sauter franc, passer en sautant par-deíìus, traverser en s’élevant avec eftort Sc agilité.Transilire } pr&tergredi, superare. Il o. franchi le pre-mier la barrière dans ce Tournoi. 11 a franchi le fossépour aller aux ennemis. Il est venu à bout de sonentreprise. Il a franchi Sc surmonté tous los obstaclesque ses ennemis lui opposaient. .

Ce mot vient de franchira , qu’on a dit dans labasse Latinité, pour signifier affranchir, rendre unesclave libre. On a dit aiúìl franchir pour affranchir.E servo liberum facere. Voyez Nicot.

IJCF Franchir se dit dans le même íens en parlantdes endroits difficiles ou dangereux. Franchir lesmontagnes & les rivières. Après avoir franchi lesAlpes avec ses troupes, il entra en Italie. Palier har-diment des endroits difficiles.

IP" On le dit en ce íens au figuré. Franchir les diffi-cultés, les obstacles, n’êtrc pas arrêté par la con sideration des difficultés. Un génie vif Sc plein de feufranchit Sc traverse ce qui arrête les esprits com-muns. Vai.

Quelquefois dans fa course un esprit vigoureux ,T r ô p resserré parVart } sort des règles prescrites,Et de Fart même apprend à franchir les limites

Boit.

On dit aussi, tant au propre qu’au figuré, franchirles limites, franchir les bornes , pour dire, palierjar-delà, aller plus loin, ne pas se contenir danses bornes. §CF Franchir les bornes de la raison, dela pudeur, &c.

Quiconque a pu franchir les bornes légitimes 3Peut violer enfin les droits les plus sacrés.

Rac.

F R A

297

f,

On eut beau convenir des limites, des bornes,il les franchit toutes. Toute la France voir avec éton-nement cette Princesse , (M c la Duchesse du Maine)un des plus riches ornemens de la Cour, née d’unsang d’où sont íortis tant de Rois, parée des grâcesSc de la vertu , rassembler encore en la períonnetous les talens de l’csprit. File a franchi les honteu-ses limites qu’un usage capricieux semble avoir pres-crites aux perlonnes de Ion lexe, Sc n’a pas dédaigned’acquérir les plus belles conuoitïanccs. Mariotte.Quand il plait à Dieu de franchir les bornes de lanature. Pins s on.

On dit figurément, franchir le pas, franchir lefaut, pour dire, se réíoudre à quelque entreprisedifficile ou hardie , après avoir quelque temps déli-béré. Celui qui n’a pas acquis 1 habitude de pécherfans remords, s’acrête à. la vue du crime, & n’oíefranchir le pas. Franchir le mot, c’est dire le motessentiel qui conclut une affaire, prononcer unmot auquel on avoit cu de la peine à se résoudre.En morale, c’est exprimer en propres termes ce quela bienséance & l’honncteté empêchoient de dire.Franchir, en termes de Marine, se dit de l’eau quis’épuisc avec la pompe. Ce vaisseau faìsoit tant d’eau.,qu’on neTa pu jamais franchir ni épuiser. Exhaurire.C’cst-à-dire, vider, rendre, pour ainsi dire, libre& franc d’eau, l’en délivrer.

^ Franchir la lame, en Marine, c’est couper les, :n v .\ gues - Sc palier au travers.

ANCHl, IE. part. pais. & adj. Superatus.

Tome IV.

AI” FRANCHISE, f. f. Ce mot, comme nous lavonsdéja remarqué , est analogue à liberté. Il vient ori-ginairement des Francs, peuple libre; Sc dans quel-que íens qu’on le prenne, dit M. de Voltaire, ildonne toujours une idée de liberté. Voycy les arti-cles qui tuivenr. En morale, il désigne une des nuan-ces de la vérité de caractère. C’est une qualité quifait parler comme on peníe, lans rien distimuler.Elle tient de la liberté , mais elle est plus retenue ,moins indépendante , Sc ne va jamais fans la can-deur. Elle est voisine de la sincérité , qui empêche dcparler autrement qu’on ne peníe, Sc qui observe lesménagemens qu’on íe doit Sc qu’on doit aux autres.

La franchise franchit facilement cette barrière, pourpeu qu’on la presse : elle dégénère en liberté , Scdevient imprudence, indiícrétion , audace, téméri-té , selon qu’elle est plus ou moins ostentante ou dan-gereuse. La candeur prend ía íourcc dans cette pu-reté de mœurs , qui n’a rien à diíhnniler ni à fein-dre. Vingénuité fait avouer ce qu’on fait Sc ce qu’onsent; c’est souvent une bêtise. Elle suppose une in-nocence peu éclairée, qui c roi r que tout ce qui estnaturel est bien. La naïveté est l’ingénuité qui íe ca-ractérise par des traits qu’on auroit eu soi-même in-térêt à déguster. Elle fait dire librement cc qu’on pen-se, Sc offeníe quelquefois. Voye% rous ces mots. Lafranchise, dit M. l’Abbé Girard, fait parler commeon peníe ; c’est un effet du naturel. Libertas ingenua.C’est un homme plein de franchise , qui parle avecfranchise. Il y a encore plus de gens qui donnent leursavis avec franchise , qu’il n’y en a qui les deman-dent de cette iorte. Vaug. La franchise veut quenous ouvrions notre cœur à nos amis; mais elle nes’étend point au-delà des bornes de l’amuié ; carloríqu’elle court comme une folle, Sc qu’elle traitetout 1c monde également, elle perd le nom de fran-chise , Sc prend celui d’imprudence ou de légèreté.Cail. Il n’y a presque plus d’amitié qui toit k l’é-preuve de la franchise d’uu ami. Fl. Procéder avecfranchise , c’est fe conduire noblement Sc ouverte-ment.

Franchise signifie chez les Poètes & les Amans, li-berté. Il a perdu í'a franchise. Il a engagé fa fran-chise. Dans ce sens il est vieux.fCT Ce ternie est souvent employé d.ans les Arts. Onâk franchise àe pinceau, de ciseau, de burin. Alorsce mot deligne la liberté Sc la hardiesse dc la mainde l’Artistc, qui , dirigé par un génie facile & natu-rel , imprime à ses ouvrages le même caractère (Fai-san ce ct' dc facilité, enserre qu ils parodient ne luiavoir lien conté.

Franchise signifie aussi un droit d’aíìle attaché à cer-tains endroits ; un lieu privilégié où l'on est en fu-reté. Les Eglises Sc les Monastères d'Espagne sont de«lieux de franchise pour les criminels. Les franchi-ses n ont point dc lieu en France par l’Ordonnance dc, François I cn 1539. Les franchises font odieules quandelles vont a vendre les crimes impunis. B. Rab. Undes plus remarquables Capitulasses que fit Charle-magne 1 an 779 en son Palais d’Heristal, fut celui quiregarde les franchises des Eglises. C’étoient des droitslì íacrés , que nos Rois les moins religieux les ob-ier voie nr toujours avec scrupule ; mais l’abus qu’oncn fniíoss éroit venu à un rel point, que Cbarle-magne crut qu’il falloir les modérer. Il défendit qu’onportât à manger aux criminels qui seretircroientdansune Eglise. Une telle défense avoit passé jusqu’alorspour un violentent de la franchise , mais on ne huila,pas de la faire. P. Daniel, Hifi. de Fr. T. Jfs. 4s6.fp) Franchise des Quartiers. Ce nom a ece par-ticulièrement affecté aux quartiers des Ambafladeursà Rome. C’étoit un certain espace, plus ou Moinsgrand , lelon la volonté des Ambaiiadeurs, autour deleur Palais, qui íervoit d asile aux criminels qui s’yretiroienr, enforte qu’ils ne pciivoicnr etre arrêtés parles Sbirres, ni'pourfuivis par la Justice. On prétendaujourd’hui à Rome que c est une vieille usurpation,ct: un privilège scandaleux que les Ambassadeurs ,par la jalousie dc leur pouvoir , étendirent fort loin

M m