F R E
inconcevables à cette pauvre femme. Enfin un Opera-teur entreprit de la guérir. Il lui donna d u mercure’ avec du sucre , sans dire comment il étoit prepare. Apeine eut-elle pris le remède que Ion ventre ennaconsidérablement , Sc qu’elle tomba en foiblelle.L’Opérateur l’ayant fait revenir avec de l’eau apo-> plectique, & fait fondre fur le feu une livre de beurredans de la bière, il lui en fit prendre tant qu elle put;à peine eut-elle avalé ce breuvage qu elle le vomit, Scen même temps dix petits serpens vifs de la longueurd une demi-aune chacun. La violence du remede ayantrebuté la malade, elle ne voulut point continuel.Douze semaines après elle alla íe jetter pour dor-mir fur du foin j dans lequel il y avoir du trcHe odo-riférant ; elle tenoit auíìi à fa main du pain tout chaud.En cet état, elle sentit le serpent qui s’avançoit parrœfophage dans fa bouche; quand elle vit que fa têteétoit allez sortie hors de fa bouche, elle la pressa desdents, prit son mouchoir, Sc de la main tira le ser-pent de son estomac; il avoir une aune & un quartde long : en sortant, il mua, & laissa fa peau dans lagorge Sc dans l’estomac de la malade ; un vomitifl’en délivra. Ce ne fut pas tout: elle fentoit encore desdouleurs ttès-grandes, & quelque chose qui lui mor-doit l’estomac comme auparavant. M. Cruger , furla connoillance qu’il avoir de la vertu du frêne , delaquelle j’ai parlé , lui donna un breuvage, dont voicila composition : Cinq onces de racines de frêne , unepoignée de petite centaurée, autant de feordium Scautant d’abiynthe, le tout cuit dans de l’eau com-mune. Il faut le passer, & en prendre une livre. Lapremière fois la malade en prit six onces, qui lui ex-citèrent un grand tumulte dans le corps, & après quel-ques heures, lui firent vomir trois serpens , longsd’une palme de la main, mais morts; ensuite diste-rens purgatifs Sc vomitifs lui firent rendre des mor-ceaux de serpens , des os, des peaux , &c. M. Crugera donné une relation curieuse de cette cure dans lesNouvelles Littéraires de la mer Baltique, 1700 Avril ,p. r 00 Se suiv.
FRÉNÉSIE ou PHRÉNÉSIE. f. f. Rêverie perpétuelle& violente, accompagnée d’une fièvre aiguë, de fu-reur , de veilles, & de plusieurs autres fâcheux ac-cidens. Phrenesis. Elle est différente de la manie &de la mélancolie, pareeque celles-ci font fans fièvre.La frénésie vient de l’inflammation & du mouvementdéréglé des esprits animaux. Les Anciens ont appelé lacolère une courte frénésie. Ira furor brevis eji Hor.
Ce mot vient du Grec , qui signifie entende-ment.
Frénésie se dit figurément des troubles Sc égaremensd esprit, causés par la violence des passions. L'amour,la colère , mettent d’étranges frénésies dans la têtedes hommes. §CF Sa passion pour le jeu est une fré-néfie. C’est une frénése , une fureur de violer ce qu’ily a de plus saint.
Fuyei sur-tout j fuye% ces baffes jalouses ,
Desvulgaires esprits malignes frénésies. Boa.
Oui depuis le moment que cette frénésie
Defes noirs vapeurs troubla ma fantaisie. IO<
FRÉNÉTIQUE, adj. souvent employé substantivement.Qui est atteint de frenesie, soit qu’elle vienne de ma-lâche, soit par la violence des passions. Phreneticus.Celtun Jrenetique. U11 dpnc jrenetique. Malade fré-nétique. Agir en frénétique.
On le dit aussi de la fureur poétique Sc de l’en-thousiafme.
ERE
Zk5
Non 3 non,je neveux point fur les bords du Permeffe 3Phœbus ) te demander ta frénétique ivreffe ;
Sur d’autres va. verser tessavantes fureurs ,
La vérité n a pas besoin de tes faveurs.
Nouv. choix DE Vers.
k RENE AN, ANE. Voye^ Férentain.
FRÉQUER. f. m. Terme de Vénerie & de Chasse. C’est
une marque que le cerf fait au bois quand il y touchede fi tête, pour détacher Sc ôter cette peau veluequi la couvre. Celui qui apporte le premier fréouètà 1 assemblée où est le Roi, Sc en laisse courre le cerf,mérite un présent du Roi ; savoir, un cheval à unGentilhomme de la Vénerie , &: un habit à un valetde limier; ce qui s’est observé de tout temps. Sae-nove. On le dit aussi du chevreuil, & je trouve jau mois de Mars le chevreuil va au fréouer, Sc bru-nit fa tête.
FRÉOUR. f f. Vieux mot. Frayeur.
FRÉQUEMMENT, adv. Souvent. Frequenter , sœpè tCela arrive fréquemment. Il va fréquemment en celieu là.
ftCF M. l’Abbé Girard distingue souvent Sc fréquemmentpar les nuances suivantes. L’un est pour la répétitiondes mêmes actes, l’autre pour la pluralité des ob-jets. On déguise souvent les pensées. On rencontrefréquemment des traîtres.
FRÉQUENCE, f f. Multitude, foule , abondance. Fre-quentia. ‘isP Une grande fréquence d’auditeurs. Unegrande fréquence de peuple. Dans cc sens ce mot n’estplus en ulage.
Fréquence. Réitération qui fe fait souvent. Frequen-tia. Comme les tremblemens insensibles des petitesparties d’un corps sonore sont en même raiíon pourle nombre & la fréquence que les vibrations totales,on peut toujours prendre les vibrations pour la me-sure de tous les accords. Acad. des Sc. 17 04. Hist.p. 88. La fréquenceda battement du pouls. Ib. y?. 160.
M. de C allier es, depuis la p. 96, jusqu’à la page100 de la suite des mots à la mode, fait des vœuxpour rétablissement de ce met; mais, si 110ns encroyons les Augmentatcurs du Richclet, les íouhaitsde ce célèbre Académicien n’ont point été remplis.Ce qui n’a pas empêché M. l’Abbe Houtteville dedire, une fréquence d evénemens ; expression dont ila été repris par M. l’Abbé des Fontaines. Il faut ce-pendant convenir de Futilité de ce terme, & il meiemble qu’il n’y auroir pas beaucoup de rilque dés’eníervir après M, l’Abbé du Guet, quil’a employédans le paílage suivant, quelque attention qu’il aità ne point hasarder de mots. » Il n’y a rien qui rende» le commerce intérieur plus vif, que la fréquence» des villes, la fureté des chemins, & la commodité« des voitures, Sc il est incroyable combien les voya-» ges assidus contribuent à rendre une nation moins>, lente Sc moins paresseuse, Sc réveillent son in-» dustrie. " Insitution d’un Prince , tom. 2 } p. 274,27s.
Pour trancher la difficulté, il suffit d’observer quece mot se trouve dans le Dictionnaire de l’Acadé-mie, qui donne pour exemples, la fréquence de sesvisites importune. La fréquence de ses Lettres. Lafréquence de ses rechutes.
Il a encoie une autre acception, c’est la fréquencedu pouls ; pour dire, la vitesse des battemens dixpouls.
FRÉQUENT, ENTE. adj. Ce qui fe fait souvent. Fre-quens. La peste est un mal fréquent . dans les payschauds. Les naufrages sont fréquens dans la mer Egée.Le changement trop fréquent de discours est la mar-que d’un petit génie qui n’appfofondit rien. Bell.Les contes trop fréquens déplaisent & impatientent.Id. Il ne faut pas qu’une fille reçoive des visites tropfréquentes d’un jeune homme. Le livre de la fréquenteCommunion de M. Arnauld, est toute autre choseque ce que le titre paroît promettre.
Fréquent, se dit du pouls, quand 011 veut marquerqu il bat plus vite qu’à 1 ordinaire. Le pouls de cemalade est bien fréquent.
FRÉQUENTATIF, adj. m. Terme de Grammaire, qu ife dit des verbes qui marquent la réitération d’uneaction, |CT Frequentativus. Clignoter est le fréquen-tatif de cligner. Crachoter, de cracher, criailler, decrier. Clamare , clamitare. Clamare exprime simple-ment Faction de crier ; clamitare , outre cette idéeprimitive, renferme encore une idée accessoire derépétition ; crier souvent.
Ooì