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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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FRÉQUENTATION, s. f. Communication que ion aavec d’autres personnes. Familiaritas. La fréquen-tation des Savans. La fréquentation des héréti-ques est contagieuse. Arn. On dit la fréquentationdes Sacresnens, pour dire, I usage fréquent du Sa-crement de Pénitence & de celui de l'Eucharistie.Acad. Fr.

FRÉQUENTER, v. a. Hanter quelqu’un, 8c avoir unfréquent commerce avec lui. Frequentare ,f&pè adi-re , visere. Il est avantageux de fréquenter les gens debien, les Eglises. Ce jeune homme fréquente des lieuxsuspects. Cet Avocat fréquente le Barreau, il s’atta-che au Palais. Fréquenter les spectacles, les prome-nades, &c.

Nous prenons les mœurs & les manières de ceuxque nous fréquentons. C’est une vérité que M. de Vol-taire, dans l'Epître de fa Tragédie de Zaïic, déve-loppe si bien, que je n’ai pu résister à la tentationde rapporter ici le passage.

Quiconque avec moi s 3 entretient,

Semble disposer de mon ame :

S’il sent vivement, il m 3 enflamme;

Ft s’il est fort j il me soutient.

Un courtisan pétri de feinte,

Fait dans moi tristement pajfferSa défiance & fa contrainte jMais un esprit libre & sans crainteM’enhardit & méfait penser ;

Mon feu s 3 échauffe à fa lumière,

Ainfi qu un jeune peintre, instruitSous Coypel & fous Largilière,

De ces Maîtres, qui l' ont conduitsSe rend la touche familière :

11 prend malgré lui leur manière,

Et compose avec leur esprit.

Là revient le proverbe, dis moi qui tu fréquentes,& je te dirai qui tu es. .. .

0C? On dit dans le me me ions frequenter les Sacremens,aller souvent à confesse, 8c communier souvent.

Fréquenter , est aussi neutre, & alors il signifie, fairede fréquentes visites. W fréquente chez un tel, dansla maison d’un tel. Il fréquente plus que jamais aulogis. ScAR. Il fréquentait au logis de Lintimé. Pat.Les beaux esprits qui fréquentoient chez Mademoi-selle de Scudéri. Mén.

FRÉQUENTÉ, ÉE. part. & adj. Il ales significationsde son verbe. Frequentatus , celeber , cte. Port fré-quenté, lieu fréquenté, marché fort fréquenté, Eglisefréquentée, foire fréquentée , ctc. où il va beaucoupde monde. Quoique ces parages aient été fréquen-ts depuis quatorze ans en toute frison, très-peude navires ont trouvé des glaces. FrÉzier.

FREQUIN. f. m. Sorte de futailles qui fervent à met-tre les marchandises sujettes à déchet & à coulage.

FRERAGE. f. m. Vi£u x terme de Coutumes , qui fedit des partages des freres, ou des cohéritiers ct li-gnagers venans à racine succession. Quelquefois fré-rage s est pris pour partage dans un sens génériquect quelquefois dans un sens particulier qui a étéd’abord expliqué. Ce mot a été fort altéré en diffé-rais lieux; car on a àitfrarescheux , oufrérescheurs,ou fraraschaux , pour dire, cohéritiers, fraresche,fraraschage, frareux & f,'vareuseté, pour Ùkç, suc-cession; ces mots font tous hors d’usiige maintenant.

FRÈRE. f . m- Terme relatif entre des enfuis qui fontsortis d’un inertie pere ct d une mente mère, íjst oud’un nicme père feulement ct de deux mères diffé-rentes; ou enfin dune meme meiect de deux pèresdifférais. P'oye% plus bas les disterens noms qu’onleur donne dans ces differens cas. Frater. Abel futtué par ion frère Caïn. Eumenes difoit a íes frères,pour lés tenir dans le respect, si vous me traitez enRci, je vous traiterai en frères, ct si vous me trai-tez en frère , je vous traiterai en Roi. D Abl.

Ce mot, selon Scaliger & Gérard Voisins, vientdu Grec * ga 'r>, e , pour íg «'ra>g, qui lignifie proprementcelui qui puise de l’eau dans un mente puits. Car

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FR E

en Grec, signifie un puits ; s> g ar g í*, l’affcmblecde ceux qui puisent ou qui ont droit de puiser dansun même puits. Ce mot est venu de la ville d’Argos,où il n’y avoit que certains puits distribués dans dif-férais quartiers de la ville, n’y ayant point de fon-taines. Les Anciens appeloient frères presque tousceux qui étoient joints par parentage en ligne col-latérale , comme l’oncle & le neveu, les cousins ger-mains, ctc. Cela fe prouve non-seulemcnt par ungrand nombre de passages de l’ancien testament; maisaussi par les Auteurs profanes. Cicéron en les Fhi-lippiques dit, qu’Antonia étoit femme & sœur deMarc-Antoine, parccqu’elle étoit fille de son frère C-Antonius. Pour ce qui est des coulìns-germains, leRoi Tullus Hostilius dans Denis d’Halicarnasie ap-pelle j ; ères les Horaces ct les Curiaces, pareequ’ilsétoient cousins - germains, enfans des deux sœurs.Voye\ de Méziriac dans ses notes fur la lettre d’O-vide, intitulée Hermione à Ore/le. Hermicnc y ap-pelle Oreste ion frère, parccqu’il étoit ion couíin-germain.

Frère , est un titre que les Rois fe donnent entre eux :le Roi le donnoit au Duc de Savoie, même avantqu’il fût Roi de Sicile. J’ai tout mis en usage pourmarquer à mon frère, le Duc de Savoie, avec quelleardeur je desirois voir renaître entre nous une in-telligence établie depuis tant de siècles. Lett. duRoi de l 3 an lóçó. Cet usage n’est pas nouveau en-tre les Princes, & Ménandre rapporte une lettre deCosroës, Roi de Perse, à l’Empercur Justinien, quicommence par ces mots : Coiroës, Roi des Rois, &c.à l'Empereur Justinien mon frère. Les Rois le don-nent aussi aujourd’hui aux Electeurs de l’Empire.

Les Prédicateurs appellent aussi leurs auditeurs Frè-res , mes frères, mes cìxcts frères, 8c quelquefois ilsdisent au singulier, mon frère, mon cher frère.

Frère germain se dit des frères qui font nés du mêmepère & de la même mère. Frater germanus. VoyezGermain.

Frères consanguins , font deux frères qui ont feu-lement le même père.

Frères utérins. Ce font ceux qui lent feulement sor-tis de la même mère.

Frère naturel, est u n frère illégitime, bâtard.

Frères jumeaux. Ce font des frères nés du même ac-couchement.

Frères de lait, fe dit de Pensant d’unc nourrisse ctde ion nourrisson quelle a nourri du même lait. ily a aussi des frères qui ne font tels que par adop-tion, lorsqu’un des deux a été adopté dans la famillede Pautrc. C’est ainsi que Néron, adopté par Clau-de, devint frère de Britannicus.

Beau-frÈre, qui est frère d’une femme à l’égard deion mari, ou qui est frère du mari à l’égard de D"femme.

Dans le Droit, par le mot de frères au pluriel o»entendoit auffi les sœurs, comme par le mot parenson entendoit le père ou la mère, ct au pluriel 1 ouct Pautrc. Lucius ct Titia, frères, L. jS, D. Fa-mil. ereife. T vois frères, Titius, Mœvius & Seia, L-j j, D. de pactis.

Frère , fe dit figurément en Morale à Pégard de ccu*qui font unis par Pamitié, par la même Religi° 11 *Tous les Chrétiens font nos frères en Jcíus-Christ>frères spirituels, nous devons les aimer comme vo§frères, vivre avec eux en frères. On appelle les flffretiques, nos pauvres frères errans. On le dit a u 1de tous les hommes du monde, qui íont sortis du-ne même source, qui iont frères en Adam. *

Frère, se dit particulièrement des Religieux d’un u lCme Couvent. C’est le Frère Zacharie, le Frère d°naventurc. Ils ont emprunté ce nom des prenuç 1 '-Chrétiens , qui s’appeloient tous frères. Toutes •choies nécessaires pour l’usage de la Cominunause rencontrent dans l’enceinte du Monastère, aque les Frères n’aient, ni prétexte, ni occasion fgitime d’en sortir. Ab. de la Tr. Ourdit que f>a>Benoit envoyoit de ses Frères pour prêcher lc S 1 •.litres. Id. Ce mot de Frère fe dit encore plus p ar

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