34 2 F RU
l’autre est ia probité, la candeur, l’ingénuité qui nousrend aimables aux autres. P. S.
La longanimité ou persévérance empêche l’ennui& la peine , qui proviennent précisément de Pat-iente des biens qu on espère, ou de la longueur &:de la durée du bien qu’on fait, ou de celle du malqu’on souffre, non de la grandeur de la chose-mê-me ou de ses autres circonstances. La longanimité ,par exemple, fait qu à la fin l’on est plus ferventqu’au commencement.
La foi, en qualité de fruit du S. Esprit, est unecertaine facilité à croire tout ce qui est de la croyancedes fidèles , une fermeté à s’y attacher , une assu-rance de la vérité de ce que nous croyons, fans sen-tir ces répugnances & ces doutes, ces ténèbres &cette grossièreté , que nous avons naturellement àl’égard des matières de la foi. Pour cela, il faut avoirdans la volonté une pieuse affection qui incline l’cn-tendement à croire sans hésiter les choses qui luifont proposées par la foi, & c’est le S. Esprit quila donne.
Quelques-uns entendent par le mot f des , tfiVií,la fidélité, la confiance à tenir les promesses qu'onfait. D’autres, la facilité à croire en ce qui regardeles choses humaines, fans sc laitier aller à des dé-fiances mal fondées, à des soupçons 8c à des juge-mens téméraires.
La modestie, en tant que vertu, est assez connue;elle règle tous les mouvemens du corps, les gestes8c les paroles : en tant que fruit du S. Esprit, elle faitcela sans peine 8c comme naturellement, & de pluselle compose tous les mouvemens intérieurs de l’ame ,comme en la présence de Dieu. Notre esprit est in-quiet, léger , toujours en action, voltigeant de touscôtés, s attachant à toutes fortes d’objets, &c. Lamodestie l’arrête, le modère, 8c met l’ame dans uneprofonde paix, qui la dispose à devenir le séjour 8c leRoyaume de Dieu.
Les vertus de tempérance & de chasteté regardentles plaisirs du corps, réprimant les illicites, modé-rant ceux qui font permis. Celle là refrène l’affectiondésordonnée du boire & du manger, & empêche lesexcès qu on y pourroit commettre. Celle-ci règle ouretranche l’usage des plaisirs de la chair.
Mais les fruits de tempérance 8c de chasteté déga-gent tellement l’ame de 1 amour de son corps, qu ellen’en ressent presque plus les révoltes, les contenantfans peine dans la soumisiion. P. l’All.
Fruit, se dit figurément en choies morales, pour uti-lité, profit, avantage qu’on retire de quelque chose.Fruclus, emolumentum. Les Millionnaires font beau-coup de fruit chez les Idolâtres, en convertissentbeaucoup. Il n’a recueilli aucun fruit de ses études,de ses voyages, de cette entreprise, de cette affaire.On ne peut trop estimer un íi beau fruit de la pro-babilité. Pasc. Je ne voudrois pas tirer de plus grandfruit dc mon éloquence. Voit. Les femmes se ras-semblent dans les Tuileries, pour montrer une belleétoffe , & pour recueillir \c fruit de leur toilette. LaBruy. La sagellè est communément le fruit de l’ex-périence. S. Evr.
Et de tous ses travaux la honte fut le fruit.
Malherbe.
Dans ce sens il lignifie l’effet d’une cause, soit bon-ne, toit mauvaise.
On dit de même que la destruction des villes, ladésolation des campagnes, G’c. font les fruits ordi-• naires de la guerre.
§3“ Un Poète a dit, les fruits cuiíans de l’amoureuxpéché. . „
Fruit, en termes de Maçonnerie, elt une petite di-minution en talus, 8c en dehors, qui se fait peu àpeu, &c insensiblement íur les murs à mesure qu’onles élève. Proclinatio. Le fruit d’un mur est fa retraiteen dedans à mesure qu’il s’élève. Ainsi un mur à plombest celui qui est aussi épais par le haut que par le bas;iorsqu’il est plus épais par le haut, &: que la face se jette
F RU
cn dehors, cela s’appelle surplomb, 8c fruit, lors-qu’elle se retire en dedans, & que le bas est plu*épais que le haut. On ne manque guère de donnerdu fruit à la façade des bâtimens. II faut donner tantde pouces de fruit à ce mur, à proportion de sonépaisseur. On donne ordinairement un pouce 8c de-mi de fruit, à un mur sur la hauteur de douze pieds.Le contre-fruit est le contraire, c’est-à-dire, le fruiten dedans, ce qui y cause une inclinaison peu sen-sible.
§CT On disoit autrefois frit, qui n’est plus en usage.
Fruit a double mamelle. Terme de grand Art. C’estla pierre au blanc & au rouge.
On dit proverbialement, quand on reçoit visited’une personne qu’il y avoir long temps qu’on n'a-voit vue, ha! c’est du fruit nouveau de vous voir.
Fruit. Registre de gros fruits. Voyez Registre.
FRUITAGE. f. m. Fruits en général qui croilîent auxarbres. Fruclus. Ce Curé prend les dîmes des frui-tages, lainages & chaînages. Ce goutteux est réduità ne vivre que de laitage & de fruitage. Il n’est plusen usage.
FRUITÉ, ÉE. adj. m. Terme de Blason, qui se dit desarbres chargés de fruits, d’un émail différent.
FRUITERIE, f. f. Lieu où l’on garde Sc où l’on con-serve le fruit. Cella frucluaria. Il ne doit point ge-ler dans la fruiterie. Porter du fruit à la fruiterie.Serrer du fruit dans la fruiterie. M. le Président deValbonnet donne un état de la fruiterie des Dauphins,dans ses Mém. pour THist. des Dauph. p. 109 .
Fruiterie , dans la Maison du Roi, se dit de 1 officequi fournit le fruit aux tables de la Maison, la bou-gie 8c la chandelle. Il y a plusieurs Officiers de frui-terie chez le Roi. Chef de fruiterie.
FRUITIER, IÈRE. adj. 8c subst. Qui porte du fruit.Fruclifer, frugifer. Un arbr e fruitier, est un arbre quiporte des fruits bons à manger. On dit aulïi un jar-din fruitier, ou absolument un fruitier. Un jardinrempli d’arbres à fruits.
Fruitier, se dit auffî de celui qui vend des fruits. Fruc-tuarius. Un Marchand fruitier en gros. Xh\e juitièreen détail. Il est fait défense à tous Maîtres fruitiersd’être facteurs de Marchands forains. Ordonn. du 2SMai ifíffS , dans de la Mare, T. Jî , p. 1468.
FRUTWâ Regratier , est celui qui vend des fruits cndétail. Un Arrêt du Conseil du 9 Février 1694 , lesappelle Fruitiers-Regratier s , 8c pauvres Regratiers,vendeurs en détail des herbes & autres légumes ,beurre, œufs , fromages, fruits 8c autres menuesdenrées. Cet Arrêt décharge les Fruitiers-Regratiersdes droits de visites que prétendent fur eux les Maî-tres fruitiers. Voyez dans le Commissaire de la Mare,Tr. de Police, L. F, Tit. XXIII, C. 8, p. 14666' 1467.
La Communauté des Marchands Fruitiers, Oran-gers, Beurriers, Fromagers 8c Coquetiers de la ville8c faubourgs de Paris. Arrêt du Conseil du ç Fé-vrier 1ÓP4. Le même Arrêt dit, Fruitiers-Orangers,Marchands Fruitiers-Orangers j c’est-à dire , ceu*qui vendent des oranges, citrons, limons, grenades,&c. 8c de la Mare dit quelquefois Fruitiers-Beurriers-Voyez cet Auteur, T. II, p. 1466 & 1467.
FRUITIER, f. m. Se dit d’un livre, d’un traité fur k sfruits. Tractatus, ou Liber de fructibus; Carpologid-Le fruitier de France, ou description des fruits *noyau 8c à pépin, qui se cultivent dans le Royau-me , est un livre annoncé dans le Journal des SaV-1719,p. S28.
Fruitier, f. m. Lieu où l’on conserve le fruit. Did‘de Commerce. La même chose que Fruiterie.
FRUÏTION. s. f. Jouissance. Terme ancien, qui est d^ ,îfNicot, 8c qui n’a peut-ctre jamais été employé pl uheureusement que dans ce AÍadrigal.
Depuis un temps fuis en possession
De maints appas qu’hors moi chacun ignore.
Foudrois-tu bien m’ôter fruition
De ces beautés qu’en toi , Catin, f adore?
Non, dit Catinj maïs s’il vernit quelqu autre