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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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quets ; en un mot les uns près des autres, commedans la grenade, la mure, le raisin, le (ureau.

IJCf Le cône , Jlrabilus , fruclus squammofiis , est com-posé de plusieurs écailles ligneuses , qui s’ouvrentpar le haut, 8 c font attachées par le bas à un poin-çon ligneux qui est dans l’axe du fruit. Les pins &les sapins qui portentde ces fruits, font dits conifères.

|K? Comme les fruits font formés par les embryons,ils le trouvent placés fur les plantes aux memes en-droits que les fleurs, Foye^ au mot Fleur la posi-tion des fleurs. .

fCT On appelle fruitsfucculens ceux dont les semen-ces font enveloppées d une chair remplie de suc, &fruits secs, ceux qui étant parvenus à leur maturité,n’ont point de suc. De ce genre font les membra-Il y a aussi des fruits qu’on nomme ailes, loríquilsfont accompagnés d’un appendice membraneux.

Les fruits aigrettes font garnis de poils. Voye^ cesmots. ,

fCF Assez souvent pour decrire les fruits en moins demots, on les compare à des choses connues, commeà une cassolette, à une boîte à favonette, à un étui,&c. On trouvera tous ces mots dans l’ordre alpha-bétique.

fJCF On dit que les fruits font noués, quand ils gros-sissent à inclure que la fleur fc flétrit 8 c fe palle ; &qu’ils font coulés, quand ils avortent. Voyc \r Cou-ler 8 c Nouer.

fÌCF On dit qu’un arbre fe met à fruit , lorfqu’il com-mence à porter de fruit. On dit encore en Jardina-ge , que certains arbres font très-difticiles à mettre àfruit, & que d’autres s’y mettent aisément.

Fruit en grappe , c’est un fruit dont les grains fontdisposés comme ceux d’un raisin.

Fruit de vigne. C’est ainsi que l’on a traduit genimenvitis dans les versions du Nouveau Testament, deGenève, de Louvain, de M. de Marolles 8 c de Mrs.de P. R. Mais le P. Bouhours n’approuve point cettetraduction. U est vrai que c’est une de ces expressionsque l’nfage familier des livres saints, 8 c l’habitudequ’on a de les entendre & de les lire dans les tra-ductions , tend plus supportable, ou les reçoit com-me des termes consacrés, 8 c on ne fe donne pas sou-vent la liberté d’examiner 11 ces termes font Jòrt cor-rects. Mais quand on y fait réflexion, il áfc'aifé deremarquer que le P. Bouhours a raison. Je ne boiraiplus déformais de c c fruit de vigne, n’est pas biencorrect : boire ne s’accorde point avec fruit : onmange du fruit , mais on n’en boit pas. Fruit devigne n eí\, tout au plus que du raisin, & ces deuxmots joints ensemble n’ont jamais signifié du vin ennotre langue. Bouh. Le P. Bouhours a traduit, je neboirai point déformais de ce vin-ci.

Fruits d’été, fe dit de tous ceux qui viennent & quife mangent en été ; fruits d’automne, ceux qui vien-nent 8 c qui fe mangent en automne; fruits d’hiver,ceux qui fe cueillent cn automne, mais qui ne femangent qu’en hiver ; 8 c fruits rouges, tous les pe-tits fruits de cette couleur, qui viennent au prin-temps, comme fraises, framboises, cerises, groseilles.

On appelle fruit , dans l’ufage ordinaire, ce qu’onert au dernier service de table, soit de vrais fruits ,íoit des confitures des pâtisseries, fromages, é'c.Le mot dessert est devenu un terme bourgeois. Ona servi L c fuit , on en est au fruit. 11 y avoir en ce repas un beau fruit. Chez le Roi on dit four 8 c fruitDans ce sens il n’a point de pluriel.

On appelle /mir monté, un fruit décoré avec descristaux, des figures de lucre ou de porcelaine pofées fur des plateaux.

A? Fruit, fe dit aussi au singulier de Pensant qu’unefemme porte dans fes flancs , ou quelle vient de mettre au monde. Béni soit le fruit de votre ventre. C’efune partie de la Salutation Angélique. Une femmdoit conserver son fruit. Les femmes qui font périrleur/ndrfont punies de mort.

L es fruits du Saint Esprit. Cette expression est prisedc S. Paul. Galat. F, 22 , 23 . Le. fruit de l'Esprit,

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c’est la charité, la joie , la paix, la patience, la dou-ceur, la bonté, la longanimité, la mansuétude, lafoi, la modération, la continence , la chasteté. Al’égard de ceux qui ont ces qualités-là, il n’y a pointde loi. Ce font les paroles du S. Apôtre, Quand ons’est long-temps exercé avec ferveur dans la pratiquedes vertus, l’on acquiert la facilité d’en produireles actes, on ne sent plus les répugnances que l’onfentoit au commencement, 8c l’on fait avec plaisirce que l’on ne faifoit auparavant qu’avec peine. Alorsces actes des vertus , inspirés par le S. Esprit, 1enomment fruits du Saint-Eíprir.

Les trois premiers fruits du S. Esprit font la cha-rité , la paix & la joie. Ces trois fruits font joints en-semble, 8c suivent naturellement l’un de l’autre. Lacharité ou l’amour fervent fait qu’on possède Dieu ;la joie naît de la possession de Dieu , n’étant autrechose que le repos ou le contentement qui fe trouvedans la jouitîancc du bien qu’on possède La paix,qui, selon S. Augustin, est la tranquillité de l’ordre,maintient l’ame dans la possession de la joie contretout ce qui leur est opposé. La charité exclut touteautre joie ; la paix toute forte de trouble & de crainte.

La charité est la première dans l’ordre des fruitsdu S. Esprit, parcequ’elle ressemble le plus au S.Esprit, qui est l’amour personnel, & par conséquentqu’elle nous approche le plus de la vraie 8c éternellefélicité, & qu’elle nous donne une joie plus solide8c une plus profonde paix. C’est la paix qui fait regnerDieu dans l’ame, & qui l’en rend pleinement le maî-tre. C’est elle qui tient l’ame dans la parfaite dépen-dance qu’elle doit avoir de Dieu.

Ces trois premiers fruits du S. Esprit disposent l’ameà ceux de patience 8c de douceur ou de modération.Le propre de la vertu de patience est de modérer lesexcès de la tristesse , 8c la vertu de douceur modèreles bouillons de la colère , qui fe lève avec impétuo-sité pour repousser le mal présent.

Ces deux vertus combattent & ne remportent lavictoire que par des efforts violens , & non fans peine ;mais la patience & la douceur, qui font les fruitsdu S. Esprit, rangent leurs ennemis dans le devoirfans combat; ou si elles combattent, c’est fans diffi-culté, c’est avec plaisir. La patience voir avec plai-sir les objets capables de causer de la tristeste. Ainsiles Martyrs fe réjouissoient à la nouvelle des persé-cutions , & à la vue des supplices. La paix étant bienétablie dans le cœur, la douceur n’a plus de peineà régler les mouvemens de la colère. L’ame demeuretoujours dans une même assiette, & ne perd jamaisson égalité. Ce qui vient de ce que le S. Esprit y rési-dant , 8c la possédant dans toutes fes puistances, enéloigne les objets tristes, ou il ne letu permet pasd’y faire d’imprcssion , 8c le démon même redoutecette ame, 8c n’en ose approcher.

Les deux fruits de bonté & de bénignité regardentle bien qu’on fait au prochain. La bonté est l’incli-nation qui porte à obliger les autres, & à leur com-muniquer ce qu’on a. Nous n’avons point cn notrelangue de nom qui exprime proprement celui de be-nignitas : car le mot de bénignité n’est point en usa-ge , sinon pour signifier la douceur, & cette fortede douceur consiste en la manière d’obliger les aunesvolontiers, cordialement, avec joie, fans ressentirla difficulté que ressent celui qui a la bénignité feule-ment cn qualité de vertu, 8c non pas encore cn qua-lité de fruit du S. Esprit. P. l’Allem. .

Le Port-Royal a traduit ce mot par humanité ..Celaest mal. Le texte Grec porte xe r ^ cr>,( ' , e ., n e “là humanité feulement. C’est une bonté unie au pro-chain, 8c, comme nous disons, serviable. Le.P.Bouhours a confondu ces deux mots de S. Paul,benignitas 8c bonitas, cn un soûl, qui est bonté. Cen’est pourtant pas la même cho e, non plus que lesmots Grecs ^ c premier, comme

nous lavons dit, signifie une bonté, une humanitéserviable, 8c, comme dilent les Interprètes, -soâ-nitas quâ alteri libenter ujui Jumus, morum facilitasquâ quis aliis Je libenter accommodat in bonum. Et