FUG
soldats déserteurs j ou qui s’enfuient dans lc comuat.$CT En Littérature, on appelle pièces fugitives, un pe-tit ouvrage, íoit manuscrit, soit imprimé, un re-cueil de pièces qui s’échappent, íouvent exprès,du porte-reuillc d’un Auteur, 8c qui forment un vo-lume peu coníidérable. Il y a des recueils de piccesfugitives très-curieufes.
En Poésie, on a appelé Daplmé , la belle fugitive.On appelle l’onde fugitive j l’eauqui court toujours.
FUI
gérs pour faire parade de fermeté. Il faUtyì/i/T’oragflde loin. Mont.
A2" Ce verbe est souvent employé en choses morales oàil conserve la rncme valeur. Il íaut íuivre la vertu Ô£fuir le vice. Pour fuir les occasions du péché, il fautfuir les mauvaises compagnies. Le méchant fuit lalumière.
Je fuis V ambitioni mais je hais la foibleffe.
' • Corn.
Quelle Divinité va patoitre en ces lieux ? 1
Flore de mille fleurs enrichit la verduie;
Ce ruisseau fugitif roule une onde plus pure 3Et d'un éclat nouveau le jour brille a mes yeux.
Nouveau ch. de Vers.
FUGUE. f. f. Terme de Musique, qui se dit lorsquedifférentes parties de musique se suivent en répétantce que la première partie a chanté. Pomey l'appellevocis quasi fugientis insectatio. Faire un c fugue, unedouble fugue, ll y a trois fortes de fugues : fuguesimple, ou commune -, fugue double, tí fugue ren-versée, appelée autrement , fugue de mouvement con-traire , ou contre-fugue. La fugue est: un ornementdans la musique, qui n’a pour principe que le bongoût. C’est peut-ctre en faveur des pièces de quatreparties que la fugue a été inventée. Rameau. Quel-que difficulté qu il y ait à remplir d’un beau chanttoutes les parties d’un quatuor & d’un quinqué, ilfaut cependant faire tous ses efforts pour y réuslìr,
8c c’eff peut-ctre principalement en faveur de cesfortes de pièces que la fugue a été inventée; car ou-tre qu elles n’ont guère d’agrément (ans ce secours,c’est: que la fugue qui renaît tantôt dans une partie,tantôt dans une autre , surprenant agréablement l'auditeur, le force en quelque façon à détourner sonattention des parties qui pourroient pour lors êtredénuées de chant, pour la donner entièrement à«elle qui reprend cette fugue. C’est aulli par ce moyenque l’on peut adroitement attirer l’auditeur, en fixantion attention à l’objet qui le frappe le plus. D’ail-lcurs le chant de la fugue, & celui des parties quidoivent l’accompagner, outre le silence que l’on peuty introduire, lorsque l’on sent que le chant n’en se-roit point allez gracieux, dépendant absolument denotre goût, c’est à nous à savoir faire un bon choixpour que le succès en soit favorable. Iv. Il n’y a queles chœurs qui puissent plaire sans fugues, en ce quele beau chant qui doit y regner pour lors dans lesparties dominantes, occupe suffìíamment. H en est<le même des Duo tk des Trio. Id.
FUI.
FUIANT, FAUX-FUIANT. Foye^ Fuyant.
FU1ARD. Foyeiç Fuyard.
FUIE, s. f. Petite volière qu’on ferme avec un volet,oû l’on nourrit des pigeons domestiques en petitequantité. Ceux qui n’ont pas droit de colombier àpied, peuvent avoir d es fuies.
Ce mot vient du Latin fuga , c’est-à-dire, que lesjwíes tont le refuge des pigeons.
Fuie , fe dit aussi d’un colombier qui n’a point de cou-verture ; & on prétend que les pigeons deces fortesdcfuies vont beaucoup meilleurs que les pigeons desautres colombiers, pareequ’ils ont quelque chose deplus lauvage. On voie beaucoup d a fuies en Beaulle.Fuie , s’estdit autrefois pour fuite.Fuga.
FUINEN. Foyeijiomn.
ífT FUIR. v. a. S’'éloigner avec vitesse des choses & despersonnes qu’on craint, & de celles qu'on a en hor-reur. Declinare,fugere. Iln’est pas synonyme d ’éviter.Voyez ce mot. Pont fuir, on tourne vers le côté op-posé , & l’on s’éloigne avec vitesse, asin de n'être paspris. Nous fuyons ceux qui nous poursuivent. Nousceux "qui nous font peine. Syn. Fr.
^ On ditfuirôcéviter le danger; mais 1 c fuir, c’est nepas s’y exposer ; i’éviter , c’est ne pas y tomber. Cea E pas aux âmes communes à sc présenter aux *dan-
Tomc IF.
ffT On dit austì figurément sc fuir soi-même, détour-ner les yeux de desius loi-même , pour éviter les re-mords ou l’ennui, Nous nous trompons quelquefoisnous-mêmes de dessein prémédité. On le fuit, poutainsi dire, quand on n,e veut pas trouver qu’on a tort.Quand on*nc fait pas s’occuper, on cherche à fe fuirsoi-même.
L 3 ennemi que tu fuis est aufond de ton cctkr :Tu ne saurais le fuir qu en te fuyant toi-même.
Fuir est aulli neutre, 8c signifie s’éloigner avec vi-tesse du danger. O n fuit en courant. Lapent fait fuirdevant son ennemi. Le remède le plus sûr conrre lapeste, est de fuir bien loin des lieux où elle est. LeSpoltrons ditent, que celui qui fuit, peur combattreune autre fois. C’est ce que répondit Démosthène,lorfqu’on lui reprocha qu’il avoir fui à la bataille deChéronée.
|flT Vaugelas décide que ce verbe àl’infijiitif& au pré-térit défini & indéfini, est de deux íyllabes. Le P.Mourgues prétend que fuir est d’une feule syllabe »ik lc prouve par des exemples tirés de nos meilleursPoëtes. La question paroît aujourd’hui décidée. Il estcertain d’ailleurs que les vers où ce mot est comptépont deux syllabes, ont une marche languissante.
On doit fuir Vamour comme une rude peine.
Corn.
U n’en est pas ainsi de ceux où il est monosyllabe.
Nous devions fuir Vamour 3 & c*eut été le mieux.
Font.
On dit que le temps fuit, pour dire qu’il passe vite.
|CTOn dit qu’un tonneau, qu’un val e fuit, pour direque la liqueur s’écoule par quelque fêlure.
On dirqu’une chose ne sautoir fuir à une person-ne, pour dire qu’elle lui arrivera infailliblement. Cettésuccession ne peut lui fuir, ne peut lui manquer. Ex-pression du discours tres-familier.
Fuir , en termes de Palais, signifie dilayer, éloigner lejugement d’un procès, la conclusion d’une affaire ,par des chicanes ou autres moyens. Un défendeurqui a une mauvaise cause fuit toujours. C’est un chi-caneur qui ne fait que fuir.
On dit, en termes de Manège, qu’un cheval/air lestalons, pour dire qu’il craint l’éperon, 8c qu’ilobéit.
ffT Fuir, est auísi un terme de Peinture, qui fe dit desobjets qui, dans le lointain d’un tableau, s’éloignencnaturellement des yeux. On dit qu’une chose fuitbien ou ne fuit pas assez, pour dire que l’éloigne-ment est bien ou mal ménagé. On fait fuir les ob-jets en les diminuant de grandeur, en donnant moins
, de vivacité aux couleurs, & en les prononçant moinsque ceux qui font fur le devant. Couleurs fuyantes,ce font les couleurs les plus légères , comme le blancfk le bleu céleste.
Que de Vombre & du jour la savante impostureFaste approcher de nous ou fuir une figure.
FUI, IE. part. Fitatus. Les méchans doivent être fuis8c abhorrés de tout lc monde.
FUIS. s. m. Ce mot, aulsi-bien que celui desteux, s’estdit autrefois pour, fils. Filius.
Ss