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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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FUR

quelque chose qiie ce soit, qui la cherche de tousses yeux.

Furet. t. m. Terme de Pêche. C’est un engin défendupar le X e article de l’Ordonnance. Tit> dc la Pêche.

En Mcdecine, on appelle le mercure, le Furet ,parcequ’il pénètre dans les parties les plus íecrètes& les plus solides du corps, pour en châtier le ve-iun & la corruption. On le ditauíìì de l’émétique,mais moins proprement.

^T'FUREIÈR. v. n. Terme de Chaise. Challeráu Furet.Faire íortir les lapins dtx terrier par le moyen du fu-ret. Viverram adhibere ad invejììgandos cuniculos.Il est allé fureter dans la garenne ; il est défendu de

_ fureter.

Fureïer, se ditáuslí pour fouiller, chercher par-tout, ordinairement avec un peu d’indilcrétion, Scru-tari 3 pervefligare curiosius . C’cst tin homme qui vatoujours furetant. Quïillez-vous fureter â ans mon ca-binet î

ifS’ Au figure, c est s empresser à savoir des nouvellesde tout, à satisfaire fa curiosité. Il est toujours àfureter, pour savoir ce qui se passe. Aucupari* Fu-reter dans les cabinets des curieux.

Qui va d'un ctil trop curieuxExaminer chaque planète, <

Et par le trou d’une lunetteFureter tous les còins des cìeuX,

N’a pas la visière bien nette. P- DU Cérc.

IP" FURETEUR, f. m. Celui qui chasse aux lapins ave<Un Furet.

ífA' On appelle ariisi sureteiir, celui qui chetche par-tout , toit par curiosité, toit par interet , o c figure-nient jureteur de nouvelles. Celui qui s entprelle <lavoir des nouvelles de tout. Inquisitor , scrutatorCe curieux est un fureteur. ,

FUREUR, f. f. Emportement violent causé par ún derèglement d’efprit 8c de la raison. C’est un violeiraccès de folie. Furor. La morsure dés animaux en-ragés rend les hommes malades de fureur : on croique cette fureur ne se guérit point, 8c qu’il faut le;étouffer. D’autres prétendent qu’on y pourroit trouver un remède. Mais quoi qu’il en soit, un hommeattaqué de ce mal, n’en dût-il jamais guérir, il n’esipoint permis de l’étouffer, ni delui procurer la monen quelque manière que ce loir, ce feroit Un véri-table homicide. Il prend à cet homme des accès dcfureur si violens, qu’il faut le lier. Lz fureur ,menufans espérance de guérison, ne fait poinc vaquer ur.Bénéfice ; on commet seulement quelqu’un pour faireles fonctions dont le titulaire est incapable, hz. fu-reur est une cause d’interdiction. A Rome la fureuide l’un des conjoints emportoit la dissolution du mariage : fssF en France la fureur qui survient à l’undes conjoints, ne fait point distendre le mariage ;elle donne seulement lieu à une séparation dc biens8c d’habitation, parceqrte quand un esprit egare aperdu toutes ses fonctions, l’assectioti du mari ou dela femme le trouve éteinte avec les mouvcmCns li-htes de la nature. Comme celui des conjoints dontl’efprit est sain, ne peut plus vivre avec l’autrC fansinquiétude, & quelquefois même fans péril, il est

dégagé des devoirs de la société conjugale, 8i peutse faire séparer.

$3* La fureur portée 'jusqu’à l’excès, prend le nom dcrage. C’est un symptôme commun à plusieurs mala-dies , la phrénésie, l’hydrophobie, &c.

fC? On appelle fureur utérine , furor uterinus, ou nym-phomane , une maladie qui, par cette dénomination ;est attribuée aux feules personnes du sexe. C’est undélire mélancolique, furieux, lascif, & sans fièvre,dont les filles, les veuves 8c même les femmes ma-riées , font quelquefois atteintes, & qui les porte àchercher tous les moyens d’éteindce le feu qui lesdévore. Cette fureur est appelée utérine , ab utero ,matrice, pareeque cette partie généralement prise,est le principal siège de cette maladie.

^ Fureur , le dit en Morale, du degré extrême desTome IV.

I

FUR zyz

pestions violentes. Aimer à la fureur, avec fureur*C’est un homme extrême en toutes choses; il aima& il hait jusqu’à la fureur. Le zèle de la Religionconvertit quelquefois en fureur. Cale. La fureur diíjeu, de la chicane, &c<

De Tamour fat toutes les fureùrs. Rac,

Je ne m’étonne point qu en ma tendre jeunesse

Mon cœur des passions ait suivi les fureurs.

L’Ab.- Tétu<

|FT On le dit particulièrement d’un violent transportde colère. Etre transporté de fureur. Appaiser, irri-ter la fureur de quelqu’un. La patience poussée àbout se tourne en fureur .

Sais-tu bien ce que peut une femme en fureur?

Corn.

C’est le notumque furens quid fœmina poffu de Vir-gile.

Sers ma fureur, (Enone, & non point ma raison .

Rac.

fíT Ce íriot employé au pluriel, paroît plutôt désignerles esters des pallions, que le dégré où elles font por-tées.- C’est ainsi qu’on dit les fureurs d’Oreste, lesfureurs de la jalousie.

i . . . J 3 ai vu le Sénat idolâtre

De Néron à genoux consacrer les fureurs.

. Racine.

îfT. Fureur , se dit dans le même sens des animauxfarouches 8c féroces. La fureur d’un Taureau, d’unLion, 6 c. Les Cerfs en rut font en fureur.

íjsF Quand on applique ce mot aux choses inanimées,on les prend pour des êtres animés, capables de pro-duire des effets violens. C’est ainsi que l’on dit, lafureur des vents, de la tempête, de la mer, dc laflamme. Affronter les fureurs de Janvier. Boil.

Fureur , fe dit aussi des transports de í’ame, des en-thousiasmes qui ía mettent hors de son assiette or-dinaire, êc lui four dire ou faire des choses extraor-dinaires. F r oye\ Enthousiasme. Ainsi l’on dit queles Poctes font transportés d’un e fureur divine, quandils font des vers plus par génie que par art. Il ne fautpas prendre une extravagance & un emportementdéréglé pour un enthousiasme 8c une fureur poéti-que. S. Evr. Ni les préceptes, ni l’industrie, nesauroient exciter certe fureur divine, que la libertéinspire, & que l’efclavage étouffe. Id. Au lieu decette noble fureur qui enfantoit autrefois les grandsOuvrages, on nc voit plus aujourd’hui qu’un empor-tement ridicule, qui ne produit que des bagatelles.G. G. Ronsard est plein de fictions agréables, 8c l’onyoit regner dans ses vers cette divine fureur qui faitles vrais Poetes. Id. La Poésie n’a pour bornes quela fantaisií du Poe te, dont la raison s’appelle fureur .Abl. Santeuil disoit qu’il ne tenoit rien que de lui-meme, & de sa fureur poétique. Mén. Les Sibylles& ceux qui rendoient des oracles,'entroient dans une

, sainte fureur : ils étoient agités du Démon qui lesposiédoit. Les Païens avoient aulsi du respect pourles fureurs Bachiques daijs les fêtes de Bacchus.

Non, non, je ne viens point fur les bords du Per*

messe, . . rr

Phœbus, te demander ta frénétique lyrejje.

Sur d’autres va verser tes savantes fureurs :

La vérité n’a pas besoin de tes faveurs.

NouV. choix de Vers.

ATTuR EUR ledit aussi de la colere de Dieu.NousprionsDieu qu’il ne nous reprenne point, qu il ne nous ju-ge point dans fa fureur , quoiqu’il ne soit point ca-pable dc passions,

Tt