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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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s. m. Septième lettre de ì’alphabct , ,cinquième des coníonnes. Le g est latroilième lettre dans 1 alphabet des lan-gues Orientales, l’Hébreu, le Phéni-cien, le Chaldéen, le Syriaque, leSamaritain, l’Arabe; & dans la Grcc-m que, qui l’avoit reçu des Phéniciens,

..“st sort ancien, comme il paroît par les

Lamentations de Jéremic, 8c par le Píeaume CXVIILElle fe nomme en Hébreu ghimel, ou gimel, quiveut dire, chameau, parcequ’elle a la forme du coude cet animal. En Chaldéen , Samaritain, Phénicien,elle porte le même nom. En Syriaque, on prononcegomal, & en Arabe, gïim. En François nous l’appe-lons gé , ou jé. Un petit g , un grand G. Faire laqueue d’un g. Prononcez un petit gé , un grandie,&c.

Cette lettre est souvent mise dans les lettres &Epîtres dédicatoircs, pour exprimer le titre de Gran-deur que l’on donne aux Prélats & aux Chanceliersde France. V. G. Votre Grandeur. En Allemagne ilfe prend pour grâce, gnad, qui est le titre que l’ondonne aux Evêques, que l’on nomme votre Grâce.

Le g est une lettre muette, dont on ne peut fairesentir aucunement le son sans le secours dune voyelle.Elle fe prononce en pressant l’air qui tort du golìerentre la langue & le palais, ensorte qu’il frappe con-tre le palais qui le réfléchit, & c’est par cette ré-flexion de l’air que fe forme le ton du g. C’est ce queMartianus Capella exprime ainsi, G. spiritus cumpalato , L. Ili , de Ane Grammat. C. De forma-tione litterarum. Ainíi le g est une lettre palatale,ou palatialc. Les Latins ôtoiënt le g au commence-ment des noms devant une n , gnatus, gnosco , gno-bilis, gnarrat, gnoro, gnatura , &c. natus , nosco , no-bilis , narrat > noro, natura, &c. Il s’est changé enC, gamelus, camelus; gragulus, graculus; quingen-tum, quincentum, 8c de meme septingenta , quadrin-genta , oclingenta , nongenta. C’est une remarque deFestus fur le mot Quincentum, <k après lui, de Paf-serat, De Litter. inter sc cognât , p. ji; mais onen peut douter; car ce g fe trouve dans tous lesnombres depuis vingt, vigenti, jusqu’à nonaginta,quatre vingt-dix, où l’on ne peur pas dire qu’il viennede centum. On le trouve quelquefois mis à la placed une n devant un c, d’un autre g comme chez lesGrecs, & de plus, devant une n. Agchises, ageora,agguilla j aggulus , iggerunt, ignocens,Jl agnum , fta-gneus, ftagnare; pour Anchises, ancora, anguilla,angulus, ingerunt, innocens, jlannum,flanneus,flan-nare. G. pour p. Magalia, mapalia, G, pour q,8c q, pour g. Anquina, angina, anguina; sancus,sanqualis. G. en r, Aquagium, aquarium; ag-ger, arger; agna, ama, seges, de serere, se-ro. G. en s. Spargo , sparsi,sparsum; mergo, merji_ou plutor il fe retranche en ces mots, à cause de lacacophonie de spargsi , spargsum; car quand il nele retranche point, il te change en c, & l a syllabeji qui s’ajoute, est la terminaison <fu prétérit, &tus, ou tum des prétérits & supins fingo , finxi’ fie' tum ; rego , rexi, reclum, l’.r n’est qu’un. c 8c une s,8c ^re xi la meme chose que reefi. Fingo, finxi, lamême chose que finefi. Le G s’est aussi mis à la placedu C. Cneius, pour Gneius; Caius, pour Galus, Ga'è-ta, pour Caieta. On l’a même mis à la place d’unV. Dans Festus , au mot Ferocit. Fivere est cité deCaton pour figere. Les peuples du Septentrion chan-gent le G en V ou W; Gallus, Wallus, Gallia, W al-lia ; car fur cet exemple, il ne faut pas dire que lesFrançois changent ÏW en G, puisque l’on disoitGallus long-temps avant que le mot Wallus, ou Wal-lla > fût connu, comme il paroît, par tous les an-Tome IV.

ciens Auteurs Romains & par les Grecs, ll est pour-tant vrai que nous changeons aullî \'W des Septen-trionaux , & Ì'V consonne en G. Wuilelmus, Wil-liam, Guillaume; Wulphilas, Gulphilas ; Vasco ,Gascon; Vapincum, Gap. Les Gaulois avoient auflìchangé le i), ou v de la première langue en g. En-core aujourd’hui on dit en bas Breton gouin, du vin,de vin ou xvin, de l’Hébreu vG changeant lepremier - en %

Diomède, L. II, C. de Litera, appelle le G unelettre nouvelle. C’est que les Romains ne l’avoientpoint avant la première guerre Punique. Cela paroîtpar la colonne rostrale érigée par C. Duillius , fur la-quelle il y a toujours un C au lieu d’un G. C’est Sp.Carvilius , qui le premier distingua ces deux lettres,

& qui inventa la figure du G, à ce que dit Téren-tius Scaurus Voye\ Dausq. Ortogr. i ,/. Noris, Ce-not.Pis.Diss.IV, c. s- Ciaccon. Column.liosr. Thés.Antiq. Rom. Graev. T. IV,p. iSip.

Quand le G fe trouve à la fin des mots, & qu’ilest suivi immédiatement d’un mot qui commencepar une voyelle, on le prononce ordinairement com-me un c. Sang adufte, long hiver; & ce c a toujoursen ces occasions le son du k, même devant e 8c i;long été, long hiver, prononcez lonk-été, long-hi -ver. Il y a des mots où le G ne le prononce pointdu tout, comme dans celui à’étang , & meme danstous les autres, quand ceux qui les suiveur commen-cent par une consonne; ainlì prononcez, longtemps,sang répandu, comme s’ily avoir Ion temps ,san ré-pandu.

Autrefois on meteoit un g à la fin de plusieursmots, mais l’ufage l’a retranché depuis allez long-temps : ces mots font soing, besoing, témoíng, loing,& c.

Le G fe trouve au lieu du <7fur quelques médail-les. Vaillant, Nummi Imp. T. I, p. gç. Ainlì M. Bé-ger produit une médaille de la famille Ogulnia, T.I, p. > où on lit Gar, au-lieu de Car , quiest fur celles de Patin. Le C s’est auflì souvent mispour G, comme Aucustalis , Callaecia, Car-tacinenses, Cemina. Ce n'est pourtant pas quelaprononciation de ces mots eut changé ; mais c’estque le G a été fait mal & négligemment par l’ou-vrier, comme souvent en avc , avcc, avccc, éi'c.pour avg, &c. sur-tout dans le bas Empire.

Le G s’est encore changé en J consonne, témoinGoia dans la balle Latinité, dont nous avons faitjoie : Gaitía , ou Jaita, ville de Bosnie; Gala ouJala, la Jale , petite rivière qui tombe dans k Ga-ronne. Quelques-uns la nomment aussi en Latin Gea-lus. Gaveda, ou Gavea , la doive nom de lieu.

Le G s est encore mis pour le K des Grecs, jCjucs ,Cygnus, Cygne.

La figure du G nous est venue des Latins, qui l’a-voient prise des Grecs; car le G Latin est sûrementune corruption, si l’on peut ainsi parler, du gammaG, des Grecs. Il feroit aisé de le montrer, fi l’ onavoit dans Plmprimerie tous les caractères & routesles formes de cette lettre, qui se trouvent dansles manuscrits Grecs, 8c par lesquelles elle a pallepour de I' devenir G. Pour le gamma des Grecs, c estmanifestement le a ghimel Hébraïque, ou commeon parle communément Samaritain. Voye\ lur celaun Recueil de Dissertât, imprimé in- 4°; a 1 aus enï?ií, p. i 4 z. Toute la différence quil y a, c’estque le ghimel des Hébreux est tourne vers la gau-che , & le gamma des Grecs, vers la droite, selonla différente manière de lire de ces peuples’. Ainsitout ce que Saumaisc a mis de temps a prouver dansson Ouvrage lur Solin , p. 8<>i, que le G venoit doKappa des Grecs, est un temps perdu.

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