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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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G A

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GAL

GALÉOTÉS. s. m. Terme de Mythologie. Nom d’unfaux Dieu des Anciens. Galeotes. U étoit fils d’A-pollon ; il fur honoré par les Hybléens, comme Ci-céron nous l’apprend. Golzius, & après lui M. Le-ger , T. I, p. j 71, croient que c’est ce Dieu qui pa-role avec son père dans une bige fur les médaillesde Sélinonte.

GALÉOTHE. f. m. & f. Nom d’un peuple de l’Arti-que, dans Etienne de Byzance. Galeotha.

GALER, v. a. On l’emploie ordinairement avec le pro-nom personnel. Gratter aux endroits où il démange.Scabere. Il faut empêcher les enfans de íe galer, fion veut qu ils guérissent bientôt. Un gueux gale l’au-tre. Il est bas Sc populaire.

Galer lignifie auffi battre,égratigner. Le Diable dePa-pefiguière menaçoit un laboureur de le bien galer Scétriller. Il signifiait aussi chatouiller, faire du bien ,ou du plaisir, donner de la joie. Voyc ? Gale.

GALERA, ou GALLE R A «Se GALLORA. Bourg de l’E-tatde l'Eglisc, cn Italie. G aller a, anciennement Cer-cU. Il est dans le patrimoine de S. Pierre, fur la ri-vière d’Arone, entre Bracciano «Se Rome, environà deux lieues de la première, & à quatre de la dernière.

Galera. Cap le plus occidental de l’île Mindanao, unedes Philippines. Promontorium Triremis. Puncta dél-ia Galera. La pointe la plus orientale de 111 e de laTrinité. Une des Antilles porte aussi le même nom.

GALÈRE, s. f. Biremis , triremis, quadriremis , quin-queremis. Vaisseau à rames de 2y à 30 bancs de cha-que côté ; & de quatre, cinq ou six rameurs à cha-que banc. Elle porte un canon d’une grosseur con-sidérable , qu’on nomme courjîer; deux bâtardes Scdeux plus petites pièces, avec deux mâts Sc deuxvoiles Latines. Les galères ont ordinairement zo, 2.ztoises de longueur, trois de large, Sc une de pro-fondeur. Elles vont ordinairement terre à terre. Quel-quefois elles font canal, c’est-à-dire, traveríent lamer. Une escadre de galères. Le Général des galè-res porte une double ancre posée en pal derrière l’é-cu de se s armes, pour marque de fa charge. Le Roientretient 40 galères, dont i’arsgnal est à Marseille.Galère subtile, ou sensible , ou légère, est une ga-lère qui a la poupe aiguë; 011 les faisoit ainsi autre-fois. Galère bâtarde, est une galère telle qu’ellesfont encore aujourd’hui en Erance. Toutes les ga-lères, tant les anciennes que celles d’aujourd hui,font d’une construction plus subtile que les vaisseaux.Aujourd’hui les galères font toutes semblables : lafeule distérence qu’il y a entre elles, consiste dansla grandeur, Sc non pas dans la figure, ou dans legabarit : la Réale & la Patrone étant plus grandesque les autres, elles font auffi plus ornées. O11 di-foit autrefois galée au-lieu de galère. Les AuteursGrecs du bas Empire disent & ya\U, Sc les

Latins du même âge disent galea.

Plus voile au vent ne fera la galée,

Pour trafiquer dessus la mer salée. Marot.

Ces vaisseaux s’appeloient en Latin, Biremis, Tri-remis, Quadriremis, non pas pour avoir deux, troisou quatre rangs de rames les unes fur les autres,comme plusieurs Savans ont pensé, entre autres Sca

fallu que quàtre pieds pour chaque pont, il auroltfallu 160 pieds de distance entre les plus bas rameursSc les plus hauts ; cependant le plus haut navire n’ajamais été que de 53 coudées, qui ne font que 7zpieds de haut, Scaliger dit que la première galère àtrois étages, qu’il appelle Triremis , fut fabriquée àCorinthe, & croiy que ce que Pline appelle navireslongs, étoit ce que nous appelons Galéaces, dont lapremière fut celle des Argonautes. Végèce parle d’u-ne galère de cinq étages, Sc Memnon fait mentiond’une autre qui avoir jusqu’à huit ponts , «Sc qui n’a-voit qu’un rameur à chaque rame.

KéT Dans l’Ordre de Malte, tenir galère, c’est armerune galère à ses dépens.

La France a eu des galères à Marseille depuis Char-les IV. Jacques Cœur, Argentier du Roi Charles VII,y en avoir quatre, qui après fa condamnation furentvendues à Bernard du Vaux de Montpellier : ellesportoient le nom de S. Michel, S. Jacques, S. De-nis Sc la Magdelène. Voye\ de Rush, Hijl. de Mar-seille, L. XIV, c. 2, Sc ci-dessus au mot Galéace.

Ce mot vient du Latin galea , qu’on croit avoirété donné aux vaisseaux, à cause de la figure d’uncasque qui étoit fur la proue, comme le témoigneOvide dans ses Tristes. Les Grecs fe font auffi servisdu même mot. Ménage. Voye\ encore les Bollan-distes, A cl. SS. Mart. T. I, p. ç s . D. Meursius ,GloJJ’. Gr&cobarb. Spelman, Arch&o. Da utres croientque les galères font ainsi nommées, à cause que lehaut bout de leurs mâts est ordinairement taillé enforme de chapeau, qu’en Italien on appelle galero.Du C ange dit qu’elle a été ainsi nommée, à galeatutela qu& in rostris erat. D’autres disent qu’il vientd’un poisson que les Grecs nomment yohA-ns ou A<?«---»pareeque ce vaisseau en a la forme & la figure. LesItaliens l’appellent pefice fipada, chi a una fipadadelnafio che fiomiglia a bocco d’una trireme : c est ainsique parle Antoine Pigaféta. C’est le poisson que nousappelons Espadon. Voye ^ Espadon. Mais la veriteest que les noms de galère, galiote, galéace, Sc c.font dérivés des mots Syriaques Sc Chaldaïques gaulSc gallim, qui signifient un homme exposé sur leseaux, & des vaisseaux de bois. Les forêts cn géné-ral étoient auffi appelées gaules, Sc un bois en par-ticulier gaul, dont on use encore à présent poursignifier une houjfine, ou une perche : Sc les Bretons,les plus anciens peuples des Gaules, retiennent en-core le nom de goy, pour signifier un bois, ou uneforêt, Sc appellent gale, une galere.

Galère capitane. C est la principale galere d’un Etatqui a des galères. Voye% Galère capitaines se.Galère capitainesse. C’est ainsi que s’appeloit au-trefois la galère où etoit le General ou le Comman-dant en son absence; cette galère est aujourd’hui ap-pelée Capitane.

Galère patrone. C est la seconde des galères de Fran-ce, de Toscane Sc de Malte. Le Lieutenant-Géné-ral des galères en France monte la galère patrone ;elle porte deux fanaux Sc un étendard carré long à1 arbre de Mestre; elle doit saluer la première le Vi-ce-Amiral; mais elle est saluée la première par leContre-Amiral, & lui rend le salut coup pour coup.

liger Sc Sncllius, quoique celui ci Tailleurs ait bien J Galere RÉALE. Regia. C est la premiere Sc a princiécrit de la navigation ; car cela feroit impossible : cen’étoit pas non plus pour n’avoir que deux, trois ouquatre rames, car cela n’auroit pas eu assez de force ;mais parccqu’ily avoit deux, trois ou quatre rameursattachés à chaque rame, comme \c$galèresc\ue nousavons, ainsi que l’a fort bien expliqué le Père Def-chales, Jésuite, dans son art de naviguer. Cette er-reur vient de quelques galères anciennes qui font re-présentées dans des médailles ou dans des bas reliefsavec plusieurs rangs de rameurs les uns fur les au-tres. Mais tous les Mathématiciens, les Officiers demarine, les Pilotes Sc les Architectes de vaisseauxtraitent cette vision de ridicule, d’autant que Plinefait mention des vaisseaux qui avoient iy, zo, 30,

40 Sc 50 rangs de rameurs; de forte que s’ils avoient"é les uns au-dessus des autres, quand il n’auroitTome IV.

pale galère d’un ífoyaume. En France la galère-réaleest distinguée des autres par letendard Royal, Sc partrois fanaux posés en ligne droite. On peint en noirgalère-réale dans les Œuvres mortes, afin que certecouleur fasse briller les rames. Le Général des galè-res monte la galère-réale.

Condamnation aux Galères. Peine qu’on imposeaux criminels, de servir de forçat fur les Galères duRoi, ou à perpétuité, ou pour un temps fixe & li-mité. Dans ce sens ilffi’est employé qu au pluriel. Lacondamnation aux Galères à perpétuité emporte la,confiscation dans les Provinces ou la confncation 2lieu, parcequ’en France, qui confisque le corps, con-fisque les biens. Un homme condamne aux galèresà perpétuité, est mort civilement; il ne peut dispo-ser de fes biens, qui ne lui appartiennent plus; U

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