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Tome quatrieme. [F - JAM.]
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IsT s. F. Suivant l’ancienne appellationqui prononce ache y & masculin lui-van t l’appellation moderne, qui pro-nonce cette lettre comme une simpleaspiration, telle qu’elle est dans la pre-mière lettre de héros. C est la huitiè-me lettre de l’alphabet.

Varron, de Re Rufi - L. III, c. t, appelle l’A, af-flatus, caractère qui marque 1 aspiration. MartianusCapella dit qu’elle se prononce en serrant un peu legosier. Foyey ieGrammairien Diomede,/». 46 & 83 ,fur la force de cette lettre.

Quelques Grammairiens ont douté si 1 ’h étoit unelettre. Ils disent que ce n'est qu’une simple aspira-tion. Ce que nous avons dit au mot aspiration , mon-tre que l’/z, comme toutes les autres aspirées, dès-là qu’elle est aipirée, & par-là même qu’clle est as-pirée, est non-leulement une lettre, mais encore unevéritable consonne, puisque c’est un mouvement,un effort du gosier pour modifier le son de la voyellequi suit, comme il parole dans ces mots hallebarde ,héros, hibou } hollande 3 hure. Il est vrai que dansplusieurs mots qui commencent par une h 3 Inspi-ration eft très-foible & même insensible, alors 1 ’hne fait point fa fonction ; mais elle ne celle pas plusdette consonne pour cela, que plusieurs consonnesqu’on écrit & qu’on ne prononce point, comme l’rdans l’infinitif des verbes, chanter, parler, &c. l’s fi-nale du nom de Jésus, quand il est joint avec celuide Chris, Jésus-Christ, 6 c la même lettre dans lemot de Chris , quand il est joint à celui de Jésus,le p daris le mot de temps, le g dáns les mots delong, étang, &c.

M. l’Abbé Régnier n’est pas de ce sentiment, ilprétend que I’A n est pas une consonne, & qU’elle estfeulement la marque d’une aspiration-, il est visiblequ’on doit conclure de cette notion, que l’A est uneconsonne, & par conséquent, une lettre; car le sond’une voyelle est autrement modifié quand cette voyel-le est aspirée, qUe quand elícne Test pas; par exem-ple, le ion de Ye est autremenr modifié quand on ditun héros, que quand on dit un étage : donc le ca-ractère qui lert à marquer cette modification, est uneconsonne : autrement il faudtoit dire que l’r & le ^jie sont point des lettres, mais qu’ellcs font feule-ment la marque d’un sifflement; l’r d’un sifflementrude, & le s, d’un sifflement doux ; Sc il ìfy a pointde consonne qu’on ne dût retrancher du nombre deslettres : les consonnes labiales h, p, Scc. pourroir-on dire , ne íont point des lettres, mais feulement lamarque d’un certain mouvement des lèvres , & ainsides autres ; & si nous n’avions qu’une consonne la-biale , elle ne celscroit pas d’ctre une lettre, pour êtrefeule de son eípèce. On doit conclure de tour cecique I7t est une lettre, & une lettre qui est consonnegutturale, c’eít-à-dive, une consonne à la pronon-ciation de laquelle le gosier concourt d une manièresensible 8 c particulière, & plus qu’aucun autre organe de la parole.

, M. Ménage distingue deux sortes d’A I’une aspirée, qui est consonne, & l’autre muette, qui eívoyelle : il est hors de doute que l’A aspirée est uneconsonne; mais Y h muette n’est point une voyellepuisquelle n’a point de son particulier & différentde celui de la voyelle, ni de la diphthongue >suit.

Vk ne se prononce point dans les mots qui ontune h, quand ils viennent du Latin, & n’empêchepas l’élision, quand un e féminin précède le motmais si elle est consonne, elle s’afpire fortement, 8 cempêche l’élision. Cette règle souffre un petit nomkre d’exceptions, comme héros, harpie, hergnej ha-

?;

leter, hennissement, 8c quelques aimes où lVz est as-pirée, bien qu’ils descendent du Latin. Voye^V kxs-cfctAs, au premier article de fes Remarques. Quel-ques-uns ne l’afpirent point dans le nom de Henri >

& écrivent le règne d 'Henri le Grand. Bouh.

Tous les mots François, dont l’étymologie est La-tine/ "8c qui commencent par une h , ne sont point as-pirés: ceux au contraire dont l’origine est barbare , ontune aspiration. Pour voir que cette règle est simple &sure , on 11 ’aqu’à jetter les yeux fur la liste des morsaspirés, dressée par M. l’Abbé d’Olivet, dans sonTraité de la Prosodie Françoise. (On trouve auffiune liste de ces mots dans la Grammaire Françoisedu P. Bustier, 6c dans celle de M. Restant.) Í1 estvrai qu’on aspire lVz dans hauteur, qui vient d ’altus,dans haleter, qui vient d 'halitus, dans héros, qui estun mot tout Latin. Voilà à quoi se réduisent toutesles exceptions.

Ces exceptions sont fondées en raison. Si l’oh n’as-piroit pás 1 ’h dans hauteur, cela feroit une équivo-que par rapport au moc auteur : (Bailleurs Y h n'estpoint dans le mot Latin. Le mot haleter, fans Yh as-pirée, feroit moins expressif. A l’égard du mot hé-ros, outre qu’il est originairement Grec, il est justepfun túot qui exprime un objet grand & admirable,e prononce avec cette eípèce d’effort qui est dansInspiration;'mais pour cè qui est en général des motsque nous avons empruntés des langues Barbares, c’est-à-dire., du Celtique, du Teutonique & du Gothi-que , l’uíagè est invariable, & 1 ’h est toujours aspi-rée. . . Obs. fur les Ecrits Mod.

LVz étant précédée d’un c, ces deux lettres ont leson que l’on donne cn Hébreu à la lettre £í quandelle a un point fur fa corne qui est à droite : ce sonapproche fort de celui de 1/ consonne, & qui estencore plus fort, comme dans charité, chérir, chi-canner, chucheter, chyle. Dans la plupart des motsqui sont dérivés du Grec, 8c qui commencent danscette langue parla lettre xi le ch qui les commenceen François, a le son du J-, qui est un son dur, fer-me & sec, comme dans écho , choriste, que Ion pro-nonce éko, horse, quelquefois le son s adoucit, &est un peu mouille, comme celui de qu dans qui 8cque. Tel est il dans les mots chiromancie, chcrson'e-se, choeur, & c. mais quand après ch il soit une r, leson de ch est toujours ferme comme celui de la let-tre h ; par exemple, chrême, christ.

L ’h fe trouve dans certains mots après ÍV & le t,comme Rhétorique, Théologie, Scc. elle ne so faitpoint sentir dans la prononciation de ccs mots, ellesert seulement à en faite connoître l’origine, & mar-que dans cettx où elle est après un t, que ces ínotscn Grec font écrits avec un â; ou s’ils sont Hébreux,Chaldéens, Syriaques ou Arabes, qu’ils viennent dur aspiré de ces langucs-là; par exemple, du T .,thauen Hébreu, en Chaldéen & en Syriaque , & du tséen Arabe. DanS ceux où Y h est après une r, elle mar-que Inspiration ou l’esprït que l’on donne cn Grecà la lettre p. La même lettre h se trouve souvent dansles mots pris de la langue Gothique ou de ses dia-lectes , elfe ne íe prononce point dans ces mots, elleen marque seulement l’origine, Thibaud, Theodat,Thorifmond, &c. sont de cette cspece. On trouveaussi Chlodov&us , Clodomir,8c meme Uludovicus ,de la langué des vieux Francs, comme on le dira ci-

après. . , ,

LVz après un p so prononce avec le p connue une

f, phasè , phénomène , phlegmon , phlëbotomie , phi-listins ,phinéci,philosophie,phocéens,8Cc. Ces motssont la plupart des mots propres ou des mots d’art,tirés du Grec ou des langues Orientales, 8c en Grecils s’écrivent avec un 9 8c avec un 2 dans les autres/