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Il y a quantité d’autres observations à faire fur la-manière dont cette h se -prononce, soit qu’elle íetrouve au commencement, soit quelle íe trouve aumilieu des mots; mais comme il feroit trop long deles rapporter ici, on se contentera de le faire à me-sure que ces sortes de mots se rencontreront dansleur ordre. Seulement remarquera-t-on ici, que lors-que Ton ne dira rien lut cette h 3 ce sera une mar-que qu’elle ne devra point se prononcer. Dans le dia-logue des Lettres imité de Lucien, 1 ’h se plaint qu’onla bannit presque de tous les mots, & demande soncongé pour sortir de l’Alpbabet.
L’/z s’est mise souvent pour une/; car on a dit ha-ba pour faba , & les Anciens disoient farreum pourhorreum ; mais c’est principalement dans la langueEspagnole que ce changement s’eíì fait. Presque tousles mots qu’elle a conservés du Latin, coinmençans parf j, l’ont changée en h ; par exemple , hablar, fabu-lari 3 parler; habo, favus 3 rayon de miel; hado> fa-tum > destin; halcon , falco 3 faucon; hamhre, famés,faim ; harina , farina , farine ; hava 3 fava 3 fève; ha ^,facïes , face; ha^er 3 facere , faire; hebrero 3 februa -rius 3 février; hander, findere 3 fendre ; heno 3 fcenum 3foin; heris 3 ferire 3 frapper; hierro, ferrum 3 fer; her-vor 3 fervor 3 ferveur; Fqr, fex, lie; hiel 3 fel 3 fiel;higo 3 ficus 3 figue ; hyjo 3 fihus , fils; heja 3 fiìia 3 fille;honda , funda 3 fronde, &c. L’accent âpre des Grecsqui est la níême choie que TA, s’est aussi souventchangé en s 3 A '\f,falj «Vl*, septem 3 í% ,sex; ,serpo ; , serpillum ; tum , semis; i' s , fus 3 Sec.
1 ’h s’est encore mile pour quelques autres lettres, àce que l’on prétend. Voye\ Passerat, de Littera-rum inter se cognatione ac permutatione.
L ’h s’est mise autrefois pour ch. Ainsi de Chlodo-Vìus on a fait & écrit Hludovicus 3 qui fc trouve danstoutes les anciennes monnoies & íur les titres du IXôc X e siècle ; car c’est pour cette raison que l’on écri-voit Hludovicus 3 avec une h. Dans la luise le son decette h s’étant fort aíFoibli ou entièrement suppri-mé , on a aulîì retranché 1 ’h 3 & l’on n’a plus écrit queLudovicus. On trouve aussi Hlotaire 3 comme Hlouis.Sur quoi il est bon de remarquer, dit le Père Lobi-neau, dans le GlolL de l'on Hist. de Bret. que cettediversité est venue de la différence de la prononcia-tion. Ceux qui ne pouvoient prononcer la guttura-le , par où ces deux mots commencent, iubstituoientun c à la place; mais ceux qui étoient accoutumés àla prononcer, l’écrivoient aussi. Ceux qui ne pou-voient prononcer cette gutturale, l’ont enfin retran-chée entièrement, Sc ont dit, Louis 3 Lotaïre 3 Scc.Quelques Savans ont conjecturé que cette h devoirêtre séparée du nom, & qu’elle signifient Seigneur 3du Latin , Herus 3 ou de l’Allemand, Herr. Commele d que les Espagnols mettent souvent devant lesnoms propres, D. Phelipe 3 pour dire, Dom Phi-lippe ; mais comme elle íe trouve aussi au commen-cement des noms de plusieurs villes, il est plus ap-parent que cttte lettre n’étoit mile à la tête des nomsque pour marquer la rude prononciation des vieuxFrançois. Le Blanc. De plus, la prononciation dela gutturale devant 17 est restée dans quelques can-tons du diocèse de S. Malo, où les paysans disentunehlef _> une hloche 3 u nhloiflre. On peut conjecturerde-làque les paysans de ces cantons ne viennent pointdes anciens Celtes ou des anciens Armoriques, mais ique ce font des Francs qui rétablirent dans ces quar-tiers-là.
On trouve aussi I ’h devant le c, hcarolus 3 hcalen-d& 3 pour karolus 3 kalends. 3 dans la fuite on a re-tranché Yh , & le F ne s’écrit plus depuis assiez long-temps, si ce n’est dans fort peu de mots. L’F devantun c, Fc se trouve sur-tout dans les Chartres desLombards.
Plusieurs retranchent aussi cette lettre des motsoù elle devroit être, trésor 3 teâtre 3 métode 3 icno-grafie , &c. pour thrésor 3 théâtre 3 méthode 3 ichno-graphie 3 &c. lelon que l’origine Grecque de ces motsle demanderoit. Mais on la conserve sur-tout dans
H A
les mots des arts, comme font ceux de Philosophie,de Mathématique, de Médecine, d’Anatomie, ctc.pareeque ceux qui écrivent de ces arts, savent l’o-rigine , l’étymologie, l’orthographe des mots qu’ilsempruntent des langues savantes, & que ces motsne íont point allez dans l’ulage du peuple, pourqu’ilpuisse prescrire contre celui des habiles gens.
Une 7/couronnée fur la monnoie, est la marquéd’une monnoie d’Henri III*
|KF H est le caractère par lequel on distingue la mon-noie qui est fabriquée à la Rochelle.
Chez les Anciens Y H étoit une lettre numérale,qui signifioit 2oo, suivant ce vers :
H quoque ducentos per se defignat habendos.
Et quand il y avoir un titre au-dessus. H, elle si;gnifioit deux cens mille. Voye•{ ce qu’on a remarqueíur la lettre E.
77. Les Hollandois emploient cette lettre en leursGazettes avec ces deux autres, L. P. pour dire, LeursHautes Puissances, L. H. P. titre que se donnent cesRépublicains.
On s’en íert aussi pour abréger le mot de Hautesse,titre du Grand-Seigneur, S. H. Sa Hauresse.
Hh. Quelques savans Hébraïsans expriment le N,hheth des Hébreux , Chaldéens, Syriens, & le /âdes Arabes, par deux hh,Hhananias 3 Elhhanan. Ap'paremment en cet endroit du Jad Hahha\akah 3 ily a de Terreur des Copistes. P. Souc. Rec. de DijfCrit . p. 2p4. R. Meïr, plus rigide en cela que lesautres Hhachamin. Id. p. 236. Johhanan. Id. p. 261»Muhhamed 3 c’est-à-dire, Mahomet, comme nous di-sons dans notre langue. Nous avons suivi cette pra-tique dans ce Dictionnaire, afin de faire sentir la dif-férence du n 5 du n, du j, c’est-à-dire, h 3 hhSc ch‘
Dans la prononciation familière Yh de certainsmots ne s’afpirc point, quoiqu’elle soit aspirée dansune prononciation soutenue; ainsi dans la pronon-ciation ordinaire , on prononce une hallebarde ,comme s’il y avoir un allebarde 3 6c alors Yh estmuette.
Dans la langue Françoise, il n’y a que les inter;jections ah 3 eh, ch 3 & quelques noms propres, qrtifinissent par une 7. Dans f es interjections Yh finale s’as-pire ; dans les noms propres elle ne se prononce nul-lement Abimélech , Goliath 3 Scc. Sc si elle est pré-cédée d’un p 3 ccs deux lettres prennent le fon d®Yf 3 Joseph. Voyez la Grammaire de M. l’Abbé Ré-gnier Sc celle du P. Bustier.
H A.
HA. [Yh s’aspire) exclamation qu’on fait dans plusieurspassions, comme dans la douleur, ha le ventre,la tête, ha je me meurs; dans la colère, ha coquin,je te tiens; dans le désir, ha si je puis sortir d’af'faire; Sc en cent autres occasions. Quelquefois oílconfond ce mot avec Tintcrjection.slF.
HA HA. Interjection admirative, qui se dit à la vue dequelque choie qui surprend ou qui donne quelq 0 ^émotion. 77u ha ! vous voilà donc de retour. Hah a ’vous en aurez. Ha ha ! coquin, vous avez TaudacÇdaller fur nos brisées. Mol. Ha 3 ha 3 ha! Ma/f 1cela est tout-à-fait drôle. Id. Dans Paris, par rai" e 'rie, on appelle les culs-de-íac, rues de ha ha , P as 'eeque ceux qui entrent dans ces rues n’y trou vtifí cpoint dissue, témoignent leur surprise en dis lllt " <£ha. Voyez encore plus bas Ha ha.
C’est encore par ce mot répété plusieurs fois 011exprime le son du rire, ha, ha 3 ha. ,,
Guichart cherche dans la langue HébraN 1 /gine de ce mot ou de cette interjection ; m 31 *- 1faut la chercher que dans la nature : ce fou c ss 1 ,aaturel & si simple, que tous les hommes le formen^fans peine d’eux-mêmes, Sc fans lavoir appris : 1 ,
dans toutes les langues, pareeque c’est La nature qle forme fans réflexion.