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HOP.
HOPITAL, f. m. En ce nom \’o ou la première sylla-be, est toujours brève; & íi quelquefois l'on metun accent circonflexe fur Yôj c'est pour marquer leretranchement de l’j, & non pour faire allonger l'o.
Il paruît mieux de n’en point mettre, pour ne pointdonner occalion à une mauvaise prononciation. C estpour cela que nous avons retranche cet accent danstout cet article. Hôpital est un lieu pieux & chari-table, où l'on reçoit les pauvres pour les soulageren leurs nécessités. Ptockodochïum 3 ptochotrophium.
Les hôpitaux font des asyles de l’infirmité humainecontre les misères de la pauvreté. Le Mai. C’est dansles hôpitaux que se ramassent toutes les infirmités &tous les accidens de la vie humaine : les gémilícmens& les plaintes de ceux qui souffrent remplissent lamed’une tristesse importune; & l’on y volt la douleur Scla pauvreté exercer à l’cnvi leur funeste empire. Fl.Une sensibilité trop délicate nous fait frémir à la vued’un hôpital. Id. Nie las Poli n, Chancelier de Bour-gogne, ayant fait bâtir Y hôpital de Beaune, le plusbel hôpital de France, & Louis XI voyant cet hôpi-tal _, dit qu’il étoit juste que Rolin, ayant fait tant depauvres durant fa vie, fit avant de mourir unemai-loii pour les loger. Colom. Mel. Hist. L "hôpitalgénéral est celui où on reçoit tous les mendians.L’Hôtel-Dieu est l 'hôpital de tous les malades. LesPetites Maisons, c’est Y hôpital des fous. Les Enfansrouges, les Enfans bleus, du S. Esprit, de la Trini-té, sont des hôpitaux pour les orphelins. Les Quinze-vingts, c’est Yhôpital des aveugles. S. Jacques deYhopital étoit destiné pour les Pèlerins de S. Jacques.
Au commencement l’Evcque étoit chargé du foin detous les pauvres, sains ou malades, des veuves, desorphelins & des étrangers. Depuis que les Egliseseurent des revenus assurés, on ordonna qu’il y enauroit au moins un quart pour les pauvres ; Sc pourles entretenir plus commodément, on fonda diversesmaisons de piété, qu’on appelle aujourd’hui des hô-pitaux. Elles ctoient gouvernées, même pour le tem-porel, par des T rênes & des Diacres, qui en ren-doient compte à l’Evcque. Quelques-uns fondèrentauílì des hôpitaux pour être gouvernés par des Reli-gieux, ou Religieuses, avec 1 exemption de la juri-diction de l’tvcque; & c’est ce qui a restreint le droitd’inspection que les Evêques avoient originairementfur toutes les maisons de piété.
Dans le relâchement de la discipline, les Clercs,qui avoient l’administration des hôpitaux 3 l’avoientconvertie en titre de bénéfices, dont ils ne rendoientaucun compte, & appliquoient à leur profit la plusgrande partie du revenu; ensorte que les intentionsdes Fondateurs étoient frustrées. C’est pourquoi leConcile de Vienne défendit de plus donner les hô-pitaux en titre de bénéfices à des Clercs séculiers ;
&c ordonna que l’administration en fùt donnée à desLaïques capables & solvablcs, qui prêteroient fer-ment comme tuteurs, & rendroient compte aux Or-dinaires ; le tout Lins toucher aux droits des Ordresmilitaires Sc des autres Hospitaliers : ce Décret aété exécuté & confirmé par le Concile de Trente,qui donne aux Ordinaires toute inspection sur leshôpitaux. L’Ordonnance de - Blois ajoute que les Ad-ministrateurs des hôpitaux ne seront ni Ecclésiasti-ques , ni Nobles, ni Officiers, mais de simples Bour-geois, habiles économes, & à qui il seroit facile defaire rendre compte. La nomination en appartientaux Fondateurs. Les Administrateurs ne doivent êtreque trois ans en charge. Voye\ l’Edit de 1664, parlequel le Roi a uni l’Ordre de Notre-Dame du MontCarmel à l’ancien Ordre de Saint Lazare de Jérusa-lem, & l’Edit de 1672, par lequel le Roi y a réuniladministration & la jouissance perpétuelle des biensde mus les Ordres hospitaliers, qui font à présentété'tus. Fleury.
La fondation des hôpitaux est ancienne; il y avoirdans la maison de l’Eveque, ou dans quelque autre |
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endroit, des lieux pour traiter les malades, Sc pourexercer les autres oeuvres de charité; on y employoicune partie des revenus des Eglises. Mais dans la fuitedes temps on leur assigna des revenus particuliers.Plusieurs personnes donnèrent des terres & des hé-ritages pour en faire des lieux de piété & de charité;011 ne peut pas dire que ce soient proprement desBénéfices, puisque leur bien n’est point destiné auxEcclésiastiques , mais à tous ceux qui font dans lamisère. Cependant il est arrivé que des particuliersont possédé des hôpitaux en titre de bénéfices. Com-me l’économie de ces biens ne regarde pas propre-ment le spirituel, l’on a jugé à propos en France d endonner l’administration à des Laïques. On choisit or-dinairement pour cela de bons Bourgeois qui íoientíolvables. L’ordonnance de Henri II attribue la con-noissance Sc la visite des hôpitaux de tout le Royau-me au Grand Aumônier de France ; mais celle deFrançois I l’avoit attribuée auparavant aux JugesRoyaux des lieux où les hôpitaux font situés. Les Or-dinaires formèrent leur opposition contre cette Or-donnance , prétendant qu elle préjudicioit à leursdroits; mais le Parlement de Paris n’eut point d égardà leur opposition, si ce n’est qu’il fut arrêté qu’ilspourroient, eux, ou leurs députés, assister aux visi-tes avec les Juges Royaux. Henri II fit une secondeOrdonnance qui est entièrement conforme à celle deFrançois I. Depuis ce temps-là les Ordinaires 11’ontplus de droit fur les biens des hôpitaux. On les in-vite seulement à assister aux comptes. On remarqueraqu’il y a plusieurs Bénéfices qui font de véritables ti-tres , auxquels on a donné le nom d 'hôpital 3 de Mai-son-DieUj Chaise-Dieu 3 Casa Dei 3 Lieu-Dieu 3 l.oc-Dieu Sc â’Aumónerie , quoiqu’ils ne soient point devéritables hôpitaux. Cette équivoque de nom a causédes affaires a plusieurs personnes dans la recherchequ’on fit des hôpitaux 3 il y a quelques années.
O11 dit d’un prodigue, qu’il court en poste à Yho-pital ; que la folle dépense , le jeu est le chemin deYhopital. Pégase est un cheval qui porte les Poètesà Yhopital. Mainard. Un Magistrat disoit un jourque lì l’on fondoit un hôpital pour les gens de lettresqui meurent de faim, il faudroit l’apptler Yhopitaldes Incurables , pareeque la pauvreté est un maldont les gens de lettres ne guérissent jamais. DeVign. Marv.
II est vrai que du Roi la bontésecourableVa tirer désormais Phoebus de /'hôpital.
Boileau.
ttre réunit a
j nopitai j c eit erre réduit à unegrande pauvreté, quoiqu’on n’aille pas en effet àYhopital.
Le Grand-Maître de Malte se nomme Grand Maî-tre de Y Hôpital de saint Jean de Jérusalem.
Hôpital. Lieu où il n’y a que de la pauvreté. Cettemaison est un vrai hôpital.
Hôpital d’armée. Lieu propre Sc commode où Ionfait porter les blessés & les malades de l’arméc , oùl’on,trouve tout ce qui est nécessaire pour le soula-gement des bielles & des malades, &où il y a des Apo-thicaires , des Chirurgiens, des Confesseurs & de tou-tes sortes d’instrumens, pour secourir les bielles Sc lesmalades. Nosocomium 'castrense. ... ,,
^ II y a des hôpitaux ambulans, qui suivent 1 arméedans tous ses campctnens, P<? ur recevoir les maladesqui ont besoin d’un prompt secours, & qu on n a pasle temps de transporter dans Yhopital hxe.
On appelle aussi du nom d hôpital, un vaisseaudestiné à porter les malades d’une escadre d’uneflotte. Les ponts en doivent etre hauts, Sc les sabordsbien ouverts.
HOPLITE, s- m. Nom que Ion donnoit à ceux qui dansles jeux Olympiques &c les autres combats sacrés cou-rent armés. Hoplita. Un des beaux ouvrages du fa-meux Parrhasius , étoit un tableau qui représentoitdeux Hoplites , dont l’un couvoit & sembloit suerà grosses gouttes, & l’autre mettoit bas les armes Sc
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