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en Eloquence, en Musique, soit dans quelqu’autreArt, ne lignifie pas toujours copier trait pour trait :c’est se former une idée semblable, & suivre la mêmemaniéré. Imiter s Antique, c’est en prendre la manière,le goût, le caractère.
ifJ'XJn Auteur qui imite , prend dans ses écrits l’efprit,le style de celui qu il prend pour modèle. Le Peintresuit dans ses tableaux les maniérés, le goût & ì’ordon-nance d’un autre peintre.
La beauté de Y imitation , tant en Poëfie qu'en Pein-ture , conlìste dans deux sortes de vrai, le vrai simple& l’idéal. Le premier pefnt la nature telle qu’elle est ;le second l’embellit en ralsemblant sur le même ob-jet plusieurs traits bien rendus & bien assortis qu ellea dispersés fur des objets disterens.
Imiter , le dit auíîi en Morale. Se conformer a un mo-dèle. Ce jeune homme marche fur les pas de ses Ancê-tres , il imite leurs vertus. Il faut imiter les hommesillustres de l’antiquité. Nous devons avoir pour lavertu une admiration animée, qui salle naître en no-tre ame comme un amoureux désir de Y imiter. S. Evr .IfT On dit très-bien Sc très-élégamment imiter desexemples, quand il s’agit d’Éloquence , de Poésie,dePeinture, &c. Bouh. On le dit de même à l'égard desmœurs & des actions. Pour nous , qui voyons en celieu de si grands exemples à imiter , dit M. l’AvocatGénéral de Lamoìgnon. Les Latins ont dir de même :Imitari exemplum. Domejlicum te habere exemplumdixi ad imitandum. Cicer. Orat, pro Mar.
Les Grecs disent en proverbe , qu’il est plus aise dese moquer de quelqu’un , que d’en faire autant quelui, & de l’ imiter 3 píSm <1 ftpo&i&cci. C’est à
peu près ce que Ronsard disoit, il est aisé de repren-dre , difficile de faire mieux.
On dit proverbialement, que l’art imite la nature.On dit d’une chose qu’elle est bien imitée , quandelle est bien tirée d’après nature.
Imité j ée, part.
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Il est à propos de remarquer ici d’abord fur to-usles noms qui commencent par IMM, que la pre-mière m ne s’y prononce point de la meme manièreque dans les mots qui après IM ont une autre lettrequ’une M\ par exemple ; imbiber, imparfait , impair,impanateur , impatients impossible , &c. Cardans ceux-ci ïm ne fait qu’un son simple avec l’i ; ces deux let-tres n’expriment qu’une véritable voyelle, de cellesque M. l’Abbé Dangeau appelle voyelles nazales ScEíclavones. Elle fe prononce comme in, dans infinisindompté, inconcevable , &c. Mais dans les mots oùl’/est suivi de deux MM, comme immaculé , Sc tousles autres qui suivent, la première As retient son sonpropre Sc particulier de consonne ; ainsi l’on prononceles deux M M ; mais on fait peu sentir la première ,
& on ne la prononce point rudement, mais douce-ment & légèrement.
IMMA , s. m. Espèce de bol ou de terre rouge, dontsè servent en Perse les Teinturiers Sc les Peintres pourleurs peintures & teintures. Les femmes Persanes,particulièrement les Danseuses publiques, en usentaullì pour relever leur beauté, comme on fait en Francede Carmin ou de rouge d’Espagne. Le meilleur immaest celui que l’on tire de la montagne de Chiampaprès de Bander Congo.
IMMACULE, ÉE. adj. Terme de Théologie. Qui estfans tache, fans péché. Tabis expers. Ce mot n’estguère usité qu'en cette phrase. On dit que la vierge aeu le privilège áe la Conception immaculée, Sc d’avoirété préservée du péché originel.Quand on donne le bon-net à un docteur deSorbonne,on lui fait jurer qu’il sou-tiendra ì’Immaculée Conception de la Sainte Vierge.
II y a un decret de l’Université qui ordonne ce ser-ment. Il fut fait par la Sorbonne dans le XIV e . siécle,
Sc quatre-vingts autres universités Pont fait depuis àson imitation, fCT On ne regarde pourtant pas Y im-maculée Conception comme un article de foi, mais
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comme une opinion : c’est dans ce sens qu’onla soutient dans les écoles. Oh dit que divers États ,entre autres ceux de Castille, d’Arragon, de Na-varre Sc de Naples, ont frit auffi des Réglemenspublics fur cela. Les Ordres militaires d’Espagnefe font auffi engagés solennellement à soutenircette prérogative de la Sainte Vierge. Voyez Con-,ception.
Congrégation de l’Immaculée Conception de laSainte Vierge. Presque dans tous les Monastères desReligieuses de la Congrégation, il y a une société defilles séculières, qui ont pour fin , d’honorer l’Imma-culée Conception de la Sainte Vierge. Elles en fonttous les ans une protestation en public, & tous lesjours en particulier. Elles portent un petit scapulairequ’elles appellent un collier, qui est dVtoste de couleurbleu céleste , fur lequel d’un côté est 1 image de Y Im-maculée Conception, Sc de l’autre ces mots en lettresd’or ou d’argent : Marie a été conçue fans péché. Cescapulaire peut être auffi de couleur blanche , & la de-vise en soie bleue. Elles sont leur protestation publi-que , un cierge de cire blanche à la main, auquel estattaché un petit cession contenant la même devise.Elles ont des Constitutions dressées par le P. Fourier ,& approuvées par Innocent X. qui accorda beaucoupcFindulgences à cette Congrégation de Y ImmaculéeConception. P. HÉlyot , T. II c. 64.
IMMANENT ,ENTE. adj. Qui demeure dans la per-sonne Sc n’a point d'estes au dehors. Immanens. Ter-me de Logique. Les Philosophes distinguent les actionsen transitoires & immanentes. Les Théologiens ontadopté cette distinction. Lesactions de Dieu immanen-tes font celles donc le terme est dansDieu. Lesactionstransitoires sont celles dont le terme est hors de Dieu.Les personnes du Fils & du Saint-Efprit font produitespar des opérations immanentes , des actes immanem ■au contraire la création du monde Sc des autres créatu-res , font des actions ou des opérations transitoires.ffT IMMA NGEABLE. adj. Qui ne peut se manger. Ontrouve ce mot dans le théâtre d’agriculture d’Olivier -de Serre. On ne le trouve point ailleurs.IMMANQUABLE , adj. m. 8c f. Qui ne peut manquerd’arriver. Certus -, fixus > statutus. Le soleil se leve Scse couche tous les jours, cela est immanquable. Nousdevons mourir tôt ou tard, cela est immanquable. Vo-tre procès est si clair & si net, que c’est une affaire im-manquable. Promeííe immanquable. Promesse dont Fes-ser est immanquable.
IMMANQUABLEMENT, adv. Infailliblement, sansmanquer. Certò. Si vous allez dîner à cette table, vousy trouverez des écorniHeurs immanquablement.IMMANUEL. Voye~ç_ EMMANUEL. C’est ainsi qu’ilsaur dire en notre langue.
IKF IMMARCESSIBLE. adj. de tout genre. Terme didac-tique , qui signifie incorruptible, quine fe flétrit point.Immarceffibilis.
IMM ART YèROLOCISER. v. a. Inférer au Martyrologe.In Martyrologio inscribere j in Martylorogiutn referre,inferre. M. Chastelain a fait ce mot, que nous ne met-tons que pour avertir qu’il n’est point François, &qu’il 11e s’en faut point servir.
I YT IMMATÉRIALISME. f. m. Doctrine, système desImmatérialistes. Quelques Philosophes bizarres ontose avancer qu’il ne peut y avoir que des esprits, d’oùils concluent que le monde sensible n’est qu’une suited apparences , d’idées rapides & momentanées, qu’unEtre supérieur met dans ces esprits, fans qu’il y ait audehors tien de réel ni d’effectif. Voy. Fart. suivant.IMMATÉRIALISTE. 1 . Nom que l’on donne à de nou-veaux Athées, qui prétendent que tout est esprit, &que le monde n’est composé que d’Êtres pensons. Se-lon eux tout ce que nous croyons voir Sc sentir de cor-porel , n’a rien de réel; ce sont de vaines idées, desfantômes que notre esprit fabrique, ou plutôt qui nais-sent en nous par la nécessité naturelle , qui nous a faitnaître. Cès prétendus Philosophes réadmettent aucuneliaison entre les Êtres pensans : chacun est un mondeindépendant des autres. Ce système est tout-à-fait per-nicieux : il renverse de fond en comble la Religion Sc