Band 
Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
Seite
197
JPEG-Download
 

I N S

I N S

197

mouvement qui fait agir l’hommc naturellement,sans raisonner & sans réfléchir. La nature, par uníecret instinct 3 nous porte a ramener tout à nous-me-mes. S. Évr. Je regarde les bonnes inclinationsroutes feules comme un instinct heureux qui ne meritepas grande louange. M. Scud. Un amour violent deïa gloire, violente Yinstinci & nous transporte horsde nous-mêmes. S. Évr. Le Prince, par un instinctadmirable dont les hommes ne connoilíent pas le se-cret, sembla né pour entraîner la fortune & forcerles destinées. Boss. La raison ria qu a suivre son ins-tinct naturel pour se persuader qu’il y a un Dieu.Nie. C’est Dieu qui fait discerner le bien & le malpar ses instincts secrets qu’il a gravés dans nos cons-ciences. FlÉch. fíLF Le Prince de Coudé étoit néGénéras, 1 art de la guerre fembloit en lui un instinctnaturel.

Burlamaqui appelle instinct moral ce penchant oucette inclination naturelle qui nous porte à approu-ver certaines choses comme bonnes & louables, &à en condamner d’autres comme mauvaises & blâ-mables , indépendamment de toute réflexion ; ou íìl’on veut donner à cet instinct le nom de sens moral,comme fait Hutchinson, lavant Écollois, c’est unefaculté de notre ame qui discerne tout d’un coup encertains cas le bien 8c le mal moral, par une fortede sensation & par goût, indépendamment du raison-nement & de la réflexion.

fmf C’est ainsi qu’à la vue d’un homme qui souffre,nous avons d’abord un sentiment de compassion quinous fait trouver beau & agréable de le secourir. Lepremier mouvement en recevant un bienfait, est d ensavoir gré & de remercier notre bienfaiteur. Le pre-mier 8c le plus pur mouvement d’un homme enversUn autre, en faisant abstraction de toute raison parti-culière de haine ou de crainte qu’il pourroir avoir,est certainement un sentiment de bienveillance, com-me envers ion semblable, avec qui la conformité denature & de besoins le lient. On volt de même quefans y penser beaucoup , & avant aucun raisonne-ment au moins développé, un enfant, un hommegroisier, sent que l’ingratitude est un vice, 8c il serécrie sur une perfidie comme fur une action noire8c injuste qui le choque, & pour laquelle il a natu-rellement de la répugnance. Au contraire, tenir faparole , rendre à chacun ce qui lui est dû, honorerles parens , soulager ceux qui souffrent, &c, ce sontautant d’aótions qu on ne peut s’empccher d’approuver & d’estimer , comme étant bonnes, justes, honnêtes, bienséantes 8c utiles au genre humain.

J LnCU£wiUlU.O V-\- utlivo U.L!

ífJ Ce mouvement du cœur qui le porte à aimer cer-taines actions & à en détester d’autres, presque fansraisonnement & sans examen, vient de Fauteur denotre être, qui a voulu que notre nature ou notreconstitution fût telle , que la diffère nce du bien 8cdu mal moral nous affectât en certains cas, ni plusïù moins que celle du bien Lc du mal physique. C’estdonc là une forte d 'instinct comme la nature nous ena donné plusieurs autres, afin de nous déterminer plusv îte 8c plus fortement dans les cas où la réflexion fe-ïoit trop lente. C’est ainsi que nous sommes avertispar une sensation intérieure de nos besoins corporels ,

& que nos sens extérieurs nous font connoître toutd’un coup les qualités des objets qui peuvent nouserre utiles ou nuisibles , pour nous porter à fairepromptement & machinalement tout ce que de-mande notre conservation. Tel est aussi cet instinctqui nous attache à la vie, Sc ce désir d’ctre heureuxqui est le grand mobile de nos actions. Les besoinspreílans & indispensables demandoient que l’hommefur conduit par la voie du sentiment, toujours plusvif 8c plus prompt que n’est le raisonnement.

Dieu a employé la même voie à l’égard de la con-duite morale de l’homme, en imprimant en nous unsentiment ou un goût de vertu 8c de justice qui pré-vient en quelque sorte le raisonnement, qui décidede nos premiers mouvemens & qui supplée heureusemeur chez la plûpart des hommes au défaut d’atrention ou de réflexion. Bien des gens négligeroient

de réfléchir ; beaucoup d’autres savent à peine déve-lopper trois ou quatre idées pour former ce qu’onappelle un raisonnement. II étoir donc utile que lecréateur nous donnât un discernement du bien 8c dumal, avec l’amour de l’un 8c Taveríîon de l’autre,par une sorte de faculté prompte & vive qui n eutpas besoin d’attendre les spéculations de l’esprit.

IFJ” Si parmi les sauvages ii se trouve des êtres qui pa-roi fient n avoir aucuns de ces ientimens ; si mêmeparmi les Nations policées 011 trouve des cœurs sipervers, qu ils semblent n’avoir aucune notion, niaucun sentiment de vertus, cela vient ou de ce quenous ne connoilfons pas allez les mœurs de ces Sauva-ges , ou de ce qu’ils sont tout-à-fait abrutis, 8c qu’ilsont étouffé la plûpart des fentimens <lc i’humanité ,ou enfin de ce qu’à certains égards ils donnent dansun abus contraire à ces principes, non en les rejet-tant positivement, mais par l’eftet de quelque préjugequi a prévalu fur leur droiture naturelle & qui lesporte à appliquer mal ces principes. Ces Sauvagesqui mangent leurs ennemis quand ils les ont pris,croient que esost ie droit de la guerre, & que puis-qu’ils peuvent les tuer, rien n’empêche qu’ils ne pro-fitent de leur chair comme de leurs autres dépouilles.

Mais ces mêmes Sauvages ne traiteroient pas ainsileurs amis, ni leurs compatriotes-, ils ont entr’euxun droit & des règles; la bonne foi est estimée làcomme ailleurs, & un cœur reconnoiflant ne reçoicpas moins délogés parmi eux que parmi nous.

U Zt A l’égard de ceux qui, dans les pays même les pluséclairés, semblent n’avoir aucun sentiment d’huma-nité ni de justice, il faut bien distinguer l’état naturelde l’homme d’avec l’abatardiilement où il peut tom-ber par abus & par une fuite de dérèglement. Rien deplus naturel que la tendresse paternelle : cependanton a vu des hommes qui fembloient savoir étouffée,ou par la violence d une passion, ou par la force d’unetentation présente qui suspendoit pour un tems cetteaffection naturelle. Rien de plus fort que l’amour denous mêmes & de notre conservation. On volt néan-moins des gens qui, emportés par des mouvemensqui mettent lame hors de son assiette, se déchirent lesmembres & fe portent un très-grand préjudice comme

s’ils cherchoient leur malheur.fìCT Enfin ces sortes de monstres ne sont pas moins raresdans l’ordre moral, que les monstres dans l’ordrephysique, 8c ne deviennent tels que par une déprava-tion rafinée & invétérée. L’intérêt qu’ils ont à couvrirleurs vices, l’habitude qu’ils en ont contractée, cer-tains-sophisines auxquels ils ont recours, étouffent en-fin ou corrompent en eux le sens moral dont nousparlons, tout comme on volt que toute autre facultédu corps ou de famé peut s’altérer ou fe corromprepar un long abus.

INSTITOIRE. f. m. Terme de Jurisprudence. Actionqui est donnée contre le Maître pour raison de cequi s’est fait en ion nom par le Commis. Ce motvient du Latin institor , Facteur, c’est-à-dire celui quiest préposé pour aider un Marchand dans son com-merce. Comme celui qui en commet un autre pourses affaires, répond de f administration, cela a faitnommer inftitoire , faction qui est permise contrelui. C’est par la même raison que l’on -appelle Infti-trix , la femme d’un Marchand, parce qu elle ne luisert que de Commis, quand elle n’est point Mar-chande publique. .

INSTITUER, v. a. Etablir quelque choie de nouveau.Instituere. Moyse a institué toutes les cérémonies def ancienne loi. Jesus-Christ a institue le Baptême,la Pénitence, f Eucharistie & les autres Sacremens.L’Églisc a institué la célébration des Fêtes, la manièrede faire l’Ostìce. Les Payens ont institué des jeux âl’honneur de leurs faufles Divinités.

Instituer, signifie aussi établir une compagnie, unesociété, un ordre. Condere , auctorem este. Romulusinstitua le Sénat. Henri III a institué f Ordre des Che-'.iípi-s du q. Ffnrif. S. Benoît a institué l’Ordre qui

valiers du S. Efprir.S. Benoîfa institué f Ordre quiporte son nom. S. François celui des Cordeliers. LaConfrérie du Scapulaire a été instituée par Simon