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Stock , sur laquelle le Docteur Launoi a fait une Dis-sertation.
Instituer , se dit ausli des Ofhciers & de ceux qu’onétablit en des charges ou fonctions. Creare , propo-nere , pmficere. Le Pape a été institué par J. C.■comme son premier Vicaire. Un Seigneur peut insti-tuer ou destituer ses Officiers comme il lui plaît,quand ils ne font point pourvus à titre onéreux. LesMagistrats font institués pour avoir foin de la Policepour rendre la justice au peuple.
Instituer, se dit dans le Droit Civil, en parlant detestamens, de ceux qu’on y nomme, qu’on établitpour héritiers. Facere , appellare h&redem. Un testa-ment ne vaut rien par le Droit civil, fi on n y institueun ou plusieurs héritiers. On institue 8c on substitueses héritiers les uns aux autres. Auguste institua Ti-bère & livra ses héritiers. Ablanc. ^
Instituer , dans le Droit canonique, íe dit des Colla-teurs qui* confèrent les Bénéfices à ceux qui leur íontnommés &c présentés par les Patrons. Voye% Insti-tution.
Instituer , signifie auíîì enseigner , instruire. Insti-tuere , docere , educare. On a bâti un Noviciat pourinstituer les Novices, pour leur apprendre les régiesde l’Ordre. Est-il plus important qu’un chevál soitbien dresse, qu’un enfant bien institué? Patru. Onne croit pourtant pas qtt’il soit fort usité en ce der-nier sens.
Tout cela vient du Latin Instituere.
Instituer. Fonder , établir, ériger , synonimes.Instituer , c’est créer 8c former les choses; il en dé-signe fauteur ou celui qui les a le premier imaginéesôc mises au monde. Voye £ les autres mots.Institué, ée. part. & adj. Institutus. Il a les significa-tions de son verbe'dans tous les sens. Celui qui est faithéritier par un testateur en premier lieu, comme lesubstitué est celui qui l’est fait en second ou troisièmelieu, 8cc. Institutus. Le substitué qui vient au défautdeY institué ,e& véritablement héritier du défunt com-me l’auroit été l’ institué , s’il avoit accepté f hérédité.•De Ferriere.
Ces sortes d’adjectifs se prennent auffi substantive-ment par une figure grammaticale qui s’appelle ellip-se , que l’uíâge introduit souvent pour abréger, en re-tranchant le substantif qui s’entend alïez, & mettant1 adjectif substantivement. Ainsi de l'héritier institué ,l’héritier substitué; on dit simplement Y institué, lesubstitué» L’Institution Canonique empêche le Patronde pouvoir destituer Yinstitué.
INSTITUT, s. m. Règle qui prescrit un certain genredévie. Constitutions données à une Société lorsde son établissement, auxquelles on consent de s’assu-jettir. Institutum , Tous les Ordres religieux ont cha--cun leur institut particulier. Les Ordres de Chevale-rie ont auffi chacun leur institut. Un Religieux qui vitfous Y institut de S. Benoît, est obligé par fa professionde pratiquer, autant qu’il peut, tout ce qu’il y a despirituel dans fa règle. Ab de la Tr.
tfT Institut de Boulogne. C’est le nom d’une Acadé-mie littéraire établie à Boulogne en Italie par leComte de Marsigli en 1712 , fous l’aurorité de Clé-ment XI. ,
AZ- Institut de Leyde. C’est une sorte d’Académie littéraire dont la morale est l’objet > 8c dont M. Stolpenest l’Auteur.
Instituts. Voye\ Institutes.
INSTITUT AIRE. f. m. Terme d’Ecole de Droit. Instì-tutarius. C’est le Profeíleur en Droit Civil & Canonique, qui explique les Institutes. M. tel est infiitu-tàïre cette année.
INSTITUTES. s. f. pi. Livre contenant les élemens &les principes du Droit Romain, il fait la dernière par-tie du Corps du Droit. Instituta. Les quatre livresdes institutes ont été commentés par Accurse , Théo -phile , Borcolten, M y singer, Hauteferre, Altaserra,Profeíleur à Toulouse, & plusieurs autres. Ón lesappelle Institutes de Justinien, parce qu’elles ont érérédigées par les ordres de cet Empereur 8c par les foinsde Tribonien. Après la mort dc Justinien, un Juris-
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consulte, nommé Théophile, fit une paraphrase Gre-que des Institutes. Il n est point d’hornme qui tiennequelque rang dans le monde, qui ne doive avoir laavec attention, du moins une fois en fa vie, 1c Code& les Institutes de justinien. On se doit cela à foi-même & à futilité publique. De Vign. Marv. K.Pélilion a traduit 1e premier livre des Institutes de Jus-tinien.
Instituts & Institutes , sont tous deux égalementbons. L’ancien usage est pour institutes. II semblepourtant qu ’instituts íoit le plus naturel; mais ii l’onveut préférer institutes , il faut se souvenir qu’il est fé-minin , 8c qu’il doit toujours être exprimé au pluriel.Rabelais a dit institute au singulier : c’étoit comme onparloir de son rems. Mén. Loisel a fair un livre inti-tulé, Institutes Coutumières. M. de Launay observeque l’ulage le plus général est pour institutions. Ob-servation fausse.
INSTIIUTEUR. f. m. Celui qui institue, qui établitune société avec une certaine règle 8c manière de vie.Institutor. S. Bruno est le Fondateur 8c Instituteur del’Ordre des Chartreux. S. Augustin 11 e fur jamais niReligieux, ni Instituteur d’aucun Ordre. Pat. LesSaints que Dieu nous a donnés pour Instituteurs 8cpour Pères, ont tenu des voies bien contraires àcelles que nous suivons. Ab. de la Tr.fìCT On le dit de même en parlant des jeux des An-ciens. Instituteur des jeux Olympiques.
On appelle auffi , Instituteur , celui qui est chargéde donner les premières instructions à un Prince.Ac. Fr.
INSTITUTS, f. m. Instùtuta , orum. Nom qu’on donneà quelques livres. Les Instituts de Justinien. Voye çInstitutes , ci-dessus. Dom Armand de Rance,Abbé de la Trape, appelle les Instituts de Caffîen ,l’ouvrage que cet Auteur a intitulé de c&nobioruminstitutis. f
INSTITUTION, f. f. Etablissement. Institutio. Vins-titution des cérémonies, des fêtes, des jeux , descompagnies , des Confréries. C’est François I. à quíon attribue Yinstitutïon des Maîtrises & Jurandes.Elle a vu les suites heureuses d’une institution sisage. Pat. Pendant que tant de circonstances de lavie 8c de la mort du Sauveur ne se lisent qu’en unseul Évangéliste , que Y institution du Baptême au nomdu Père , du Fils & du Saint Esprit, n’est rapportéeque par un seul, seroit-ce sans dessein, 8c par ha-sard , que Yinstitutïon de l’Eucharistie n’a pas feule-ment quatre Évangélistes, mais cinq ; ce qui n’estarrivé à pas une autre de ses actions. Pélisson.jLX On le dir auffi de la chose instituée. Les hôpitauxfont des institutions utiles pour le public.
Institution , se dit plus généralement de tout ce quiest inventé & établi par les hommes. Il est opposéà la nature. Tout ce qui vient de la nature est demême en tous lieux, 8c en tout temps : ce qui estd!institution est sujet au changement. Les cérémoniesprophanes font d institution humaine. Les paroles ontreçu de Yinstitutïon des hommes la force qu’ellesont de signifier. Vzrba fignìficant ex instituto.Institution , le dit auffi des Officiers & des Jugesqu’on établit. Les Apanagers 8c Engagistes ont ledroit d’institution 8c destitution des Officiers. Cettecharge a été supprimée trois ans après son institu-tion.
Institution , dans le Droit Civil, se dit de la n 0 'initiation d’unhéritier universel, sitite dans un Testa-ment. A Paris, Yinstitution d héritier n’a point lieupar le 295 e . article de la Coutume, c’esi à-dire,qu’un testament ne laisse pas d’être bon, quoiqu’iln’y ait point d’héritier nommé & institué, f 'YT L»nature & le sang nous y donnent des héritiers mal-gré nous, à qui nous ne pouvons pas ôter cetteportion de nos biens que nous appelons légitimecoutumière : mais dans îcs Provinces qui se gouver-nent par ie Droit Romain, par le moyen de cetteinstitution, l’on fait héritier qui l’on veut, & cethéritier succède universellement à tous les biens,fans aucune distinction de propres ou d’acquêts, qui