ii o I N T
pire contre quelqu’un ; mais on s * intéresse pourj'itt. On peut dire , Rome est intéressée dans untraite contre nous. Contre , tombe alors fur le traité.Cependant M. de Voltaire croit qu'on peut dire envers s 'intéresse contre nous . Cest une espèce d’ellipíe.
Intéresser. , se dit auíîì en Morale , pour émouvoir ,toucher de quelque passion. Commovere , afficere.Un bon Orateur doit inte'rejfer les Juges, les émouvoir à colère, à compassion. On s 'intéresse dans lesspectacles , dans des représentations fabuleuses ,quand l'Autcur fait bien émouvoir les pallions. Quandon ne s intéresse à rien , & qu’on n’a ni ambition niamour, on vit dans une négligence qui rend inca-pable d’aucuns plaisirs. M. Scud. Les grandes assem-blées ennuient presque toujours : on n’y parle quede choses générales qui n’intéressent personne. Bell.
Vouleipvous longtemps plaire , & jamais ne lasser ?
Faites choix d’un héros propre à /zz'intéresler.
Bon,.
sT On dit que le gros jeu intéresse , pour dire qu’ilpique , qu’il attache ; & intéresser le jeu , le rendreplus interdiam en jouant plus gros jeu.
Intéresser, lignifie aulìï, Porter quelque désavantage, ou quelque préjudice à quelqu'un ; blesser sesintérêts, incommodare. Cette nouvelle constructionn intéresse personne ; elle ne bielle point le droitd’autrui. Et figurément, cela n intéresse ni mon hon-neur, ni ma conscience.
§CT Intéressé, ÉE. part. Être intéressé à une chose , àfaire une chose , y être engagé par le motif deson intérêt. Nous tommes tous intéressés au bon-heur , à la tranquillité de l’État.
Un homme intéressé , est celui qui aime le gain,Sc ne fait rien gratuitement. Ad rem attentus , com-modorum suorum fludiofissmus. L’homme avare estceluì qui aime la posselììon , & ne fait aucun usagede ce qu’il a. L’avare se prive de tout ; l ’intéresséne s’arrête guère à ce qui ne produit rien. Il y ades personnes qui pour être intéressées n’en fontpas moins prodigues ; elles donnent librement àleurs plaisirs ce que l’avidité du gain leur a fait ac-quérir. Syn. Fr.
On le dit aussi des sentimens 8c des actions.Amour intéressé. Vues intéressées. Motif intéressé.L'amour des Juifs pour Dieu n’étoit qu’une crainteservile & intéressée.
IjCT Les Mystiques appellent amour intéressé , l’amourde í)ieu qui a pour objet la récompense & la béati-tude , parce que c’est un amour mercenaire , & quia l’intérêt propre pour motif principal.
ffc? Ceux qui raffinent encore plus fur l’amour par-fait , appellent amour intéressé , celui où l’amourde Dieu prévaut, Sc où l’ame ne cherche fa félicitépropre que comme un moyen subordonné à la finprincipale, qui est la gloire du Créateur. Le motifmême de notre propre excellence, qui se mêle à l’amour intéressé , est ce que les Mystiques appellentpopriété, avarice , ambition spirituelle. L’amour en-tièrement désintéressé doit donc être , disent ils , fansaucun mélange Sc fans aucun motif d’intérct propre.La crainte des châtimens, ni le désir des récompensesn’y doivent avoir aucune part. L’amour désintéresséimplique : il est impossible d aimer Dieu , Sc de nepas désirer de le posséder. Dans cette vie il fauttoujours proposer^ même aux âmes les plus parfaites, des motifs intéressés , pour les animer, pour lessoutenir.
|sT Intéressé , ée. f. celui ou celle qui a intérêt àquelque chose ; qui a intérêt dans une affaire , dansune entreprise , dans une société. C'est la mêmechose qu’associe. On appelle intéressés dans les Fer-mes du Roi , ceux qui om un intérêt dans les Soufermes , Sc intéressés aux Fermes-Générales, les Fer-miers Généraux.
On dit en Justice , que les actes font nuls, oudéfectueux, quand on n’y appelle pas tous les in~terejjés , Omnes quorum interefi , quorum res eft,
I N T
tous les oppofans , tous les légitimes contradicteurs.Les intéressés lui avoient remis leurs différends. LaRochef.
INTÉRÊT, f. m. Commodum y res. f ÌCP Ce terme a dansnotre langue plusieurs acceptions tout à fait diste-rentes. Dans un sens absolu , c’est ce penchant quinous fait chercher nos avantages au mépris mêmede la justice Sc de la vertu. C'est dans ce sens qu’on ditque Yintérêt est le roi de la terre. Lorsque ce motmarque un rapport à une personne, à une société,à un État, &c. c’est ce qui importe , ce qui con-vient en quelque manière que ce soit à la personne ,à la société , à l’État, sans examiner ce qui con-vient aux autres. C’est ainsi que l’on dit intérêt per-sonnel , particulier , public , général. Sacrifier sesintérêts au bien de l’État. Le premier de nos in-térêts , c’est notre conservation. L 'intérêt marchetoujours le premier. Les Philosophes font dé-tachés de tous les intérêts du monde.
Non levis ambitio , perfusaque gloria suco ,Magnarumque fames sollicitavit opum. Ovid.
L ’intérêt parle toutes sortes de langages , Sc jouetoutes fortes de personnages, même celui de désin-téressé. La Rock. Quelque disproportion qu’il y aitentre Dieu, & les intérêts du monde , on ne lailíe pasde préférer rous les jours ces intérêts , parce qu’onles sent plus vivement. Nie. L ’intérêt sait du plusfier& du plus orgueilleux, un adorateur, Sc un vilesclave de ceux qui sont en fortune. M. Esp. Il n’ya guère de probité à l’épreuve de 1 ’intérêt, sur-toutlorsqu’on est né dans l’indigence. Bell. Il n’y a riende moins raisonnable que de prendre notre intérêtpour motif de croire une chose. Il devroit tout auplus nous porter à considérer avec plus d’attentionles raisons qui nous peuvent taire découvrir la véritéde ce que nous désirons être vrai. Log. U intérêtfait pour l’ordinaire tous les mariages, plutôt quela raison , ni l’amour. M. Scud. Notre intérêt par-ticulier va toujours devant Yintérêt général, & ceszélés pour la patrie ne le font bien souvent que pourleur propre bien. Id. Chacun consulte toujoursson propre intérêt quand il s'agit de celui d’autrui.Vaug. Vintérêt est la véritable cause des afflictionsvives Sc sensibles. M. Esp. C’est Yintérêt seul quinous fait agir, dans les choses mêmes où nous pa-rodions les moins intéreííés. S. Évr. Quand tu con-serverois ta vertu , ceux qui approcheront de toiperdront la leur: La flaterie prendra la place de lavérité , Yintérêt celle de l’affection , dont il est lepoison & le venin. Nous parlons l’un à l’autre àcœur ouvert, mais nos Courtisans ne parlent pas tantà nous qu’à notre fortune. D Ablanc. hisl. de Tac.
L /,
Méprisable intérêt, opprobre de nos jours ,
Tyran-des plus tendres amours.
Souffrirons - nous toujours ta puissance fatale ?
La Font.
Souvent nous trahissons nos plus chers intérêts,
En fatiguant le Ciel par des vœux indscrets. Qur.
Personne n’est reçu à plaider sans intérêt. On re-çoit les intervenans en une cause pour y déduireleurs intérêts. On lui a fait des offres qui le met-tent hois d 'intérêt , qui font qu’il ne peut recevoiraucun préjudice.
Intérêt , se dit plus généralement de tout ce qui re-garde le bien , la gloire , le repos, l’avantage , tantde l’État , que des particuliers. C'est entre lesmains des Gens du Roi que réside Yintérêt public,c’est-à-dire , la vengeance publique , Yintérêt del’Église , des Communautés, des Mineurs. Les Am-bassadeurs doivent bien connoître les intérêts^ desPrinces ; leur principal intérêt c’est d’empêcherl’agrandissement de leurs voisins. Chaque particu-lier a intérêt à la gloire de fa nation, a intérêt à U
\