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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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dius , Lux erreurs duquel il en ajouta d’autres. Voyc\l’art. suivant.

JOVINIEN. s. m. Nom propre d’homme. Jovlnìanus.L’hérétique Jovïnien étoit un Moine d’un Monastèrede Milan, lequel ne voulant pas supporter les austé-rités de son état j quitta sa solitude. 11 disoit que ceuxqui étoient régénérés par le Baptême, nc pouvoientplus pécher ; que l'abstinence n’etoit d’aucun merite >que ceux qui conservoient le Baptême avoient tousune même récompeníe dans le Ciel ; que la virginitén étoit pas préférable au mariage ; que la sainte Viergenavoit pas conservé sa virginité après qu elle futmere de Jésus-Christ -, que la chair de Jélus-Christn’étoit pas véritable 8c semblable à celle des autreshommes. Cet Hérétique fut condamné par le PapeSilice, Pan trois cent quatre-vingt-dix, & dans unConcile de Milan. Voye\ S. Jérôme, Liv. I. contre 1Jovïnien , Saint Ambroise, Ep. 28. Baronius, &c.

JOUJOU, f. m. Terme familier, qui lignifie les baga-telles que l'on donne aux petits enfans, pour les ré-jouir 8c les empêcher de crier. Crepundia. Un oiseau,un cheval de carton, des grelots, &c , font des jou-joux.

Vrai sang des Condes , des B ourlons ,

Bar la clarté du jour ses ardeurs échauffées ,

Sitôt qu ìl fera né, lauriers , aimes , trophées ,

Vont être ses joujoux, &c. D. De S.

■JOUIR. v. n. Posséder quelque chose actuellement, enêtre le maître, en avoir les fruits, les émolumens enfa disposition. Frui. On jouit d'un héritage à titre depropriété, à titre de ferme ou de louage, à titre d’u-lufruit. On dit auiíì de celui qui a donné le fonds deion bien, qu il n’en jouit plus qu’à titre de précaire.Ce Gentilhomme jouit de sii terre par íes mains, lafait labourer par ses gens, la fait valoir par lui-meme.On ne jouit des Bénéfices ou des pensions, que la viedurant. Ce Seigneur jouit de tant de revenu en fonds,en rentes , charges , &c. Les Secrétaires du Roijouissent de beaux privilèges. On ne peut jouir d'unBénéfice fans titre. Il faut jouir paisiblement pouracquérir la prescription. Un Fermier doit jouir d'unhéritage en bon père de famille, c’est-à dire, commeseroit un propriétaire, ne le point dégrader, le bienfumer , cultiver 8c ensemencer. Son pere jouissaitde plusieurs beaux gouvernemens & de quantité d'au-tres bienfaits du Roi. Mile L'HÉritier.

Ce mot vient de gaudere. En Picardie, on dit en-core gouir pour jouir.

Jouir , dissere de poíléder, en ce que l’on peut possé-der par écrit, comme disent les Jurisconsultes, c’est-à-dire , avoir un titre légitime pour posséder ; au lieuque jouir, (c, dit seulement de la perception actuelledes fruits. Ainsi, celui dont la terre est en decret, la.posiede toujours, en est propriétaire jusqu’à l’adjudication , quoique ce soient ses créanciers qui en jouis-sent à l’égard des fruits.

On dit auílì jouir de la vie, pour dire en prendretous les plaisirs, passer le tems de la vie à se biendivertir. Il faut jouir du présent sans se tourmenter de1 avenir. Nous ne jouissons de la vie qu'à mesure queNous la perdons. M. P. On le dit encore par rapportà toutes les commodités. Jouir d’une parfaite santé ;jouir de la lumière, de la clarté. On a justement blâ-'né Montagne d’avoir employé jouir dans une signifi-cation active : Je reçois ma santé à bras ouverts, 8caiguise mon goût à la jouir. C’est un Gasconisme.Ménage.

signifie auffî, disposer de quelqu'un, l’avoir à sadupositioH, On ne sauroit jouir de cet Avocat, tant ilelt employé. J’ai mené cet homme à la campagnepour jouir de sa conversation.

Jouir, signifieaustiavoir commerce avec une femme.

- On lui a fàit épouser cette fille, parce qu’il en avoirfoui , parce qu’il l’avoit abusée.ouïr, se dit auílì en choses spirituelles 8c morales, 8clignifie, sentir les avantages de posséder , goûter leplaisir que donne la posieílîon. Les Saints jouissentTome V.

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de la gloire éternelle, de la vision béatifique. Il estdoux de jouir du fruit de fa victoire, de ses travaux,de fa fortune. Ce Royaume jouit d’une profonde paix.Vous jouisses des privilèges de la jeunesse. On s’ima-gine ne jouir de soi même 8c de les désirs, que dans laliberte qu'on se donne de penser tout ce qu'on veut.Bossuet.

Il jouit du ciel même irrité contre lui. Bon,.

Et sruitur diis iratis. Juven. Ne le désabusonspoint, 8c laiíîons-le jouir de íà crédulité. Rac. Ellene voulut point jouir de mon embarras. Vill. J’aivoulu jouir de la maligne joie de vous voir aban-donnée de tous les hommes. S. Evr. Nous avonsplus d'intérêt à jouir du monde qu’à le connoître. Id.Mon cœur va jouir d’une éternelle paix. M. Sc.

Je veux , je veux , cruel , jouir de ton courroux ,

Et les troubles civils te seront mon époux. Brébeuf.

Mon ennemi tranquilleJouira dans son cœur de ma rage inutile. Bon.

JOUISSANCE, f. f. En Jurisprudence, pollèilìon, per-ception actuelle des fruits d’un héritage , d’un droit.Possessio. Une longue & paisible jouissance acquiertprescription, 8c vaut titre. Une sentence de récréanceadjuge la jouissance d’un Bénéfice. Celle de réinté-grande rétablit en jouissance. Un fermier qui est trou-blé en la jouissance de sa ferme , peut demander dela diminution. Il n’est en jouissance de cet héritageque par précaire , c’est à dire , il le possède au nomd'autrui. Il n’a la jouissance que par usufruit ; c’est-à-dire , qu'il n’en a pas la propriété. Il y a des cas oùl’on impute les jouissances fur le principal.

Jouissance , fe dit quelquefois des fruits mêmes donton a joui. II faut restituer les jouissances d’un Bénéfice,c’est à-dire , les fruits qu’on a recueillis du Bénéficedont on jouit fans titre.

Jouissance , fe dit auílì en choses morales, & particu-lièrement en matière d’amour. Viye\ Jouir. Nouspayons une courte jouissance des faveurs de la Fortune ,de toute notre liberté. S. Evr. L’espérance , lorsqu’elle11 ’est pas trop douteuse, est un plaisir qui ne cède guereà la jouissance. Le Ch. de M. L’espérance de ce quel’on nous promet cède naturellement à la jouissancedu présent S. Evr. Il fruit de l’œconomie dans lajouissance des plaisirs ; car l’ame s’ennuie d’ctíe tou-jours dans la même affîette.

On dit, avoir la jouissance d’une femme, avoir com-merce avec elle ; 8c en termes un peu libres, bonneou mauvaise jouissance.

Jouissance. Terme de Poésie. C’est une piece de versoù l’on décrit une aventure amoureuse, que l’on con-duit jusqu’à la conclusion. La cinquième Elégie d’O-vide est une jouissance. S. Amant a fait Une Pièce inti-tulée la Jouissance.

JOUISSANT , ANTE, adj. Qui jouit, qui disptsse d’unechose. Qui sruitur. Une fille majeure de ay ans, prendla qualité d’usante , 8c jouissante de ses droits. On assi-gne tous les engagistes 8c jouis/ans du Domaine pourrapporter leurs titres.

JOUR, f. m. Division du temps, fondée fur 1 appari-tion , 8c la disparition du Soleil. B)ies. Cette diffe-rence si notable qui se présente incellamment à n,osyeux, par la vicistìtude constante & perpétuelle desténèbres & de la lumière, que produit le mouvementrapide du soleil autour de la terre , ou de la terreautour du soleil, a fait appeller jour naturel , cet es-pace de temps que le soleil emploie à faire son tour.Le jour naturel, ou solaire , se divise en Astronomi-que , 8c en Civil. Le jour djlronomique est la duréed’une révolution entière de [l’Équateur , &de la por-tion du même Equateur qui répond à cette partie del’Ecliptique que le soleil parcourt par son mouvementpropre pendant un Jour naturel. Car si le soleil ne íemouvoir point dans l’Édiprique, 8c qu’il retournât aumême point de l’Ecliptique d’où il étoit parti le jour