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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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précédent, alors une révolution entière de TÉqua-teui mcíureroit exactement le jour ; mais parce quele íoleil avance continuellement d'un degré par jourd’Orient en Occident, cela lait que lorsque le pointde {'Équateur , avec lequel le soleil étoit parti du mé-ridien , est retourné au mème méridien, le soleil n yest pas encore arrivé, il s en faut un degré. Le y uar Ci-vil est déterminéparraport a son commencement, 8 c àsa fin, selon 1 uíage de chaque nation. Les Égyptiensle déterminent à minuit. Les Chaldéens depuis le le-ver du soleil. Les juirs, & les Athéniens à son cou-cher. Le s François & presque toutes les autres nationsde l’Europe , depuis minuit : ce que 1 Eglise obíerveatiffi à Tégard des Jeûnes & des Fêtes ; íi ce n'est qu’àl'égard de l’Oíílce des Fêtes doubles ìejour commencedès Vêpres. Les Astronomes le commencent à midi.Dans l'usage ordinaire il commence à minuit, c’est lejour naturel , civil 8 c Eccìehastique. Les Babyloniensautrefois commençoient Ic/ourd un orient à Fautre ;ceux de Nuremberg en usent aujourd hui de même :les Italiens l’ont déterminé d'un occident à l’autre ,Òc comptent la première heure au soleil couchant.Les Marins comptent le jour comme les Astronomesdepuis un midi jusqu à 1 autre.

Tous les Peuples ont connu ce que nous appelionsjour naturel ; mais la distribution du jour en 24 par-ties ou heures, n est pas íì ancienne. Cette divinon aété inconnue aux Romains avant la première guerrePunique. D’abord, la diviíion se porta sur le jour arti-ficiel, & dans les commencemens les ííra'e'htes & lesautres anciens Peuples n’avoient point d autres ter-mes , pour exprimer cette diviiion , que le matin , lemidi 8 c le soit. Hérodote nous aprend que les Grecsavoient appris des Egyptiens à diviíer le jour en nparties : C est , je crois, le plus ancien témoignageque tourni/íe 1 antiquité'. Nous voyons cet usige éta-bli parmi les Juirs du temps de Notre-Seigneur. Lapremiere heure du jour commençoir au lever duíoleil, & la derniere se terminoit au coucher ; d oùré fui toi t une grande variation d;ns les heures en diste-rentes íaisous. Les Romains le partageoient en quatreparties , qu ils apeloient Prime, 1 ierce, Sexte 8 c No11e, 8 c la nuit en quatre veilles. Cet usage paíïa chez lesJuifs, apparemment depuis qu’ils eurent été subjuguéspar les Romains.

Le jour artificiel est la durée du temps que le soleiléclaire sur l'horison. Il est inégal, selon les temps 8 c leslieux, à cause de l’obliquité de sa sphère. Il n'y a quedan s la Zone torride, & entre les deux tropiques, quele jour est toujours égal à la nuit, du moins la distéren-ce n'est pas grande. Quand le íoleil est dans l'équi-noxe du printemps , vers le 20 de Mars, ou dans l’équinoxe d’automme,vers le 21 de Septembre, le jourest égal à la nuit par toute la terre. La différence qu’onmet entre les jours , vient des Fêtes, des solemnités dechaque jour. U y a des jours fériés, âc non fériés ; desJours de Dimanche & de Fête, pendant lesquels il estdéfendu dc travailler ; des jours ouvriers, ou ouvrablescù l'on travaille ; des jours gras, où il est permis demanger de la chair-, des jours maigres, des jours dejeûne j cîes jours d abstinence, où il est défendu d’enmanger. L’Egliíe dit du jour de Pâque, où l’on célèbrela résurrection de Jésus Christ , & du jour de Noël,où l’on célèbre sa naissance , que ce sont des jours quele Seigneur a faits. Lc jour des Morts, est un jour des-tiné par l’Église, à prier pour tous les morts qui peu-vent être encore dans le Purgatoire. On appelle jourde l’an , le premier jour de Pannee. On appelle bonsjours , Las buenaspafiquas , toutes les Fctes solennel-les ; & on dit, faire son hon jour ; pour dire , recevoirles Sacremens de Pénitence & d’Çucharistie. Les Juifsfetoient le jour du Sabbat.

On distingue auílì les jours par certaines occuparions auxquelles ils font destinés. Les jours plaidoyablés, ce font les jours où l’on plaide , autrement les,jours de Palais. C’est ce que les Romains apeloient :£ies fafii , & iles nefafii.

Ille nefajlus eritper quern tria yerla filentur;

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Fafius erit per quem lege licebit agi. Ovid. i . Faji.

ífT Ces trois mots dont parle le Poète, font do , dico ,addico , que le Préteur prononçoit les jours jajles , oùil étoit permis de rendre justice , 8 c qu ii ne pouvdicprononcer le jours nejajles.

Jours du Conseil des dépêches. Jour de Postes. Jour deComédie. Joard'Opcra. Jour de congé. Lc Jour de sesnoces. On dst aussi des Officiers , qu’ils font de jour ,quand ils roulent, quand il y en a pluíieurs à exercerla même charge, qui ont chacun leur jour.

Jour servant , Dans les Coutumes , lignine le jour m-quel une cause est ailìgnée, & doit avoir expédition.On l'appelle quelquefois jornéeservante.

i-éF II y avoir dms le droit Romain des jours qu’011nommoit Comperendini dies , jours de délai, jours oùI on affignoit ion Adversaire à comparoïtre le sur-lendemain de la premiere Audience. Fies jujli , joursdc repi qu on accordait aux débiteurs , pour leur don-ner le temps de trouver de l’argent. Trente jourscomplets accordés par la loi des douze tables : cetespace de temps íe nommoit Jufiidium.

Grands Jours , croient des séances qui se tenoient encertaines villes du Royaume marquées par le Roi pourjuger des affaires civiles & criminelles, suivant la com-miifion que le Roi en donnoit à ceux qu’il comraet-toit pour tenir les Grands Jours. C etoit comme unealìise, & une dicte solennelle. Les Grands Jours ontété tenus pour le Roi à Mont-Ferrand en 1 4/4, à An-gers en 1539 , à Moulins en 1534 , 1540 , 1550 , àPoitiers en 1454, 1531,1541,1567, i579,àRiomen 1446, à J ours en 15 3 3 , 1547, à Troycs en 1402,15 3 5 , à Lyon en 1596. Par l’Édit de 1579, les GrandsJours doivent être tenus tous les ans dans les Provin-ces les plus éloignées des Parlemens. En 1581 , ils fu-rent publiés pour être tenus à Clermont en Auvergne ,ce qui ne fut exécuté que 1 année suivante 1582. LesGrands jours de Moulins , d’Auvergne , ont cité plu-sieurs arrêts notables des Grands Jours ; c'est commequi diroit les grands plaids. Le Duc de Berri avoirdroit de faire tenir les Grands Jours pour les paysde son obéissance. Avant sélection du Parlement deDijon , les Grands jours du Duché de Bourgogne setenoient à Beaune. Les Comtes de Champagne Pal—soient tenir les Grands jours à Troyes deux íois1 année, comme les Ducs de Normandie leur échi-quier , & les Rois leur Parlement. Les Grands .> oursde Troyes croient la Justice de Champagne , pendantque cette Province avoir les Comtes. Les Comtes deJoigny , de Réthel , de Brienne , de Porcien , deGrandpré , de Roucy & de Braine, qui croient lessept Pairs de Champagne , aihstoient les Comtes auxGrands Jours.'Dnns des lettres patentes du Roi Charles

• VI. du 4 Mars 1405 , il est porté que le Comte deJoigny, comme Doyen des sept Comtes & laits deChampagne , est assis auprès du Comte quand il tientson État 8 c Grands Jours. C’est des décisions de cesGrands Jours de Troyes , que tous les autres GrandsJours ont pris leur nom. Car le Roi Philippe le Bel enlan 1302 , ordonna que ces Grands jours seroienttenus deux fois l’année , & pour cela y envoyoit desCommissaires Ecclésiastiques & Gentilshommes : coqu’on nommoit la Cour de Champagne.

On dit auiîì que Dieu tiendra ses Grands Jours aujour d u Jugement, qu’on appelle autrement le grandjour du Seigneur , le jour terrible , épouventabìe , lejour du Seigneur : Fies F omini magnus . On dit auíîîles j ours de l’éternité , en parlant de la durée , quoi-qu elle ne se puisse mesurer. Mille ans devant I2face du Seigneur sont comme un jour , dit le Psal-miste.

Jours Généraux. On disoit autrefois Jours Généraux ,an lieu de grands jours , & l’on nommoit ainli l'aiîèm-blee des Etats d’une Province. Paradìn , en fes Anna-les de Bourgogne I . III, p. 3j o , dit , Le Roi Jean fai-sant son entrée à Dijon, comme Duc . au mois de Dé-cembre ( 1361.) jura folcnnellemenr les piivilé ; es dela ville, fur Laurel S. Bénigne, comme croient les Ducs