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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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ont écrit d’auíh bon goût que les Anciens, - maïsen hue de Peinture, de sculpture & d’Archicçc-turc civile , les Italiens modernes 1 ont emporté íurtops ks peuples du inonde. L humeur des Italienstient de la vivacité Françoise & de la gravité Eípa- jgnole. Les Italiens (ont vindicatifs, & ne se récon-cilient guere.

On dit un Italien, un Poëte Italien, la poësieItalienne , les vers Italiens , les Peintres Italiens.La Musique Italienne. Un motet Italien , un goûtItdien. Un régime Italien. Les troupes Italiennesne :ont pas communément fort bonnes. Un Historiend’I alie est mieux qu un Historien Italien K à causede la cacophoni ; que fait la terminaison semblable •des deux mots ; Riccioli est un excellent Ma-thématicien & Astronome Italien. On ne dit pointles places Italiennes , non plus que les places Alle-mandes , comme l’on dit les places Françoiíes, lesplaces Espagnoles , les places Hollandoises.

Italien, f. m. Langue qu’on parle en Italie , lan-gage d Italie. Lingua Italica , Sermo Italicus. L’/talicn vient fans doute du Latin ; & de toutes les langués qui íe font formées de la Latine, il n’y en apoint qui porte un caractère plus viiìble de ion ori-gine , que l' Italienne. U Italien est Une des languesmodernes les plus parfaites ; on y trouve des motsSc des phrases pour représenter toutes les idées ,exprimer tous les sentimens , s'énoncer fur toutesfortes de matières , nommer tous les inífrumens desArts, toutes les nouvelles inventions ; mais on feplaint qu’il a trop de diminutifs , (k de íuperlatifs ,ou plutôt d’augmentatifs : c’est peut-etre une injus-tice qu’on lui' fait , Sc si ces mots ne présentent, àl’esprit que la juste idée des choies, ils ne font pasplus blâmables que nos hyperboles Sc nos pléo-nasmes. Cependant il faut avouer que le caractèredes Italiens est fort diffèrent du nôtre, Sc c’est peut-être ce qui nous fait trouver des défauts dans leurlangue ; car quoique XItalien soit propre pour tousles genres d’éorire, pour tous les styles, pour tou-tes les madères , comme les Auteurs fe peignentdans leurs ouvrages , il y en a quantité qui ne rétifíhlènt pas quand ils font traduits en François, &que nous ne saurions goûter , même dans la languedans laquelle ils ont été écrits. La multitude d'E-tats souverains qui partagent l’Italie , a introduit quan-tité de dialectes dans Y Italien, qui font tous bonsdans le pays où l’ustge est de les parler. On préférécommunément Y Italien de Toscane aux autres dia-lectes , Sc la prononciation Romaine à celle desautres villes clTtalie , d’où est venu le prov.erbe Ita-lien , lingua Toscana in hocca Romana. On entendY Italien dans l’Europe, & bien des gens le parlenten Allemagne , en Pologne, en Hongrie. A Cons-tantinople , dans la Gréce , Sc dans les échelles duLevant, on parie autant Y Italien que la langue dupays ; Y Italien est la langue commune de toutes lesnations , à st la langue du commerce pour toutesles personnes qui font de differens pays ; il n’y aque le François , qu’on entende aulîì communement, & qu’on parle presque aulîì universellementen Europe que 1 Italien. Il est vrai que Y Italien qu’onparie dans les Echelles du Levant, Sc qu’on appellefranc, n’cít pas le pur Italien qui fe parle en Tos-cane & à Rome , mais il est mêlé de beaucoup demots étrangers , & de tours particuliers que tant denations y ont introduits.

ITALIOTE. í. m. & h Nom de peuple. Italiota. Italioces. II ne faut point confondre les Italiotes , niavec les Italiens , ni avec les Italiques. Les Italiotesne font que les premiers Italiens, les peuples dontle pays a porté d’abord le nom d Italie., c’est- à-dire,les anciens habitans du bout de la Calabre ultérieuredu côté de la Sicile, ainsi que nous l’avons dit aumot Italie. Au lieu que les Italiens, sur-tout àprésent, sont Sc ceux là , Sc tous les habitans detoute la péninsule que nous nommons Italie , & lesItaliques font ceux des Provinces. Italiote ôc Ita-lique ne se dn que de T Antiquité ; Italiens, plus des

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Modernes que des Anciens. Des Savans se sonttrompés pour n’avoir pas fait ces distinctions. Voye £Saurnaiie íur la vie d’Elegabalc par Lampridius ,Bcrnegger íur Justin , L. XX, C. /.

ITALIQUE, adj. m. Sc f. Qui est d’Italie , qui appar-tient à Fltalie. Italicus , a. Les peuples Italiques ,les villes Italiques. On appeioit peuples Italiquesdans TEmpire Romain, les Italiens qui s’ctablif-soient dans les Provinces , principalement en Es-pagne , les Colonies d’Italiens qu’on y conduifoit,& qu’on y plaçoit. Consultez les Notes de Cafau-bon fur Suétone, C. 4.6. de la vie d’Auguste, &fur Spartien dans la vie d'Adrien.

Il ne faut dire Italique qu’en parlant de l’Anti-quité, & Italien en parlant de ce qui est moder-ne, & de ce qui est, ou appartient à Fltalie cl’au-jourd’hui. L’humeur Italique , un goût Italique,la musique Italique , Sec. seroient mal. ìi fautdire , 1 humeur Italienne, un goût Italien, la mu-sique Italienne, & ainsi des autres. La guerre Ita-lique est celle que les Romains eurent à íoutenircontre les peuples d’Italie , qui fe révoltèrent au su-jet de la loi Mutia Licinia, portée Tan de Rome 659par les Consuls Licinius Craííus, Sc Mutius Scae-vola. Cette loi ôtoit le droit de Bourgeoisie Ro-maine à plusieurs des Alliés des Romains qui fe l’at-tribuoient., La guerre Italique commença Tan deRome 66z , quatre ans après cette loi portée. OnRappela aulîì Guerre des Alliés Sociale , pour laraison que je viens de toucher ; & Guerre Mar-sique, Marsicum , parce que les Maries furent lespremiers qui remuèrent Sc qui donnèrent l’exem-ple de la révolté. Voye q les Annales de Salien auxannées du monde 3939 , 3963, & suiv.

Italique, Ce clic auílì cn Astronomie. Les heuresItaliques font les vingt-quatre heures du jour, com-ptées; à la manière des Italiens, depuis un coucherdu soleil jufqu’à l’autre.

Italique , signifie auíli ce qui appartient aux Italiotes,Ainsi quand Platon , dans fa Lettre VII. aux pa-rens de Dion, & après lui Cicéron , Tuscul. Qu.es.L. V, 1 j , 100 , parlent des Tables Italiques,ils entendent le repas des Italiotes dont ils blâmentle luxe.

Italique , adj. est aussi so nom d’une secte de Philo-sophes anciens , qu’on nomme Italiques, la secteItalique. Pithagore fut le chef de la secte Italique.Elle fut ainsi nommée , parce que ce Philosopheenseigna dans Tltalie , c’est à-dire , dans la partieorientale de l’Italie , que l’on nommoit auílì gran-de Grèce , & remplit de fa doctrine les villes deTarente , de Métapont , d’Héraclée , de Croto &Cdes .Thuriens. La secte italique ne commença quequelques années après la secte Ionique. Voye £ Vos-

• íius , de Phdofoph. Sectis. C. 6. Georg. Hornius ,Hijl. Philosophie. Lib. J, C. 11. Sc ci-après au motPiTHAGCiuciEN. La Philosophie íioriíloit dans laGrèce. La secte des Philosophes italiques, Sc celledes Ioniques, la remphíîoient de grands hommes ,parmi lesquels il k mêla beaucoup d’extravagans,à qui la Grèce curieuse ne 1 ailla pas de donner lenom de Philosophes. Du temps de Cyrus Sc deCambyse , Pythagore commença la secte Italiquedans la grande Grèce 1 ', & aux environs de Naples.Bossuet.

fsoT Italique. Ternie d’ímprimerie , & act j. Le carac-tère italique est un caractère un peu couché, dists-rent du Romain & d n François qui est un carac-tère plus gros Sc plus rond. Nous avons plusieurslivres imprimes en lettres italiques. On fe fart or-dinairement de Y italique pour imprimer ce que l'onveut distinguer du reste du discours.

On appelle parmi les Savans Tancienne Italiq ue »vetus Itahca., l’ancienne version Latine de la sain-te Ecriture , qui avoir été faite avant la correctionde S. Jereme. On a gardé dans les Píeaumss Tan-cienne version Italique , parce que le comis.un desFidèles les savoir par cœur , & y étoit accoutuma.

ITALIQUE. Ancien nom d’une ville d’Efpagne. It- 1 '