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tendant entre íe trente sept & le quarante-sixième de-. grede latitude septentrionale , 8c entre le vingt cinqde le quarantième de longitude. On lui donne deuxcens quarante lieues de longueur, depuis les confinsde la Savoye , jufqu’à Fextrémite d u Royaume deNaples-, pour fa largeur elle est fi fort inégalé, qu onn’en peut pas donner une juste idee. L ’Italie eft. tres-lortc par la nature de ía «situation; c est une pres-qu'île, bornée au couchant , en partie au nord,par les hautes montagnes des Alpes, & baignéeailleurs par la mer Méditerranée. Elle est la plus cé-lèbre région de l’Europe , ayant été anciennementle siège de l’Empire Romain j & Rome , fa capitale ,étant, depuis letablistement du Christianiíme , lesiège du premier Vicaire de Jésus-Christ. VItalie estbelle, on la nomme le Jardin de l’Europc. L’airy est fort tempéré & fort sain, à la réserve de l’É-tat Ecclésiastique où il est aísez grossier. Le terroirest fort fertile , ìî produit abondamment du blé, duriz , du vin , de E huile , des oranges, des citrons,des grenades, toutes sortes de fruits & de fleurs, dumiel, de la foie , 8c même du coton & du sucredans le Royaume de Naples. Ses forêts fournissenttoute forte de gibier , 8c ses montagnes de beauxpâturages , où l’on nourrit quantité de bestiaux. Ony trouve encore des mines de soufre , de fer, ÔCmême d’or & d’argent ; plusieurs carrières d’albâ-tre, de- jaspe, & de tomes les espèces de marbre.VItalie est montagneuse ; outre les Alpes qui l’en-vironnent vers le couchant , & en partie vers lenord, elle a l’Apennin qui la traverse du couchantau levant , le Mont Vésuve ou di Somma , quivomit des flammes , 1c Mont Gargan , &c. Ses prin-cipales rivières font le Po, le Tibre, l’Arno , l’Addi& 1' Adige , auxquels on peut ajouter 1e Tesin, laDora, la Seslìe , FOglio, le Tajamento, se Ta-naro, le Gariglan , &c. Il y a plusieurs grandslacs , le lac Majeur, 8c ceux de Lugano, de Como,d’Iseo, de Garda, de Pérugia, deBolsena, deBrac-ciario , de Céíano , &c. Comme Y Italie représenteassez la forme d’une botte , cela a donné lieu à ladiviser en trois parties générales. i°. La genouillièrede la botte , qui renferme toute l’ancienne Lombar-die. 2 °. Le haut de la jambe, où font les États del’Égliíe& de Toscane. Le bas de la jambe 8c 1epié , qui sont le Royaume de Naples. On y metordinairement une quatrième partie, qui comprendles îles à’Italie , dont la Sicile , la Sardaigne , laCorse, & ses îles de Lipari font les principales.Ces contrées renferment un grand nombre d’Étatssouverains. ff? L’Empereur, ci-devant Duc de Lor-raine pofléde la Toscane , le Duc de Savoie la Sar-daigne. D. Philippe fils de Charles III, Roi d’Es-pagne, Naples 8c Sicile. D. Philippe , Parme , Plai-sance 8c Guastalla.
Le Roi de France y possède la Principauté deMonaco ; il avoir auflì Pignerol 8c son territoire,qui fut rendu au Duc de Savoie par la paix de 1696 .Outre ces États possédés par des Princes étrangers,on y voir encore ceux du Pape , de la Républiquede Venise, 8c de celle de Gènes. Déplus, il y en aplusieurs moindres , qui font les Républiques deLucques 8c de S. Marin ,- les Duchés de Massa,de Guastalla, de Sabionette, de la Mirandole, que1 Empereur tenoit de Bracciano ; se Comté de No-vellare ; ses Principautés de Bozzolo , de Masserai!,à Piombino , de Castiglione & de Solfarino ; &les Marquisats de Fosdinovo , 8c del Monte. Il n’ya point de pays en Europe, où l’on soit si avide degrands titres qu’en Italie : tout y est plein de Princi-pautés, e Duchés , de Comtés , de Marquisats,. - Un P e ” r Dss fuísit pour acquérir ces illustrestitres. Les Archevêchés 8c les Evêchés y sont aulllfort nombreux. II y a plusieurs Universités, dontses plus celebres font celles de Saleme, de Naples,de Rome, de Fermo , de Macérata , de Boulogne,de Ferrare, de Sienne, de Pise, de Turin-, dePavie , de Padoue & de Venise. Il n ’y a presquepoint de ville qui n’ait une Académie. Toute Ylta-
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He a une langue commune tirée du Latin j de mê-me que la Françoise & l’Eípagnole ; & elle est pluspure dans la Toscane, qu’en aucun autre lieu.
L Inquisition est établie dans tous ses États de Y Ita-lie , pour y conserver la Religion Catholique dansfa pureté. Il y a pourtant encore quelques Vaudoisdans le Piémont, & quelques Réformés étrangersdans les villes maritimes, où on les souffre à causeau commerce. Les Juifs y ont des Synagogues jus-ques dans Rome. On souffre auííì dans Rome même,que ses Grecs & ses Arméniens Catholiques y fas-sent l’exercice de la Religion, selon le rit de leurpays. Rome est la capitale de Y Italie , 8c l’emportefur toutes ses autres villes en antiquité & en auto-rité. On distingue les principales villes d ’Italie , pardes qualités qu’on leur a données , & l’on appelleRome la Sainte, Naples la Noble , Florence laBelle, Gènes la Superbe, Milan la Grande, Ra-venne l’Ancienne, Venise la Riche , Padoue la Docte,Boulogne la Grasse , Livourne la Marchande, Vé-rone la Charmante, Lucques la Jolie, 8c Casai laForte. Celle ci a perdu son titre avec ses fortifica-tions, fa citadelle & son château l’an 1694 . En Ita-lie 011 compte.les heures autrement qu’on ne faisailleurs. On commence à compter la première heureà Feutrée de la nuit , 8c on continue à compter jus~qu’à vingt-quatre heures. Les Italiens ont plusieursbonnes qualités ; mais ils en ont grand nombre demauvaises. Ils sont polis , adroits, prudens , ingé-nieux , politiques , & ils ne manquent pas de valeurquand ils sont aguerris; mais ils passent pour êtreextrêmement vindicatifs.
Bochard prétend que YItalie n’étoit d’abord quele pays des Brutiens avec une partie de la Lucarne $c’est-à-dire , le bout de la Calabre ultérieure , ducôté de la Sicile , entre le golfe de Squilacie & celuide Sainte Euphémie. Aristote, Politicor. L. VII,c. 10 . Antiochus de Syracuse, Auteur encore plusancien qu’Aristote , cité par Denis d’Halicarnalle,
8c Strabon, L. FI , l’aílurent , 8c le premier ditqu’il 11 e l’écrit qu’en suivant le sentiment des plus »habiles du pays. Bochard va plus loin ; il prétendque ce sont les Phéniciens qui donnèrent ce nom àcette petite langue de terre. Car comme elle étoitpleine d’arbres, appelés Picea , d’où découse la poix ,
& que les Talmudistes nomment la poix j-H ltran ,il conjecture que les Phéniciens nommèrent cepays bUhatt , Itarìa, comme qui diroit Pic e aria 3Pépinière de Picea , & que changeant l’r, en /,à’Itaria on a fait Italia. Il traite de fables ce quedisent les Grecs, que ce mot lui vint du mot Ita-lus , qui signisioit un bœuf, un taureau , comme 011le voit dans Héfychius, & qu’on lui donna ce nomparce qu’elle abondoit en cette sorte de bétail, ainsique Varron 8c Columelle l’écrivent ; ou bien parcequ’un bœuf d’Hercule pasta de-là en Sicile à la nage.
II ne croit pas non plus que ce soit un de ses Roisnommé Italus , qui lui ait donné ce nom , soit qu’onle faste Sicilien avec Tucydide ; ou GEnotrien, avecAntiochus de Syracuse, ou qu’il fût fils de Tele-gone & petit-fils d’Uliífe , ainsi qu’il a plu à Hy-gin. Lisez le Chap. 53 du I. Livre du Chanaan deBochard.
Pêche d’Italie. Voyez Pêche.
ITALIEN, ENNE. f. m. Nom de peuple. Habitantoriginaire d’Italie. Italus , a. Les Italiens font na-turellement sages. Charles V diloit que les Italiensparoissoient sages 8c 1 croient. Les anciens Italiensont eu de grands génies dans tous les arts , les Ci-cérons , ses Virgiles , les Varrons, les Horaces , lesTites-Lives , &c. Les Italiens modernes ont encoreautant d’efpiit qu en avoient les anciens, mais ilsn’ont pas le goût si bon , 8c ne pensent pas si natu-rellement. Le Marquis d’Orsi a pourtant fait leurapologie contre les Critiques du P. Bouhours dansfa Manière de bien penser. D’ailleurs , il ne fáut en-tendre cela que de ceux qui ont écrit en Italien.Ange Politien , Fracastor , Sannazar, Flaminius ,Manuce , Mastèe , Bembe , 8c plusieurs autres ,
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