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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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ordre naturel , tant qu’on manque d’évidence. LaPl. Il n’y a point d’csprit plus dangereux que ccuxqui font capables dcí íoutenir une conduite dérai-sonnable contre le jugement public , & de se mettreau débits des jugemens de tous le monde. Nie. Pourapprendre à s’humilier, il n’y a qu’à ouvrir les yeuxfur divers jugemens qu’on forme de nous. Bell. Unegrande partie des faux jugemens des hommes vientrie la précipitation de l'esprit , & de défaut d’atten-tion , qui fait que l’on juge témérairement de ceque l’on ne connoît que confusément & obscuré-ment. Log. Períonne ne fait expressément ce rai-sonnement : M.a cent mille livres de rente ;

donc il a raison. Néanmoins il se passe quelquechose de semblable dans l'esprit de la plupart dumonde , & qui emporte leur jugement sans qu’ilsy pensent. Log. En s’affujectislant aux jugemens.incertains des hommes , on devient l'esclave deceux mêmes au dessus desquels on veut s’élever. FlÉc.Voyez ce faux brave , il étoit tout possédé des ju-gemens qu’on íeroit de lui s’il recuioit, & ces ju-gemens le pressent comme un ennemi. Nie.

Des jugemens d’autrui nous tremblons follement }

Et ckacun Vun de Vautre adorant les caprices ,

Nous cherchons loin de nous nos vertus , & nos vices.

Boileau.

Jugement, signifie auffi critique, sentiment d’un Au-teur sur son ouvrage, ses corrections ou observations.Combien y a-t-il de gens qui appelleroient de vos ju-gemens? Boil.

fCT Jugement & Crise, en Médecine, termes abso-lument synonimes. Le dernier , qui est Grec, estseul en usage. On dit qu’une maladie est terminéepar une crise , Sc quelle est jugée au septièmejour.

Jugement d’Oléron. Sont des réglemens pour la Ma-rine , le commerce Sc la navigation. Éléonor Du-chesse de Guienne , les a faits : ils font dans le tré-sor des chartres de la Comptablie de Bourdeaux ,au livre cotté A 3 fol. ipi. Ils ont été imprimés àRouen en 1671. dans un livre in s\ intitulé : LesUs & Coutumes de la mer.

Jugement , se dit auffi en Peinture, d’une représen-tation d’un Jugement. Le Jugement de Salomon. LeJugement de Paris. Le Jugement de Midas. Le Juge-ment de Michel-Ange , qui a peint le Jugementuniversel.

On dit proverbialement d’une affaire qu’on voirtramer en longueur , quelle durçra jusqu’au jour duJugement. On appelle auffi Jugement de Paysans, Ju-dicium Rufiicoium , celui qui partage le différendpar la moitié.

JUGEOLINE, ou JUGIOLINE. f. f. Plante qui est uneespèce de digital, & M'on appelle autrement Ae-Jame , en Latin , Digitalis orientalis , sesamumdicta. Pit. Tournefort. V aye£ Sesame. ^

JUGER. v. a. Exercer son jugement, pour connoitre,Sc diícerner le bon du mauvais, le vrai d’avec lefaux. Judicare. C’est Faction de notre esprit par la-quelle, joignant ensemble diverses idées, il nie ouaffirme quelque chose. Log. #3 C’est appercevoirSc reconnoître les rapports, les quantités Sc les qua-lités ou façons dette des objets. C’estl’entendementqui juge , la volonté obéit. La paillon Sc la préoc-cupation font cause que nous jugeons mal. A mesureque nous acquérons l’avantage de bien juger , nousperdons celui de bien inventer. Cos.

Tel excelle à rimer qui juge sottement. Boit.

ífT Juger , signifie auffi rendre la Justice. Nous disonsen ce sens , que Dieu viendra juger les vivans Sc lesmorts. Il signifie plus ordinairement porter une Sen-tence ou un Arrêt, décider un différend en Justice ,rendre justice, absoudre ou condamner. Juger un pro-cès , une affaire, une requête civile. Juger en dernier

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ressort. L'affaire n est pas encore juge'e. Adhuc subjudice lis ejl.

jfs ’On dit des Juges ordinaires, qu’ils ont bien oumal jugé , selon, que leur Sentence a été confirméeou infirmée. On dit proverbialement, Sc dans unsens figuré , juger fur l’étiquette du sac, ou sim-plement , íur F étiquette , pour dire, légèrement Scsur la première apparence.

H 3 On dit aulii juger quelqu’un, pour dire , jugerson procès. Un tel íera jugé dans peu. Il a été jugéà mort. Un Rapporteur dit auffi , je vous jugeraidemain, pour dire , je ferai le rapport de votre pro-cès à vos Juges.

fss? Juger , se dit encore des particuliers qui donnentleur décision , comme arbitres, quand on s’en estrapporté à eux. Nous l avons pris pour arbitre , c’estlui qui nous jugera. Juge% ce coup là; nous nous enrapporterons à ce que vous en jugeres.

fCP Juger , construit avec la particule de , en par-lant des choses , decider du déiraut ou de la per-fection de quelque chose ; en parlant des perfon-

. nés, décider en bien ou en mal du mérite d'au-trui , de ses peníées, de les sentimens , &c. Dire sonsentiment, son opinion sur quelqu’un , sur quelquechoie. Volt. Judicium habere de aliquo. Juger biende la Poësie , de la Peinture, &c. En juger commeles aveugles des couleurs. Juger bien , juger mal deson prochain. Les ignorants jugent de tout témérai-rement. La charité consiste à juger bonnement d'au-trui, Sc fevérement de foi-même. Nie. Il faut jugerde loi même auffi sincèrement que d une peiffinneindifférente. Le C. de M. On juge tout diuéremmentdes mêmes personnes, selon que l’on est préoccupéde haine ou d’amour. S. Évr.

Vous dont la piété solide

Loire d’avoir d’indiscrets transports ,

Es pour juger d’autrui , toujours lente & timide.

Des h.

Juger , se dit encore en parlant des sens. L’œiljuge des couleurs, 1 oreille juge des fons. Judiciumaurium superbissimum , dit Cicéron. Discernementdélicat des oreilles.

Juger , signifie auffi, Prévoir , conjecturer. Facereconjecturam , conjectura ajfequi. On juge du beautemps du lendemain par le coucher du soleil. CetAstrologue a mal réuffi en jugeant cette nativité. CeMédecin entend bien le pronostic, il juge bien del’événement d’une maladie. On juge à la mine quecet homme est un fripon. On dit auffi qu’un joueurjuge bien la balle , quand il prévoir où elle doittomber. |jZt On dit auffi figurément & familière-ment , juger la balle , pour dire , prévoir quel tourune affaire prendra. Ac. Fr.

§ 3 “ Juger ; Croire , etre d’avis, de sentiment; estimer.Que jugaffu ous que je doive faire ? Il n’a pas jugéà-propos de venir.

ïjsF Juger , s’imaginer, se représenter dans son es-prit. Jugei quelle fut ma joie. Vous pouvez bienjuger que personne ne fut content d’un tel procédé.

Juger , se dit proverbialement en ces phrases. On ditqu’un homme juge comme un aveugle des couleurs,quand il juge mal d’une chose : quand il ne la con-noit point. On dit auffi juger à boulevue ; poutdire , au hasitrd , & sans examen. On dit auffi >juger fur 1 étiquette , quand on juge des choses lansles avoir bien examinées , & pesé les raisons depart & d’autre ; juger íur une simple apparence.

Jugé, ée. part. On ne peut revenir contre un arrêt »c’est une chose jugée. Anne Robert a fait un re-cueil d arrêts & de plaidoyers, qu’il a intitulé ,choies jugees. Bien jugé, mal appelé ; mal ] u § e ’bien appelé : ce font les formules d’Arrêts quand n.nJuge supérieur confirme ou caste la Sentence d unJuge subalterne. Ac. Fr. K3 Établir par de bonsmoyens le bien jugé d’une Sentence. Donner cau-tion de payer le jugé. Voy. Caution. Dans ces cas,jugé est pris substantivement.