J U R
JUPPIN. s. m, Voyei Jupin.
3 îo JUP
différence entre douze dégrés parcourus en un anpar Saturne, & trente parcourus par Jupiter, étantde dix-huit degrés , Jupiter seloigne de Saturne enun an de ces 58 degrés. Dix-huit dégrés font la dixièmepartie de cent quatre-vingt degrés, qui font la moitiédu cercle. Jupiter fe trouve donc au bout de dix ans•oppose à Saturne, 8c en dix autres années il le re-joint ; 8c par conséquent les conjonctions de Jupi-ter 8c de Saturne íe font de vingt ans en vingt ans :mais en vingt ans Saturne a parcouru les deux tiers duZodiaque , qui sont huit signes ; donc , la conjonc-tion de Jupiter 8c de Saturne se fait au huitièmesigne , à compter du point du zodiaque , d’où ilsfont d’abord partis ensemble. En soixante ans Sa-turne fait deux révolutions par le zodiaque, pendantlesquelles il fe joint trois fois à Jupiter ; defortequ a la troisième conjonction ils fe trouvent tousdeux au même point d’ou ils etoient partis ensemblesoixante années auparavant.
Jupiter , est un astre bénin , & est appelé par lesAstrologues la grande Fortune 3 & Vénus la petiteFortune.
Jupiter , chez les Chimistes, signifie de l’étain, &la calcination de Jupiter est de la potée, ou de lachaux d’étain. Nicot 8c Monet disent qu il signi-fie le cuivre. Mais ils fe trompent.
Jupiter , en termes du grand Art, signifie for philo-sophai. Les sages appliquent à leur Art tout ce quela fable a dit de Jupiter , 8c ils prétendent que lesfables doivent être entendues dans un sens figuré ;par exemple, Jupiter est le maître des dieux, c’est-à-dire que for est le premier 8c le plus précieux detous les métaux. Mercure est f Amballadeur de Ju-piter, cela marque la facilité que le mercure a à s’in-sinuer par tout. Jupiter a pour sceptre la foudre,c’est le soufre externe qui est employé pour f oeuvrede la pierre.
Jupiter a le ciel pour fa demeure ordinaire , celadésigne le volatil, chaud 8c sec. Enfin , les débau-ches de Jupiter, qui choisilfoit pour ses plaisirs laterre basse , mais prolifique & délicieuse, éar c’estainsi qu’on parle en langage du grand Art, mon- !trent quelle est la fécondité de la terre, Sc qu’on enpeut former for quand on sait la préparer. Jupiterest fils de Saturne , cela veut dire qu’il y a de la ref- jfemblance dans quelques qualités de for & du plomb.Jupiter. Terme de Fleuriste. Nom d’un ceuillet. Ju-piter, Junon , Mars, Mercure, Vénus , font toutesdivinités piquetées de brun fur un fin blanc , maisles fleurs en sont petites ; elles fe trouvent à Lille.Morin.
JUPITRISER. v. n. Vivre dans la débauche , dansl’impudicité , mener la vie de Jupiter, dont les Poe-tes parlent comme d’un dieu sort sojet à caution.
Henri Etienne , inventeur de ce mot , f adapteaux Papes , qu’il appelle dieux terrestres jupitri-\ans , c’est-à dire, selon son explication, imitateursdes actes de Jupiter. Il en cite quelques apocriphes dans son Apologie d’Hérodote , chap. 35 ?, 8cd'autres endroits de cet ouvrage, où il montre beau -coup de partialité & d’entêtement pour fa Religion.Le mot dont il s’agir ici est à la page 330 . du troi-sième tome de f édit. de la Haye 173 ;.
JUPON, f m. Petite jupe de dessous fort courte, queportent les femmes. UsT il ne dissere de la jupe queparce qu’il est plus court, 8c qu’on le porte délions. IIy a des jupons piqués, ouattés, &c. Supparum interius.
Du Lange dit que ce mot vient de gipo , qui dansJa balle Latinité a signifié pourpoint.
D’autres le dérivent de l’Italien guippona , quiest sonné de f Arabe guibba ,• ce mot a été porté enItalie par les Sarrazins. Le Père le Moine , cité aumot de jupe , appelle f habit des Sarrazins , jupe.
V?ye%_ ce mot.
Jupon, fo dit auísi dsone espèce de grand pourpoint,ou de petit justaucorps qui a de longues baíques , 8cqui n’a point de bulquière j qui 11 e ierre point lecorps, & qui est une espèce de veste propre pourl’cte. Laxior tunica.
J U R.
•
JURA. Ce mot ne fe met point seul, on dit 8c on écritMo nt-Jura. C’est une chaîne de montagnes qui se-pare la Franche-Comté de la Suisse. Jura. Jurajjusmons. Les Suisses croient rèsterrés de toutes parts parla nature du lieu ; d’un côté par le Rhin.... del’aurre par le mont-Jura , qui est entre la Franche-Comté 8c la Suisse.
Le Mont-; ara est une grande chaîne de mon-tagnes qui s’étend depuis le Rhin , près de Baie ,jusqu au Rhône, à quatre lieues au-dessous de Ge-neve. Cette montagne partageoit autrefois la Bour-gogne en Cisjurane & Transjurane. Elle séparemaintenant la Suiíle du Comté de Bourgogne 8cdu Bugei. On lui donne divers noms en divers en-droits , c’est le grand Credo le long du Rhône, lemont saint Claude entre le Comté de Bourgogne 8cle Bugei , le mont Joux, vers les sources du Dain8c du Doux y 8c Piereport, ou Botzberg, fur lesconfins de l’Évêché de Baie , 8c des Cantons deBaie 8c de Soleure. Maty.
Jura. Nomd’une île d’Écoste. Jura. Elle est une desWesternes , 8c elle n’est séparée de la presqu’îleCantyr , que par un canal d’une lieue de largeur.Elle peut avoir neuf lieues de long , 8c trois delarge. Il n’y a que des bourgs , ou des villages. ,dont le principal porte le nom de l’íle. Maty.JURADE. f. f. Collegium Senatorum , Patrum conseri -ptotum , Conj'ulum. C’est ainsi qu’on appelle leCorps 8c. f Assemblée de l’Hôtel de Ville à Bor-deaux , &c. composé de ceux qui ont été dinars.Assembler la Jurade. Teute la Jurade étoic allem-blée.
IVRAIE. Voyei Ivroie.
JURANDE, si si Charge qui fe donne par électiondans les corps des Attisons à deux ou à quatre An-ciens pour présider à leurs aílemblées , 8c avoirfoin des affaires de la Communauté ; faire recevoirles apprentis 8c les maîtres, empêcher les entre-prises qui fe four fur le métier , 8c en faire ob-server les statuts 8c les réglemens. Le temps de lajurande ne.dure qu’un an ou deux.
ifc? Jurande , fe dit auísi du corps des Jurés. Toutela. jurande s’alíèmbla pour délibérer.
JURAT. f. m. Juratus , Conscriptus , Consul , est lenom qu’on donne aux Consuls 8c Echevins de Bor-deaux , 8c d’autres villes de Gascogne , comme àceux de Touloule celui de Capitouls.
Jurat. On le dir aussi dans les villes de Béarn. Parmiles Députés des États de Béarn, qui rendirent hom-mage au Roi 8c lui firent le ferment de fidélité le31 Mars 1723 , étoient le Jurat tic M or las, le Jurâtd’Oleron , le Jurat de Lambeye , & le Jurat deBruges.
JURATOIRE. adj. Jusjurandum. Terme de Palais, q u *ne le dit qu’en cette phrase j II y a eu provision defa personne , main-levée d’une saisie à fa cautionj aratoire. C’est une foumisiion qu’on fait à f Audien-ce , ou au Greffe , de fe représenter, ou les bienssaisis , toutefois 8c quantes que pat la Justice fe saordonné. Juratoire , qui est accompagné de fer-ment.
IVRAYE. Voye\ Ivroie. ,
IVRE. adj. m. 8c f. Quia trop bu de quelque liqueur,dont les fumées troublent le cerveau 8c offusquentla raison. Ebrius , vinolentus , madidus , vino obs'tus. Les gens áu Nord ne quittent point la table»qu’ils ne soient ivres. Il ne faut point raisonneravcc un homme ivre. On dit aussi , Je ne sois 111sou, ni ivre ; pour dire , Je sois en mon bon son 5 ’
On voit des Orateurs qui, comme s’ils étoient ivre^fe laiílent emporter à des passions qui ne convie»nent point à leur sojet. Boileau. .
On dit proverbialement , ivre comme une Loup^iyre mort ; pour dire , un homme qui est si u