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julien a perdu tout sentiment. Vmi plenus , mersusvino.
On le dit au figuré de celui dont Fesprit est trou-blé par quelque paiïìon. Etre ivre de vanité, d’or-gueil, d’amljition. Ivre de ses grandeurs Sc de sonopulence. L’homme en ía propre force a mis fa
confiance, &c. Rous.
JURÉ. f. m. Juratus. Marchand, ou artisan élu parson corps pour avoir droit de visite sur les autres,pour foire observer les statuts & réglemens , & em-pêcher les entreprises fur le métier. Les Jurés ontdroit de saisir les ouvrages mal conditionnés , quandils vont en visite avec un Officier de Police.
On ne reçoit pas un Maître qu’en présence Sc duconsentement des Jurés. On croit en Justice le rap-port des Jurés , fur la mal-façon d’une besogne.
f£T Dans ce sens il est aussi adjectif. Les Maîtres Jurésont fait leur visite. Il y a aussi des Maîtresses Juréesdans les Communautés qui ne font composées quede femmes , comme les Lingères , les Couturiè-res. &c.
¥ 3 “ Dans les anciennes déclarations des Rois de Fran-ce , au sujet des Corps des Marchands & des Com-munautés des Arts Sc Métiers , on appelle Villesjurées , Bourgs jurés , des villes Sc des bourgs dontles Corps & Communautés ont des Jurés.
Jurés , se dit aussi de certains Officiers préposés pourfoire des rapports & des visites. Il y a des Jurés Mé-decins , Chirurgiens, tant au Châtelet qufou Par-lement , pour visiter les malades Sc les blessés. Il ya des Jurés des œuvres de Maçonnerie & de Char-penterie , pour visiter les ouvrages. Il y a des Jurés-Mouseurs de bois préposés pour foire mesurer lebois. Il y a des Jurés -Vendeurs de vin , de marée.Sc de poisson frais Sc salé , de cochon , de volaille ,<&c. qui sont commis pour recevoir les deniers deces marchandises qui se vendent au marche, Sc lesfoire bons aux Marchands forains. On appelle aussiles Jurés Crieurs de corps Sc de vins , des Officiersqui alloient autrefois crier par les rues le prix duvin qui étoit à vendre chez le bourgeois , Scles choses qui croient perdues , mais qui nefervent aujourd’hui qu’aux cérémonies des enterre-mens. Il n’y en avoir ci-devant que vingt-quatre ,qui ne se trouvoient tous ensemble qu’aux obícquc^des Rois. On appelle un écolier Juré , celui qui a étu-dié cinq ans en FUniversité de Paris , & qui en a let-tres Sc certificat du Recteur , pour être ensuite reçuMaître ès-Arts.
On appelle ennemi juré , un ennemi dangereux ,irréconciliable.
Juré , se diíoit autrefois pour Échevin, comme Juratse dit encore en quelques endroits. Juratus , Cons-criptus , Consul. On nommoit. communément lesEchevins ( à Caën ) Bourgeois jurés , on les quali-fia depuis Jurés Sc commis au Gouvernement defo vilse -, Conseillers Jurés au Gouvernement deCaën ; Conseillers Sc Gouverneurs de la Ville, Sce nfin Échevins. Les autres Officiers de la villeSappelosent petits Jurés. Huet , Antiq. de Caen ,c - XIII. Le Greffier de la ville étoit nommé ClercJuré , Notaire & Clerc , Clerc Sc Greffier de la'ille. Id. il. r '
On appelle en Sorbonne Juré , un étudiant queles Professeurs de Sorbonne nomment pour signerles attestations conjointement avec eux. Juratus. Uneattestation doit être signée par^quatre Jurés , autre-ment c H e n ulle valeur , Sc le Professeur
«e la pourroit pas signer.
uRe bu Marteau , qsson nomme aussi Juré duCUir tonné. On appelle ainsi dans les trois Commu-nautés d’artifans qui travaillent en cuir dans la villej faubourgs de Paris, ceux qui font les Gardiensmi marteau avec lequel se marquent les cuirs forains,°tt à la Halle au cuir , soit au Bureau des Ven-geurs de cuir , Sc qui les vont marquer auxdits lieuxtoutes les après-dinées.
de ta Visitation Royale. C’est ainsi que* °n nomme dans la Communauté des Corroyeurs ,
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les quatre grands Jurés à qui il appartient de foireles visites tous ses mois , chez les Maîtres dela Communauté, & les visites tous les deux moischez les Maîtres Cordonniers, conjointement avecles Jurés de la Cordonnerie.
Jurt de la Conservation. C’est le nom que l’ondonne aux quatre petits Jurés des Maîtres Cor-royeurs de Paris.
Jures Teneurs de Livres. C’est celui qui est pourvupar Lettres Patentes du Roi, Sc qui a prêté sermenten Justice , pour 1 a vérification des comptes Sc cal-culs , lorsqu’il y est appelé.
Juré. En Angleterre on appelle Jurés , douze person-nes dont le criminel convient , Sc qui doivent pro-noncer s’il est coupable, ou non. Ces douze Jurésdoivent être de la même classe , ou de pareillecondition qúe l’accufë, Sc si c’est un étranger, ilpeut demander a être jugé par six Jurés de fa na-tion , ou six étrangers s’il n’y en. a point de fa na-tion ; les six autres doivent être Anglois. On enpropose d’ordinaire trente-fìx , Sc Paccuse est obligéd’en accepter douze ; il peut récuser les autres.Ces douze Jurés sont présens à toute l’instructiondu procès qui se fait en public : après quoi ils seretirent dans une chambre où on les enferme fansfeu, ni chandelle, Sc fans leur donner à boire,Sc à manger , juíqu’à ce qu’ils aient déclaré d’unconsentement unanime , si l’accufé est coupable ,ou non , du crime dont il est accuse , sor quoi leJuge lui impose la peine prescrite par la loi : carles Jurés ne prononcent que sor le fait.
JURÉE. f. f. Terme de coutumes. Droit de jurée , estun droit qui íe doit pour la jurifdiction Sc connoifofonce des causes. Bourgeois de jurée , hommes , fem-mes de jurée , font des Bourgeois , d es hommes ,des femmes , qui doivent au Roi, ou au Seigneurhaut-justicier, un certain droit, à savoir , par an sixdeniers pour livre des meubles , & deux deniersdes immeubles, à moins qu’il n’y ait quelque abon-nement. On dit lever, payer la jurée.
Jurée, se prend aussi dans les Coutumes en quel-ques endroits pour jurement , serment. Sacramen-tum.
IVRÉE. Nom d’une ville de Piémont, en Italie. Epo-redia. Elle est capitale du Canavez, & située sor laDoria Baltea, à sept ou huit lieues de Turin, vers lenord. Cette ville a été long tems Impériale ; l’Empe-reur Frédéric II la donna l’an 1349, à Thomas II,Duc de Savoie, dont les Succcelseurs Font possédéejusqu’aujourd’hui. Elle est bien fortifiée , défenduepat une bonne citadelle, & elle a un Évéché suffra-gant de Turin. Mat y.
Dans le théâtre du Piémont, on écrit Yvrée. M.Corneille écrit Ivre'e Sc Yvrée. La ville d’Yvrée,que les Latins appellent Eporedia , Sc les ItaliensIvrea , est située à Feutrée de cette partie des Alpesque les Latins nommoient Alpes Pennina. Elle estsor la rive gauche de la Doire, à l’endroit où elle fortde la Val d’Aouste , pour entrer dans le Canavois.Velleïus Paterculus nous apprend que les Romains ,avertis par les oracles des Sibylles, y envoyèrent uneColonie, Marius étant Consul pour fo troisième fois „Sc Valéri-us Flaccus pour la première. Ils lui donnp-rent le nom d’ Eporedia , parce qu au témoignage dePline, les Gaulois appeloient Eporedicos , ceux quis’entendoient à dompter Sc à di.eller les chevaux, soitque les habitans d ’Yvree s y occupallent, soit que lesRomains y en entretinssent un grand nombre aux dé-pens du public , Sc ses y fissent exercer. Théâtre duPiémont., p. 1 1 j. Aymoin , ou son Continuateur,dans ses Annales de France, donne par corruption àla ville à’Yvrée , le nom d’Eboreia. Id. Les Auteursdu temps d’Aymoin la nomment Iporegia , Iporegien -fis civitas , lvoreia , qui ne sont que des corruptionsde son véritable nom. Elle est située en partie sur unecolline, dont la montée est douce Sc aisée. Id. On n’ycompte qu’environ six mille âmes. Iv.
Le Marquisat d’Ivréc. Eporedienss Marchionatus .C’étoit anciennement un État de l’Ifalie, ses Souve-