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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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rains étoient descendus des Rois d’Arles. Cet Etatcomprenoit le Canavez, la partie d u Piémont qui cilentre la petite Sc la grande Doria , le Bielez, la partieoccidentale du Vercellois & la partie du MontferratSavoyard, qui est entre Je Canavez & le Pô. Ce Mar-quisat ne subsiste plus, on en donne pourtant le noma u Canavez qui rsen est qu’une partie. Matv.

UsT JUREMENT. s. m. Affirmation qu’on fait d’unechose, en marquant cette affirmation d’un íceau dereligion. Jurandum , jusjurandum , sacramentum.

On divise communément le jurement en alsertoireSc en promiíloire. Pontas. Le premier le fa.it pourasturer une chose présente ou paslée; le fécond regar-de P avenir & le Fait pour asturer une promeste. Conf.h’Ang. Souvent en jurant on se contente d attesterDieu, c’est-à-dire, de l’invoquer comme témoin dece que l’on jure; ce jurement le nomme invocatoire.Quelquefois on ajoute 1 exécration ou l’imprecation,3c c’est lorsque non seulement on prend Dieu pourtémoin, mais qu’on 1 appelle encore pour Juge ôcpour vengeur du parjure, en le souhaitant du nul, ouà d’autres, si la chose n’cst pas comme on la dit, oubien si l’on ne tient pas la promeste que l’on fait.Idem. Le jurement le divise encore en simple Sc ensolennel. Le jurement simple est celui qui le fait entredes personnes privées & lans aucune solennité. Lejurement solennel est celui qui le Fait en public avecquelque solennité; par exemple, en touchant de lamain l’Évangile , ou en Justice en levant la main.Idem. Enfin le jurement se divise en verbal, réel Scmixte. Le jurement verbal se fait par les paroles, leréel par les actions; par exemple, enlevant la maincomme font ordinairement les Laïcs en Justice, ouen ia portant fur fi poitrine comme font les Ecclésias-tiques, ou en touchant le livre des Evangiles, unerelique ou quelque autre choie sacrée. Le mixte sefait & par paroles Sc par actions. Si ces actions le fonten invoquant expressément le nom de Dieu ou quel-qu’un de ses attributs, c’est un jurement exprès & di-rect : mais si on jufe par quelque créature ou sacréeou profane, c’est un jurement implicite, virtuel Sc in-direct, parce qu’il a rapport à Dieu, puiíqu’onne jurepar les créatures qu’entant qu’elles ont rapport à leurCréateur. Idem.

|ssPJ urement , le prend quelquefois comme synonymede serment , c’est-à dire , pour l’affirmation d unechoie que l’on fait en justice, Voye\ Serment.

fh? Mais le mot de juremcns , au pluriel, lignifie tou-jours blasphèmes, imprécations, exécrations. Verbaexsecrantia. Voyez ces mots. Cet homme fait d’hor-. ribles juremcns. S. Louis fit des régîemens très sévèrescontre les juremens Sc les blasphèmes; &C un Bour-geois de Paris ayant blasphémé avec des paroles infâ-mes, le Roi lui fit marquer les levres d’un 1er chaud,pour servir d’exemple.

Quelques Souverains Sc quelques particuliers ontaffecté d’avoir un juron qui leur fût propre, comme siç’avoit été une devise. Louis XI. juroit Pâque-Dieu.

. Charles VIII. Jour de Dieu. Louis XII. Le diablem'emporte. François I. Foi de Gentilhomme. Char-les Quint, Foi d’homme de bien, Charles IX. toutesfortes de juremens. Flenti IV. Ventre saint gris. LaTremouille qui, en i j i ?, soutint contre les Suisses lesiège de Dion , La vraie corps-Dieu. Charles deBourbon, Sainte Barbe. Philibcrt, Prince d’Orange,Saint Nicolas. La Roche du Maine, Tête-Dieu plei-ne de reliques .Le Capitaine Bayard, Fete-Dieu ,

Fayard . Voilà l’article au long , tel qu’il se

trouve dans le Glostàire Bourgui

mon, au

mot Fête

Del. Paíquier, chap. 2. du huitième liv. de ses Re-cherches ^ après avoir dit que Goi est une corruptionde Got, qui signifie Dieu , explique Vertugoi parVertu Dieu, Sangoi par Sang-Dieu, Morgoi parMort Dieu, Sc Jatnigoi , par Je renie, &c. GlossaireBourguignon au mot Jarnic. Le Pere Gara Ile , dansla Doctrine curieuse, dit que Paíquier n’osoit jurerVertuguoï , & qu’il oioit bien dire que le Pape est lesteau de l’Égliíe. Maugré , qu’on a dit anciennementpour malgré, s’est conservé dans Maugrébieu , jure-

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ment que le timoré Pellisson déguise en Madrébi dansllmpromptu qu’il rapporte , lait par Blot contre Voi-ture. On dit encore maugréer , pour jurer , blasphé-mer.. . Glossaire Bourguignon au mot Maugrai. Voy.ausiì i’Hilt. de l’Ac. Fr. Nos Anciens.uloient du parDieu fans scrupule... Les Cavaliers , dans l’Amadis ,ne jurent jamais autrement GlosJ. Bourg, au mot P a-dei. Tout, jusqu’aux Prêtres Sc aux femmes, dit parDieu dans les cent Nouvelles Nouvelles. C’étoit ausiìle jurement de Montagne. Quand je jure, dit il, selonmoi, c’est feulement par Dieu , qui est le plus droitde tous les lermens. Essais , liv- 3 . ch. f.

§3“ Jurement, Juron , Serment , synonymes. Le ser-ment le fait proprement pour confirmer la sincéritéd’une promeste ; le jurement , pour confirmer la véritéd un témoignage ; Sc le juron n’est qu’un style dontle peuple le lert, pour donner au discours un air as-sure & prevenir la défiance. Voye 3 ; Serment Sc Ju-ron. Syn. Fr.

Le mot Referment est plus d’ufage, pour exprimerFaction de jurer en public Sc d’une manière solen-nelle. Celui de jurement exprime quelquefois dei’emportement entre particuliers. Celui de juron tientde l’habitude dans la façon de parler. Les fréquensjuremens ne rendent pas le menteur plus digne d’êtrecru.

JURER. v. a. Sc n. Affirmer avec serment, promettresolennellement. Jurarc. L’Ecriture applique ce termeà Dieu même. Dieu a juré Sc ne s'en repentira point,Pseaume 109 . Il a juré à Abraham notre pere, qu’ilse donneroit à nous. Cantique de Zacharie. LesPayens ont fait ausiì jurer leur fiux Jupiter par leStyx. On juroit autrefois par la tête de l’Empereur.Voye’j Juste-Lipse íur les Annales de Tacite, L. I. ScLa Cerda, Jés. íur le Ch. XXXII e de l’Apologétiquede Tertullien.

Ce mot vient du Latin jurare , qui, selon quelques-uns , est dit comme Jovem, orare , tesari , prendreJupiter à témoin. C’est le sentiment de Berman. D’au-tres disent que jurare eft in jure aliquid asjerere : cequi ne le fait guère lans en venir au jurement.

Jurer , se dit plus particulièrement des protestations 8Cdes sermons qui fe font solennellement à l’Église Scen Justice. On juroit autrefois dans les Églises fur laCroix, sitrl’Autel, fur. les Évangiles, les Canons Scfur les fumes Reliques. Les Rois ont juré la paix furles Évangiles. Us jurent dans leur Sacre de conserverla Religion & l’État. On lait jurer aux Magistrats SCaux Officiers l’observation des Ordonnances; aux peu-ples, aux soldats, fidélité & obéissance. On fait jureraux gens qui fe marient une fidélité réciproque, ilfaut qu’on jure Sc affirme vrais les comptes qu’on pré-sente en Justice; la vérité de la dette pour laquelleon est colloques La formule de jurer devant le Juge,est de lever la main & de promettre de dire vérité.Celui qui jure à faux, qui fait un faux serment, estinfâme. Autrefois on fe purgeoit de crime en jurant ,Sc celui qui en etoit accusé s’étant purgé par ferment,en etoit quitte ayant vingt Chevaliers , gens d ecreance, qui juroient pour lui, qu’il avoir fait un bonserment & dit vérité, lesquels on appeloit Compurga- -teurs.

On emploie ce mot dans le style des fables & daN§le style burlesque, comme dans le style sérieux.

Les loups & les brebis de tout temps en querelle JMais certain politique loup ,

Joua fi bien son rôle , & fit fi bien son coup ,Qu’ils jurèrent entre eux une paix éternelle .

Le Noble.

Jurer, se dit ausiì de plusieurs affirmations partictihssres. J’en jure fur mon honneur, foi de Chrétien, ^

de Gentilhomme. Il ne faut point jurer fur les P al "Rles de son maître, c’est à-dire , le croire aveugment, soutenir ses opinions avec opiniâtreté. J £S . jChrist a dit qu’il ne falloit point jurer par le clC ^ *parce que c’étoit le trône de Dieu ; ni par la tc: ^ ’parce que c’est l’escabeaude ses pieds, ni par N te,parce qu’on ne peut changer un cheveu j maïs ^