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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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JUS

cn François, ces paroles : Il donna adonks à l’Évesk ju ne juste d'argent, pleine de pycment.

JUS

Ziy

E t vous illeve un damoisel ;Une juste sous son mantel. R.

de Vacce.

Ce mot vient du Latin justa , comme si l’on disoitjuste mesure. Dans les coutumes , Droit des justesSc mesures, c’est le droit que le Seigneur a de don-ner les mesures dans la terre.

JUSTE-AU CORPS. Voye^ Justaucorps.

JUSTEMENT, adv. Avec justice , équitablement. Jus-te. Cet Hérétique a été justement condamné.

Justement, lignine encore préciíément , à point nom-mé. Vous êtes tombé justement dans ma pensée. Ilarriva justement au point que les Perses mettoientle feu. Justement , i vivant cette doctrine cette grâceest suffisante. Pasc.

JUSTESSE. í. f. Précision , exactitude, régularité àfaire une chose comme elle doit être faite. On ledit également au propre Sc au figuré. Diligentia 3conformitas 3 solertia 3 cura. Cet Astronome a cal-culé des Tables avec une grande justesse. II y aune grande j sieste d accords dans cè concert. Cecavalier manie un cheval, il va fur toutes les voltesavec une grande jujleste. Tirer avec justesse. Chanter avec justesse.

Justesse , Te dit auffi en matière de langage , depensées , d’esprit, de goût & de sentiment. La justese du langage consiste à s’expliquer en termes pro-pres & choisis , ne dire ni trop ni trop peu. On doitajouter au choix des mots leur union Sc leur arrange-inent. Cette justesse du langage a souvent quelquechose d’arrecté. On prétend , dit le P. Bouhours,que cette extrême justeste dans le choix de Tarran-gement des paroles , aftoiblit les pensées , amortitle feu de 1 imagination, & dessèche le discours. Cequi est vrai dans tout ce qui est du reílort de Timagi-nation. La justeste du langage est essentielle auxsciences exactes, comme la Géométrie, &c. maisdans les autres, comme la Poésie, il faut bannirune raison scrupuleuse, qui par un trop grand atta-chement à la justeste , ne laisse rien de libre Sc denaturel.

La justeste d une pensée , est une extrême exac-titude dans la pensée , enferre qu’elle n’ait rien defaux 3 & qui ne convienne au sujet ; c’est-à- dire ,qu’elle consiste dans la vérité & dans la parfaite con-venance au sujet ; ensorte que , selon l’exprcísiondu P. Bouhours , une pensée juste est une penséevraie de tous les côtés , & dans tous les joursqu’on l’a regardée.

La justeste d’esprit sait démêler le juste rapportque les choies ont ensemble. L’esprit de justesteconsiste à pénétrer vivement Sc profondément les^conséquences des principes. Pasc.

Le Chevalier de Méré qui a fait un discours dela justeste d esprit distingue deux sortes de jusíe ste , l’une de goût & de sentiment, & l’autrequi vient du bon sens Sc de la raison. On ne peutpas donner des règles assurées pour la première ,qui fait sentir ce qu’il y a de fin Sc d’exact dans lejput 3 dans le choix d une pensée Sc dans celui de1 expression. Les honnêtes gens 3 dit S. Évr. n’ontq ue faire de leçons : ils connoissent le bien par lajusteste de leur goût. L’autre consiste, comme nousav °ns dit , dans le juste rapport que les chosesont entr elles.

Op dit dans le même sens , la justeste des caf a àes. Dans le ,Poëme Épique, il faut siar toutíw, 1 ® Sarder la justeste des caractères. Le P. Le B.

Précision , synonimes. La justeste , dit• 1 Abûe Girard, empêche de donner dans le faux ;ce la précision écarte sinutile. Le discours précisu n e marque ordinaire de la justesse d’espritJUSTICE, s. f. Justitia. Ce terme en général estUne vertu qui nous fait rendre à Dieu, à nous-ppemes & aux autres hommes , ce qui leur esta chacun. Elle comprend tous nos devoirs !

être juste de cette manière, c’est être vertueux.Ís3* Dans une acception moins générale , la ustìce estune des quatre vertus cardinales. On la définit enDroit, une volonté terme & constante de rendre à cha- 'cun ce qui lui appartient. Les Jurisconsultes distin-guent deux lottes de justice , lune communicative 3qui met de la droiture dans le commerce qu’ont leshommes les uns avec les autres, elle concerne lecommerce, les échangés & les ventes : Et l’autredistributive , qui règle fur Péquiré la décision deleurs différends , Sc attribue à chacun ce qui luiappartient. La première est celle des particuliers.Elle est appuyée íur la droiture , qui renferme la sin-cérité dans les paroles , & la bonne foi dans lestraités. La sincérité fait naître la confiance mutuelle,fi nécessaire entre les membres daine même íociéré :

dû

la bonne foi dans les traités, la conserve & la main-tient.

fsT La justice distributive est celle des Souverains Scdes Magistrats. Elle réside dans la personne du Sou-verain , confiée , quant à ^administration , aux Ma-gistrats. La justice distributive se divise en rémunéra-tive , punitive, & civile. La rémunérative demandeque l’on récompense selon les mérites ; la punitiveou vindicative , que l’on punisse à proportion descrimes Sc des forfaits; la civile que l’on distribueles charges de l’État & les impôts selon les facultésde chaque citoyen. La justice est fondée fur un or-dre constant de la raison. S. Évr. En Rattachantà l’esprit de la loi dans toute fa rigueur, l’on s’éloigneaisément de l'équité , qui est naturellement contraireà cette justice intséxible qui ne pardonne rien. Id.Quelquefois par une salifie pitié, &: fous les appa-rences trompeuses de 1 équité , Ton s’éloignc des rè-gles de la justice. C. B. L’amour de la justice n’est ,en la plupart des hommes , que la crainte de souf-frir l’injustice. La Roch. La base Sc le fondementdu trône des Rois , c’est la justice , non parla craintedes loix, mais par leur propre inclination. M. Esp.

T Cette division de la justice en distributive & per-mutative , est incompletre , dit Burlamaqui , puis-qu’elle ne renferme que ce que Ton doit à autrui envertu de quelque engagement où Ton est entré 3quoiqu’il y ait plusieurs choses que le prochain peutexiger de nous à la rigueur , indépendemment detout accord Sc de toute convention.

C’est pourquoi ce judicieux Auteur dit qu’on peutdiviser la justice en général en parfaite ou rigoureuse ,

& imparfaite ou non rigoureuse. La première estcelle par laquelle nous nous acquittons envers leprochain de tout ce qui lui est dû en vertu d undroit parfait Sc rigoureux, c’est-à-dire, dont il peutraisonnablement exiger Texécution par la force , siTon n’y satisfait pas de bon gré& c’est dans ce sensétroit que Ton prend le plus souvent le terme dejustice. La seconde est celle par laquelle on rend àautrui les devoirs qui ne lui font dûs qu’en vertud une obligation imparfaite & non rigoureuse, quine peuvent point être exigés par les voies de la con-trainte ; mais dont Taccompliííement est Listé al’honneur Sc à la conscience d’un chacun. Ces sortesde devoirs font pour Tordinaire compris fous lenom d’humanité, de charité , de bienveillance, paropposition à la justice rigoureuse & proprementainsi nommée. Un Pauvre n’aquun droit imparfaità Taumône qu’il demande. Le Riche qui l a refuse,ne pèche pas contre la jistice proprement dite, Sc

rigoureuse. .

rpr L’on pourroit encore subdiviser la justice rigou-reuse en celle qui s’exerce d’égal à égal, & cellequia lieu entre un supérieur Sc un inférieur. Celle-là est d’autant d’espèces différentes qu’il y a de de-voirs qu’un homme peut exiger de tout autre hom-me , considéré comme tel, & un citoyen de toutautre citoyen du même état. Celle-ci renfermeraautant d’eípèçes qu’il y a de differentçs sociétés, cùles uns commandent Sc les autres obéissent,j Justice , se dit aussi , tant de cette vertu de Dieu , quij le porte à rendre à chacun selon ses œuvres , que

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