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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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•de Pexereice de cette vertu. Cicéron dit que îa jus-tice ne peut être en Dieiij parce qu’eiie ne regardecue ia société des hommes. lF- n’y a point de -j - u sme ent re- Dieu d é ì es- homm es, parce qu il ne leu rdoit rim, Le Mai. Faut-il s étonner que les peuplesqui gémissent íous le joug du péché , sentent le poidsde la justice divine ì Fl. Tremblons en pensant à lajustice vengereíle de Dieu. Cl. Dieu afflige les bonspour les éprouver , & les médians pour les châtier.La justice divine se justifiera un jour des reprochesde notre impatience. S. Évr. O Dieu ! mes larmesimplorent votre justice. Le Mai. Souvent Dieu nousprive par des justices lecretes des choies que nouspossédons ici bas. Ab. de la Tr. S. Bernard se 1er-voit de la vue de la justice de Dieu contre fa négli-gence & fa paresse. Id. Communément on dit lesjugemens de Dieu , Sc non point les justices deDieu. Oui, Seigneur , je reconnois vos grâces dansvos justices mêmes. Mad. de la Vall.

Justice , se dit auílì, à 1 égard des hommes , de la pra-tique & de F exercice de cette vertu , de Fexécutiondu pouvoir de rendre à chacun ce qui lui appar-tient. Le Roi a commis aux Magistrats le foin derendre la justice. Le Juge qui veut s’agrandir ,change en souplesse de cour, le rigide Sc inexorableministère de la justice. Boss. Ce sage Magistrat étoitFerme dans l’administration de la justice. Fl. DansTancienne Rome un père, par une justice farouche ,faisoit mourir son fils , pour avoir fait une belle actionqusil n’avoit pas commandée. S. Evr. La justicegémit fous un amas de loix 8c de formalités embar-rassées. Fl.

Justice , se dit encore de l’expédition des affaires.Le Parlement est chargé d’un nombre infini de pro -cès, & on n’y peut avoir justice. Déni de justiceVoy. Déni.

Justice, sedit auílì des jugemens équitables que por-tent les particuliers. L’Flistoire en représentant levice avec des caractères d infamie , a donné un freinaux paissons des Princes , parce quelle leur faitcraindre la jistice impitoyable des Fíistoriens. Va.Personne ne íe fait justice , ni sur le mérite, ni surPambition. S. Evr. Il faut rendre justice à tout leinonde. Sc être bien aise que les autres ayent dumérite. Bell. Le public vous rendra justice sansque vous ayez la honte de l’en solliciter. S. Evr.On dit, par compliment, à celui qui se défend deshonneurs qu’on lui rend , ou des louanges qu’on luidonne, qu’on rend justice à son mérite.

Justice , signifie encore , Bon droit, raison. Je iTaid’autres sollicitations pour moi que la justice de mesprétentions. Ne comptez point lì fort fur la justicede votre cause. Caton se tua de désespoir que la jus-tice de ion parti eût été trahie par le caprice de laFortune. M. Esp. On vous blâme avec justice.Vous avez tort, j'ai la justice de mon côté. Justicese dit aulìì des sentences, des arrêts, Sc signifie équi-té , conformité au droit. Il en a reconnu la justice( de la sentence ) par rapport à tous les autres.De Sacy.

Main de Justice , est une espcce de sceptre qu’onmet à la main gauche du Roi vêtu de ses omemensroyaux , qui a la figure d’une main au bout, pourmontrer que la souveraine puissance de rendre lajustice réside en sa personne.

Lit de Justice , est une séance solennelle que le Roifait en son Parlement de Paris fous un haut dais,avec pompe & cérémonie, dans des occasions im-portantes pour le bien de son État. Voye^ Lit.

On dit , Mettre en la protection & sauvegardedu Roi 8c de la justice , quelque personne , quandelle se plaint 8c quelle est menacée par des ennemispuilíàns. Alors ils deviennent responsables de cequi arrive à cette personne.

Justice , signifie aussi quelquefois, Rigueur , Sc estopposée à grâce. Un Chevalier de justice est celuiqui a fast exactement ses preuves de Noblesse. LeRoi.daus ses lettres de rémission dit, qu’il veutproférer miséricorde à justice.

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Justice , se dit aussi du corps des Officiers commispour rendre la justice. Judices , cognitores. Il y a euun grand tumulte en un tel quartier , la Justice a étcobligée de s’y transporter. On appelle frais de Jus-tice , non-seulement les frais des actes & procé-dures nécessaires pour la poursuite, mais aussi lesalaire des Juges pour le jugement d’un procès.

N’imite point ces fous , dont la sotte avariceVade ses revenus engraisser la Justice. Boit.

Quelle somme d’argent !

Qu’il vous en va coûter! Songe^-y bien , Madame*De Vavide Justice appréhendes la dent.

M. De Themiseul.

Sous le nom de gens de robe on comprend lesgens de Justice , & les Eccléí.astiques. II est alléréclamer le secours de la justice ; cela s’entendquelquefois d’un simple Commitlaire. On appelleironiquement un Sergent, Membre de Justice.Justice , se dit aussi du siège , du tribunal,où se rend lajustice, de la qualité, de l'étendue & des marquesde la Jurisdiction , & de la propriété de la justicequi appartient au Roi , ou aux Seigneurs; Je mefuis ppurvu en justice. Je l’ai fait appeler en justice.Le procès est pendant en justice , en un rel siège.J’ai observé coures les formalités de jujtice. La jus*tice du Châtelet, des Consuls, &c.

#3* JUSTICE & JURISDICTON , signifie ordinaire-ment la même chose : Néanmoins justice se ditproprement des Juges des Seigneurs , 8c elle estappellée subalterne ; & la jurìsdicHon se dit des Ju-ges Ecclésiastiques 8c des Juges Royaux.

$3°Quelques Auteurs, par justice , entendent la pro-priété de la justice qui appartient aux Seigneurs, àcause de laquelle ils son: appelés bas , moyens 8Chauts Justiciers ; & par le mot de juristdiciion , ilsentendent au contraire l’administration & f exercicede la justice , qui se fait par les Officiers du Sei-gneur.

|sT Au reste , quoique par le mot de justice on entendeordinairement la justice seigneuriale ; cependant oncomprend aussi fous ce terme la justice royale , quandil est pris généralement, pour le droit de rendre àchacun ce qui lui appartient. Ainsi l’on distinguedeux sortes de justices , celle que le Roi fait exer-cer en son nom, 8c celle des Seigneurs.

@3“ La justice royale est celle que le Roi fait exercesen son nom par des Officiers de judicature. C efoin fut d’abord confié aux Comtes , qui avoietUfous eux des Lieutenans , qu’on appeloit , selon 1®différence des Provinces, ou Vicomtes , quasi co -mitis vicem gerentes j ou Prévôts , quasi prœpost tljuri dicundo ; ou Viguiers , quasi vicarii comitum iou enfin Châtelains , quafi castrorum comités.

Il y a trois degrés de justice royale. Le premisest celui des Châtelains , Prévôts royaux , ou VTguiers. Le second est celui des Baillis , Sénéchau*ou Présidiaux. Le troisième est celui des ParlenaeM-Voye% ces mots. ., r

fss? La justice Seigneuriale est celle dont la pr op^ teappartient à un Seigneur, qui la fait rendre en 1°nom par des Officiers qu’il établit lui-même a ceffet. Comme la justice appartient au Roi fcUf epropriété ; celle des Seigneurs ne leur appss^^sspas jure proprio , mais feulement par concelsi° !1 /Prince , par une longue possession qui la fast F 1fumer. ^

?CP Les justices seigneuriales sont de trois sortes >haute, la moyenne 8c la baffe.

La haute justice est celle d’un Seigneur qui avoir de fixité condamner à une peine capital.’ cde juger de toutes causes civiles 8c crimine*excepté des cas Royaux. La moyenne justice a / ^de juger des actions de tutelle Sc injures ,Pamende ne peut excéder soixante sous. Lajustice connoît des droits dûs au Seigneur , * a cgât de bêres & injures , dont l’amende n ^ x ^jet'