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excéder sept feu s íìx deniers , Sc qn l’appelle autre-ment jufiice foncière.
Les Auteurs ne s’accordent nullement fur l’ori-gine des Juflices Seigneuriales , Sc encore moinsfei' la distinction de haute , moyenne & baffe Jufiice.Quelques uns prétendent que du temps de Charle-magne il n’y avoir que des Juges Royaux , & quece n’est qu? dans la décadence , Sc la foihlelíè dela race Carlovingienne , que les grands Seigneurss emparèrent de la Jurifdiction , Sc s attribuèrentf autorité fur leurs vassaux. ffT Les Comtes fe ren-dirent maîtres des villes & des provinces dont ilsCavoienc eu jusqu alors que le gouvernement : ils«'arrogèrent dans leur Domaine le droit de jufiice ,qu'ils firent exercer en leur nom, par des Officiersqu’ils créérent à l’exemple des Rois leurs maîtres.Cette usurpation donna lieu à ceux qui avoient degrandes terres d’en faire de même chez eux : ilsaccordèrent aux petits Seigneurs , qui relevoientd’eux , la faculté de créer des Juges dans leurs vil-lages , pour y juger les causes de peu d’importance ,à la charge de l’appel devant les Juges de leurs Sei-gneuries.
Voilà probablement de quelle manière les juflicesfe font introduites en France, & comment elles yfont devenues patrimoniales. Delà vient auffî que lenombre des Juflices Seigneuriales est st grand , Sc.que leur pouvoir Sc leur territoire font si incer-tains & st confus , qu’on ne peut rien déterminerde certain là-defTus. Les Coutumes ont réglé leursdroits fort diversement , Sc il n’y a rien d’unifor-me dans le Royaume à cet égard. Les Docteurscn le refutant les uns les autres , conviennent icu-fement cîe l’obfeurité Sc de {'embarras qui s’y trou-ve. Tout ce qu’on peut en débrouiller -, c’est queles Juflices Seigneuriales ont eu presque la mêmeorigine qup les fiefs. Ils en font le principe Sc lefondement, Sc les juflices n’en font qu’une fuite Scune dépendance. La distinction de la haute , moyen-ne & balle justice , vient apparemment auffi de ladifférence de dignité entre ceux qui polsédoient lesfiefs , chacun ayant usurpé plus ou moins d’auto-s ité selon le rang qu’il tenoit. Cependant cettedifférence est allez mal établie , & peut-être que lesPraticiens ne Font inventée que pour l’accommo-der aux trois espèces de jurifdictions des Romains :merum , Sc mixtum imperium , Sc Jìmplicem juris-dictionem. Car la moyenne jufiice est imaginaire& il n’y en a peut-être point d’exemple. On ne re-connoît guère dans l’ufage que le haut Justicier quiait Jurildiction contentieuse. Les bas Justiciers n’ontqu’unc jufiice féodale , pour le payement des droitsseigneuriaux. Leurs Juges s’appellent Sénéchaux &Prévôts : ce lont les Juges pédanées du droit Ro-main , ou ceux que l’on appeloit en France, Juges- fous Vomie. Voyee Loiseau , de Y Abus des Justicesde vdlage.
JUSTICE FONCIÈRE , CENSIÈRE ou CEN-SUELLE , est une jufiice particulière , qui a lieudans quelques Coutumes , dont tout le pouvoir con-fisse à condamner les redevables à payer aux Sei-gneurs cenjïcrs & fonciers les cens & rentes fonciè-res.
dufiiee domaniale , est celle qui appartient au Sei-du domaine pour raison du domaine.
On appelle quelquefois justice domaniale , mai;Pms cotn mmi ément justice royale, celle qui est at-C ^ c lee à un domaine engagé , laquelle s’exerce raniaU rT stoi, que du Seigneur en gagiste.
Jufiice manuelle, est celle où le Seigneur , pouiavoir payement des arrérages de fa rente ou-chargepi end de fa main namps, c’est-à-dire , des meubles laifheritage , en la présence du Sergent, auquel i" delivre pour les discuter. Ces expreistons fe trouVent dans les Coutumes , la dernière est du style d<Pioceder au pays de Normandie.
- On appelle Jufiice fous latte , celle qui fe tien? Us le couvert de la maison du Seigneur feulementJur isdiclio teclo circumscripta.
Tome V.
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ífd On appelle Jufiice réglée , un Tribunal quia droitde contraindre. Se pourvoir en jufiice réglée , c’estprendre les voies judiciaires, par opposition auxvoies de conciliation.
$CF On le dit aulli des Tribunaux ordinaires où lesaffaires s’instruifent avec toutes les formes de laprocédure , par opposition aux arbitrages & auxcommiílïons du Conseil, où les affaires s’instruifentpar de simples mémoires.
On appelle auffi une Jufiice , les fourches pati-bulaires , ou piliers qui font élevés dans la campa-gne pour les marques d’une haute jufiice.
On appelle, faire jufiice , exécuter publiquementun condamné à une peine corporelle. On lui livrale coupable pour en faire jufiice. Ablanc.
Ceux qui font l’amende honorable demandentpardon à Dieu, au Roi & à Jufiice. Le peuple ditfaire une jufiice -, pour dire , faire une exécution.Un particulier dit auffi à ceux qui fe plaignent deses valets : je vous ferai jufiice } j’en ferai jufiice. -ynoi-même , c’est-à-dire , je les châtierai. Ulciscarprobe.
Dans le même sens, se faire justice , c’est fe ven-ger foi-même, Sc punir ceux dont on prétend avoirété offensé. Personne ne doit se faire jufiice à foi-même , l’amour- propre porte trop loin la répara-tion de l’injure qu’on a reçue. Nie. Le Dieu desarmées préside à cette redoutable justice que lesSouverains fe font à eux- mêmes. FlÉch. Deman-der jufiice , c’est demander la vengeance , Sc lechâtiment d’un crime.
Sire , Chiméne vient vous demander judice. Corn.Justice , en termes de Théologie , signifie la pre-mière innocence de l’homme avant son péché. C’estcomme une vertu générale qui comprend toutesles habitudes de Religion & de piété. Adam perditla justice originelle dès qu’il eut mangé du Fruitdéfendu.
Justice , signifie auffi en termes de Théologie, la grâcede la justification, qui rend l’homme juste & agréa-ble aux yeux de Dieu, de pécheur qu’il écoit au-paravant. L’homme justifié peut avec le secours spé-cial de Dieu, persévérer dans la jufiice qu’il a re-çue , Sc ne peut pas y persévérer sans ce secoursspécial. C’est ce que porte le vingt-deuxième Ca-non de la sixième Session du Concile de Trente.La justice fe conserve Sc s’augmente devant Dieupar les bonnes œuvres. Ibid. Can. 24. La jufiice deJésus-Christ est non feulement imputée, mais ac-tuellement communiquée aux Fidèles par l’opéra-rion du S. Esprit , en forte que non-feulement ilsfont réputés , mais faits justes par fa grâce. Si lajufiice qui est en nous , n’étoit juste qu’aux yeuxdes hommes , ce ne feroit pas l’ouvrage du S. Es-prit. Elle est donc jufiice même devant Dieu , puis-que c’est Dieu même qui la fait en nous , en ré-pandant la charité dans nos cœurs. Boss. dans sonExposition. Toutefois , quoique notre jufiice soirvéritable par l’infusion de la charité , elle n’estpoint jufiice parfaite à cause du combat de la con-voitise , si bien que le continuel gémissement d’u-ne ame repentante de ses fautes fait le devoir leplus nécessaire de la jufiice Chrétienne. Ce quinous oblige de confesser humblement avec S. Au-gustin , que notre jufiice en cette vie consiste plurôcdans la rémission des péchés , que dans la perfec-tion des vertus.
Justice , en termes de 1 Ecriture & de spiritualité ,est jfT une des quatre > vertus qu’on appelle car-dinales. Dans ce sens c’est une vertu qui nous as-sujettit à Dieu, Sc nous fait remplir nos devoirs àFégard du prochain. C’est une vertu qui fait quenous nous acquittons de ce que nous devons àDieu , au prochain & à nous-mêmes. On fe sertauffi de ce mot pour signifier l'assemblage de rou-tes les vertus Chrétiennes ; Sc en ce sens la jufiiceest l’amour de Dieu «Sc du prochain. Jésus-Christdit à S. Jean, en S. Matthieu , III. 1 s , il faut quenous accomplissions toute jufiice. Port Royal. Si
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