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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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z8r LAI

c’est un lad oiseau : au lieu que difforme ne suppli-que qu’aux choses qui, par une mauvaise conforma-tion , par un arrangement extraordinaire de leursparties, ont une figure qui s’éloigne assez de la na-turelle , pour choquer la vue. Voye\ Difforme.

On dit proverbialement qu’il n’y a point de belleprison, ni de laides amours.

LAID, 6 c LAIT. í. m. Vieux mot qui signifie injure ,affront. Injuria, contumelia. Quiconque che soit àqui on sache lait, 6c chil à qui on fait le lait, se dé-fient encontre chelui qui li fait le lait, il ne doit pointd’amende, &c. Us d’Amiens.

L AID ANGE. f. f. Opprobria. Vieux mot qui se trouvedans les Histoires & dans les Coutumes. Le mot delaidange signifie des injures verbales, «lesquelles celuiqui avoit injurié à tort , se devoit dedire en Justice ense prenant par le bout du nez. Souffrir moult de lai".danges 6c de reproches vilaines. Le Mir.

Vers lire cheminente grant erre,

Pour faire au Comte Gui laidanges. Guiart.

Ce mot vient du Grec uiScftìt, qui signifie injurier.•Du Cange dit que le mot de laid, ou de laidange,vient de lada 6c ladare, vieux mot qui se disoit autre-fois quand la loi permettoit de se purger de certainscrimes & vilaines actions par lc serment de plusieurspersonnes, dont le nombre se proportionnent à laqualité du crime , & à la réputation de l’accusé. Ainsiondiíoit, faire laid à quelqu’un, pour dire lui faireinjure, 6 c l’obliger à se purger par ces sortes de ser-.mens , qu’on appeloit dans la balle latinité lada, 6cen François laid, dont il est fait mention dans la Cou-tume d’Amiens.

LAIDANGER. v. a. Vieux mot, qui signifie injurier deparoles, dire des laidanges. Conviciari.

LAIDANGIER. v. a. Vieux mot qui se trouve dans destitres de l’Histoire de Bretagne, synonyme de lai-danger. Pudore afficere, Conviciari, contumelia affi-cere, probris onerare.

Ces mots viennent du vieux mot Breton llaid , quisignifie de la boue , ou de llad, qui signifie tuer. Lo-bin. Hifl. de Bret. Gloff.

LAIDER 6 c LAEDER. s. m. Tenne de Coutumes. LesIader s , ou laeder^, íont les Collecteurs d 5 un certaindroit appelé laide , ceux qui le levent Leidarii, Leuda -ni. Voyez de la Thomaiïìère, Coût. de Berry.

LAIDERON, f. f. Invenusta. Cest ainsi qu’on appelle,dans le discours familier, une jeune fille ou une jeunefemme qui est laide, mais qui n’est pas pour cela fansagrémens. Ce jeune homme a épousé une petite lai-deron qui sait la belle & la coquette. (Test un laide-ron qui ne déplaît pas.

Il y en a qui diíent laidronne. Ces pauvres laidron-nes s’ajustoient tout de leur mieux. La Su ze.

LAIDEUR, f. f. Qualité de cc qui est laid. C’est l’op-posé de beau. Deformitas. La laideur 6c la beauté dé-pendent du caprice 6 c de l'imagination des hommes.

-Son extrême laideur la force d’être sage ,

Et le seul désespoir sait sa dévotion. Go m.

Laideur , se dit aussi figurément en Morale des vices &des actions vicieuses 6 c malhonnêtes. Turpitudo. Lalaideur dune action. La feule laideur du vice nous endevroit dégoûter.

LAIDIR. v. a. Vieux mot qui signifie faire laid, laidan-ge r , laidir. Voyez ces mots.

LAIDURE. f. f. Souillure, difformité. Gloss. sur Ma-rot. II est vieux.

LAIE. s. f Aper fœ mina , porca sera. Terme de Chasse.La femelle d un sanglier, ainsi nommée, parce queles Chafìeurs la saillent pour faire des petits. VoyerjSanglier.

Laie , en termesd’Eaux 6 c Forets, est une route coupéedans une forêt. Semita , callis , trames. Il est permisaux Arpenteurs de faire des laies de trois pieds pourporter leur chaîne, quand ils en ont besoin pour ar-penter ou marquer les coupes. L’Ordonnance défend

LAI

aux Gardes d’enlever le bois qui a été abattu pour h iredes laies. On écrivoit autrefois lée, d’où est venu lemot d ’allée dans les jardins, comme qui diroit lée.

Ce mot est formé, à lata via , vel quod lateri agn >aut sylvs. adjaceat. On trouve aussi dans les vieux ti-tres lada , leia, 6c lia, en semblable signification.

Laie , signisioit autrefois en vieux François, une forêt,d’où vient le nom de S. Germain-en laie. Silvn-Dans les vieux titres Latins, on l’appelle laya. Cemot a encore signifié plus particulièrement autrefoisune certaine quantité de bois, un certain espace deforêt.

Laie. Nom d’une forêt de France. Lediasylva , 6c en-suite le a , Leia ,ffaia 6c Loia. La forêt appelle Laies'étendoit dans l’Ile de France, depuis S. Germain jusqu'à Poissy, & c’est de là que S. Germain est appel?S. Germain-en-Zuye. On met dans cette forêt l aGrange de Saint Louis, les Loges, Vaux, le Mefinil,la Muette 6c S. Germain. Voye\ Hadr. Vales. JNotit-Gai. page 266. Voye$ Laie.

Laie, en termes de Maçonnerie, est un marteau deTailleur de pierre, bretelé & dentelé, qui laisse furles pierres taillées des rayes ou bretures qui s’appellentaulli laies. Malleus denticulatus.

Laie. Terme de Coutumes. Laies à censes , font desbaux d’héritages à rente, íoit que la rente soit perpé-tuelle , soit qu’elle soit pour quatre vingt dix neufans, ou pour un moindre teins. De Lauriere.

Laie , nom de peuple. Voye £ Lao , Royaume.

LAIER. Voye\ Layer.

LAIETTE, LAIETTIER , LAIEUR. Voye^. Layet-te. &c.

LAIGNE. s. m. Vieux mot. Bois. du Latin Lignant-

LAIN. adj. Vieux mot. Lent.

LAINAGE, f. m. Marchandise de laine. Négoce qctse fait des laines. Lanea merces. Ce Marchand fairgrand trafic de lainage.

Lainage , ou Lanage. f. m. Façon que l’on don n?aux draps & autres étoffes de lainerie , en les tir actavec des chardons pour y faire venir le poil. Lani'cium , lanificium.

fCF Lainage , se dit auffi du droit de dixme qui e$dû, en quelques endroits , fur les toisons des bête*à laine , à celui à qui appartiennent les dixme 5 *Ce Curé a la dixme des lainages.

LAINDRY. Bourg de France , dans la Champagne/Diocèse de Lan grès , & Élection de Tonnerre.

LAINE. s. f. Lana. fsJ" Poil qui couvre le corps decertains animaux, comme moutons, brebis, agneau *>&c. 6c qui s’appelle toison quand il est coupé, ^qu’il n’a encore reçu aucun apprêt. Ce Fermier *deux troupeaux de bêtes à laine. Tavernier a rap-porté que la laine d’Asie est incomparablement pty Sfine que celle d’Europe , 6c qu’apparemment c c 'toit cette riche toison qu’on cherchoit à Colch° S *Il y a des moutons à grande laine. Parmi poSmonnoies du Roi Jean , 6 c de Charles VI, i |■?avoit les moutons à la grande laine , qui étoienc l’^“gneau Pascal de S. Jean - Baptiste. Les vers se m eC 'tent dans les laines grasses. Il faut donner plusi eUl *préparations à la laine , la laver , dégraifièr, écha ader, carder , fouler , filer 6c teindre. On appelle ^ ain .mère , celle qui se prend sur le dos & fur 1 ? c °des brebis 6c des moutons , 6c c’est la meill eur ^II y a de la laine qu’on appelle cuisse , 6c d’act^qu’on appelle ventre ,• à cause de l’endroit debête où on la prend. On appelle laine crue , c£qui n’est point apprêtée. _ i e

Les laines les plus estimées font les laine s .Segovie, les laines d’Angleterre, les laines dst^ cïOn dit que ces dernières ont une psopriété j?lière que nul autre n’a , qui est de faire desturcs avec toutes fortes d’autres laines. Dans 1 ^riquité on estimoit celles de l’Attique J c , s. c .Megare, celles de Laodicée; celles deE11 Italie , celles de la Grèce, celles de 1 oP u ^ *ou l’Apouille , mais principalement la ^ airl£ c \\eTarente. On vante encore celle de Parme 6 c ?d’Altino dans la Lombardie, qui du temps de