LAR
le ur s écorces des larmes odorantes , & de beau-coup defficace dans la guérison de divers maux,? n a appliqué à ce médicament le nom de Téré-benthine , comme un nom général. Chorier , Hijl.du Dauphine , L, I. T. I. p _/<?. Voyc[ fur le Larix ,Wine , Z. VI, c. /o , 40,42, L. XIV, c. 16. L.XVI. c. 18 , 2 f, 3p. Cet Auteur rapporte corn-ue une chose extraordinaire que sous le régne de Ti-bère , on vit à Rome une poutre de Larix , longuede six vingt pieds & par- tout également épaisse dedeux pieds.
César, Vitruve, Pline, Brantôme & quantité d’au-Ir es, disent que le bois de cet arbre est incombustible.Jules César l’éprouva lorsqu il affiégea le Château deLarignum, proche des Alpes, U y avoir une tour deBois près de la porte de ce Château, dont l’entrée étoitdéfendue par ceux qui croient dedans, qui accabloientde pierres ceux qui en vouloient approcher. Césarordonna à ses troupes d "environner cette Tour defagots, Sc d’y mettre le feu , ce qui fut exécuté :1T >ais il vit avec étonnement que quand le feu de tousoes fagots fut éteint, cette Tour qui devoir être ré-duite en cendres, parut route entière Sc fans être en-dommagée , parce qu’elle étoit faite de bois de Larix ,*? rc commun dans le pays, Sc qui est à réprouve desgrammes.
^ Croira t on qu’un bois plein de résine,comme le LarixR Ue Nos Botanistes modernes croient être le mêmele Mélèze des Alpes Sc du Dauphiné, puisse ré-mer au feu ? les Anciens le disent. Les Modernesauurent positivement le contraire. En admettant com-me Vra i le fait dont on vient de parler, il faut doncj^v r der l e larix Sc le mélèze comme deux arbrese rens. Je demande dans ce cas, qu’est ce que learix de César dont la tour étoit construite, Sc quiï . aVoit donné son nom à la fortereíle de Larignum ?•oss-KlN. s, m. Terme de Relation. (Test le nom d’unbreuvage fort en usage dans toutes les îles des IndesOrientales- C’est une liqueur délicieuse, mais donth rie faut point faire une usage ordinaire, parce qu’ellec st trop forte. On peut s’en servir dans des foiblesses,®sic est restaurante. On en pourroit faire aussi desloties excellentes, cornme on fait avec le muscat &a malvoisie de Candie. Piétro Delia Valle , qui rap-porte ceci dans son Voyage de l’Inde , Z. XVIII. p.S 37 & s 3 S , marque qu’il savoir la composition du
1 r£ r ~ Km ' mais si ne le dit pas.
ARME. f. f. Eau claire, limpide & salée qui sort de•iteil par la compression des muscles, causée par quei-RUe douleur, affliction , stuxiou, ou par quelque agentex terieur. Lacryma. fC? Au dessus ds l’œil , afíezptes du petit angle, est située une glande à laquelle^ s Anatomistes ont donné le nom de lacrymale » Elletre une eau qui sert à humecter le globe de l’œil,V Rni se rend dans une cavité que hon nomme sac la-Dmal, C’est de cette cavité que la compression desfficles , occasionnée par la douleur, la joie , le^ e ' díc , fait sortir une humeur que nous appelons§ rnte ‘ Les violentes douleurs font verser des larmes ,£ 0ri amant fondoit en larmes à ses pieds. La compas-j °ri tire des larmes. Ils ont de la peine à retenir leursj] ne peut s’empêcher de donner des larmesles* malheu rs d’autrui. Répandre des larmes. AvoirVojg Cux baignés de larmes. Jetter des larmes. Qu’onde n t0tïl bet des larmes de nos yeux, lorsque l’excèsexcito Douleur nous les fait répandre , mais ne nousfrir U] ^ ìamais à pleurer. M. Esp. Je ne saurois souf-n es a y er ° S tel qu’Énée, qui ne fournit que des lar-ruì f £ X ,jj>alheurs, & des craintes à tous les périlsinarqu e ^ nten t. S. Evr. Comme les larmes sont lesaussi j CS a Ul1 naturel sensible Sc pitoyable, elles fonts 0upir eS .' 1 ? ai ' c lues de foiblesse ou d’artifice. Fén. Sesle t ^ 0 s ! feules & ses las mes niaises ont fait rire toutSc * e ‘ Les femmes ont ledon des larmes,
Espa„ lìl , crve sileux talent pour pleurer. S. Evr. Lesfnup er ° S ° nt là dessus un proverbe : Lagrymas dedes f e s J Va ^ en mucho, y cuefian poco : Les larmesdee vers 11 ? Va ' ent beaucoup Sc coûtent peu. Alexan-^ si es larmes jalouses de la gloire de son pere.
L A R 429
S. Evr. Les faux soupirs , ni les fau îles larmes , n’ontrien qui fente un profond regret. Ch. de M. Les pre-mières larmes font naturelles à la douleur, elles ontleur source dans le cœur; mais si elles durent troplong-tems, alors c’est l’art qui les fait couler, la na-ture ne les veut plus reconnaître. S Evr. Les larmesfont l’éloquence des femmes. M. Esp.
La Tragédie en pleurs
D’Orefie parricide exprima les allarmes,
Et pour nous divertir, nous arracha des larmes.
Boit.
Apparemment que l’antiquité croyoit que les lar-mes des vivans servoient ou étoient agréables auxmorts , car elle leur en procuroit avec grand soindans leurs funérailles, jusqti’à instituer des pleureusesde profession, comme si celles de leur famille ne leurcuisent pas suffi. Essuyer les larmes d’une personneaffligée, c’est la consoler, lui iaire oublier sa douleur.
Et contre ma douleur j’aurois senti des charmes 3
Lorsqu’une main fi chère eut ejsuyé mes larmes.
Corn.
On peint des figures de larmes fur les tombeaux,Sc on en applique fur lès orne mens qui fervent auxpompes funèbres.
Il y a aussi des larmes de joie qui sont causées parla même compression des muscles , quand ils fontviolemment émus par quelque surprise extraordi-naire. Ainsi on dit : Rire jusqu’aux larmes , quand onsait un grand effort de rire, en sorte que les larmescoulent des yeux.
On dit hyperboliquement, un torrent de larmes ,de celles qui coulent en abondance. Pleurer à chau-des larmes, à grosses larmes. Les larmes lui lom-boient des yeux à grands flots. Vaug. On dit d’ungrand malheur, qu’on le devroit pleurer avec deslarmes de íang. Elles pleuroient avec des larmes desang leur pudicité violée. Vaug. Les Poètes ont feintque la mer étoit une larme de Saturne , pour faire en-tendre que le rems engendre toutes choses.
Larme , se dit aussi en parlant de la pénitence , soitqu’on verse des larmes effectives , soit qu’on senteune vive douleur de ses fautes. Malherbe a fait unPoème des larmes de S. Pierre qu’il a imité du Tan-sile. La Madeleine arrosa de les larmes les piés duSauveur, & les essuya de ses cheveux. Il faut noyerses péchés dans ses larmes , les effacer à force de pleu-rer , ou de s’en repentir. Ainsi larme se prend sou-vent pour l’affliction même qui les fait répandre.
Achille au sang d.’Hector doit T éclat de ses armes,Et vous n êtes tous deux connus que par mes larmes.
Racine.
Larme , se dit quelquefois des animaux. Virgile dirqu’en la pompe funèbre de Pallas , son cheval jettoitde grosses larmes. Les cerfs aux abois répandent deslarmes. Ils jettent aussi des larmes qui coulent dánsleurs larmières, qui s’y épaiffiílènt Sc forment une es-pèce de gomme & de chassie. On appelle en termesde Vénerie larmes de cerf, une liqueur jaune qui seprend dans les larmières du cerf. Salnove. II so faitune distillation qui coule des yeux du cerf dans deuxfentes qui sont au délions, que nous appelons larmiè-res, laquelle s’y arrête, s’y épaissit en forme d’on-guent de couleur jaunâtre, ce que nous nommonslarmes de cerf, qui font très-souveraines pour lesfemmes qui ont le mal de mere , délayées & prisesdans du vin blanc , ou dans de Peau de chardon bénit :elles fervent aussi pour le mal caduc. Io. chap. II.page i f.
Larme , se dit aussi du suc qui distille goutte a goutte dequelque arbre, comme de la vigne quand on la taille,du sapin , d’une espèce de palmier d’où il distille uneliqueur d’un goût fort agréable, semblable à du vin.