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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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L A T

Latin , se dit proverbialement en ces phrases. Quand° n entend dire du Latin à un ignorant, on dit : le jourdu Jugement viendra bientôt, les ânes parlent Latin.Ln quelques endroits où il y a Université, on dit : lesMandes Ecoles ont couché ouvertes, les ânes parlentLatin, Les grandes Ecoles font les Ecoles de Droit.On dit dans le même sens la Sorbonne a couché ou-verte.

On dit aussi à un Ecclésiastique ignorant, qui ditquelques mots de Latin, que c’est du Latin de Bré-viaire , pour lui reprocher qu’il ne fait autre Latinque celui qu’il a appris en disant son Office. On dite ucore du méchant Latin , que c’est du Latin decuisine , il n’y a que les marmitons qui l’entendcnt.On dit austì qu’un homme est au bout de son Latin ,quand il ne sait plus que dire ni que faire pour acheverquelque chose; qu’il y a perdu son Latin, pour dire,qu’il a perdu tous ses soins & ses frais.

Revêche à mes raisons, il se rend plus mutin,

Et ma Philosophie y perd tout son Latin. Régnier.

On dit encore , parler Latin devant les Cordeliers,quand on parle à des gens plus savans que foi. Ondit encore, qu’un homme crache du Grec & du Latin,quand il en cite beaucoup ; & quand il le fait mal àPropos j on dit qu’il est fou en François & en Latin.Quand on veut traiter un homme d’ignorant, on ditqu’il ne fait ni Grec, ni Latin-

ATINEUR. f m. Espèce de pédant qui ne lait quedu Latin, & qui n’a nulle politeste. Litterator. UnLatineur est ridicule chez les Grâces & chez l’Amour.

T «t TIN ' Oe mot n’est pas reçu.r FINlER. f m. Vieux mot. On en trouve un exemplenans M. Fleury. Le Latin étoit nécestàire pour lesaffaires 8c pour les Aétes publics ; il l’étoit pour lesVoyages , & on appeloit les interprètes Latiniers .

^Minier , étoit autrefois un mot qui signifioit Truche-ment , Interprète. Interpres , peregrini sermonis peri-tus. U est encore aujourd’hui en usage en ce sens dansk Basse Bretagne.

. Ce mot a auffi signifié un homme qui fait le Latiu > qui l’entend, qui peut l’expliquer, Latina lin-&ua peritus , & à cause de cela on a appelé un Inter-prète du nom de Latinier. -, Le fit requerre par55 Latiniers , qu’eleli dit de quel linaige ele eftoit ".jsoVAGE d’outremer du C. de Ponthieu. Froilíàrt* e sert aussi de ce mot.

Latinier fu , f sot parler Roman,

Luglois , Gallois, & Breton , & Normand . Vacces.

1 ^ T INISATI0N. s. f. L’action de rendre Latin un?ot d’un autre langue, de lui donner une terminai-Latine. Lesoixante-neuvième article du Huetiana," mtitulé, De la Latinisation des noms , 8c com-tïle Uce ainsi : Sur la question de la latinisation des*j°ms Sc des surnoms, on voir une si grande variétée sentimens & d’usages, qu’il y a lieu de s’étonnerp Ue , les Critiques 8c les Grammairiens n’aient pas eí-d’en fixer les règles.

INISER. v. n. Parler presque toujours Latin, fairep r ^ a de de son Latin, se servir de son Latin à tout9 ^°s, ou mal à propos. Latinum sermonem fre-

lttí adhibere.

(J,

p 1 Cédant qu on appelle Gilles,P) n ê c avoir attrapé nos filles,^Luunq p a p im l at i n í£c. Cotin.

Lat:

qui ai dit le plus souvent pour faire des mots

i n n Cnt l’air ou la terminaison Latine. Donner uneil e fl. 1 /pr‘ atane à un mot d’une autre Langue. AlorsÇois linguâ donare. Les Auteurs Fran-

q U ’oj four vouloir latiniser leurs noms, font si bienÌ4 0 1 T. e les connoît plus, comme Demochares , dea P freins Dolabella, Pierre Doubeau. On

dre Fl°A Ua ' ni: àite un Dictionnaire pour enten• de Thou, à cause des mots qu’il a latinisés.

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Tîte-Live a latinise plusieurs noms barbares qui en-trent dans son Histoire.

LA1INISÉ, ÉE. part. En matière de controverse, onappelle, Grec Latinisé , un Grec qui est entré dans lessentimens de l’Eglise Latine. Ac. Fr.

LATINISME, s. m. Façon de parler de la Langue La-tine. Latinum idioma. Latinsmus. Construction ,tour de phrase propre à la Langue Latine. C’est unlatinisme. Le style François de cet Auteur est pleinde latinisme.

On écrit régulièrement depuis le siècle dernier ,l’on est esclave de la construction, p 0 n a enrichi la

Langue de nouveaux mots, secoué le joug du latinis-me, 8c réduit le style à la phrase purement Françoise*Mœurs de cefiêcle. Voyez la Dissertation sur les La-tinismes du Nouveau Testament, par M. Sigisinond-Fridéric. Dresig.

LATINISTE, f. m. Qui fait le Latin, qui entend 8Cparle bien cette Langue. Il ne faut pas être un grandLatiniste ( c’est-à-dire, il ne faut pas savoir beaucoupde Latin) pour comprendre que, &c. Abeé de Vay-rac, Mer c. d’Août, 172 p. Si le Maître, simple La-tiniste , plein de lui-même, se trouve un esprit faux,incapable de justesse dans le raisonnement, un espritsans méthode; ensin, un esprit qui ne voit que par lesyeux du préjugé vulgaire, 6 e qui, sans vouloir rai-sonner , soutienne obstinément que le système duBureau Typographique est frivole, il sera aisé de s’ap-percevoir qu’un tel caractère n’est pas le meilleur quel’on puisse deíirer pour élever un enfant. Merc. deJuin 1732.

LATINITÉ, s. f. Langage Latin, óti plutôt manière &façon de parler Latin, qui dépend du tour qu’ondonne aux phrases, des expressions 8c des mots donton so fert. Latinitas. Cet Auteur a une belle Latinité.Il étoit du tems de la bonne Latinité. La Latinité deSénéquen’a rien de celle du rems d’Auguste, rien defacile, rien de naturel. S. Évr. On a dit du CardinalBembe, que de peur de corrompre la belle Latinité ,il ne lifoit ni son Bréviaire, ni la Bible. Teissier.C’est-à-dire, qu’il ne les lifoit pas en Latin, mais enGrec. Cela a tout l’air d une fausseté. On appelle lesAuteurs de la basse Latinité, les Modernes qúi ontécrit depuis que le Latin a commencé à se corrom-pre , les Auteurs du dernier tems où le peuple parloirencore Latin. Les Auteurs de la baffe Latinité sont lahonte 8c l’infamie de la Langue Latine. Art dbParler.

LATIS. Voye\ Lattis.

LATLSSLMUS. Nom Latin, qui signifie très-large, 8cque les Anatomistes donnent au troisième muscle dubras, parce qu’en effet il est très large ; ils le nommentencore scalptor ani , parce qu’il porte la main à Fa-nus. Il couvre presque tout le dos de son côté, 8cprend son origine de la troisième & quatrième vertè-bres inférieures du dos, de toutes celles des lombes »de l’épine de l’os sacrum, de la partie postérieure dela lèvre de l’os des îles, 8c de la partie externe des faus-ses côtes inférieures. Il s’attache à l’angle inférieur del'omoplate, & va s’insérer à la partie supérieure &interne de Thumerus qu’il tire en bas cle plusieursmanières par ses différentes fibres Dionis.

LATITER, v. a. Terme barbare de Jurisprudence, syno-nyme de cacher, recéler. Abscondere, abdere. 'Une veu-ve qui a caché 8c latitéles effets de la succession de sonmari, est privée des avantages qu il lui a fait. Noye^Divertir, Recéler.

Ce mot vient du Latin Latitare , qui est neutre, 8cnon pas actif.

LATITÉ, ÉE. part.

LATITUDE, f. f. L Abbe de la Trappe, mauvais mo-dèle à suivre, a pris ce mot pour étendue. Il y a peude Religieux qui entrent dans la vérité de leur proses-sion, qui en connoissent l'étendue, 8c qui né se pres-crivent des bornes qui n’ont point été connues deleurs Instituteurs & de leurs peres. On se resserredans une condition qui veut une latitude extrême,puisqu’il n’y a rien de plus grand & de plus élevé,que l’obligation de tendre à ce que la Religion a de

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