484 L E T
LETH, ou LEST, fKTLAST, ou LECHT, suivantles disterens idiomes des peuples qui se servent de ceterme. C’est tantôt la charge entière d’un navire , laquantité de tonneaux qu’il peut porter ; quelquefois,un certain poids de telle ou telle espèce de marchan-dise ; quelquefois une forte de mesure ou quantité degrains. Voye^ Last. Le sel néceííaire pour la salaisondes harengs, est réglé par TOrdonnance des Gabelles,à sept minots Sc demi pour chacun leth de harengsblancs, & trois minots pour chacun leth de harengsfors.
LETHARGIE, f. f. Terme de Médecine. Lethargus ,Lethargia. C’est une maladie qui consiste dans un as-soupissement si profond, qu’on a bien de la peine àéveiller ceux qui en sont attaqués; & si on les éveille,ils font fans mémoire Sc comme stupides , & ils re-tombent auísi-tôt dans cet aflbupissement. La léthar-gie est ordinairement accompagnée de sièvre & de dé-lire. Elle- est produite par le trop grand engourdiíle-ment des esprits animaux, qui les rend incapablesd’exercer les fonctions du mouvement Sc du senti-ment. La léthargie est différente du care, en ce quecelui ci est sans fièvre , ou que du moins la fièvreviolente le précède ; au lieu que la léthargie est suivie«Lune fièvre lente. Celse met la léthargie au nombredes maladies aiguës, Sc on en meurt d’ordinairedans le septième jour. La léthargie succède d’ordinaire à la frénésie. II y a des gens qu’on a cru morts,qui étoient seulement tombés en une grande lé-thargie.
Ce mot est Grec. Il vient de , oubli , & deàfyl» engourdissement , paresse.
Léthargie , se dit aussi au figuré, de l’indolence, del’aisoupiísement de l’esprit, d’une insensibilité blàmable pour tout ce qui arrive. Socordia , ignavia ,inertia y desidia ,fiupor. Ce Prince voyant ía Couronneébranlée, sortit de la profonde léthargie où il avoitvécu jusqu alors. C’est une chose étonnante que devoir la profonde léthargie dans laquelle on vit. Lesdésordres, quelque grandsqu’ils soient, ne touchentpoint. Abbé de la Trappe.
LETARGIQUE. adj. m. & f. Qui appartient à la lé-thargie. Lethargicus , lethargiâ ajseclus. Cet hommeest sujet à des accès léthargiques. Il est auffi quelque-fois substantif. Je ne me dois non plus plaindre demon destin, que les léthargiques de ceux qui les pin-cent. V OIT.
Léthargique ,adj. sedit auffi au figuré , pour noncha-lant, indolent, insensible. Esprit lourd Sc léthargique.Ignavus , iners ysocors. Un aine léthargique , que rienn est capable de réveiller. Je ne voudrois point de cesbeautés léthargiques , dont la vertu est confondue avecle tempérament. P. Com. Il y a bien des Supérieursqui, demeurant dans une négligence léthargique ,inspirent la même langueur à ceux qui sont sousleur conduite. Ab. de la Tr.
Léthargique, se dit métaphoriquement des choses quiont une durée constante, lans variation , ni changement. Un bonheur léthargique , c est un bonheurdont on jouit fans crainte Sc lans inquiétude fur l’a -venir, enivré par le présent. Cela n’est pourtant bonqu’en Poésie, quand la métaphore est trop forte,comme celle ci.
Et leur influence tragìque\_àes malheurs, des revers]Réveille un bonheur léthargique,
Que rien ria jamais traversé. R.
Languir dans un mollesse léthargique.
LETH , LATH, LÉDE, LETHE, f. m. Comté. Nomd’une mesure ou portion de terre, en Angleterre.Le da , Letha. Le Roi Alfred divisa toute l’Angleterreen Comtés , comme elle l’est encore. Il divisa lesComtés en Hundrédes ou Tritings. L’Hundréde étoitune portion de pays, où il y avoit cent Officiers pourmaintenir le bon ordre, appelés Fidejussores pacis ,Répondans de la paix , Hundredarii , Centeniers.Le Létke , ou le Lé de , comprenois trois ou quatreHundrédes. Voye\ les Dictionnaires de Spelman,de
LET
Du Cange Sc d’Hoffman. Le Léthe étoit auffi larisdiótion d’un Vicomte , des espèces d’Affiles q u 1tenoit tous les ans une fois dans chaque village, envi-ron la Saint Michel. Il n’est pas sûr que le Léthe aitété institué par Alfred.
LÉTHÉ, ou LÉTÉ. í. m. Nom d’uh des fleuves desEnfers. Lethe. La Fable dit que l’on en taisoit boireaux âmes des morts dans les Enfers, & que q 0 ; 111on en avoit bû, on ne se souvenoit plus de rien-Ceux qui croyoientla Métempsycose, pensaient ainque c’étoit là la cause pourquoi on ne le souven 0 ] 1plus de ce qu’on avoit été auparavant. Dans hrité , le Léthé étoit une rivière d’Afrique qui (e de'chargeoit dans la Méditérannée proche le Caporie 0tal des Syrtes, qu’on nommoit Borium PrornontO'rium , & aujourd’hui Capo Rosato , ou Rusato > oaRusata , à l’orient du golfe de Sidra, ou de Sèches*Ce fleuve interrompoit, dk-on,sa course, Sc L ' CI1 'trant dans la terre , couloir dans son sein pendasquelques milles, 8 c reffortoìt ensuite plus gros P 1 ^
• de la ville de Bérénice : c’est ce qui fit imaginer q 111fortuit des Enfers. Brébeuf, en parlant de ce ff euvSd’Afrique , a dit Léthes , comme Lucain.
C’efi auprès de ces lieux qiien un largeLéthes , parmi ses eaux , roule un oubli s atai '
On l’appeloit auffi Léthon , Sc Voffius dans (es N®tes fur Mêla , veut, fur la foi d’un excellent Man ucrit qu'ii avoit, qu’on lise ainsi dans Lucain.
Ce mot de Léthé est Grec : le mot deveut dire oubli , étant écrit en caractères ordinaires >donne le nom de Léthé. *
Il y avoit auffi en Espagne deux fleuves du m eme nom ; l’un dans l’Espagne Tarragonoise , q 111 , .le Lima, rivière de Portugal ; Sc l’autre dans la B et 1 ^que, c’est le Guadalété. Silius Italiens parle du premier, L /. v. 23 /. Sc L. XIII. v. s S S- & en ^ce que Lucain dit de celui d’Afrique, Sc presque emêmes termes. r
Léthé étoit encore le nom d’une des fontainescrées de Béotie , dont tous ceux qui venoient f° l ]sulter l’Oracle de Trophorce , étoient obliges ‘boire. r
,fj3" LÉTHECH, LÉTHEC. f. m. ou LÉTEQUE. f “Nom d’une mesure des choses sèches, chez lesbreux.
LÉTIFÈRE. adj. Du Latin lethïser. Mortel, quine la mort. Quand vous cesserez , dit l’AbbeChaulieuà la Duchelïe de Bouillon, de me h 1 ’ 0 /^der, Messeigneurs de Vendôme de prendre dutaU'^moi de vous adorer, Chaulieu de faire des ph r ‘ £[ .Sc des locutions nouvelles ; il sera temps de d° A n ^ eSordre à nos dernières volontés : ce font symp t01 u _létisères entre nous autres Physiciens, qui ne 111quent quasi jamais. .,p _, t
LÉTO MORTO. Nom d’une petite rivière de , s .de l’Eglise en Italie. Leta. Elle coule dans la *che d’Ancône , à l’orient de la ville de Ferin 0 ^ ^midi selon la carte de Mangin, Sc se décharge f*an ^golfe de V enise , un peu au-dessus de cette ville lv ^C’est à dire , de la ville de Fermo, & non p 3 * 1Venise
LÉTOMÉRITZ , LÉITOMÉRITZ. Ville F-P'^Vde la Bohême. Lítomerium , Litomiersa., Este gjbe,pitale du Cercle de Létomérït p, Sc situee 1ur^ ^à onze lieues au nord de Prague ; dont son Eveesuffragant. Maty.
LÉTON. Vyye% Laiton. - e en
LETRIM, LÉTRUM. Petite ville de la Connacy ^Irlande. Letrimum , Letrumum. Elle est ca P lW fl0tr eComté de Létrim , & située sur le Shannon, . , sC}Longfort Sc Slégo, à huit lieues de la P reà neuf de la dernière. Maty. , . e n í r '
M. de Lille met encore une autre L etri ^ e ç Qí tlande dans le Comté de Gallouay, entreau nord-est , Sc Kilmacough au lud-ouel - (>n-
Le Comté de Létrim. Letrimenfis ^-s n ‘’ ta u soU íCetrée de la Connacie en Irlande. Elle est ve