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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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à Shannon , aux confins de l’Ultonie 8c de la Lagé-, ayant au midi les Comtés de Slégo , 8c de Roseo-*} len - Sa longueur est de dix-scpt lieues, & fa largeurde Quatre à cinq : son terroir est fort montagneux ;1T l aiS il produit de si bon pâturages, qu’on est obli-ge d’en chaíler les troupeaux, pour les empêcher deti0 P manger. Ses lieux principaux font Létrïm , ca-pitale , Anchonry, Jamestown , 8c Carickdrumrust ci. e ' Maty.

JjTTA. Foyei Lita.

^TTERE. Nom d’une petite ville d’Italie. Letterum ,Letteranum, Lyclers. Elle est dans la Principauté cité-rieure , Province du Royaume de Naples, entre legolfe de Salerne 8c celui de Naples, au pied de la mon-ta gne de Lattara , ou de Lettère , que les Anciensftoinmoient Lactarius , ou Lacteus moris. L’Evcque deLettère est suffragant d’Amalphie.j fPTERlL. f. m. Vieux mot. Pupitre.

LE TT0NIE, LETTENS, LITLANDE. Noms de laPartie méridionale de la Livonie. Littia , Littendïa.

a l’Estonie au nord, la Curlande au sud , la Mof-c °vie au levant, 8c le golfe de Riga au couchant.Ea plu S petite partie de ce pays, où font les villesDunebourg , de Rositen , de Lutzen & de Ma-tle nhufen , appartient aux Moscovites. Les SuédoisPolíédent le reste, où l’on voit la ville de Riga,êc celles de Kokenhaufen, de Segewold, de Wen-t , de Wolmer , &c.

t-tTTRE. f. f. On appelle ainsi les figures , les caractè-res de l’alphabet, les caractères représentatifs des^léniens de la voix. Littera. Les langues font compo-tes de mots , les mots de syllabes, & les íyllabes delettres. L’Alphabct de chaque langue est composéd un certain nombre de ces lettres , ou caractères ,qm ont un son , une figure, une signification diíféren-te s. L’Alphabet François a vingt trois lettres. Quel-ques-uns voudroient qu’en ôtant de l’Alphabet Fran-çois la lettre.F , qui ne sert prelque plus de rien, l’ongrossît l’Alphabet de deux lettres , qui sont 1/ & l’vConsonnes. Ainsi l’Alphabet feroit composé de vingt-quatre lettres. Le Latin , l’Italien , i’Espagnol en ontv 'ugt-trois. Le Grec en a vingt-quatre L’Hébreu en aringt-deux, fans les points. Il y a peu de matières furtfquelles ont ait autant écrit que fur les premières/er-tr es Flébraïques. Depuis Origène , Eusebe de Césarée^ S. Jérôme , on en parle, & on cherche quels sont, s premiers caractères dont les hommes le sont ser-VlS - & par lesquels a commencé.

. Cet Art ingénieux

de peindre la parole & de parler aux yeux,

Et par les traits divers de figures tracées,Donner de la couleur & du corps aux pensées.

Si l’on ne remonte pas toujours jufqu’au commen-Ce ment du monde, & à l’origine des lettres , on de-^ande au moins quels furent les caractères par le^oyen desquels Moïse transmit à la postérité la loiil reçut de Dieu, 8c dont les autres Flistoriens, ou, r °phètes de l’ancien testament, se servirent pourk^’ire leurs livres, & l’écriture propre du peuple Hé-r ? u j avant la captivité de Babylone. Trois opinionsP r mcipales peuvent partager fur cela les Savans, car^fques-tms fe font imaginé que les premières lettrespiques nëtoient autres que celles avec lesquellesgu^ S écrivons aujourd’hui l’Hébreu, & qui, de la fi-Car e ff ari: ée qu’elles ont, sont appelées de l’HébreuBuxt" c^ uel q ues Docteurs Thalmudistes, Postel 8c° pin 0ct le fils, ont suivi ce sentiment. La seconderaines 0 ? ^ de ceux qui croient que les lettres Samari-sourd’l °^ t ^ es P^ us anciennes. Ce sentiment est au-dit le * e P^ US commun, comme il est fans contre-Pi'rs ancien. Plusieurs Docteurs Mifchniquesn le ^^í'iques, plusieurs Rabbins, Origène, S. Jérô-Eella .cbe de Césarée, Bédé, Génébrard , Ramban ,bli an \ 1Tlln 5 Scaliger , Drusius, Louis Capelle, Bi-Pand P- Morin, Brérevood, Masius, Villal-

n Us Ll ? ’ Arias Montanus , Guido, Fabricius Bodéria-B, g’/ a ‘drus, Walton, les deux Voisins, Bochart,riiard , 8c bien d’autres, font de ce feu-

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riment. Le troisième est, qu’il y a eu dès le commen-cement deux caractères, l’un íácré & l'autre profane :c’est ce que soutiennent R. Azarias, Abdias de Barte-nora, Postel, Buxtorf, Conringius, le P. Sgambati ,Jésuite , & quelques autres : mais cette distinction dedeux sortes de lettres est chimérique. Voye £ la Dis-sertation du P. Souciet Jésuite, sur les médailles Sa-maritaines, où il prouve que les lettres qui sont auxinscriptions de ces médailles, sont les premières 8cles véritables lettres Hébraïques. Les Journalistes deLeipsick, dans l’extrait de cet ouvrage, disent qu’uude leurs Collègues a défendu le même sentiment, à-peu près dans le même tems. C’est M. Deylingius.

Crinitus dit que Moïse inventa les lettres Hébraï-ques; Abraham , les Syriaques Sc les Chaldaïques-,les Phéniciens , celles d’Attique, dont Cadmus ap-porta l’usage en Gréce, Sc les Pélasges le porterent enItalie ; Nicostrata, les Latines ; Isis, les Egyptiennes;Vulfila, celles des Goths , &c. Philon attribue l’in-vention des lettres à Abraham ; Joseph, S. Irenée Scd’autres, à Hénoch, long tems avant le déluge ; Bi-bliander, à Adam ; Eupolème, Eusebe, Clément d’A-lexandrie, Corneille Agrippa, &c , à Moïíe; Pom-ponius Mêla, Hérodien, Rufus , Festus, Zopyricn,PhornutuSj Pline, Lucain, aux Phéniciens; S. Cy-prien, à Saturne; Corn. Tacite, aux Egyptiens ; quel-ques-uns aux Ethiopiens , fondés fur quelques en-droits de Diodore de Sicile.

Rudebecks, qui, dans son Atlantique, a entreprisde transporter à la Suéde, la gloire de toutes les au-tres Nations du monde, prétend qu’avant Cadmus ,les Ioniens avoient des lettres ; qu au tems du siègede Troye , les Grecs n’avoient que seize lettres , aulieu que les Phéniciens en avoient vingt-deux. De-làil conclut que ce 11 ’est point Cadmus, ni les Phéni-ciens , qui ont appris cet art ingénieux aux Grecs,D’ailleurs, parce que les anciens Septentrionauxn’avoient que seize lettres comme les Grecs , ilconclut qu’il faut, ou que les Grecs les aient donnée»aux Septentrionaux , ou qu’ils les aient reçues d’cux.Mais parce que la figure des lettres Runiques est plusgroísière que celle des lettres Greques, il conclut quecelles ci sont venues de celles-là, fondé fur ce prin-cipe , que ceux qui empruntent une chose , la polis-sent 8c la perfectionnent. ïl veut même que par lespommes d’or qu’Hercule fut obligé de ravir, il failleentendre les lettres dont les Hyperboréens fe fervoient.

Les lettres , F 3 G, LI, K, Q, X 3 Y, Z 3 étoientautrefois inconnues aux Romains, comme prouveClaude Daufqueius en son Orthographie, où il en-seigne l’origine des lettres. ^

Les Grammairiens distinguent les lettres en voyel-les 8c en consonnes, en muettes, doubles, liquides& caractéristiques. Les Hébreux divisent leurs lettresen gutturales ,a, h, ch 3 gn , aleph, he, cheth, hain;dentales, £, ts , r, zain, tsade, resoh ; labiales, b , m ,v, p , beth, mem, vau, phe ; celles de la langue,d,t,l,n, daleth, tau, lamed, nun; & du palais,gij ,c, k , ghimel, jod, caph, coph. Les Ecrivainsles distinguent en lettre ronde ou Françoise, Romai-ne , Italienne , Bâtarde, de Compte, de Finance , let-tres Gothiques ; on les appelle aulsi de Tolède. Lespeuples du Nord avoient des lettres qu’on nommoitRunes , ou Runiques , dont Vérclius a parle dans faRunographie.

Les Romains rfavoient point d autres lettres que

les capitales. Lancelot, Meth. Lat. C’est ou la

commodité des Imprimeurs, ou la nonchalance desAuteurs, ou toutes les deux ensemble, qui ont donnélieu au retranchement de quelques lettres dans la plu-part des mots. Grammaire Françoise de VAbbé Ré-gnier. L’usage, qui est l’arbitre souverain de l’orto-graphe, aulsi bien que du langage, semble tous lesjours fe déclarer de plus en plus contre les lettresdoubles; & s’il vient enfin, comme il pourra arriver,à les proscrire absolument, toutes les raisons d étymo-logie ne seront pas capables de les rappeler. M. Res-TAUT , Grammaire Françoise.

L’art d’assembler les lettres , d’en former des mots