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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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seau comme un lièvre , avec deux petites oreilles.Paul Eginéte, Pline, Galien, & Nicandre, disentque si une femme grosse le regarde , elle vomira &avortera. Son contrepoison est dulaitd’ânesse avec duvin cuit, ou la décoction de mauves. Il a une odeurpuante ; ne se tient que dans la fange & le bourbier.Sa tête est fort difforme, 8c il paroït comme une grossopièce de chair fans os, qui ressemble au lièvre feule-ment en fa couleur. Il a la bouche fur le dos comme ksèche, plus petite & plus tortue. Il a depx cornesmolles comme les escargots. Ceux des Indes font plusgrands , & ont le poil plus rude, mais on ne les prendjamais vifs. C’est un poiííon semblable au glaugio , oupetit calémar. Matthiole. Le lièvre marin est unpoisson eianemi du poumon , comme les cantharidesde la vessie, & la ciguë du cerveau. Ceux qui ont man-gé du lièvre marin , ont en horreur toute forte depoisson. Le lièvre marin est aussi appelle chat marin ,felis marinus. C’est un animal fans jambe, assezsemblable aux limaces terrestres. Voye\ M. de Réau-mur , Mém. de V 'Ac. des Sc. iyi j.

On appelle bec de lièvre , Celui qui a la lèvrede dessus fendue par le milieu. Labrum fissum.

Dormir de Lièvre. C est dormir les yeux ouverts;8c mémoire de lièvre , c’est celle qui fe perd en cou-rant , c’est une mémoire labile.

On dit d’un chien qui a beaucoup de vitesse Sc deforce, qu’il prend un lièvre corps-à-corps.

On appelle Gentilhomme à lièvre , un Gentilhom-me qui vit de fa chasse.

On a dit des lièvres cornus, pour des chimères. Onprétend néanmoins qu’il y a réellemeunt des lièvrescornus ; 8c Jonston , dans son Histoire des animauxà quatre pieds, a décrit 8c représenté au naturel deslièvres cornus.

' Sans juger , nous jugeons , étant notre raisonLà-haut dedans la tête , ou selon la saison ,Qui régné en notre humeur , les brouillons nousembrouillent ,

Et de lièvres cornus le cerveau nous barbouillent.

Régnier.

Le même Auteur dit bailler le lièvre par l’oreil-le , pour, tromper l’eípérance, frustrer l’attente dequelqu’un.

Ma joie en moins d'un rien , comme un éclairs’enfuit ,

Et le ciel qui des dents me rit à la pareille ,

Me btiilla gentiment le lièvre par l’ oreille.

Régnier,-

Lièvre , fe dit aussi en Astronomie. C’est le nom d’uneconstellation méridionale. Lepas. Bayer lui donnetreize étoiles, dont quatre font de la troisième gran-deur, quatre de la quatrième, quatre de la cinquiè-me , 8c une de la sixième. On lui en donne douzedans le catalogue de Ptolomée , 8c dix-neuf dans lecatalogue Anglois.

Lièvre , fe dit proverbialement en ces phrases. On dit,que le lièvre revient toujours à son gîte ; pour dire,que tôt ou tard on attrapera un homme à un certainemaison. On dit à la chaise , avoine pointant, lievregiflant; car alors les lièvres tiennent les avoines. Ondit qu’ún homme a levé le lièvre , lorfqu’il a décou-vert quelque secret, qu’il a ouvert quelque bon avis.On dit aussi, prendre le lièvre au colet, prendre lelidVre au corps ; pour dire, prendre une affaire de bonbiais , donner la décisibn d’une question. C’est-là oùWl I e lievre-, pour dire, où est le fin, le secret d’uncaffaire. On dit aussi d’un dessein qui doit être secret,8c dont on parle avant l’exécution, que c’est vouloirprendre le lièvre au son du tambour. Pline rapporteûn vieux proverbe, qui est encore en usage ; quequand on a mangé d u lièvre , on est beau sept jours desitite. On dit aussi, qui chasse deux lièvres , ou qui Ic«urt deux lièvres à la fois, n’en prend aucun ; pour !

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dire, qu’il ne faut pas faire deux choses , entrepren-dre deux affaires tout à la fois.

Oh Dame ! on ne prend pas deux lievres ala fois.

Rac.

On dit proverbialement, Jeune hase & vl( ; ubouquin ; c’est tout lièvre 8c tout lapin. On dit q 11a une somme ou autre chose à prendre fur le f°d’un lièvre , lorfqu’on ne trouve rien pour fe kn' epayer.

- On appelle par dérision Chevaliers de lièvre*quelques Gentilshommes ; ce qui vient de ce q .Philippe V. Roi de France, & Edouard III- P 01d’Angleterre , étant prêts de fe livrer bataille,lièvre fe leva près du camp, qui donna une tealarme , que quelques Cavaliers de Barrière - g alvinrent en hâte fe présenter au Roi pour le sscoUrir , & lui demanderent l’accolade , 8c d’être féChevaliers ; mais comme Palatine fe trouva fa u » e >on les appela Chevaliers du lièvre , & depuis Gentu s '.hommes à lièvre , comme remarque du sillet, I. ? aft '

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LIEVRE. Le Val de Lièvre. Voye\ Lébéraxv.LIÉVRETAtí. f. m. C’est le nom qu'on donne a uXpetits du lièvre , pendant qu’ils íont encore fous lade & nourriture des père & mère ; à la différencelevraut, qui est un jeune lièvre depuis deux mois j°qu’à six ou sept mois , qui est bon a manger.LIEUTENANCE. f. f. Charge fonction de Lieutenant-Voye^ce mot. Legati munus , legataria functio, fLieutenance aux Gardes. La Lieutenance du Roi dutelle Province , f£T d’un tel endroit. La Lieutena nCgénérale de Provence. Sur quoi il faut remarquer q jce mot ne sedit ni en parlant d’un Lieutenant-Gene iades Armées du Roi, ni en parlant des LieutenansJustice. ç

LIEUTENANT, f. m. Officier qui tient lieu d’un ->périeur , ou Chef, qui exerce une charge en son afence, ou qu’il devroit exercer lui même. Légats >Vicarius. Dans les Loix Lombardes, L. I. Tit. 2 f'“'yS. on appelle le Lieutenant d’un Comte, Locijcstor. Les Grecs le nommoient de même Topotere^ >8c les Légats du Pape dans les Conciles ont cenobf*parce qu’ils tiennent la place du Souverain Pontn •Ces mots reviennent à celui de Locum tenens.

Les Baillis Sc Sénéchaux d’épée ont laissé usoss^la Justice qu’ils dévoient rendre eux-mêmes, p al ".Lieutenans qu’ils ont commis pour l’exercer. Apci £ ^nement ilsnetoient point créés en titre ci’Ofh cC ^choix en appartenoit aux Baillis , comme on 1 £ V evoir par les Ordonnances de Philippe le Bel de O c .8c de Charles VI. de 1388. Louis XII. par un1499. ordonna que l’élection des Lieutenans des B®lis 8c Sénéchaux fe feroit en l’Auditoire ; & P ar tautre Edit de 1 y 12. il ordonna qu’il en fût ï }° cal a .trois, l’un defquels il pourroit choisir. Ils étoi £ » r ^trefois gens d’épée, 8c il étoit défendu au [ e

choisir des gens de robe ; mais depuis, on a k| ^commandement du ban 8c arrière-ban aux B . oQíSSénéchaux , & leurs Lieutenans , qui sont toU l c ,gens de robe , ont le pouvoir de juger, qui 3 PPnoit aux Baillis & Sénéchaux. Civil»

II y a au Châtelet de Paris un Lieutenant ,un Lieutenant Général de Police , un aIt e ,Criminel, un Lieutenant Criminel de Robe 0& deux Lieutenans Particuliers. , . «quí

Le Lieutenant Civil est un Magistrat etab Ij ^juger les affaires Civiles en première instanee-le premier des Lieutenans du Prévôt de ParE, c mjerme tel , c’est à lui qu’appartient le droit de ? ^ A-aux assemblées du Châtelet. Toutes les affaire, ^milles le regardent uniquement. Ilestconnne^de toutes les familles, & le tuteur de tousneurs. jyf 2 gif-

fíET Lieutenant Général de Police. C est n , ^uttrat érigé par l’Édit du mois de Mars 1 , n0 îtredesveiller à la sûreté de k ville de Paris, 8c cot