L U N
íune se prend auffi pour blancheur , comme soleilP°ur rougeur ; Sc quand les Sages dilent qué la luneaara l’ofsice du soleil, ils veulent dire que la blanv , eur paraîtra à l'on tour. La lune est parfaite quanta * a qualité lunaire seulement, mais imparfaite fe-J ° n l’intentiòn de la nature. Ce jargon veut direstUe l’argent est parfait dans son espèce, Sc en qua-lt; é d argent , mais que la nature tend à quelquec hoíe de plus qu’à faire de f argent ; ce qu’elle pré-
-> te nd faire , c’est l’or qui est plus partait.
. Poiíïon de mer qui est tout rond, à la réserve ,d’un petit bout de queue Sc du bout du bec : c’estce qui lui a fait donner le nom de lune, ou pern-ere à cause de deux longues moustaches qu’il a,l’une fur le dos & l’autre lous le ventre, qui re-présentent un peu la lune, lorsqu’elle est Cn sone roi fiant. On trouvé des lunes dans les mers del’Amérique. Elles ont íix ou huit pouces de diamè-tre , & environ un pouce d’épaisseur. Leur peauest blanche Sc argentée ; la chair en est auíîì blan-che , ferme & allez gralle. Les Insulaires les man-8 e nt bouillies, rôties, ou frites; car elles font éga-yaient bonnes de toutes ces manières, & de très facile^'gestion. Labat. Voye r Mola , c’est la mêmechose.
huiSE , en terme de Maquignon, se dit de la maladie
• des chevaux lunatiques. Ce cheval a de la lune , ilest frappé de la lune ; c’est-à dire, qu’il a la vuegralle , qui se charge Sc s’obscurcit de temps ente ntps.
hcN’E se dit proverbialement en ces phrases. On pren-droit aulh-tôc la lune avec les dents , c’est à-dire,la chose est impoiììble. Faire un trou à la lune,c’est.à dire, s’échapper furtivement fans payer sescréanciers. On dit, Coucher à F enseigne de la lune ,ou à la belle étoile , pour dire , Coucher dehors,Avoir point de lieu pour se retirer. On dit aullìde celui qui a la face large , le visage plein , quec’est un visage de pleine lune. On dit aulïì, qu’unhomme a des lunes , qu’il est sujet à des lunes,quand il est fantasque & inégal. On dit aullì, qu’unePersonne a la lune dans la tête, ou un quartier dela Ium , pour dire qu’elle est un peu folle ou lé-gère. On dit auffi à ceux qui invectivent contre desgens à qui ils ne peuvent nuire, qu’ils aboientcontre la lune.
•cUne, en Mythologie, divinité des Anciens. Quel-ques-uns l’appellent Anna ou Jana , & disent qu’elleétoit sœur du soleil , & fille de Théa, ou de lagrande Mère Sc d’Hypérion. Les autres disent quec’étoit Diane, sœur d’Apollon , & fille de Jupiter6c de Latone. Les Poètes suivent communémentcette opinion. En Syrie on avoir plus de vénéra-tion pour elle que pour le soleil , auffi-bien quechez les Germains, Sc tous les anciens peuples dun °rd. Elle étoit honorée eri Syrie fous le nom d’As-tai 'te ; Sc Lucien dit dans son Livre de Dea Syria ,qu il c roi t qu’ Astarte est la lune ; Sc l’on donnoitj® nom d’Uranie a l’une & à l’autre. Apulée, dansc°n Liv. II. des Métamorphoses , dit que fous leUorn de la lune on comprenoit toutes les Divinitéssemelles , Cérès , la mère des dieux , Minerve,Vénus, Diane , Proserpine, Junon , Bellone, Hé-Cate - Rhamnusia, Isis ; de même que l’on honoroitto utes les divinités mâles fous le nom d u soleil. Illlc faut donc point s’étonner si l’on confond sou-Ve nt la lune avec Junon. Macrobedit , Saturn. L. III.c ' S • que les hommes sacrifioient à la lune déguisés^femmes, & les fe m tries habillées, en hommes,ulius Firmicus dit la même choie de Vénus, &Alemonides , dans son M.oreh Nebuchim , P. III.Í-L-A croit que c’est-là la raison de la défense que1 ie u fait aux Israélites, Deuteron. XXII. p. aux,ouïmes de s’habiller en femmes , Sc aux femmes
de
Prendre des habits d’hommes
a lune étoit honorée par les Orientaux fous lesd’Uranie ou de Céleste, d’Astarte , de Baal-d- C . e s Anus, de Salambo, de déesse Syrienne,’ J f)on Assyrienne, &c. Les Afriquains l’hono-lome J r ,
L U N * é 73
roient auffi fous íe nom d’Astarté, dont les Grecspar corruption & par ignorance de la Langue Phé-nicienne , firent Astroarche. En Egypte, c’étoitOsiris & Isis. Voye\ Voisins, de Idol. L. II. c. 18 ,19,20, 21 , 24,29 , Sc L. VII. c. 1,9 , 10.Voiïïus, de Idol. L. IX. c. 10. croit que le Dagondes Philistins étoit la lune.
Ordre de la Lune. L’Abbé Justiniani, après quel-ques autres , parle d’un Ordre de Chevalerie dansl’Empire Ottoman , qu’il appelle l’Ordre de la Lune ;mais on ne fait ni le temps de l’institution de cetOrdre , ni par qui il a ete institué. Us soupçonnentque c’est après la prise de Constantinople par Ma-homet II. en 1453. L’Abbé Justiniani remarque,
& cela est vrai, que la lune ou le croiflant éroiencanciennement le Symbole de la ville de Byzance,
Sc il le prouve fort bien par les anciennes médail-les de cette ville. Il veut que les Ottomans s’enétant rendus maîtres, aient conservé ce même Sym-bole ; cela est très-vrailemblable , mais qu’ils aient in-stitué un Ordre de Chevalerie, appelle l’Ordre dela Lune, c’est ce que l’on ne prouve point.
Les montagnes de la Lune ou de Bed. Lum mon-tes. C’est une grande chaîne de montagnes forthautes. Elles font fur les confins de l’Abiísinie Scdu Monoémugi , près des lacs de Zaire Sc de Za-flan. Les anciens Géographes y naettoient les sour-ces du Nil; mais le P. Hieronymo Lobo, Jésuite,les a trouvées beaucoup au-deçà de ces monta-gnes.
Il y a auffi en Portugal une montagne de laLune. C’est celle qui à l’embouchure du stage faitle cap que Pline appelle Promontorium magnumsVillanovanus Ponta di Luna , c’est-à dire, la pointede la Lune ; Sc d’autres Cabo de la Rocca , Cap dela Roque, dans la Carte de M. de L’iste. C’est lapointe du nord à l’embouchure du Tage.
LUNEBOURG, ville de la Balle - Saxe , capitale dttDuché de Lunebourg, Sc située fur la rivière d’Il-menow, à cinq lieues de Lawenbourg. Luneburgurn ,Lun&burgum. Cette ville sondée l’an 1150 des ruinesde Bardewick, est Aníéatique ; elle a été Impériale ,mais elle dépend maintenant des Ducs de Lunebourg.Elle est défendue par une bonne citadelle, qui ladomine; elle a un de ces Collèges, qu’on appelleen Allemagne des Ecoles illustres, Sc de bonnessources d’eau salée. Long. 28. d. 1/. lat. y; d. 28'.
Le Duché de Lunebourg. Luneburgenss Ducatus.C’est la partie septentrionale des Etats de Brunswick,en Basse-Saxe. Il confine au levant avec le Marquiíatde Brandebourg, Sc le Comté de Daneberg, aunord avec le Duché de Lawenbourg; Sc celui deHolstein; au couchant avec ceux de Brême, Sc deFerden; Sc au midi avec celui de Brunswick. Il peutavoir vingt trois lieues du nord au sud, & vingt ducouchant au levant. Il est chargé en plusieurs en-droits de bois & de bruyères, Sc arrosé par les rivièresd’Ebe, d’Aller & d’Ilmenow. Ses villes principalesfont Lunebourg, Zell, Harbourg , Gyfnorn Sc Ult-zen. Maty.
LUNEGIANA , petit pays de l’Italie , qui a pris sonnom de la ville de Lune , qui est maintenant rui-née. Lunensis Ager. Il est au levant: de la rmere deMagra , le long de la cote, Sc u est diviíe en deuxparties : l’Occidentale , dont Sarzana, la capitale ,est aux Génois; Sc l’Orientale est une partie duDuché de Massa. Maty.
LUNEL. Nom d’une pente ville de France. Lunate ,Lunellum. Elle est dans le Bas Languedoc , à mi-chemin de Montpellier à Nisrnes, & à quatre lieuesde l’une & de l’autre. Rabbi Benjamin , qui en parledans son Itinéraire, p. y. de l’Edition d’Elzévir del’an 163 3. dit qu’il y avoit une Synagogue des Juifs ;Sc l’on prétend que c’est de-là que R- Schelomoha pris son nom de Jarhhi, qui revient à celui deLunel.
De Lunate l’on a fait Lunet, Sc de Lunet , Lunel.Hadr. Valois , Rot. Gall. p. 3Í 1 - & 3 ^/•LUNEES, f. m. p. Terme de Blason , qui sc dit de
Qqqq