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soudoient. Ce dernier parti prévalut. En 1511. le5> e Novembre , la Sorbonne condamna 1 ’autre. EnEn 163 6 , Louvet imprima une Diííertation pourfaire revivre ce sentiment condamné. Sur la fin dusiécle pasté, les Docteurs que l’on chargea de re-voir quelques Bréviaires de France , y firent entrerce sentiment. En i68y. le P. Mauduit fit un Livresur cette question , qui n’est presque que celui deLouvet. Messieurs Tillemont & Baillée ont écritavec beaucoup de chaleur pour soutenir la distinc-tion. Le Père Alexandre , le P. Mauduit dans sonAnalyse des Évangiles , 8c le P. Pezron , ont dé-fendu l’ancienne opinion. Monsieur Anquetin, Curéde Lyon, imprima en 1699, à Rouen, une Disser-tation pour la distinction de ces trois femmes. M.Trévet a tâché de la réfuter par une Diííertationimprimée à Paris en 1713.
Jesus-Christ , en disant dans S. Jean XII, 7.Sinite ut in diem sepultura, mea servet illud , mon-tre que la sœur de Lazare 6c de Marthe dont ilparle, est la même que Marie Magdelène qui allapour embaumer le corps du Sauveur. Marc, XFI.1. Car ces mots ne signifient point, souffre^ qu ellegarde ce parfum, pour le ]our de ma sépulture ; puis-que le vase étoit cassé, & le parfum déja répandu;mais laisse^-la en paix, afin quelle en fasse au-tant le jour de ma sépulture : souffre\ qu elle con-serve cette bonne volonté pour le jour de ma sépul-ture. On ajoute que Jesus-Christ a prédit quefaction de cette femme seroit louée par-tout oùl’Evangile seroit publié. Si cette femme n’est pointMarie sœur de Marthe & la pécheresse, la prédic-tion de Jesus-Christ ne seroit pas accomplie. Carc’est d’elle qu’on l’a publié jusqu’ici. L’autre senti-ment a été à peine connu. On dit encore que saintJean montre bien clairement que la pécheresse &Marie sœur de Marthe sont la même personne,lorsqu’au c. XI, v. 2. il dit que Marie sœur deMarthe 8c de Lazare est celle qui avoit parfuméle Seigneur, & essuyé les pieds du Seigneur avecses cheveux ; que puisque le S. Evangile dit : Quiavoit parfumé, qui avoit essuyé , & non pas qui de-voit parfumer, qui devoit essuyer, il marque uneaction passée ; que quand il veut caractériser Judaspar fa trahison future, il ne dit pas qui avoit trahi,ou qui a trahi, ou qui trahit, mais qui devoit tra-hir; qui erat eum traditurus ; que S. Jean parle doncd une action passée , 8c par conséquent de cellede Naïm faite par la pécheresse , & non pas decelle de Jérusalem , qui se fit pendant la dernièrecène; qu’ainsi Marie sœur de Lazare dont il parle,est la même que la péchereílè.
Ceux qui distinguent ces trois personnes , se fon-dent sur ce que Marie sœur de Marthe étoit deBéthanie ; que S. Jean le dit c. XI, v . 1. que Ma-rie Magdelène au contraire etoit de Galilee ; queS. Luc la met au nombre des femmes Galileennesqui suivirent J. C. depuis la Galilee jusqu’à Jéru-salem ; que les Evangélistes les distinguent par dessurnoms disterens ; qu’ils appellent toujours Mariede Galilée, Marie Magdelène, 8c Marie de Bétha-nie , Marie soeur de Marthe ; que leur caractèreest différent autant que leurs noms ; que Marie Mag-delène , vive & fervente , est toujours dans Fac-tion ; que Marie sieur de Marthe paroît plus con- ;templative ; que S. Luc ayant dit au c. FIII- que jMarie Magdelène étoit attachée à J. C. introduitau X e chap. Marie sœur de Marthe sur la scène,comme un nouveau personnage. Telles font lesraisons qu’on apporte pour distinguer Marie Mag-delène de Marie sœur de Marthe.
Voici celles qu’on a de distinguer la pécheressede ces deux Maries. La péchereste étoit de Naïm,ôc non de Magdalus, ni de Béthanie. Magdelèneétoit possédée de sept démons, femme affreuse parconséquent. L’autre au contraire étoit une femmedu inonde , galante , 8c à qui ses agrémens 8c sescharmes faisoient des amans. Le Fils de Dieu au-roit-il retenu à fa fuite une femme notée, uqe
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prostituée ? S. Luc n’auroit-il pas plutôt designe laMagdelène par quelques circonstances de la con^version , que par la posteffion de sop c démons^Enfin , le chap. FI F finit par l’histoire de la P^cherestè ; 8c dans les premiers veríets dul’Evangéliste parle de Marie Magdelène comme d uneautre períonne.
On ajoute en répondant aUx raisons contraireque S. Jean , c. XII. 7. dit, laiffe^-là faire > Jfs.sre\ qiìelle garde cette coutume , & qu elle tn embaume comme au jour de ma mort ; que ce lenplus de rapport à ce que S. Matthieu 8c S. M arfont dire à J. C. dans la même occasion. D'ail leurs,quoique l’Evangile n’en dise rien, il est très-po* 1ble que Lazare, que Marthe 8c Magdelene l essœurs aient assisté à la mort- du Sauveur , & d uecelle-ci ait eu part aux honneurs qu’on rendit a 1°corps avant que de le mettre dans le tombeaust uele silence de l’Ecriture ne prouve rien ; qu’ils étoien £du nombre des personnes de la connoistance d£N. S, dont parlent les Evangélistes; que pour q° ela prophétie de J. C. Matth. XXFI, 13. soit ac-complie , il suffit que Faction soit louée par toutoù f Evangile est prêché, sans qu’il soit besoin q uele nom de la femme qui embauma J. C. soit connu;que pour l’endroit de S. Luc, XI, 2. Il y a beau-coup d’endroits de l’Ecriture , où par anticipât' 011le passé est mis pour le futur ; que quand S. J £3>1écrivoit, Fonction dont il parloir étoit pasiée jFonction' faite en Béthanie, devenue fameuse, et oltla feule propre à caractériser Marie, 8c la distss'guer de Marthe ; que la péchereste lava d abord 8Cestiiya de ses larmes les pieds du Sauveur , puis l eSparfuma ; au lieu que la sœur de Marthe les p aí 'fuma d'abord , puis les essuya de ses cheveux ; stU?c’est ce que dit S. Jean ; qu’ainsi il marque Fonc-tion de Jérusalem, & non celle de Naïm.
Ceux qui sont du premier sentiment répondentà ces raisons , que nul des Evangélistes ne ditMarie Magdelène fut Galiléenne , qu’ils les défioien 1d en citer aucun; que S. Matthieu, XXFII, //’dit seulement qu’il y avoit au Calvaire plufieU sSfemmes qui avoient suivi J. C. depuis la Galil e< j,qu’il ne s’ensuit pas qu’elles fussent toutes de * aGalilée ; que ces paroles peuvent signifier feulement,que dans ce dernier voyage de J. C. elles l’avoie 111accompagné de Galilée à Jérusalem ; que MagdeU nipouvoit avoir été cette année-là en Galilée trouvctle Sauveur, 8c être revenue avec lui à Jérusalem ’qu’elle pouvoit avoir encore fait la même ch° ld’autres fois ; que née en Béthanie , elle avoit P umême s'établir en Galilée, ou du moins y êtreme urée quelque temps avec Notre-Seigneur ;les Evangélistes ne fappellent sœur de Marthe, ss J ;lorsqu’iis rapportent ce qui s’est paíîè chez fa ice tìt 3que si les différons surnoms sont une raison de mssjtiplier autant les personnes que les surnoms , ^faudroit distinguer Simon Bar-Jona de Simon Cf'plias, ou Pierre ; Jean surnommé Boanerges, d 'Jean fils de Zébédée, 8cc. Que pour avoir été 1,11fois en íà vie tranquille aux pieds de J. C. à l’ eC fc eter, il ne s’ensuit pas que Marie sœur de Ma stne fut point fort agissante 8c fort vive, sur' 1quand il s’agisioit de F honneur ou du serviceson bon Maître ; qu’il est siiux que S. Luc Finssduise au chap. X. comme un nouveau persorm 3 ^sur la scène, qu’au contraire il a pu vouloir *connoître Marthe, en disant qu’elle étoit s® 01cette Marie dont il avoit déja parlé, comme d &femme attachée à J. C. & qu’il représente en ccomme telle , & uniquement appliquée à 1 elltdre. _ j a
Quant aux raisons qui attaquent la réunion ,pecheresse avec les deux Maries, on dit q u °cheresse n’étoit point une prostituée , q ue . f^al-soffion de Magdelène lui laissoit de bons in ^ _ ^ aeles ; qu’elle étoit même purement intérieur ’
J. C. a pu souffrir à sa suite une pechere - ntver rie ; que le silence de S. Luc , qui ne