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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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M A Q

donnoient à leurs personnages de Comédie, dit, que'leno palliis varii coloris utitur.

Maquereaux , au pi. font des taches de la peau quiviennent particulièrement aux jambes Sc aux cuisses,pour s’être chauffé de trop près. Ils font ainsi nomn»es, parce ou ils imitent les 'taches d u maquereau.Macula.

On appelle proverbialement un maquereau , unpoisson d'Avril. On dit auíli de celui qui ne paiepoint son écot , fa part de quelque dépense commu-ée , qu’il est franc comme un maquereau.

^ MAQUERELLAGE. f. m. ferme malhonnêtequi désigne le métier de débaucher Sc de prostituerdes femmes Sc des tilles, Sc les moyens qu’on emploiepour cela. Lenocinium.

MAQUERELLE. f. f. Nom d’un petit poisson, dontles Pêcheurs fe fervent comme d appât.

MAQUETTE, f. f. C'est un terme emprunté de I’Ita-lien . Macchia ou Macchietta , qui signifie danscette langue , comme dans la nôtre , une premièreébauche faite par un Peintre ou par un Sculpteur,pour un ouvrage qu’il a dessein d’exécuter. C’est£1 première penfée , ou rien n'est encore digéré , Scqui ne paroït que comme un ouvrage informe, ouun assemblage de taches, à ceux qui n’ont aucuneconnoissance des arts. Aussi le mot Macchia , prisdans le propre , signifie-t il chez les Italiens unetache.

MAQUIGNON, f. m. Qui vend les chevaux, qui lesrefait, Sc qui couvre leurs défauts. Mango. Ce motest íouvent pris dans un íens odieux. ftF II désigneproprement un homme qui achète des chevaux dé-fectueux , ruinés , qui 'couvre leurs défauts, poul-ies vendre plus cher qu'il s ne lui ont coûté : unhomme enfin qui veut tromper, Sc dont il faut fedéfier. Si l’on parle d’un homme de bonne-íoi, ondit aujourd’hui un Marchand de chevaux. Dans leDict. de l’Acad. on ne fait point cette distinctionqui paroït bien fondée.

Maquignon , fe dit au figuré , mais dans le style fa-milier feulement, des gens ffintrigue qui fe mêlentde faire des mariages , de faire vendre des Offices ,des Charges, Sc qui font tout autre trafic odieux.Mango , proxeneta , sequejler. On appelle aussi Ma-quignons Sc Vendeurs de chair humaine , ceux quidébauchent les jeunes gens pour les enrôler, & lesVendre à des Capitaines. Scar. Je crois que tu esquelque maquignon d’enfant. Abl. Quelques versionsde la Bible font dire à S. Paul, qu’il n’est point ma-quignon dc la parole de Dieu, pour dire qu’il n’entrafique point.

Maquignons de la gloire , ils en font le partage..

Gom.

Ce mot, auslì-bien que celui de maquereau , vientde maque , vieux mot, qui signifie vente , marchan-dise. Ménage dit qu’il vient de l’Itahen machinogne ,qu’il croît être fait de mangone. On a dit dans labasse Latinité mangonare , pour signifier trafiquer ;Sc mango , manganus , pour signifier un trompeur.

MAQUIGNONNAGE, f. iq. Métier de Maquignon,finesses , tromperies que le Maquignon emploiePour refaire & vendre ses chevaux. Mangonium. Ilentend bien le maquignonnage.

On le dit aussi de certains commerces secrets, Scde négociations peu honnêtes. C’est un maquignon-nage où jc ne comprends rien.

MAQUIGNONNER. v. a. fpf Au propre, c’est userd’artificc peur refaire des chevaux ruinés ou défec-tueux , pour les faire paraître meilleurs qu’ils nefour , a fi n st e s’en défaire. Au figuré, c’est s’intri-guer pour faire vendre quelque Charge, quelqueOffice, p 0ur faire quelque marché, quelque maria-ge, à dessein d’en tirer du profit. II est du style fa-milier dans cette dernière acception. Mangonizare.Les chevaux 0 nt été maquignonnés ne valentjamais rien. o est une vieille qui a maquignonné«ne telle affù re .

M A R 8 IZ

MAQUIGNONNE, ÉE. part. Sc adj. Mangomqatus.

MAQUILLEUR, f. m. Terme denier. Navicula ficom-bris piscandis, C’est un bateau de simple tillac, doncon íe lert pour la pêche des maquereaux.

MAQUIS. Nom d’un lieu de l’Andalousie, en Espa-gne. Maqufium. U est fur le Guadalquivir, à deuxlieues au-dessus d’Anduxar , & on y voit les ruinesde Pancienne Ojfigi Laconium , petite ville du terri-toire de Cordoue. Maty.

M A R.

MAR. Vyycç Maire.

MAR. f. m. Nom d'homme. Marus. S. Mar étoitEvêque de Trêves. Voyc^ Bollandus, Acia Sanc-torum , Sc Chastelain , notes fur le Martyrol. au16 Janvier. Quelques-uns le nomment Marcus, maismal.

MARA. Nom d’un ancien lieu du Defert de l’Arabie.Mara. C’est à Mara ' que fut le «inquième Campdes Israélites dans le Defert. Ce lieu fut ainsi nom-mé de 110 , marar, qui signifie être amer , parceque les eaux qu’il y avoir cn cc lieu, étoient amè-res d’une salure pleine d’amertume. Moyfe en cor-rigea l’amertume , & les changea en eau douce , eny faisant tremper d’un certain bois. Exod. XV. 23.Num. XXXIII. S.

MARABOTIN, & par corruption MARMOTlN. f.m. Nom d’une ancienne monnoie d’Efpagne & dePortugal. Marabotinus , Marmoûnus , Mafamutinus.Le marabotin étoit une monnoie d or des Maures ,que les Espagnols nommèrent ainsi.

Il y a eu dans ces derniers temps de grandes con-testations parmi les Savans, touchant l’origine Scla valeur des marabotins ; comme il est souvent parléde cette monnoie dans plusieurs titres de la ville deMontpellier , dont les Évêques de Maguelone ontété en partie les maîtres , on a cru que le marabo-tin pouvoir être une monnoie d’or de ces Evêques,qui ont long temps joui du droit d’en faire battre.Cette opinion a semblé d’autant plus certaine, qu’ilparoït pár deux vers de Théodulphe Evêque d’Or-léans, que la monnoie des Evêques de Magueloneétoit marquée avec des caractère? Arabes.

Ipfie gravi numero nummos fert divitis auri,

Quod Arabum sermo , sive character erat.

De-là on a conclu qué le nom de marabotin avoícété donné à la monnoie des Evêques de Maguelo-ne , à cause de ces caractères Arabes, dont íe fer-vent les Maures d’Afrique. Pour moi , je fuis persua-dé que cette monnoie'd’or., qui est appelée ordinai-rement Marabotinus , Sc quelquefois mauraboti-nus , marmotinus , marbotinus , marabutinus , mera -batinus , Sc marbotinus , doit son origine à l’Efpa-gne. Henri II. Roi d’Angleterre Sc Duc d’Aquitai-ne , rendit une sentence arbitrale Pan 1x77. enrreAífonfe Roi de Castille, Sc Sanche Roi de Navarre ,par laquelle le premier de ces deux Rois est obligéà payer au second la somme de jooo marabotins.Quelle apparence que le Roi d’Angleterre eut obli-gé le Roi de Castille à payer une pension au Roide Navarre en monnoie étrangère ! La Reine Blan-che de Castille à la sin du XIII e - siecle , fut dotéede 24 mille marabotins. Plusieuis titres des Roisd’Arragon, dans le meme siècle , font mention desmarabotins. C’est pour cela qu il en est si souventparlé dans les titres de la ville de Montpellier , doncles Rois d’Arragon ont joui long-temps.

Le Portugal avoit aussi ses marabotins.

Les marabotins eurent cours en France, particu-;liercment dans les provinces voisines des Pyrénées.

U n’est pas facile de dire la valeur des marabotinsEn 1213 , 3160 marabotins en Portugal, pefoiency 6 marcs d’or. Ainsi chaque marc contenoit 60 ma-rabotins , qui par conséquent pefoient chacun 76grains, qui valent de notre monnoie 7 livres 3 fols8 deniers. Les Consuls de Montpellier promirent à